‹ Etudes de langue francaise [microforme]Chapitre 14 sur 46 · MOLIÈRE^ ET LES GRAMWAIRIENS · texte numérisé non relu

MOLIÈRE^ ET LES GRAMWAIRIENS

^ - manie étymologique, poussée môme un peu au-delà des liberté^ que la. farce a l'habiiude de^se\permettre ? On aurait grand tort : ceci est traduit très litiéralemeht d'un *d^es érudits du xvi* siècle qui écrivaient en ''latin sur Jes origines de notre langue. Cfiarles de Bovelle s'exprime ainsi : ♦

flotfC capftis tegumcntum : factitia et arbLtr.irja^dictio, fort^a duobus dicta fron Vi^ : quia tegere caput adversum-catarrHlDs et pituitas borium est.

(jPàrbli Bovilli Sanfiarobrivi libcrdc differentia vuTgarhim linguarum.

— Pari>iis, Robertus Stepbaaus, M.DXXXin;in-4", p. 53.)

On sait de quelle manière -ançu&ante Molière a su. mettre au théâtre, dan^s le ÈoiIf^eàU^^entilhommei le Traité de la parole de Cordemoy. Ce Cord^moy n'était pas un sot; ilcherchait patiemment; l'un des premiers, à étudier la nature des sons dé notre langue, et à établir les fondements de ce que nous appelons auJQurd'hui.du -, nom assez ambitieux de phonétique; iftais sa tentative' avait des côtés ridicules ou du moins plaisants, dont notre grand comiaue ne fat pas long «à s'emparer. NdUs rr'insistons pas d'ailleurs sur ce point^- qui rf*a pas échappé aux commentateurs de Molière, car nous ne voulons donner '.dans cette commxinicatioa que des, . observations qui nous soient tout à fait personnelles.

En voyant, dans les Femmes îai^^«/<*5, Vaugebs- • nomméxinq fois er\ deifx scènes, l'idé^e nous est vende ' que si Molicre avait fait des emprunts à «q-uelques ^ram-^ mairiens sans impo'rtance, il n'avait pas dû lire, sans en faireson profit, celui qui a eu une .si grande influence sur le langage de son temps. \

En parcourant la Préface des Remarques, j'y trouve :

îl ne faut pas croire, comrtie font plusieurs, que dans la conversation et dans les compagnies il soit permis de dire en raillant un mauvais mot. Par exemple, ils disoieai : Boute j-yousià, pour dire

mouiArb et les grammairiens

mettez-vous /i^.etle disoient en raillant, sçachant bien que c'cstoit mal parler, et'ceux mesmes qui l'o/lrtent, ne doutoient point que ceux qui le disoient ne le sceussent,^et avec tout cela ils ne le pouvoient souffrir.

Dans la Cn'tiaue de P Ecole des femmes, Molfèrè emploie presque les mêmes termes en parlant, non des termes familiers qui^ne Teffrayaienl point, mais des turlupinades qu'il avait en horreur : v >^

Élise.,— Qu*un homme montre djrsp ri r lorsqu'il vient voqs dire : t Madame, vous éies dar4 la Place Royale, çt tout le monde vous voit de trois lieues de Paris, car chacun vous vcfit d^ boaçeii; à cause que Bonneuil est. un vi!iaji;e à trois lieues d'ici! » Cela n'est- il pas bien galant et bien spirituel ? Et ceux, qui trouvent ces belles rencontres n'ont-ils pas lieu de s'en g;45rifier .''

Uranie — On ne\dit pas cela aussi comme une chose spirituelfe, ' et la plupart de ceux qui affecteint ce langage, savent bien euxmêmes qu'il- est ridhiule. ,, t Eitse. — Tant pis encore, de prendre, peine à dirx des sottises, et d'être mauvais, plaisants de dessein formé.

Dans la Préface des Remarques de Vaug^s, nous rencontrons ensuite ce passage : * ' w

J'ay oUy dire à un grand h<inTme qu'il est justement des mots comme des nipdes. Les sages ne se hasardent jîimais à iaire ny l'un ny l'autre; mais siiqueique tém^Vàire^où queiqu©»l^zarre,. pour ne luy, pas donner un autre nom. en veut bien prepdre\ le hazârd, et q.u il soit si heureux qu'un mot ou qu'une mode qu'il aura inventée, luv réussisse, alors, les sa^cs qui ^çavent qu'il [fa-ut parler et s'habiller comme le»-*atTes/suiveni non pas, à le bicij prendre, ce que le téméraire a invei^té^ mais ce que l'ù^ge a,receu.

Voici en quels vers de preste allure Molière a traduit la prose assez languis siinte de Vâu|;elas : , .

Toujours au plus grand nombre on doit s'accommofler \ Et jamais il ne faut se faire regarder.

L'un et l'autre excès choque, et tout homme bien sage . Doit faire des habits ainsi que du langage,

N'y rien trop afFécter,.et sans empressement "

Suivre ce que l'usage y fait de changement: , ,

(École des rriaris^ I, 1 )

Nous ne savons p\s quel est le « grand homme m à qui Vaugelas a, entendu Iaire ce rapprochement entre la

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