‹ Études de la natureChapitre 44 sur 48 · RÉCAPITULATION · texte numérisé non relu

RÉCAPITULATION

J'ai présenté dès le commencement de cet ouvrage les différentes routes de la nature , que je me proposois de parcourir , pour me former une 1dée de l’ordre qui gouverne le monde. J'ai exposé d'abord les objections qu’on a faites dans tous les temps contre la Providence ; je les ai présentées règne ps. rêgne, ce qui n’a donné occasion, en les réfutant , d'exposer des vues nouvelles sur la disposition et l'usage des diflérentes parues de ce globe : ans jai rapporté la direction des chaînes de montagnes

D'ECRAÏT NA DURT. 473 sur les continens , aux vents réguliers qui soufilent sur l'Océan ; la position des îles, au confluent de ses courans ou de ceux des fleuves ; l'entretien des volcans, aux dépôts bitumineux de ses rivages; les courans de la mer et les mouvemens des marées, aux effusions alternatives des glaces polaires. Aprés cela j'ai réfuté, par ordre, les autres objections faites sur le règne végétal et animal, en faisant voir que ces règnes n’étoient pas plus gouvernés par des loix mécaniques que le règne fossile. J'ai démontré ensuite que la plupart des maux du genre human naissent du vice de nos insütutions politiques , et non pas de la nature ; que l’homme étoit le seul être abandonné à sa propre providence, par quelque punition originelle ; mais que cette même Divinité * qui l’avoit livré à ses lumières veilloit encore sur ses destinées ; qu’elle faisoit rejatllir sur Îes chefs des nations les maux dont ils opprimoient les foibles et les petits, et j'ai démontré l’action d’une Providence divine , par les malheurs même du genre humain. Tel a été le sujet de mon premier volume.

J’ai commencé le second volume par attaquer les principes de nos sciences , en faisant voir qu’elles nous égarent, Où par la hardiesse de ces mêmes principes par lesquels elles remontent à la nature des élémens qui leur échappent , ou par la foiblesse de leurs méthodes, qui ne saisit à-la-fois qu'une loi de la nature , à cause de limbécillité de notre esprit,

et de la vanité de notre éducation, qui nous fait prendre pour des routes uniques les petits sentiers où nous marchons. C’est ainsi que les sciences naturelles , et même les sciences politiques qui en sont les résultats, s'étant séparées parmi nous les unes des autres, chacune d’elles a fait, si j'ose dire, un cul-de-sac du chemin par où elle étoit entrée. C’est ainsi que les causes physiques nous ont Ôté , à Ja longue , la vue des fins intellectuelles dans l’ordre de la nature, comme les causes financières nous ont enlevé les espérances de la vertu et de la religion dans l'ordre social.

J'ai cherché ensuite une faculté plus propre à découvrir la vérité, que notre raison, qui n'est d’ailleurs que notre intérêt personnel. J'ai cru la trouver dans cetinstinet sublime, appeléle sentiment, qui est en nous l'expression des loix naturelles , et qui est invariable chez toutes les nations. J'ai observé , par son moyen, lesloix de la nature., non en remontant à leurs principes, qui ne sont connus que. de Dieu , mais en descendant à leurs résultats, qui sont à l’usage des hommes. J’ai eu le bonheur , par cette route, d’apercevoir quelques principes des convenances et des harmonies qui gouvernent le monde. Je ne doute pas que ce ne soit par cette même routg que les anciens Egyptüens se rendirent si célebres dans les connoissances naturelles, qu'ils ont portées incomparablement plusloi que nous. Ils étudioieny

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