RESUME DES OBSERVATIONS
relatives
aux œufs des Espèces de SATYRUS du groupe FAUNA
Les œufs des papillons formant ce groupe sont toujours de forme ovale plus ou moins arrondie, avec aplatissement des deux pôles; ils sont pourvus de côtes verticales à arête émoussée, bien définies, dont le nombre peut varier selon les Espèces et, à un degré moindre, selon les individus d'une même Espèce. Le chorion est blanc, opaque, à surface extérieure finement mate; il est relativement épais et l'œuf conserve bien sa forme après l'éclosion. La couleur ne change, généralement, qu'environ trois ou quatre jours avant l'éclosion; l'œuf devient alors gris pâle; on ne remarque jamais, au bout de quelques jours, une coloration jaune rougeâtre ou des taches carnées telles qu'on les constate chez les œufs de certains autres groupes de Satyrides. Le sommet de l'œuf est en forme de dôme bas, plat ou presque plat au centre; sa surface, autour de l'espace micropylaire, est plus ou moins granuleuse; les granules ou bosses faisant suite aux côtes verticales et diminuant de grosseur dans la direction de la rosette centrale de très petites cellules, au centre de laquelle se trouve le micropyle.
De nombreuses et très fines rides transversales existent dans les espaces séparant les côtes verticales; on les aperçoit aussi sur les pentes des côtes, mais non pas sur les arêtes ; chez la plupart
igS LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
des Espèces, ces rides ne se distinguent pas bien au microscope X 20, du moins sur les côtés de l'œuf. La base est arrondie jusqu'au point de contact avec le support; elle est granuleuse sur le bord, finement rugueuse ailleurs. Les côtes verticales ne sont jamais acérées; ce sont des carènes arrondies, séparées entre elles par des vallées peu profondes ou par des plaines. L'œuf est solidement collé à la tige de Graminée ou à l'objet sur lequel la Q le place. La façon d'éclore est la même chez toutes les Espèces; la chenille découpe irrégulièrement le chorion en faisant un cercle au-dessous ou au niveau de la courbe amenant au sommet, mais le cercle n'est pas complété; il en résulte que le sommet reste attaché par une charnière et revient en place après la sortie de la chenille; celle-ci ne mange que très rarement la coque après l'émergence.
Les quatre Espèces Farina, Powelli, Hansii et Sylvicola forment un groupe naturel auquel on pourrait ajouter Fidia, qui n'offre pas de caractères permettant de l'en séparer nettement. Sans doute, certaines Espèces asiatiques appartiennent à ce groupe, mais je n'ai pas eu l'occasion d'étudier leur biologie. Par leurs œufs, Actœa, Cordida, Briseis, Prienri, Hermione, Alcyone et Ellena ne s'éloignent pas beaucoup du groupe de F au fia, mais, à cause d'autres caractères biologiques, ces Espèces doivent être placées dans des groupes différents.
Je donne, ci-dessous, les descriptions cies œufs de 5. Hansii et de 5. Fidia-Albovenosa, ainsi que celles des œufs de S. Faiina et de S. Fidia d'Europe; ces descriptions permettront la comparaison avec les œufs, déjà décrits, de S. Sylvicola et de 5. Powelli; je crois utile de donner également des détails complémentaires de l'œuf de S.- Powelli.
Satyrus Fauna (Basses-Alpes), œufs pondus 20-21 août.
Hauteur, 0.00095 J diamètre horizontal maximum, 0.00065 à 0.0007. Pyriforme; le sommet tronqué, presque plat, à bord
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE IQQ
arrondi; la base est aplatie, plus large que le sommet; il y a 14 côtes verticales séparées entre elles par des espaces pleins; les côtes se divisent parfois en fourche, juste avant d'atteindre la base; la surface micropylaire, peu étendue, est très légèrement déprimée; elle est recouverte d'un réseau de petites cellules arrangées en rosette; les côtes verticales s'abaissent progressivement en traversant le sommet et deviennent bosselées; elles disparaissent à la marge de l'espace micropylaire; la couleur est blanc de craie pendant les 10 premiers jours; elle tourne au gris pâle ensuite et se fonce progressivement jusqu'au développement complet de l'embryon; l'éclosion a eu lieu le treizième jour après la ponte.
Satyrus Fidia (Basses-Alpes), pondus 23-24 aoiàt.
Hauteur, 0.00135 à 0.0014; diamètre horizontal maximum, 0.00125; l'œuf est de forme ovale arrondie, avec un des pôles (la base) plat au point de contact avec le support; l'œuf est un peu plus étiré vers l'autre pôle; le sommet n'est pas absolument plat, mais légèrement bombé; il existe 23 ou 24 côtes verticales (beaucoup moins accusées que chez Cordulà) à arête émoussée; les intervalles entre les côtes sont des vallées et non pas des plaines ; de petites et très nombreuses rides transversales sont visibles au microscope sur les flancs des côtes ; elles ne sont pas très nettes ; la base est large, recouverte de très petites dépressions ou cellules; celles-ci sont plus apparentes vers le bord; en arrivant à la courbe basale, les côtes deviennent irrégulières et se divisent parfois ; elles sont terminées par une suite de petites bosses pareilles à celles que l'on remarque sur le sommet ; vers le sommet, les côtes diminuent de hauteur; elles disparaissent au bord du cercle micropylaire; la surface micropylaire est finement rugueuse à cause de la présence du réseau de petites cellules disposées en rosette; autour de cette rosette centrale, le sommet est irrégulièrement bosselé par de petites élévations
200 LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE
arrondies qui recouvrent, plus (ui moins, l'extrémité des côtes et forment souvent de courtes séries qui suivent, pour une faible distance, les sillons entre les côtes; la couleur de l'œuf est blanc de craie et sa surface est finement mate.
Satyrus Hansii (Sebdou), pondus 16-17 septembre 1907.
Hauteur, 0.00 1 ; diamètre horizontal maximum, 0.0009. Forme ovale arrondie ; la base et le sommet sont aplatis, mais non pas abruptement tronqués; l'œuf est plus arrondi, moins pyriforme que celui de F mina; les côtes verticales sont au nombre de 21 ou 22 ; elles sont bien accusées, à arête arrondie, séparées entre elles par des plaines ; la surface presque plate du sommet est assez bosselée autour de l'espace micropylaire; les extrémités des côtes, tout en s'abaissant sur le sommet, deviennent irrégulières, bosselées et fusionnent quelquefois ; les côtes ou rides transversales, très peu apparentes ailleurs, sont plus fortes sur le bord du sommet et forment ici, avec les côtes verticales, un réseau de cellules allongées, très irrégulier; c'est surtout à l'intersection des côtes que se produisent les petites bosses ; chez la plupart des œufs de Hansii que j'ai examinés, les rides ou côtes transversales sont plus fortes à <( l'épaule » du sommet qu'elles ne le sont dans les œufs des autres Espèces du groupe; mais ce caractère est un peu variable; l'espace micropylaire, dont les limites ne sont pas bien nettes, est plat ; un réseau de très petites cellules le recouvre; l'œuf est un peu plus volumineux que celui de Sylvicola; la hauteur est la même chez les deux Espèces, mais l'œuf de Hansii est légèrement moins élancé; chez tous les œufs de Hansii que j'ai vus, les côtes verticales sont séparées par des plaines; certains œufs de Sylvicola leur ressemblent pour ce caractère; mais, le plus souvent, les espaces intercostaux, chez Sylvicola, sont des vallons en V largement ouvert.
L'éclosion a lieu une quinzaine de jours après la ponte.
LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE 201
Satyrus Powelli (Géryville). Description supplémentaire.
Hauteur, 0.0009; diamètre horizontal maximum, 0.00075. Très voisin de l'œuf de 5. Hansii et de celui de S. Sylvie ola, mais il est sensiblement plus petit que l'un et l'autre; il y a 18-20 côtes verticales ; les espaces qui les séparent sont des plaines et la limite entre leurs bases et les plaines est bien nette ; les côtes sont très régulières sur les flancs de l'œuf ; en arrivant à la courbe du sommet elles deviennent sinueuses et bosselées et se terminent en une courte chaînette de petites bosses, qui atteint le bord de l'espace micropylaire; l'espace micropylaire est plat; une rosette de très petites cellules, clairement visibles au microscope X 20, le recouvre ; on ne distingue de rides transversales sur l'œuf qu'à la hauteur de la courbe amenant au sommet; ici elles relient ensemble les côtes verticales, et c'est aux points d'intersection que se trouvent les petites bosses ; les dernières bosses sont, cependant, en dehors de ce réseau, qui est moins développé que chez l'œuf de Hansii, les rides étant moins élevées.
Satyrus Fidia^Albovenosa (Sebdou).
Hauteur, 0.00145; diamètre horizontal maximum, 0.00125 à 0.0013 ; P3-r sa forme, l'œuf est pareil à celui de S. Fidia d'Europe; le nombre de côtes verticales est de 24 à 25 ; ces côtes, très régulières, sont séparées par des vallées évasées, à travers lesquelles sont placées les nombreuses et très fines rides transversales ; arrivées à la courbe du sommet, les côtes verticales s'abaissent et s'atténuent progressivement, pour prendre fin autour de l'espace central, micropylaire; elles ont très peu de tendance à devenir bosselées comme dans l'œuf de Fidia des Basses-Alpes, et elles ne sont que rarement un peu sinueuses à partir de la courbe du sommet; j'ai remarqué que ces deux der-
202 LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE
niers caractères peuvent être modifiés légèrement selon les individus ; les rides transversales ne sont pas plus accentuées aux environs de la courbe du sommet qu'ailleurs; la partie centrale du sommet est occupée par la rosette de petites cellules évasées ; l'œuf est blanc de craie.
Harold PowELL.
Hyères, jum 1914.
Satyrus Abdeikader, Pierret;
Satyrus Nelvai, Seitz ;
Satyrus Lambessanus, Staudinger.
Le Satynis Abdeikader a été pour la première fois décrit et figuré dans les Annales de la Soc. entom. de France, 1837 (pages 19-21 ; PI. I; cf, fig- 5 et 6), par Alexandre Pierret, dans les termes suivants : <c Satyrus Abd-el-Kadcr, Mihi. Alis supra fusco nigris, anticis oculis duobus nigris, albo pupillatis, totidemque punctis nitermediis albis; posticis oculo nigro albo pupillato, punctisque duobus albis, notatis, subtùs concoloribus ; posticis oculis quatuor, nigris, insequalibus, leviter albo pupillatis, strigisque tribus, quarum una, strigà baseos, breviori, angulatâ, nigrâ, interruptâ, duabus aliis externe nigris, interne albidis ; costâ usque in medio albidâ ; capite, corpore et abdomine ex utrâque parte nigris; antennis fuscis, clavâ fulvâ (marem tantùm
novi).
Ce satyre ressemble beaucoup en dessus au Cordida (3 de Fabricius ou Bryce de Godart. Les ailes sont, en dessus, d'un brun noirâtre, chatoyant, avec une bande postérieure plus claire, offrant aux premières ailes deux yeux noirs à prunelle blanche, plus deux points blancs mtermédiaires ; vers l'angle anal des secondes ailes, on voit un œii également pupille de blanc, placé à la suite de deux petits points semblables à ceux dont nous venons de parler.
Le dessous des premières ailes est à peu près du même ton que le dessus; mais il est sans reflet et offre, vers le milieu de l'aile, quelques bandes noirâtres peu distnictes, et, près du bord postérieur, une autre bande transverse plus prononcée.
204 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPAREE
Le dessous des secondes ailes présente, sur un fond brunâtre parsemé d'atomes, trois bandes transverses dont l'antérieure, plus courte, est noire, anguleuse, et interrompue; l'intermédiaire, formant presque un angle obtus, dont le sommet regarde le bord postérieur, est également noire et bordée de blanc à sa partie inférieure; la dernière bande, enfin, se compose de deux lignes noires brisées, presque parallèles, séparées par une surface blanche.
On remarque, entre la bande intermédiaire et la bande postérieure, quatre yeux noirs, légèrement pupilles de blanc, d'inégale grandeur et inégalement distants; puis, enfin, deux petits points blancs situés entre le premier et le second œil, à partir du sommet de l'aile.
I.a côte est blanche depuis la base jusque vers le milieu du bord antérieur.
Ce satyre n'a donc de commun avec le Cofdnla cf ou Bryce, que la taille et le dessus des ailes supérieures. Le faciès étrange du dessous des secondes ailes l'isole de tous ses congénères.
Cette description a été faite d'après un individu cf- Je ne connais point la femelle ».
Alexandre Pierret établit donc sa description d'après un individu cf (*), et la Q, dit-il, lui est restée inconnue.
(*) J'ai trouvé dans la collection Boisduval i (^f et i Q de Satyrus Abdclkader et dans la collection Guenée, 2 q' et i Q du même Saiynts Abdelkader. Ces cinq papillons sont anciens et semblent provenir d'une même récolte. L'un des exemplaires de Boisduval est étiqueté : Alger (sans doute pour Algérie) ; Aupick. Guenée avait sans doute acheté les 3 Abdelkader, à Depuiset, lors de la vente au détail de la collection Pierret. Il crut qu'il possédait ainsi les individus qui ont servi à Pierret pour sa description. Mais il semble bien que Pierret, en 1837, ne possédait encore qu'un mâle; dès lors aucun des 3 exemplaires possédés par Guenée, après la mort de Pierret, n'étant absolument semblable aux figures (dessus et dessous des ailes) initialement publiées par Pierret, il s'en suit que Guenée s'est illusionné quant à l'origine typique de ses Abdelkader. Quoi qu'il en soit, on ne lira sans doute pas sans intérêt la notice écrite par Guenée et qui est fixée* à l'épingle d'un des 3 Abdelkader. Je la transcris comme suit :
« HiPPARCHiA Abd-el-Kader, Pierret.
Ann. Soc. ent., 1837, p. 19, pi. i, fig. 5-6; — ibid., G. Allard, 1867, p. 315. — Lucas, Alg. — Dbd., p. 389, n° 6. — Oran (Algérie), coll. Pierret;
LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE 205
L'auteur ajoute que l'Espèce se trouve à Oran et il fait suivre cette indication des observations suivantes : (( L'Atlas est sans doute sa patrie primitive : car il est à remarquer que presque toutes les espèces de la Barbarie semblent être descendues originairement des sommets de cette montagne qui paraît être le berceau d'une foule de Lépidoptères dont la plupart se sont perpétués sur tout le littoral du Nord de l'Afrique et jusque dans les parties méridionales de l'Espagne ».
Laissant ces propositions hypothétiques pour ce qu'elles valent, je citerai une autre figuration du Satyrus Abdelkader, — de la Q, cette fois, — dont nous sommes redevables à Lucas, dans VEx-ploration scientifique de V Algérie (PI. 2, fig. 3 et 3 a). Lucas, dont l'expérience, en matière de rédaction entomologique, a toujours laissé à désirer, prétend (p. 355. Vol. III; Paris, 1849) que « ce n'est que dans l'ouest que l'on trouve cette espèce qu'il doit à l'obligeance de M. le Colonel Levaillant ». Lucas aurait été plus prudent d'écrire : « l'espèce n'a été trouvée jusqu'ici que dans l'Ouest-Algérien ». Il aurait ainsi plus sagement réservé l'avenir. En effet, il n'a jamais été très raisonnable, dans les travaux consacrés à l'Histoire naturelle, de signaler une espèce quelconque d'être créé, comme ne se trouvant qu'à une place déterminée, à l'exxlusion des autres localités non encore explorées et dont la faune reste momentanément inconnue. Les recherches ultérieures donnent gfénéralement tort à des affirma-
— les individus (jui lui ont servi ])our sa description. — Pierret, après avoir établi cette eispèce parfaitement distincte, se laissa persuader j)ar Boisduval qu'elle n'était qu'une variété de Cordula et s'accusa plus tard, dans les Annales, de l'avoir créée trop légèrement. Cet étrange mea cul fa porte sur d'autres Lépidoptères algériens non moins distincts cjue celui-ci [Lyc. Abencerragus, etc.) et montre combien Pierret, si capable et si absolu en paroles, se défiait de lui-même comme Entomologiste ».
Guenée avait la dent un peu durei, le jour où il écrivit les lignes rapportées ci-dessus. J'ai en vain cherché dan;; les Annales Soc. ent. France, 1838-1849, le mea ci/lpa de Pierret, relatif au Satyrus Abdelkader. Il est possible qu'il m'ait échappé; mais j'ai trouvé dans Annal., 1839, p. XLii et XLHI, l'aveu ex])rimé par Pierret, de la prétendue faute qu'il aurait commise à propos (\ Abence'rragus. On lira ce document dans la notice consacrée à la Lycaena abencerragus et cjui se trouve im])rimée dans le jirésent ouvrage.
206 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
tions aussi absolues. L'explorateur H. Lucas continue dans les termes suivants qui paraissent plus judicieux : <( Ce Satyre, qui n'est pas très commun cl qui vient se placer tout près de Corduloy se trouve particulièrement près de la montagne des Lions, à trois ou quatre lieues à l'est de la ville d'Oran. Il est difficile de se procurer très fraîche cette espèce qui, aussitôt éclose, vole parmi les broussailles et ne tarde pas à se déchirer les ailes ».
Après les descriptions et figures publiées par Pierret d'abord et par Lucas ensuite, il ne semble pas que de nouvelles iconographies aient été consacrées au Satynis Abdelkader, jusqu'à ce que j'aie moi-même pourvu à une figuration plus abondante du Satynis Abdelkader, de sa variété Nelvai et l'espèce voisine : Lambessanus, sous les n°^ 1826 à 1832 des PL CLXXXVIII et CLXXXIX, dans le Vol. Vïl des Etude'; de Lépidoptérologie comparée.
Le n° 1826 représente le Satynis Nelvai, Seitz, pris près d'El- Kantara (août 191 2) (*).
Le n° 1827 est un cf du Satynis Lambessaniis, pris à Lambèse, en mai 1875.
Le n" 1828 est un cf du Satynis Abdelkader capturé à Géry- VI lie, en septembre igio.
La figure 1S29 représente la chenille provenant de Géry ville et arrivée à son complet développement.
Les n°^ 1830 et 1831 sont des Q du Satynis Lavibessaniis; le n° 1830 ayant été capturé à Lambèse, en mai 1875, et le n° 1831 à Khenchela, en juin 1908.
(*) A la page 670 des Eludes de Léfidoplérologie Comparée, Vol. VII, il est dit à tort et d'après des renseignements incomplets et erronés que la variété Nelvai « a été trouvée plusieurs fois aux environs de Batna, Lambèse et El-Kantara ». Je réj^ète (jue c'est à tort si les environs de Batna et Lambèse ont été cités comme localités pour Nelvai ; cette variété n'a été rencontrée, juscju'ici, que dans le sud-ouest du massif de l'Aurès, notamment dans les montagnes ([ui dominent El-Knntara. L'exemplaire figuré sous la n" 1826 de la Planche CLXXXVIII a été pris près d'El-Kantara, en août 1912, et non pas .\ Lambèse.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 20/
La Q, fig. n° 1832 du Sa/ y rus Abdelkader, a été prise par le Docteur Codet, à Sebdou.
Enfin, dans le présent Volume X des Etudes de Lépïdoptérologie comparée, j'ai fait procéder à la représentation de 2 cf et I Ç) de Satyrus Nelvai, sous les n""* 232?, 2323, 2324 de la PI. CCLXXXVI, d'après des échantillons piis par M. Harold Powell, en août et septembre 191 3, dans le Djebel-Metlili, audessus d'El-Kantara (Prov. de Constantine).
On ne saurait mettre en doute que le Satynis Abdelkader est un des plus beaux papillons algériens ; mais la variété Nelvai paraît plus belle encore, avec sa tache d'un blanc d'ivoire semblant, sous une certaine incidence de lumière, d'une teinte un peu dorée, irisée de rose safrané, surtout chez les mâles; le fond des ailes étant d'un noir soyeux et d'un aspect sombre et velouté.
Plus de 150 exemplaires du Satyrus Nelvai figurent maintenant dans ma collection, provenant, tous, des chasses spéciales et uniquement effectuées en vue de capturer Nelvai, pendant les mois d'août et de septembre, sur le Djebel-Metlili, près d'El- Kantara (*).
L'examen de cette quantité d'échantillons permet d'apprécier la variabilité de la tache blanche. Chez certains individus, cette tache est très développée; plus rarement, elle est très réduite.
Il y a des femelles dont le bord des ailes antérieures est, en dessus, largement lavé de blanc; les deux ocelles noirs, pupilles de blanc, ressortent vivement sur le fond blanchâtre. Le bord des ailes inférieures, en dessus, est plus clair que le fond brun
(*) Un envoi important de plus de 100 Satyrus Nelvai qu'un Arabe avait capturés en 1914, m'est parvenu, grâce à l'obligeance de M. Harold Powell; tuais les papillons n'ayant pas les ailes ouvertes, M. Powell n'a pas pu se rendre compte de lai variabilité des papillons que contenait l'envoi en question. La préparation de ces Satyrus Nelvai a été terminée trop tard pour que j'aie l)u communiquer les documents nouveaux à ■ mes collaborateurs, MM. Powell et Le Cerf dont les notices avaient été écrites antérieurement. Du reste, la composition typographique était achevée depuis un certain temps. J'ai cependant arrêté l'impression du présent ouvrage afin de modifier mes observations et conclusions en conformité des nouveaux éléments d'appréciation d mt je me trouvais pourvu.
208 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
noir des ailes, mais bien loin d'être aussi blanc qu'aux supérieures et plutôt d'une nuance brun doré.
Parmi les 150 exemplaires de Nelvai qui se trouvent alignés dans mes boîtes, j'ai observé un exemplaire cf exactement pareil à un cf de Géryville et très analogue à d'autres cf capturés par M. Powell en Oranie (Sebdou, Géryville, Aflou) ; il en résulte que la transition est parfaitement établie entre Nelvai et Abdelkader et que sans aucun doute pour moi, 'Nelvai et Abdelkader appartiennent à une même unité spécifique ; mais il ne me semble pas que Lamhessanus doive être spécifiquement réuni à Abdelkader et considéré comme une simple variété de ce dernier.
Si donc Staudinger a eu raison de donner au Satyrus de l' Est- Algérien un nom : Lambessatuis, pour le distinguer du S. Abdelkader qui fut d'abord trouvé en Oranie, il a eu tort, suivant moi, de se borner à considérer Lambessainis comme la var a à.^ Abdelkader ; il eût dû ériger Lambessanus en Espèce distincte et séparée. La diagnose de Staudinger et Rebel « obscurior, alis extus casruleo-maculatis (macul. 2-4), in cf non fulvo tinctis » correspond assez exactement à la réalité chez la plupart des exemplaires {Cafalog, jnai 1901, p. 58, n" 377 a).
Voici d'ailleurs la description détaillée des caractères extérieurs, principalement des ailes, du Salyriis Lainbessanus.
En dessus, Lanibessanus d' a le fond des ailes d'un brun noirâtre très foncé, surtout lorsqu'il est fraîchement capturé. Avec le temps, cette teinte brun noirâtre perd de son intensité. Sur les 4 ailes, on distingue une série submarginale de taches intranervurales semblant bleuâtres. — Pierret, dans sa description à' Abdelkader reproduite plus haut, a jugé que les taches en question sont blanches; elles me paraissent plus accentuées en bleuâtre chez Lanibessanus que chez Abdelkader; cependant je crois pouvoir dire qu'elles sont bleuâtres chez les Abdelkader que je possède et non blanches. — Aux ailes supérieures, chez Lainbessanus, on compte généralement 5 taches bleues, tandis qu'aux inférieures il y en a le plus ordinairement 4.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 209
Aux ailes supérieures, aussi bien qu'aux ailes inférieures, entre les 2® et 3" nervules et entre les S''' et 6* nervules, les taches bleuâtres sont réduites à servir de pupillation médiane à des taches arrondies, d'un noir profond, très vif, se détachant assez nettement sur le fond obscur des ailes. Les plus grosses taches bleues sont les deux médianes qui, aux supérieures, sont placées entre les taches noires ocellées dont il vient d'être fait mention.
Lamhessanns Q a le fond des ailes d'un brun plus clair et moins noirâtre que le cf ; sur le bord des 4 ailes, principalement au voisinage des taches noires ocellées, on lemarque une éclaircie d'un fauve doré, souvent limitée à un encerclage desdits ocelles noirs.
Les taches bleuâtres paraissent être disposées chez la Q Lambessanus comme chez le cf ; cependant, chez la Q, on remarque souvent 5 taches bleues aux inférieures et 2 petits ocelles noirs pupilles de bleuâtre, près de l'angle anal. L'ocellation noire pupillée de bleuâtre est, chez la Q, large, vive et nette.
L'aspect général, dans les deux sexes, est toujours soyeux et velouté. La variabilité dans le nombre et la grandeur des taches bleues de l'espace subterminal est assez grande, puisque chaque espace intranervural paraît susceptible d'être orné d'une tache bleuâtre. On remarque que les espaces intranervuraux extrêmes, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas médians, peuvent plutôt que les médians être dépourvus des taches bleues. En effet, il semble que les taches bleues médianes sont les plus constantes.
En dessous, le fond brun des ailes est mate et manque de ce brillant soyeux qui distingue le dessus des ailes. Aux ailes supérieures, chez les deux sexes, la grosse tache ocellée, apicale, noire, pupillée de bleuâtre, est entourée de brun fauve. Chez la Q, d'une façon plus accentuée que chez le cf, vers le bord terminal des ailes supérieures, on constate que la teinte brune du fond est un peu plus claire et comme teintée de fauve; de plus, les taches ocellées, chez la Q, sont généralement plus développées que chez le cf.
210 LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE
Aux ailes inférieures, la cellule discoïdale se termine en pointe aiguë. Les nervures, chez les Q, y semblent en relief; elles sont d'un brun pâle, ressortant sur le fond brun plus foncé des ailes, lequel est seihlé d'un semis d'atomes noirs.
Chez les ç^, le dessous des ailes inférieures est traversé .
1° Par une ligne noire, courbe, subbasiïaire, interrompue,
2° Par une autre ligne noire form^ant un angle, que je trouve plutôt droit qu'obtus, contrairement à l'opinion de Pierret ; cette ligne anguleuse, extracellulaire, presque médiane, part du bord costal et s'arrête à la nervure sous-médiane avant d'atteindre le bord anal ; la ligne noire, anguleuse, assez épaisse, est extérieurement bordée d'une éclaircie grisâtre.
3° Par une ligne noire subterminale, courbe, longeant le bord terminal dont elle est séparée par une éclaircie grise que traverse, avant la frange, une double ligne noire extrêm.ement fine.
Chez les Q, la première ligne noire subbasiïaire est souvent peu apparente; la seconde ligne anguleuse, extracellulaire, presque médiane, semble plutôt une épaisse ligne grise intérieurement soulignée de noir; de même la 3'^ ligne subterminale, assez large, grise, est intérieurement soulignée par une série de croissants noirs, intranervuraux, parallèlement au bord terminal lui-même.
[.es deux taches ocellées des ailes inférieures, en dessous, plus accentuées chez la Ç que chez le cf, sont plus petites que celles des ailes supérieures, et comme celles-ci elles sont noires, aveugles ou finement pupillées de blanchâtre, enfin cerclées de fauve.
J'ai déjà fait remarquer qu'il y a chez les Q, en dessus, une ocellation supplémentaire, simple ou double, vers l'angle anal; cette ocellation existe aussi en dessous.
Pour achever de décrire le dessous des ailes du Satyni^ Lambessanus, il convient de faire remarquer la ligne noirâtre irrégulière qui descend du bord costal vers le bord inférieur des ailes supérieures, au delà de l'espace cellulaire; cette ligne brisée, noire, un peu ondulée, est souvent accompagnée chez les cf, près du bord costal, par une éclairci( d'un brun fauve.
LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE 211
Considérons maintenant une série de Lambessanus par comparaison à une autre série d' Abdelkader et concluons :
Ce qui frappe au premier abord, c'est l'aspect général très différent de Lambessanus et d'Abdelkader. Il semble qu'il est toujours possible de distinguer à première vue Lambessanus d^Abdelkader. Ce dernier est plus pâle, moins obscur, à cause des éclaircies d'un fauve un peu doré qui, che^. les cf Abdelkader, se développent autour des taches noires ocellées, surtout aux ailes supérieures, et qui, chez les Q de la même Espèce, s'étendent largement sur l'espace subterminal des 4 ailes; cependant, plus particulièrement sur les supérieures. De plus, Lambessanus est de plus grande taille çya' Abdelkader et ses taches bleues sont plus accentuées.
Mais il faut reconnaître que la différenciation spécifique entre Lambessanus et Abdelkader réside surtout dans l'impression que suscite la comparaison de nombreux exemplaires des deux Espèces, alignés les uns d'un côté, les autres en face, et envisagée d'une façon générale, en se rapportant au faciès, et sans qu'il soit procédé à une analyse comparative de chaque caractère particulier.
Pour fixer ma conviction, il peut être intéressant de connaître de quels documents j'ai disposé.
J'ai eu sous les yeux 59 Lambessanus, 1 10 Abdelkader de Sebdou, 108 de Géryville et 95 d'Afiou; non compris les exemplaires di Abdelkader transitionneh à Nelvai et que je dois maintenant signaler plus particulièrement que je ne l'ai fait cidessus, à l'attention des Lépidopteristes, et qui faisaient partie du dernier envoi que j'ai reçu.
J'ai décrit sommairement Nelvai plus haut, à la page 203; je rappelle que j'ai fait figurer un premier exemplaire de Nelvai çf sous le n" 1826 de la Pi. CLXXXVIII, et que j'en ai fait figurer 3 autres (2 cf et i q) sous les n"' 2322, 2323 et 2324 de la PL CCLXXXVI. Ceci est pour fane remarquer, d'une part, que le n" 2322, avec sa petite tache apicale blanche, est bien différent
212 LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE
du n° 2323, où la tache blanche est si largement étendue, et, d'autre part, que la fig. n" 1826 établit un passage entre les figures 2322 et 2323.
La fig. 2322 représente un cf plus rapproché d'Abdelkader que la fig. 2323; ces papillons avaient été capturés en 1913; cependant il existe encore des échantillons nouvellement récoltés et capables d'établir bien mieux que celui représenté sous le n° 2322, la transition entre Nelvai et Abdelkader. Notamment, je possède un cf Nclvat capturé au Djebel-Metlili, en septembre 1914, en même temps que beaucoup d'autres dont l'apex est très largement blanchi. J'ai déjà mentionné (page 204) cet exemplaire, extrêmement précieux et intéressant, parce qu'il est remarquablement pareil à un Abdelkader que M. Powell a pris à Géryville.
Or, V Abdelkader de Géryville, présentant un blanchissement à l'apex, se relie par une série de transitions insensibles aux spécimens normaux d' Abdelkader, tout aussi bien que le Nelvai, qui représente le transitas egregius inter Nelvai, et Abdelkader se rattache lui-même aux autres Nelvai analogues au spécimen n° 2323.
En effet, à côté des deux exemplaires Nelvai et Abdelkader, si curieusement transitionnels, puisqu'ils sont semblables entre eux, se trouvent placés, dans ma collection, 10 cf et 2 Q Abdelkader provenant tous d'Oranie et complétant une série qui établit sans heurt, ni lacune, le passage entre les Nelvai les plus blanchissants et les Abdelkader les plus obscurs.
Les 2 Q précitées, prises à Géryville, se distinguent des Q Nelvai seulement par la teinte générale plus jaunâtre Ce sont ces 2 Q et les 10 cf capturés à Sebdou, Géryville et Aflou, formant — grâce aux 2 cf Nelvai et Abdelkader si parfaitement pareils — une transition parfaite entre Nelvai et Abdelkader, qui constituent les éléments essentiels de ma conviction actuelle que Nelvai est une simple, mais charmante variété d' Abdelkader, faisant partie de la même unité spécifique, tandis que Lambes-
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sanus, par la constance de son faciès différent, me semble devoir être considéré comme une Espèce à part.
Dans l'intérêt de la mérite scientifique et des moyens de l'obtenir, il me semble opportun d'appeler, ici, l'attention des Entomologistes sur la nécessité d'avoir à sa disposition de très longues séries d'exemplaires, afin de pouvoir juger une question en réelle connaissance de cause. Lorsque je disposais seulement d'une quarantaine d'échantillons du Satynis Nelvai, j'avais, avec une entière certitude d'apprécier justement, émis des observations qui ont été l'objet d'une composition typographique et dont j'ai même communiqué les épreuves à quelques amis. Je ne prévoyais pas que des spécimens de Nelvai, alors insoupçonnés par moi, pussent établir une transition aussi parfaite entre Nelvai et Abdelkader.
Cette constatation ne me semble pas susceptible de modifier les observations écrites par MM. Povvell et Le Cerf et qu'on lira plus loin; mais elle prouve comment il est facile, malgré toute la bonne foi, de commettre des erreurs d'appréciation en Entomologie.
Alexandre Pierret avait été bien inspiré en attribuant au beau Satyrus noir, algérien, le nom du grand guerrier arabe qui a défendu si tenacement le sol africain contre les troupes françaises. Dans les Biographische N otizen, que publia le Docteur Moritz Wagner, le premier descripteur et figurateur de VEuprepia Dido, en son ouvrage : Reisen in der Regentschaft Algier, in den Jahren 1836, 1837 und 1838 (Leipzig, Verlag von Leopold Voss, 1841), l'auteur traite en première ligne (p. 341-347) de El-Hadschi-Abd-el-Kader-Ulid-Mahiddin, qui était alors âgé de 32 ans. « Abd-el-Kader ist jetzt 32 Jahre ait » (*). Moritz
(•'■) Il appert de ce renseignement que la notice fut écrite par Moritz Wagner, en 1839. Voici, me semble-t-il, une exacte traduction française du portrait d'Abd-el-Kader, par Wagner.
« Sa taille est petit© et élancée; mais il est élégamm.ent tourné. La couleur de sa peau est très blanche. Ses yeux sont gris bleu et brillent d'un bel éclat.
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Wagner en fait le portrait suivant : « Seine Gestalt ist klein und schlank, aber zierlich; seine Farbe sehr weiss. Seine Augen sind blau-grau und leuchten sehr schoen, besonders wenn er lebhaft spricht. Er traegt Bart und Sclniurrbart die sehr dunkelschwarz, aber nicht dicht sind ; seinen Mund f ehlt ein halber Vorderzahn und auch die uebrigen Zaehne sind nicht so schoen wie bei den meisten Arabern. Seine stimme ist tief, aber wohlkhngend. Rehgioese Schwaermerei ist der hervorsteckendste Charakter in Gesicht Abd-el-Kader's. »
Abd-el-Kader était né vers 1807 près de Mascara; il mourut à Damas en 1883. Ce fut en 1832 qu'il commença à batailler contre les Français, avec des chances diverses de succès et de revers. Il ât preuve de remarquables qualités de chef et d'administrateur. Les Français ne trouvèrent en Algérie aucun adversaire plus intelligent et plus redoutable que lui. En mai 1843, le général Henri d'Orléans, duc d'Aumale, enleva la smala d'Abd-el-Kader, dans une attaque hardie. C'était près de la source du Taguin, dans le haut Chelif. Abd-el-Kader, sa mère et sa femme réussirent à prendre la fuite; mais les drapeaux, les munitions, les tentes, la correspondance, le trésor, beaucoup de prisonniers restèrent aux mains des Français. Ce fut alors qu'Abd-el-Kader essaya de soulever le Maroc contre les Chrétiens; il y réussit; cependant, en 1844, la victoire d'Isly obligea le sultan marocain à la paix. Sans se décourager, l'Emir, rentré en Algérie, souleva de nouveau les tribus guerrières. Le 22 septembre 1845, à Sidi-Brahim, marabout situé aux environs de Sidi-bel-Abbès et à 15 kilomètres sud de Djemma-Ghazouat, dans rOranie, 450 Français soutinrent contre 3,000 Arabes d'Abd-el-Kader une lutte glorieuse, mais finirent par succomber
surtout quand il parle avec animation. Il porte la barbe et la moustache (jui sont d'un noir très foncé, mais pas très épaisses ; à sa bouche il manq'ie la moitié d'une dent de devant et ses autres dents ne sont pas aussi belles que chez la plupart des autres Arabes. Sa voix est profonde mais bien timbrée. Le fanatisme religieux est le caractère dominant dans le visage d'Abd-el-Kader ».
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SOUS les coups de l'ennemi. De plus, la garnison d'Aïn-Temouchcnt (Ksar-ibn-Sênan), petite ville située à 76 kilomètres d'Oran, au confluent de l'Oued-Temouchent et de l'Oued-Sênan, fut obligée de se rendre, et au bout de six mois de captivité elle fut égorgée par ordre d'Abd-el-Kader (1846). Toutefois, il ne fut bientôt plus possible à l'Emir de continuer la résistance, qui avait duré quinze ans et qui avait été acharnée. Le grand chef arabe, définitivement vaincu, fut obligé, le 22 décembre 1847, de faire sa soumission au général de Lamoricière. Abd-el-Kader fut alors interné en France, à Toulon, à Pau, puis à Amboise. En 1853, l'Empereur Napoléon III autorisa Abd-el-Kader à se retirer en Syrie; beaucoup de chrétiens d'Orient furent sauvés, lors des massacres de 1860, par l'énergique intervention d'Abdel-Kader, qui se conduisit loyalement envers la France et resta toujours fidèle à la parole jurée.
Les Satyrns Abdelkader, Neivai et Lanibessaniis ont été l'objet d'études très approfondies, biologiques et anatomiques, de la part de MM. Harold Powell et Ferdinand Le Cerf. Je suis heureux de publier ci-après les travaux si consciencieux et si remarquables de mes excellents collaborateurs.
Ch. Oberthûr.