‹ Études de la natureChapitre 28 sur 48 · III. À à · texte numérisé non relu

III. À à

coûta tant d'années à Pline le jeune. Vous ne trottverez jamais entre les mains du peuple, un éloge d'académie. On y verroit peut-être CEUX de Fontenelle, et quelques autres encore, si les hommes qui y sont loués , s’étoient occupés eux-mêmes du peuple pendant leur vie. Mais la nation lit volontiers Vhistoire. Il y a quelque temps que me promenant du côté de l'Ecole Militaire , Japperçus au loin , près d'une sablonnière, une grosse colonne de fumée. Je dirigeai ma promenade de ce côté-là, pour voir d’où elle provenois. Je trouvai dans un lieu fort sohtaire , et assez ressemblant à celui où Shakespear met Ja scène des trois sorcières qui apparurent , Macbeth, une pauvre et vieille femme assise sur une pierre: Elle s’occupoit à lire dans un vieux livre, auprès d'un gros Las d'herbes où elle avoit mis Le feu. Je lui demandai d'abord pour quel usage elle brüloit ces herbes ? Elle me répondit que e’étoit pour en recueillir les cendres et les vendre aux blanchisseuses ; qu’elle achetoit à cette fin les mauvaises herbes des jardiniers et qu elle attendoit qu’elles fussent entièrement consumées pour en emporter les cendres, parce qu'on les lui voloit dans son absence. Après avoir satisfait ainsi MA curiosité, elle continua sa lecture avec beaucoup d'attention. Comme j'avois grande envie de savoir quel étroit le livre dont elle charmoit ses peines , je

la priai de men dire le ütre. « C'est la vie de

» M. de Turenne » > me répondit-elle. Et qu’en Pensez-vous ? lui dis-je. « Ah ! reprit-elle avec émo- » Uon, c’étoit un bien brave homme, à qui un » ministre à donné bien de la peine pendant sa vie!» Je me reürai, rédoublant de vénération pour la mémoire de M. de Turenne , qui servoit à consoler une femme misérable. C’est ainsi que les vertus des petits s'appuient sur celles des grands hommes, comme ces plantes foiblés qui, pour n'être pas foulées aux pieds, s’accrochent au tronc des chênes,

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