‹ Études de la natureChapitre 8 sur 48 · GERS · texte numérisé non relu

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toutes les autres le sont. C’est une chose digne de remarque, que tous les ouvrages des athées sont arides et secs. Ils vous étonnent quelquefois , mais jamais ils ne vous touchent. Ils ne vous présentent que des caricatures ou des idces gigantesques. Il n’y a ni ordre, ni proportion, ni sensihilité. Je n’en excepte que le poëme de Lucrèce. Mais cette exception, comme je l'ai dit, confirme mon observation; car quand ce poète a voulu plaire, il a été obligé de faire intervenir la Divinité, ainsi qu’on le voit dans son exorde , où il débute par cette belle apostrophe, Alma F'enus. Par-tout ailleurs où il explique la physique d’Epicure, il est d’une sécheresse insupportable. s

notre vie est agitée de passions contradictoires. Voilà Ja cause de tant d’espérances et de craintes frivoles qui tourmentent les hommes. Ma fortune est faite, dit l’un, j'ai de quoi vivre pour toujours ; et 11 mourra demain. Que je suis misérable ! dit un autre, je suis perdu pour jamais ; et la mort le délivre de tous ses maux. On uent à la vie, disoit Michel Montaigne, par des bagatelles, par un verre : oui, parce qu’on porte sur ce verre le sentiment de l'infini. Si la vie et la mort paroissent souvent iusupportables aux hommes, c’est qu'ils mettent le sentiment de leur fin dans leur mort, et celui de l'infini dans leur vie. Mortiels , si vous voulez vivre heureux et mourir contens , ne dénaturez point vos loix ; considérez qu'à la mort toutes les peines de l'animal finissent, les besoins du corps , les maladies , les persécutions, les calomnies , les esclavages de toutes les sortes , les rudes combats des passions avec soi-même et avec les autres. Considérez qu’à la mort toutes les Jouissances d’un être moral commencent, les récompenses des vertus et des moindres actes de jusüce et d'humanité méprisés ou dédaignés du monde, mais qui nous ont en quelque sorte rapprochés sur la terre de l'être juste et étérnel.

Quand ces deux mstincts se réunissent dans le même lieu, ils nous donnent les plus grands plaisirs dont nous soyons capables ; car alors nos deux natures, si j'ose ainsi les appeler, jouissent à la

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