‹ Études de la langue francaise sur RacineChapitre 57 sur 76 · L. H. Il importe peu où i'onjiit été prendre une telle cri · texte numérisé non relu

L. H. Il importe peu où i'onjiit été prendre une telle cri

tique i ello est trop puérile peur s j arrêter. II vl*j a pas de tourûore métonymique phis commune que celle - là ^ non seulement en Ters , mais dans la prose soutODue.

2^3^ ^'^ ®^^ fâche d'avoir à reprendre dans cette reinurquo deux fautes de langue asses sensibles. D'abord , on n*esi pas prendre 9 mais on va prendre, et il fallait, qu'on soU allé , et non pas qu'on aiâ été. Ensuite , la criii^ue n'est pas trop puérile pour sy arrêter , mais pourvu* on s'y ar^ réte : pours*y arrêter ne peut se rapporter qif à la criti^uey sujet de la phrase , et il est absurde qu'il s'y rapporte» Mais la remarque est quant au fond , et juste , et raisonnable. Plaindre se prend souvent pour déplorer, et entre sens il ' se dit des choses comme des personnes. Eir voici des exemples d'autres poètes : Boileau y Satire X :

Elle plaint le malheur de la nttare hamaine^ Qui veut qo*en un sommeil o& tout s'enseTclit, Tant d'heures sans joocr se oonsnmcot au llu

Et dans son Épltre première :

J^aurais beau me complaire ea ma propre beauté ^ Et I de mes tristes vers , admirateur unique , Plaindre , en les relisant , Vignoranee publique.

J.-*B. Kousseau^ Ode XV du second livre :

QuMl va regretter le rit âge !

Que je plains le triste naufrage . *r

Que lui prépare son bonheur!

Henriade ^ Chant K:

Il plaignait ses erreurs^ Il aimait son audaec» Chant IV;

Chacun plaint le présent , et eralnt pour l'avenir*

•6 Ai-je pu résister au eharme décevant?. . .

G* F« Dôcerant, vieux mot qui signifie séduisant^ et^ dans sa vieillesse , a des grâces nouvelles, •

i[^k J'ai montra ailleurs, d'après Roabaad, et au sujet de ce vers de h^ dernière scène de la Thébaide , Perdes*moi, Dieux eroels , oa tous terei déçus !

en quoi déceçoir diffère de ses synopymes séduire et irom-^ per. Mais je rappellerai encore ici combien cet habile Grain* mairien regrette que décevoir et décevant soient moins usités aujourd'hui qu'ils ne l'ëtaient autrefois : c( Nous n'en » connaissons pas« dit* il ^ le prix aussi bien que nos » pères. »

%j Tout autre aurait pour moi pris les mêmes ombrages.

lu, H. n était si facile de mettre «/« moi au lieu de pour moi 9 qu'il faut croire qu'alors il était d'usage de mettre indistinctement/?oiir comme synonyme de ces mots à l'égard de : ce n'est pourtant pas toujotirs la même chose , et dans cette occasion particulièrement, on doit dire -prendre des ombrages de ^uel^u'un , et non pas pour ^uelçu'un.

^^^ M. Geoffroy, qui a copié à-péu-près celte remarque» aurait pu du moins y ajouter, i^« que pour moi, semblant signifier en ma faveur^ forme une sorte de contre-^sens ; a^. t^ ombrage , pris ûgurément pour soupçon ou pour dé^ fiance 9 ne paraît guère pouvoir s'employer au pluriel*

«8 Par Yons aurait péri le monstre de la Crête, Malgré tous les détours de sa vaste Retraite. Pour en développer l'embarras incertain.

Ma sœur du' fil fatal eût armé votre main. Mais non , dans ee dessein je l*aurais devaneée* L'amour m'en e&t d'abord inspiré la pensée. C'est moi , prince , c'est moi dont l'utile secours Vous eût du labyrinthe enseigné les détours. Que de soins m'e&t coûté cette tête charmante ! Un fil n'eût point assez rassuré voire amante. Compagne du péril qu'il vous CtUait eheroher. Moi-même devant vous j'aurais voulu marcher; Et Phèdre, au labyrinthe avec vous descendue, 8c serait avec vous retrouvée ou perdue.

1m B. et L. H. Toute cette déclaration est empruntée do

Sooièque ;.m«i« oell^fin du coupUi ( àe/pw Maii ncm^ dém ce dessein^ €Ur. } n'|»t imitée de per»oiiB# : c'est U paasioi portée à soa comble » c'est |'ivre«ie de Tai^our p^Qte avec les couleurs les plus brillantes ^ les plus vives et les plas vraies, a Quel enthpusiasnie de passion I s'écrie ici M. Le- » franc de Pomplgnan dans sa lettre à Louis Racine. Quelle )) fécondité d'idées, de senlimçns et d'images l Que l'amour » de Phèdre est inventif 1 Quelle promptitude à combiner » dans un clin-d*œil ,à rassembler sous le même point de » vue toutes les circonstances possibles de Taventure d'Hip- » poljte mis à la place de Thésée ! Le fil d*Àriane passé ^> dans les mains deP^dre, le labyrinthe « le Minoiame^ » Phèdre elle-même servant de guide au jeune héros, Imi 9) et l'autre combattant le monstre » dévores ou vainquaun » ensemble > rien n'échappe k oett# brillante imaginatioi* }} Tout ce que Tamour lui représente» elle croit le voir ; ^ » tout ce qu'elle voit, elle le rend visible au apeetaleur: » tant le pinceau manié par le lentimenta d'expresaion»de » chaleur , d'aboadwoi et de vérité ! Et B'estHDe pas U k )> géni^? n

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