‹ Études de langue françaiseChapitre 18 sur 42 · USAI SUR LA LANGUI DB LA FONTAINE · texte numérisé non relu

USAI SUR LA LANGUI DB LA FONTAINE

mot est encore quelquefois en usage dans le style très familier. On appelle, en badinant, une petite fille : Ma petite rate. »

Quand on est en veine de rapprochements, on ne devrait pas s'arrêter en si beau chemin. Charles Nodier avait déji remarqué que ce mot est commun en province, et Ton trouve dans Nicot raiepenade pour chauvesouris. Tout cela était de nature à éveiller l'attention. Quelques recherches dans nos anciens ouvrages d'histoire naturelle auraient suffi pour résoudre la difficuké. On lit dans la traduction ae Pline, par du Pinet, le passage suivant :

« Pour éclaircir la veuê à ceux qui l'auroient troublée, on dit aue la cendre des testes et queues de souris y est fort bonne, et plus encore quand cette cendre est faite de testes et queues de ratta rousses ou de nts velus (1). »

Il n'était même pas nécessaire de chercher si loin, et l'on pouvait, sans quitter le recueil de fables publié par M. Dézobry, rencontrer une autorité bien autrement importante. En efi'et, après y avoir lu, à la page 41;, que rate est un mot imaginé par La Fontame, on y trouve, à la page 444, la charmante fable adressée par Marot à son ami Lyon, au milieu d'une de ses épttrês, dans laquelle on rencontre les vers suivants :

Adonc le rat^ sans serpe, ne Cousteau, Y arriva joyeux et esbaudy, Et du lyon (pour vrayi ne s est gaudy :

Mais despita chatz, rates et ratons.

Un peu plus loin le rat dit au lion :

Secouru m'as fort lyonneusement, Or secouru seras rateusem&nt.

Voilà, sans aucun doute, Torigine de cette ro/raie m-

(i) Uv. XXOC, eh. VI, t n, p. 388.

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