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la nature dans la nature même, et non par parcelles et avec des machines. Ils en formèrent une science merveilleuse , et fameuse par toute la terre, sous le nom de magie. Les élémens de cette science sont maintenant inconnus, et il n'en est resté que le nom, qu'on donne aujourd’hui aux opérauons les plus stupides où puissent porter lerreur et la dépravation du cœur humain. I n’en étoit pas ainsi de la magie des anciens Egyptiens, célébrée par les auteurs les plus respectables de l'antiquité , et même par les livres saints. Ce furent ces principes de convenance et d'harmonie , que Pythagore puisa chez eux , qu'il apporta en Europe, et qui y devinrent les sources de plusieurs branches de philosophie qui y parurent aprés lui, et même celle des arts, qui ne commencérent qu’alors à y fleurir; car les arts ne sont que des imitations des procédés de la nature. Quoique mon insuffisance soit trés-grande, ces principes harmoniques sont si lumineux , qu'ils m'ont présenté, non-seulement des dispositions du globe tout-à-fait nouvelles ; mais ils m'ont donné encore les moyens de reconnoître les caractères des plantes à leur pre mier aspect, et de dire : Celle-ci est de montagne, et cette autre est de rivage. J’ai démontré par eux l'usage des feuilles des plantes, et déterminé par les formes nautiques ou volatiles de leurs graines, les rapports qu'elles ont avec les lieux où elles sont destinées à naître. J'ai observé que les corolles de
leurs fleurs avoient des rapports positifs ou négatifs avec les rayons du soleil , suivant les latitudes et les points d’élévation où elles doivent s'épanouir. J'ai remarqué ensuite les contrastes charmans de leurs feuilles , de leurs fleurs , de leurs fruits et de leurs tiges, avec le sol et le ciel où elles naissent, et ceux qu’elles forment de genre à genre, étant, pour ainsi dire , groupées deux à deux : enfin j'ai indiqué les relations qu’elles ont avec les animaux et les hommes, en sorte que j'ose dire avoir démontré qu’il n'y a pas une seule nuance de couleur jetée au hasard dans la nature. J’ai donné par ces vues le moyen de former des chapitres complets d'histoire naturelle, en montrant que chaque plante étoit le centre de l'existence d’une infinité d'animaux, quiont avec elle des convenances qui nous sont encore, iInCON— nues. On pourroit étendre sans doute leurs harmonies plus loin, car beaucoup de plantes semblent avoir des relations, non-seulement avec le soleil, mais avec diverses constellations. Ce n’est pas ioujours telle hauteur du soleil sur l'horizon qui les met en végétation. I y à telle plante qui fleurit au printemps , qui ne développeroit pas la plus petite feuille en automne, quoiqu’elle éprouve alors le même degré de chaleur. Il en est de même de leurs semences , qui germent et poussent dans une saison et non dans l’autre, quoiqu elles aient la même température. Ces relauons célestes étoient connues de
DE LA NATURE. 477 l'ancienne philosophie des Egypuens et de Pythagore. On en trouve beaucoup d'observations dans Plne, lorsqu'il dit, par exemple , que vers le lever de la Poussinière, les oliviers et les vignes conçoivent leur fruit ; et d’après Virgile, que le froment doit se semer après la retraite de cette constellation, et les lentilles à celle du Bouvier ; que les roseaux et les saussaies doivent se planter lorsque l'étoile de la Lyre se couche. C’est d’après ces relations , dont les causes nous sont inconnues, que Linnæus avoit formé avec les fleurs des plantes, un almanach botanique , dont Pline a présenté la première idée aux laboureurs de son temps (1). Mais nous avons mdiqué des harmonies végétales encore plus touchantes , en faisant voir que le temps du développement de chaque plante, de sa floraison et de la maturité de ses fruits , étoit lié avec les développemens et les besoins des animaux, et sur-tout avec ceux de l’homme. I] n’y en a point qui n’ait avec nous des relations d'utilité directe ou indirecte ; mais cette immense et mystérieuse partie de l’histoire humaine ne sera peut-être jamais connue que des anges.
Mon troisième volume présente l'application de tes principes harmoniqnes à la nature même de homme, J'y ai fait voir qu'il étoit formé de deux 0 RE es | à
(1) Voyez Pline, Hist. nat. liv. 18, chap. 28.
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