‹ Etudes de langue francaise [microforme]Chapitre 2 sur 46 · NOTRE LANGUE · texte numérisé non relu

NOTRE LANGUE

"^ la musique. Chacun disait son mot :les gens de^Cour^

les èrudits, les auteurs, les femmes surtout ;, ainsi s'^ta- "blissait Tusage, ainsi se règlait la langue, avec ihstinct, avec goût, mais non sans art^itrairé, ni caprice.

Les Remarques sur la langue française, utiles à cettxqui veulent bien parler et bien escrire^ par Vaugelas, pujbliées seulement v< lehuitiesme iour d'Octobre 1647 (i) » mais ' commencées fort longtemps auparavant, devinrent le manuel et le coder cje ces réunions* Doué d'un jugement sûr et d'un tact exquis, ^^ugelas n'employait pas exclu-^ sivement ces précieuse qSuiiôés à' l'examen des ques- " tions gramn\a(icales : il sàv^t voir juste en d'autres matières, et appréciait très finement le caractère de notre nation ainsi^ que les défauts et les qualités du public • auquel il adressait son livre. A ceux qui lui reprochaient de n'y avoir pas introduit l'ordre suivi d'ordinaire dans les traités grammaticaux, il répondait ajune façon fort judicieuse : " ^ r

« Pour en parler sainement^ il ne sftruiroit qu'à c^ux

qui sçauejit la langue Latine, et par conséquent toutes

les parties de la Grammaire ; car pour les autres .qui

C n'ayant point estudié ne sçauront* ce.que c'est que de,

toutes les parties de TOraison, tant s'eir faut. que c^t

ordre leur agreast ny leur tionnast atfcui^ auànWe,

'qu'il poûFroit les effaroucher,, et leur faire crpire tqu ils

n'y comprendront rien, quoy qu'en effet elles {ces renuxr-

ques) soient; ce me sembfe, conceuôs d'vnc sorte, que

les femmes et tous ceux qui n'ont nulle teinture tie la

langue Latine, en peuuent tirer du profit (a). »

\ On est assez porté, sur la foi de l'admiration que

Vaugelas inspire aux femmes sçavantes de Molière, à

considérer ce grammairien comme un étroit puriste,

très absolu dans ses décisions.

(i) A Paris, chez Augustin Courbé, iii*4*. (a) Préfaccj % XII.

ncnn

DB L^BNSEICNBMBNT Dl MOTIUM^ANGUB 21

Il est impossible de le juger plus mal. f

Il faut bien en convenir : lorsque Philaminte repris

mande si vertement la pauvre Martine de son impardon*

nable faute, quand elle lui reproche, d'ayoir insulté son

oreille / -.^A

Par l'impropriété d'un moT.Muvage et bas, Qu'en termes décisif condamne Vaugelas,

quand elle l'accuse d*offenser^

L4I Grammaire qui sçait régenter jusqu'aux Rois, ^ Et les fait la main haute o^élr à ses lo^s (i),'

-, 'Il

elle s'écarte de la doctrine du maître, pu du moins, ainsi qu'il arrive toujours aux disciples plus ardents qjJéclaif es, elle f outrepasse et l'exagère. .

En réalité Vaugelas n^knpose oresque jamais de règles absolues et se con/ormè trèst/ftdèlèment à ce titre de Remarques qu'il a introduit et qui a été adoptl^r presque tous les auteurs d'une longujs série d'ouvrages, composé&^ l'imitalioa du sien, et merveilleî^sifement appropriés âjla recheroke et à Tekame^ des moindres panicularités de notre langue. ^ ^

11 a grand soin du pesté de le déclarer expressément dès les premières lignes dé sa Préface ;

« Tant s'en iaut ijue j'entreprenne de me constituer Iuge\les différens de la langue, que ie ne pretens passer que pour vn simple tesmoin, qui dépose ce qu'il a veu et ouï, ou pour vn homme qui auroit fait vn Recueil d'Arrests qu'il donneroit au pubhc. C'est pourquoy ce petit Quurage a pris le nom de Remarques^ et ne s'est pas chargé du frontispice fastueux de Décisions, ou. de Loix^ ou de quelque autre semblable. Car encore que ce soient en effet des Loix d'un souuerain, qui est

(i) Lu Femmes sfèifanteSf acte. II, scène ti.

22 DE l'enseignement DE NQTRE LANGUE

yVsage, si est-ce qu'outt^e^I'auersion guei'ay à ces titres ambitieux, j'ay deu esloigner de moy tout soupçon de vouloir establir ce que ie ne fais que rapporter. » ' Voici donc* qui esj parfaitement clair : le souverain que Vaugelas nous impose n'est pas la grammaire, mais 1 usage. Toute la difficulté consiste à le bien constater. Cette dîfpculté devient d'autant plus grande que l'auteur .est contraint de nous faire un aveu qui obscurcit un pçu . les choses ;

« Il y a sans doute deux sortes à'viages; vn bon et vn mauvais. Le màiruais se forme du plus grand nombre de' personnes, qui presque en toutes choses n'est pas le meilleur, et le bon au,contraire est composé non pas de la pluralité, mais de l'élite des voix, et c'est ventablementceluy que l'on nomme le Maistre des langues (i). »

L'avantage principal de cette doctrine, contre laquelle il y aurait plus d'une objection à présenter, est de faire de chaque lecteur, non un disciple satisfait et confiant, mais un curieux plein de zèle pour la recherche des problèmes grammaticaux encore irrésolus. .

Quant aux règles que l'usage avait réellement sanctionnées, elles s'établissaient avec une autorité si inévitable que peu à peu elles soumettaient les plus grands écrivams et s'imposaient aux plus fiers génies.

Nous'eij avons une preuve curieuse dans le soin que Corneille mit en 1660 à revoir ses pièces de théâtre, surtout afin de les mettre [3lus exactement en rapport avec les Remarques de 1647, et d'assujettir à ces règles nouvelles' les passages de ses ouvrages antérieurs qui ne s'y trouvaient pas conformes.

Dans cette même année où Corneille s'inclinait docilement devant l'autorité de Tusage, constaté avec un scrupule si consciencieux par Vaugelas, tandis que les émules et les disciples de l'habile' grammairien pour-

(I) Pri/ace, ili.

on

DB L*fiNSEIGNBMENT. DE NOTRE LANGUE ^ 2J

suivaient et cornplétaient son œuvre, soit en y introduisant les changements que le temps exigeait déjà, soit en Tappuyantd autorités et d'exemples, soit enfin en Tadaptam aux k)esoins de l'enseignement élénientaire, on vit paraître un petit livret de 147 pages, imprimé en assez gros caractères, qui malgré sa modeste apparence modifia profondément la méthode suivie jusqu'alors pour l'étude ae notre langue. Ce livret, c'était la Grammaire ^nérale et raisonnéedes solitaires de Port-Royal (i).

Des Remarques de Vaugelas, qui procèdent par minutieuses constatations de détail et n'osient aborder aucune des théories sur lesquelles reposent les règles de notre idiome, à cette Grammaire générale, qui, méprisant l'examen des faits particuliers, afficlie la prétention ambitieuse» et en tout cas fort prématurée, de proclamer les principe.', universels des langues, la transition est bruscjue ; et l'on comprend la^ surprise, et, à certains égards, 1 admiration avec laquelle un tel ouvrage fut accueilli.

Aujourd'hui une science nouvelle, la linguistique, s'est définitivement constituée, et cependant là Grammaire comparée commence à peine, après tant de remarquables travaux, à constater les rapports et les différences qui existent entre les idiomes de même famille, sans oser encore prévoir l'époque où ce monument définitif, la Grammaire généraU, pourra, non pas être terminé, mais seulement entrepris avec quelque apparence de maturité et de succès. Il ne reste donc plus d'illusion sur l'insuffisance de cette première tentative, et l'on^ne s'étonne que de la complète confiance avec laquelle elle a été accomplie.

Si maintenant, laissant de eôté le titre de l'ouvrage et le but qu'il se propose, on restreint cette prétendue Grammaire générale^ aux proportions, beaucoup plus modestes, g une gr^rnaire philosophique de notre

(1) A Pmrii, chtf Pierre le Petit, M.DC.LX, in-ia.

DE L BNSEIGNEMENT DE NOTRE LANGUB

langue, on doit convenir qu'elle est fort cligne d'être .étudiée et qu'elle a été, en un certain sens, le point de** départ d'un progrès considérable dans renseignement du français. ;

Mais, tout en tenant un juste compte de sa légitime influence, on ne saurait aissimuler queTabus de la méthode qu'elle a introduite a eu des conséquences déplorables.

Le xvin* siècle, qui avait des philosophe^ à placer dans toutes les branches des sciences et de la littérature, ne manqua point de grammairiens philosophes. L'amour-prdpre de ceux à qui étaient échues ces humbleé fonctions était flatté d'un titre qui donnait un certain écla/à leurs travaux, et leur paresse se trouvait fort bien d'uiie méthode qui leur permettait de dicter tranquillement des lois au nom des principes, et d'accuser nos plus grands écrivains de n'avoir pas su le françJais, sans prendre la peine d'étudier leurs chefs-d'œuvre. "

Les élucubrations de ces nouveaux législateurs dobr notre idiome commencent en général par le compterendu des diverses assemblées tenues par quelques-uns de ces sauvages de grand sens que le siècle dernier afl'ectipnnait tant.

Ne sachant pas -encore dire un mot, une intelligente peu{51ade n'en sent que plus vivement le besoin de se réunir pour fixer les conventions relatives au langage ; et, après avoir délibéré, sans le moindre embarras, à l'aide d'un petit nombre de gestes expressifs, elle crée, avec la logique la plus irréprochable, chaque espèce de mots précisément dans l'ordre de son utilité relative.

Comme \\ est facile de le prévoir, les lois de cette langue primitive s'adaptaient merveilleusement à la nôtre.

Ce fut sur de tels principes que s'appuyèrent nos grammairiens pour tracer leurs règles absolues et proclamer leurs décisions infaillibles.

DE L ENSEIGNEMENT DE NOTRE LANGUE

Ils assignèrent à chaque mot un rôle unique, s'appliquèrent à priver peu à peu de ses libertés, de ses antiques franchises, la belle langue si indépendante du xvii* siècle, et l'assujettirent. enfin jusqu'à l'asservissenient.

Ils rencontrèrent dans le cours de ce sihgulier travail un obstacle qui eût été de nature à décourager des gens moins persuadés de l'infaillibilité de leurs jugements.

Ils avaient bien pu réglementer à leur îaçon notre idiome, mais non supprimer sa littérature ; et, à chaque ligne de nos chefs-d'œuvre, ils trouvaient quelque infraction à leurs décisions arbitraires.

Nul moyen cependant de proscrire d'un seul coup tous^nos classiques. Il éiait même indispensable de puiser parfois dans leursoeuvres des autorités et^es exemples, et de montrer pour quelques-uns d'entre eux un respect qui permît d'attaquer au besoin tous les autres. '' Ceux de nos grands écrivains dont le génie est. le plus profondément français furent écartés les premiers.

Corneille était archaïque, Molière trivial, La Fontaine incorrect ; on avouait que Bossuei avait de l'élévation et de la noblesse, mais son style était rempli de hardiesses oratoires qui ne pouvaientservir de modèles.

Tout bien examiné, on n'admit guère que deux autorités : Racine dans ses dernières pièces, et Fénelon dans Télémaque, i

Prendre pour types de notre langue des œuvres dq le sujet est héroïque et qui sont en grande partie imit des écrivains de l'antiquité, était un premier mo' d'écarter une bon ne partie des expressions proverbiales, des tours populaires et des gallicismes; mais, que de hardiesses de construction et de libertés grammaticales tenaient encore choquer tes implacables législateurs de notre langue 1...

Cela ne les, arrêta pas. Ils donnèrent comme des exemples tout ce qui était conforme à leurs règles, et comme des licences permises seulement aux grands

26 DE l'enseignement DE NOTRE LANGUE

. écnvains comme des négligences fâcheuses, ou même com^me de véritables fautes de langage, tput ce qui s'en . écartait.

Telle était leur manière de faire apprécier nos clasr siqùes à la jeunesse. v

'i^'^"^^^ d'utiles auxiliaires leur vinrent en aide : les ^ «^"!^ ^^ "°^ auteurs du xvii« siècle. '^.@ëûx-ci s'appliquèrent le plus consciencieusement du monde à rectifier, suivant le goût du jour, les incorrections de nos grands écrivains. Ils leur imposèrent une orthographe mixte oui n'a existé à aucune époque, les soumirent aux plus récentes subtilités des règles de participe^, changèrent dans leurs œuvres le genre des noms, l'accord des mots ; et l'on dut se trouver bien heureux lorsqu'ils ne s'avisèrent pas de leur prêter de 1 esprit. j,

Ces textes nouveaux facilitèrent beaucoup la besogne des grammairiens, qui purent alors citer Corneille ou Mohére à l'appui de règles qui n'existaient pas de leur temps.

Presque tous les livres élémentaires aujourd'hui en usage ne sont que des résumés des ouvrages dont nous^ venons d'indicjuer les tendances.

La grammaire générale et philosophique y est représentée par quelques principes exposvs sous une formé métaphysique et en termes très absolus ; les parties techniques de l'œuvre, et en particulier les modèles de conjugaison des verbes, n'ont presque pas varié depuis les grammaires du xvi' siècle, transcrites, pour ainsi dire, sur celles de la langue latine ; enfin, souvent les observauons, fournies par le reéueil de Vaugelas et par d'autres études analogues, n'ont été ni fondues ni mises en ordre, et sont réunies à la fin du volume sous ^ le titre, trop bien justifié; de Remarques détachées. V La plupaxt des auteurs de ces traités, très animés les

DE L'ENSElGNBMtNT %B NOTRE LANGUJS , IJ

S contre I^autres, se querellent pour quelques^rèçles particulières ou pour de minces questions de rédaction, en reproduisant toujours, dans ses moindres parties, le même inévitable programme. D'autres, moins sages encore, voulant innover à tout prix, se. précipitent dansle champ sans limites des iarîtaisies inoividuelles études réformes grotesques, sans qVil résulte d^ ces tentatives, je ne dirai pas un bon ouvrage, mais seulement tin livre original. ;'

->c En voyant les même traijiés réimprimés, iniités, contrefaits avec une persistance si unapime, on serait tenté^e penser aue la science grammaticale! est £aite, qu'elle a atteiovson but, qu'elle ne peiit alletf plus loin. Qui croirait que, bien au contraire, ellie est entrée cUpais le commencement de ce siècle d%ps des voies

xtwjtes nouvelles et qu'elle a proclamé un grand nombre de vérités incontestables dont aucune n'a enibore pénétré dans l'enseignement élémentaire ^

Ces belles recherches, qui se continuant chaque jour sous nos yeux sans au« nous daignions ^ accorder

'une attention suffî^ante/ont changé le principe fondamental de l'étude de notre laneue, ou tout au moins l'ont étendu au pbint de le transformer.

Vaugelas avai^t proclamé avec raison que l'usage es! « le fondement et la reigle de toute nostre langue (i) «r

(I) Préface, | 4,

28 ' DE l'enseignement DE NOTRE LANGUE

et il avait, par cela même établi fort à propos l'examen dès, faits» comme le point de départ de toute étu(^e grammaticale sérieuse ; mais, n'étudiant eue l'usage du moment et presque exclusivement celui ae la Cour, il négligeait fort la Ville et ne s'occupait à aucun degré des provinces.

Lorsque LaMothele Vayer disait que « le peuple fait valoir les dictions nouvelles, et decredite celles que bon lui semble (i), » il était très vivement critiqué, et BoU' hours n'avait pas assez de railleries contre Ménage quand celuj-ci, jetant^n coup d'oeil en arrière afin demfeux déterminer une règle grammaticale, osait parfois s'oublier jusqu'à citer Coquillart. ** ^

Bien éloignés de ces étranges dédains, le? éruditsde nos jours ont étendu la constatatiori de l'usage à tous les ten/ps,*à tous les points du teijkoire, enfin àtous les langages spéciaux et techniques/Jels que la fauconnerie, la vénerie, ja marine, l'art militaire, qui, indépendamment de leu^ emploi particulier, er^ont un autre plus générW^par lesj expressions qu'ils fournissent à la langue commune. [Tous les geg/es de documents ^nt ét^ mis à profit : |ioèmes, chroniques, traités spéciaux, chartes, patois (Jivers transmis jusqu'à nous par la seule tradition orale ; et, grâce à. tant d'efforts convergeant tous vers urt même but, on commence à voir ^'histoire de notre langue se dessiner^dans son ensemble.

Comme l'histoire des institutions, comme l'histoire littéraire et l'archéologie, cette science nouvelle a son existence propre et concourt à l'ensembl^denotre histoire nationale restreinte naguère à la partie militaire et politique ; en outje, ce qui est encore plus important, elle doit fournir, pour renseignement de notre langue à tous ses degrés, la méthode infaillible iqui, substituant

(i) Considérations sur t Éloquence françoiU de ce tenfps. — Pan», S. Cramoisy, M. DC XXXVIII, in-8», p. 43.

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DE l'ENSSIGNEMENT DE NOTRE LANGUE

aux explications chimériques les faits évidents et prouvés, fera disparaître les incertitudes et les erreurs accumulées depuis plusieurs siècles^ ,

Nous ne saurions être accusé en tout ceci d'exagération ni d'engouement : nous ne nous passionnons point pour une découverte personnelle^ pour un système dont la démonstration n'est point faite. Il~Vagit^d'une aeience, piarfaiteragnt connue, qui peut être consi( cCbmme une dés plus positives études plus certaines' en dehors des sciences diiés exactes.

Oij gît donc la difficulté? uniquement à faire passer ces véri^tés nouvelles du domaine de l'érudition dans renseignement journalier. * - ^

Là est tout le problème; et, bien que complexe et assez délicat y iLest loin d'être insoluble.

Nous allons rechercher dabord comment^on pourrait rectifier, -d'après ces pdncipes nouveaux, l'étude de la grammaire française, qui seule, nous l^avons vu, est à peu. près constituée.

Nous examineron-s ensuite quel ensemble, de faits l'histoire de notre langue' apporte à l'étude générale d^u vacabula'ire, et dans quelle- mesure cette étude pourrait être introduite dans l'enseignement pratiqi^^- ou elle n'exist^-^point.

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JO r\E L*kNSEIGNJPMtNT DE NOTR€ LANGUE

L'enseignement gramma^'cal pratique comporte généralement âeux degrés, refîfésentés par deux livres différents;>

L'un, s'adressant aux commençants, contient les éléments de notre langue ; l'autre, ^lus développé, se sutstituQ au premier, lorsque celui-ci a été tômplètemei\{ étudié.

. Cette ymarclie est bonne, -et Ton aurait grand ir>ri d'y rien changer; mais, si ^matière des deux traités est â peu près la même, ifs doivent différer par Tétendue et par le nràode d'exposition. - !

■ La plupart d\i temps nos éléments de grammliire ne sont Quçf abrégé d'uh ouvrage plus complet dont ils reproauiseht le plan, les divisions et jusqu'aux termes mêmes.

Nous né saurions approuver une semblable méthode : la même disposition ne convient pas à deux ouvrages de vforce difrérente. ,,

Dans le Uaité élémentaire, où les faits doivent être exposés de la ntuo^re-la plus simple, l'explication des termes sctentifiques, et l'indication de quelques notions •succinctes, immédiatement nécessaires, intervertiront parfois rordre absolu.

} Dans le second ouvrage, au contraire, il esl indispensable que les diverses connaissances grammaticales soient rigoureusement disposées selon !a théorie de la science. *i

DE l'enseignement DE NOTRE LANGUE

Tout le monde convient jqu'il faut que la grammaire destinée aux commençants soit d'abord fort claire, ensuite extrêmement courte.

Elle sera claire, même pour les jeunes intelligences à qui elle s'ad^c^^e, s'il ne S y trouve pas un mot inexpliqué, pas une assertioa qui ne soit le développement et V^ conséquence de ce qui précède.

Elle sera courte, si, bornée aii strict nécessaire, elle ne contient que des affirmations et des résultats. . L'étendue du traité élémentaire de Lhomond est suffisante ; seulement certaifis chapitres réclament une place plus considérable, tandis que d'autres sont susceptibles d'être abrégés. 1 .

On peutfédiiire \e$ ùarties du discours de dix à huit, par la suppression de VarlicU et dy participer en ne faisant qu'appliquer au plan de la grammaire les principes fort sages reconnutTciepuis longtemps par les meilleurs granimairiens. ^^ ' > .

Jadis ce y ce/^ était appelé pronom démonstraii/, mais on a remarqué ce qu'il y avait d'illogique à considérer comme pronom^un mot qui, loin de remplacer le nojn, ne marche jamais '^sans lui. liorsqu'on eut bien constaté que ce était un mot ajouté m nom, on le classa parmi les adjectifs; puis, comme il sert à faire connaître qu'il est Question de telle personne ou de tel objet, on lui donna, fort à propos, le nom d adjectif détermincUifyti^ le

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