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468 ÉTUDES de l'ami au frere qui lintroduit, et du frère à la sœur. Les fanulles se rapprochent. Les jeunes gens forment leurs mœurs; et les heureuses perspectives dont ils flattent leur umon, les soutiennent dans l'amour de leurs devoirs et de la vertu. Qui sait si ces choix libres, ces liaisons tendres et pures ne fixeroient pas cet esprit volage qu'on croit naturel aux femmes ? Elles respecteroient des nœuds qu’elles auroient elles-mêmes formés. Si, étant femmes, elles cherchent à plaire à tous, c'est peut-être parce qu'étant filles il ne leur est pas permis d'en aimer un seul.
Si on peut espérer une révolution heureuse dans Ja Patrie, ce n’est qu'en rappelant les femmes aux mœurs domestiques. Quelles que soient les sauires qu'on ait écrites sur leur compte , elles sont moins coupables que les hommes. Elles n'ont guère de vices que ceux que nous leur donnons, et nous em avons beaucoup qu’elles n'ont pas. Quant à ceux qui leur sont propres ; On peut dire qu'ils ont retardé notre ruine, en compensant les vices de notre constüitution politique. On n'imagine pas ce que seroit devenue notre société livrée à toutes les imconséquences de notre éducation, à tous les préjugés de nos condiuons et aux ambitions de chaque paru, Si les femmes ne nous avoient croisés en chemin. Notre histoire ne présente que des débats de moines contre moines, de docteurs contre docteurs, de
DE LA NATURE£E. 4069 grands contre grands, de nobles contre vilaims; pendant que des politiques rusés s'emparent peu à peu de nos possessions. Sans les femmes , tous ces partis auroient fait à la fin un désert de l'Etat, et mené jusqu’au dernier du peuple à la boucherie , ou au marché , comme on le conseilloit il y a quelques années. Il y a eu des siécles où nous aurions été tous cordeliers, naissant et mourant avec le cordon de S. François; d’autres, tous chevaliers errans, courant les monts et les vaux la lance à la man; d’autres, tous pénitens, parcourant les villes en processions et en nous flagellant; d’autres , quisquis ou quamquam de l’université. Les femmes , jetées hors de leur état naturel par nos mœurs injustes , renversent tout, se moquent de tout, détruisent tout, les grandes fortunes , les prétentions de l’orgueil et les préjugés de l'opinion. Les femmes n’ont qu'une passion , qui est l'amour , et cette passion n’a qu’un objet ; tandis que les hommes rapportent tout à l'ambition qui en a des milliers. Quels que soient les désordres des femmes, elles sont toujours plus près de la nature que nous, parce que leur passion dominante les en rapproche sans cesse , et que la nôtre au contraire nous en écarte. Un bourgeois de province, et même de Paris, caresse à peine ses enfans quand ils sont un peu grands ; mais 1l s'incline profondément devant ceux des étrangers s’ils sont riches ou de qualité. Sa femme , au contraire , les juge
à la figure; s'ils sont laids , elle n’en tient compte ; mais elle caressera l'enfant d’un paysan s’il est beau : elle portera plus de respect à un homme du peuple à cheveux blancs et à tête vénérable, qu'à un conseiller sans barbe. Les femmes ne voient que les avantages naturels , et les hommes que ceux de la fortune. Ainsi, les femmes au milieu de leurs désordres nous ramènent encore à la nature, pendant qu’au milieu de notre prétendue sagesse nous tendons sans cesse à nous en éloigner.
Je conviens cependant qu’elles n’ont empéche le malheur général qu'en causant parmi nous une Infinité de maux particuliers. Hélas ! amsi que nous, elles ne trouveront le bonheur que dans la vertu. Dans iout pays où la vertu ne règne plus, elles sont très-malheureuses. Elles étoient autrefois tres-heureuses dans les vertueuses républiques de la Grèce et de l'Halie, elles y décidoient du sort des états : aujourd’hui , esclaves dans ces mêmes lieux , la plupart d’entre elles sont obligées de se prostituer pour vivre. Les nôtres ne doivent pas désespérer de nous,
elles ont sur l’homme un empire inaliénable (1).
(1) Il est digne de remarque , que la plupart des noms des objets de la nature, de Le la morale et de la métaphysique, sont femimins, sur-tout dans la langue française. Il seroit assez curieux de rechercher si les noms masculins ont été donnés par les femmes, et les noms féminins par les hommes, aux
choses qui servent pes RU QUE aux usages de Vus
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Nous ne les connoissons que sous le nom de sexe,
auquel nous avons donné Le nom de beau par excel-
lence ; mais combien d’autres épithètes plus tou-
chantes pourrions-nous y ajouter, telles que celles de nourricier et de consolateur ! Ce sont elles qui nous reçoivent en entrant dans la vie, et qui nous ferment les yeux à la mort. Ce n’est point à la beauté,
c’est à la religion que nos femmes doivent leur prin-
Cipale puissance; le même Français qui soupire à
Paris aux pieds de sa maîtresse, la tient dans les fers
et sous les fonets à Saint-Dommgue. Notre religion
seule a envisagé Funion conjugale dans l’ordre natu-
rel; elle seule de toutes les religions de la terre présente la femme à l’homme comme une compagne : les autres la lui abandonnent comme une esclave. Ce n'est qu'à la religion que nos femmes doivent la überté dont elles jouissent en Europe; et c’est de la hberté des femmes que s’est ensuivie celle des.
chaque sexe ; ou si les premiers ont été faits du genre masculin , parce qu’ils présentoient des caractères de force et de puissance, et les seconds du genre féminin , parce qu'ils offroient des caractères de graces et d’agrémens. Je crois que les hommes ayant nommé en général les objets de la nature, leur ont prodigué les noms féminins, par ce penchant secret qui les attire vers le sexe : c’est ce qu'on peut remarquer, aux noms que portent les constellations célestes, les quatre parties du monde , la plupart des fleuves , des royaumes, des, fruits, des arbres, des vertus, &e,
peuples, et la proseripuion d’une multitude d’usages inhumains répandus dans toutes les parties du monde , tels que l'esclavage, les sérails et les eunu-
ques, O sexe charmant! c’est dans vos vertus qu’est
votre puissance. Sauvez la Patrie , en rappelant par le spectacle de vos doux travaux, vos amans et vos époux à l'amour des mœurs domestiques : vous rendrez toute la société à ses devoirs, si chacune de vous ramène un seul homme à l’ordre naturel. N’enviez point à l’homme son autorité, ses magistratures, ses talens , sa vaine gloire; mais au milieu de votre foiblesse, entourées de vos laines et de vos soies, bénissez l’Auteur de la Nature, de n’avoir donné qu’à vous de pouvoir être toujours bonnes et bienfaisantes.