‹ Etudes de langue francaise [microforme]Chapitre 15 sur 46 · MO'LIÈRE ET LES GRAMMAIRIENS · texte numérisé non relu

MO'LIÈRE ET LES GRAMMAIRIENS

niode des mots et celle des vêtements, m&h nous l'avons déjà rencontré avant l'impression des /^«m'ar^u^. Nous lisons dans un Discours nouveau sur la mode (Paris,, Pierre Ramier, 1 6 1 } , ifi-8*) :

Il faut, quiconque Vftut estre. mignon dt court, Gc^uverner son langage à la mode qui court... ' Bref 11 faut observex, qui veut paroistre en Frahce, Au parler, aussi bien qu'aux habits, l'inconstance.

Après Vaug^ai et Molière^ cette" comparaison passe à l'état de lieu-commun et* se rencontre très souvent; Caillères dit dans ses Mots à la mode, en parlant de . l'empfoi que les habiles font des mots nouveaux :

Ils ne s'en servent qu'après qu'ils ont été universellement approuves, jet qu'ils suivent en cela 1» même règle que celle qu'il faut observer touchant les modes des habits, qui est de n'être jamais des premiers à prendre Tes fiouvelles, ni des derniers à quitter lei anciennes.

Enfin Fénelon, recommandant, dans la Letireà t Académie, la composition d'une . grammaire, remarque qu'elle ,

diminuerait peut-être leTcnangementi capricieux par. lesquels la mode règne sur lesHcrmes comme sur les habits.

Nous n'avons plusX faire qu'un seul rapprochement entre la Préface des ^Remarqués et les comédies de Molière, mais c'est le pKis frappant de tous^ et il corrobore ce que les autres pourraient avoir encore d'incertain. Le 'savant grammairien fait l'éloge des termes techniques employés à propos, et dit : •

/Les termes de l'art sont toujours! fort, bons et fort bien reçus

dans retendue de leur juridiction, où les autres ne vaudroient rien,

* et le plus hiibile notaire de Paris se rendroit ridicule, et perdroit

toute. sa pratique, s'il se mettoit dans l'esprit de changer son stile

et ses phrases, pour prendre celles de nos-^eilleurs auteurs^

C'est ainsi précisément que le notaire des Femmes idt'a'ï^^i répond à ses clientes : ,\ ^

204 REMAROVES SVR L ORTHOGRAPHR PRANnor^R

MOLiftRB ET LBS GRAMMAIRIENS

Philaminthi {au notaire).

Vous he uifriez changer votre style sauvage

Et nous faire un contrat qui soit en beau langage.

Ll NOTAIRE

Mon style est très bon, et je serais un sot. Madame, de vouloir y changer un seul mot.

1 ' BCLISK

Ah ! quelle barbarie au milieu 4e la France I Mais au moins, en faveur, Monsieur, de la science, Veuillez, au lieu d'écus, de livres et de francs, Nous exprimer la dot en mines et talents Et dater pa/ lès mots d'ides et de calendes.

\M motaihk;

Mdi ? Si j'allais, madame, accorder vos deman«ies, Je mjC. ferais siffler de tous mes compagnons.

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Précieux, et Précieuses

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Précieux et Précieuses

L'ouvrage intitulé Précieux et Précieuses^ nous phti beaucoup plus qUé la Grammaire française au\sei^ième skècle. Nous y retrouvons les qualités habituelles de. l'auteur, une connaissance complète des moindres anecdotes littéraires, un art heureux de les mettre^en lumière, d'en tirer des* conséquences inattendues.' Ce n'est pas la première fois que M. Livet aborde cett^ ■ matière ; il à publié dans la Bibliothèque elzévirienne une édition du Dictionnaire des Précieuses de Somaize 'Dùil a fort bien prouvé que cet écrit n'émane pas, ' comtt^ on l'avait cru, d'un de leurs sots partisans, mais plutôt^d'un maladroit critique. Dans rintroduction de son nouveau4ûtf4, M. Livet insiste sup ce, qu'il y a d'un peu exagéré dans le langage que Molière. prête aux Précieuses; ses observations à ce sujet spnt fines et nouvelles. Du reste, notre grand comique est revenu sur cette esquisse qui se rapprochait, par certains côtés, de la caricature, et il y a substitué plus-^lard de vrais portraits, tels que celui de Climèhe clans la Critique de l'école des femmes et d'Armande dans le^ j Femmes sapantes.

Ce n'est pas seulement rintrodudion de ça livre qui

(i) Article sur c Précieux et Précieuses» de Ch,-L. Liv»t (Feuilleton de ï'Ami d* la Religion^ du ai août iSSg).

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