‹ Etudes de lépidoptérologie comparée (volume 4)Chapitre 8 sur 38 · DS NI · texte numérisé non relu

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blême, ou félicitant telle Piéride d'être virginale, reprochant à tel Bombyx d’être sans ornements, ou déguisant telle Tinéide en fantôme pâlissant.… Hélas! tous ces moyens sont usés, et maintenant les esprits les plus élastiques et les faiseurs de charades les plus exercés y meurent à la peine.

Quant aux noms tirés des analogies de forme ou de ressemblance, ils ont subi absolument les mêmes vicissitudes. D'abord heureux et pleins de justesse, ils sont devenus forcés et invraisemblables à mesure que les inventeurs ont trouvé la place prise. Les Sesia, autrefois justement assimilées à des guêpes et à des abeilles, sont maintenant comparées à des tipules et à des fourmis. Certaines tinéides, par la délicatesse de leurs ailes et les cils dont elles sont garnies, ressemblaient aux plumes de quelques oiseaux : on a depuis mis à contribution toute l’Ornithologie pour chercher dans ces genres les analogies les moins excusables; le bois mort, la pierre couverte de lichens, l'or, l'argent, le feu, la terre, le soleil et les

étoiles, tout a été comparé, exploité, usé.

Vous commencez, Messieurs, à avoir quelque pitié de nous, et aussi, ce qui vaut mieux, à soupçonner que le choix des mots en Histoire naturelle, n’est pas si indifférent que vous l'aviez supposé d'abord, et que le croient les frondeurs dont J'ai parlé plus haut. En effet, dans une science où les matériaux s'amassent incessamment autour de nous avec l'inexorable patience de ces polypiers qui, bien que composés d'unités presque invisibles, finissent par former des îles et des continents tout entiers; dans une science où le nombre des volumes nécessaires à la description des espèces d'un seul ordre est déjà presque effrayant à imaginer, n'est-il pas à propos d’abréger le plus possible et de faire servir leur nom et leur place à en donner une première idée? Telle espèce dont la dénomination est juste et caractéristique, dont la place dans la méthode est bien accusée, dont l’Labifat est bien indiqué, est déjà à moitié reconnue, et l'on n'a plus qu'à vérifier, pour ainsi dire, en lisant sa description.

Mais en voici assez sur les noms spécifiques. Il me reste main-

78 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE tenant à vous parler des noms de genres, sur lesquels les savants sont encore infiniment moins d'accord.

S1 vous n’aviez jamais vu fabriquer du chocolat ou faire de la toile, nous entrerions ensemble dans l’arrière-boutique d’un confiseur ou dans le réduit d'un paysan normand, et, au sortir de là, vous auriez acquis le secret de ces invariables fabrications, au point de pouvoir saisir vous-même le rouleau ou la navette. Il n’en est pas ainsi de la confection des mots qui servent à désigner un genre entomologique; et, quoique les savants qui s’en mêlent ne soient pas nombreux, dix visites ne pourraient suffire à passer en revue leurs différents procédés. Nous pouvons cependant, pour votre édification, les diviser en deux classes principales.

La première veut que les noms soient significatifs, à peine de nullité, c'est-à-dire qu’elle exige que le nom d’un genre rappelle une forme, une couleur ou une manière de vivre qui soit propre à tous les insectes qu'on y renferme.

La difficulté n’est pas insurmontable, quant aux espèces actuellement connues; mais ce qui fait le désespoir de ces créateurs de noms, c'est que la nature, qui n’a point prévu les nomenclateurs, se laisse de temps en temps surprendre une espèce nouvelle qui rentre forcément dans un genre existant, et à laquelle manquent pourtant les caractères dont on a tiré son nom. On vous a parlé en botanique de ce genre à feuilles d'or dans lequel surgit un beau Jour une espèce à feuilles argentées (1), en sorte que le nom de l'espèce contredisait celui du genre. Eh bien, les cÆrysophyllum argyrophyllum ne manquent pas en Entomologie, et je pourrais vous en citer plusieurs. Je vous vois pourtant une objection sur les lèvres : pourquoi, dites-vous, ne pas tirer le nom d’un genre du caractère essentiel qui vous sert à le reconnaître, et sans lequel ce genre n'existerait pas? De cette manière, toutes les espèces qu’on découvrira par la suite, ou n’entreront point dans ce genre, ou

seront nécessairement bien nommées. Hélas! Messieurs, vous n'êtes

(1) CArysophyllum argyrophyllum.

tr-spétindi

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pas naturalistes, et cela se voit de reste, vous qui croyez qu'il existe un caractère constant, un stigmate indélébile et toujours saisissable, à chacun des groupes que la nature a distribués sur la surface du globe, vous qui croyez... Mais nous entrons ici dans une question de fond, et quelle question! Sachez-moi gré de vous en épargner l'ennui, à moi qui l’ai discutée dans une série de mémoires, auxquels je me garderai bien de vous renvoyer. Revenons, sl vous plaît, à la forme sur laquelle nous pouvons gloser à notre aise.

Les partisans des noms significatifs ont tous dans leur bibliothèque un dictionnaire de Planche ou de Schrévélius : car 1l est reconnu que la langue grecque peut seule fournir des dénominations convenables. C’est une vérité qui a été sentie bien avant les entomologistes par tous les inventeurs de pommades, huiles pour la chevelure, opiats pour les dents, et autres drogues que je n'ose nommer. Un nom doit donc être formé de deux mots grecs, dont l’un désignera la forme ou la couleur d’un organe, et l’autre l’organe lui-même. Or, vous ne voyez encore rien là que de très simple, puisqu'il suffit de chercher la signification grecque de ces deux mots, puis de les accoupler ensemble, #0re solito, et sans même être tenu d'en faire un tout harmonieux ou facile à prononcer, qualité considérée en Histoire naturelle comme un luxe inutile. Mais que de peines vous ignorez |

S1 l'inventeur veut que son œuvre soit durable, il faut qu'il se garde bien d'employer un nom déjà déterré par quelque autre dans le Planche ou le Schrévélius sus-mentionné; sans quoi, le premier successeur qu'il aura dans la classification (et de notre temps ils ne se font pas attendre) le sabrera impitoyablement pour y en substituer un autre de sa façon. Il ne lui en coûtera, pour vous voler. ainsi votre paternité et se faire passer pour le créateur de votre genre, que la peine d'écrire au bas du sien une petite note où 1l rappellera que votre nom a été déjà appliqué à un autre groupe d'insectes d’un autre ordre. La confusion entre les deux séries d'êtres que désigne ce nom, est impossible à faire ou ridicule à supposer ? peu lui importe; l'Entomologie, à son dire, est une reine

qui ne peut souffrir, dans toutes les provinces de son empire, deux

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familles du même nom, si loin qu'elles habitent l’une de l’autre. Je connais même des savants si susceptibles à cet égard, qu'il leur suffit, pour venir ainsi pondre dans votre nid, que le nom choisi par vous ait déja été employé pour désigner des oiseaux, des poissons ou des quadrupèdes. Voyez en effet où en serait la science si on exposait les observateurs de la nature à confondre une teigne avec une morue (1), ou un éléphant avec une fourmi! Or, quel travail que celui d'étudier la nomenclature de toutes les sciences naturelles pour nommer un groupe de coléoptères ou de papillons!

Les partisans des noms significatifs allèguent en faveur de leur opinion des raisons qui paraissent assez plausibles : ils disent que, puisqu'on charge la mémoire d'un mot, il est juste et convenable d'y attacher une idée; que, par réaction, cette idée aidera la mémoire à le retrouver, tandis qu'un nom sans signification serait abandonné au hasard. Ils prétendent, à l'exemple des chimistes, que le nom indiquant les principales qualités du genre, en sera une sorte de description abrégée sans cesse présente à l'esprit. Enfin, ils soutiennent qu'il n'est pas impossible de trouver, même en grec, des mots composés harmonieux, ou du moins supportables à l'oreille.

Les partisans des noms génériques sans signification apportent à l'appui de leur système des raisons qui ne paraissent pas moins bonnes. Que nous importe, disent-1ls, la peine que vous vous donnez pour bâtir vos noms grecs, dont les trois quarts, quoi que vous fassiez, ne peuvent se prononcer qu'avec une grimace, si cette peine n'aboutit qu'à enfanter une dénomination qui deviendra fausse tôt ou tard dans quelques-unes de ses applications? La moitié de vos Héliothides ne vole que la nuit, vos Zi/hosies vivent plus souvent sur les arbres que sur les pierres, vos PAlogophores ne portent plus de flammes; on a trouvé des Leucanies rouges et des Xanthies crises; vos Awmphipyres, vos Héliophobes, vos Anthophiles ne

recherchent ni plus n1 moins les lumières, l'ombre ou les fleurs, que

(1) Genre PAycis.

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toutes les autres noctuelles. Toutes ces dénominations qui nous induisent en erreur sur les formes ou les habitudes de leurs groupes, sont donc plus mauvaises que si elles ne signifaient rien du tout. Voyez au contraire les noms donnés au hasard : nos 7'Xaïs, nos Coliades, nos Vanesses, nos Psyche se prêtent à toutes les transformations, admettent toutes les découvertes nouvelles, et défieront les critiques jusqu'à la consommation des siècles.

Il est facile de comprendre la perplexité dans laquelle se trouvent les entomologistes qui n’ont point adopté exclusivement l'un des deux systèmes, et qui voudraient pouvoir baptiser leurs découvertes sans s’exposer aux récriminations de l’un ou de l’autre parti. Plusieurs ont de secrètes préférences auxquelles ils n'osent obéir, de peur, ou de soulever contre eux l’indignation des hellénophiles, ou de donner prise aux critiques des puristes et des chercheurs d’étymologie. J'en connais un qui a cru se tirer d'affaire et trouver ces régions intermédiaires où Icare ne sut pas se maintenir, en accouplant au hasard des syllabes d’origine évidemment grecque, puis en corrigeant cette concession par une note où 1l déclare que son mot n’a aucune signification, et que ce serait peine perdue que de la chercher, conjurant ainsi à l'avance le ressentiment de l’étymologiste désappointé dans ses recherches. J'en sais un autre qui Jette dans un chapeau des syllabes écrites sur des fragments de papier, et qui en tire successivement deux, trois ou quatre, jusqu'à ce qu'il en résulte un nom d’une longueur raisonnable, se réservant ainsi de renvoyer les reproches des grammairiens au dieu Hasard, qui se rit de toutes les récriminations.

Mais pour deux ou trois qui déclinent ainsi l'autorité de la grammaire, 1l s’en trouve dix qui subissent le joug des puristes, et qui, en créant laborieusement un nom, tremblent d'y omettre une lettre ouwun accent : car ceux-là sont gens à les tondre de près, et tout ce qu'on a dit des savants en #s n’est rien auprès de ce qu'on pourrait dire des savants en ». N'a-t-on pas proposé, tout dernièrement, de refaire en entier le vocabulaire entomologique (), rem-

(1) M. Burmeister; Mémoires de la Soc. des Nat. de Moscou.

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plaçant dans ce mot un 7 par un 5, un &w par un o, supprimant a cet autre une tête mal sonnante ou une queue de mauvais goût, refondant en partie et souvent changeant en entier les noms le plus anciennement connus, sous prétexte d’une orthographe trop peu hellénique ou d’un espri/ mal placé?

O inventeurs de Cromo-duro-phäne, G fabricants de métal 2inofor, vous tous qui fondez ensemble le grec et le latin comme la gomme-laque avec la cire, le plomb avec l'antimoine, vous qui ornez de noms arabes la farine de cacao, et de noms chinois la fécule de pomme de terre, si un pointilleux confrère, ayant poussé ses études jusqu'en quatrième, osait attenter à vos compositions sous prétexte de rectification grammaticale, vous sauriez bien poursuivre devant les tribunaux cette audacieuse atteinte à vos brevets d'invention, et justice vous serait rendue; mais la pauvre Entomologie, dont aucune sanction pénale ne protège les œuvres, dont aucuns dommages-intérêts ne défendent les monuments, est exposée à chaque instant à voir ses plus classiques éléments remis en question, sans même qu'il en coûte au novateur les frais d’un brevet de perfectionnement.

Consolons-nous pourtant, en pensant que tous ces réformateurs de syllabes, tous ces restaurateurs de mots s’agitent dans leur petit coin sans grand résultat, et que tous les entomologistes n’en gardent pas moins imperturbablement dans leur mémoire les anciens noms et le respect des anciens maîtres.

Eh bien! qu'en dites-vous, Messieurs? Croyez-vous maintenant que ce soit chose si facile que de donner un nom, quand on le veut nouveau, juste, expressif, et qu'on se voit sur les bras l’onéreux bonheur d'une centaine de filleuls? N’avez-vous point à présent quelque indulgence pour ces pauvres entomophiles, que l'inépuisable fécondité du Créateur des choses force à créer incessamment des mots pour les reconnaître chacune dans leur petit groupe, et vous éviter le danger de confondre, vous, agriculteurs, un ennemi avec un innocent, ou même un utile serviteur; vous, pharmaciens, un poison avec un remède; vous, industriels, un animal productif avec un parasite importun; vous tous, enfin, dans vos loisirs et dans

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vos promenades, une jolie créature qui vient se poser sur votre main pour vous faire admirer cette grande nature si féconde en petites merveilles, avec un de ces beaux brigands d’opéra-comique qui cachent sous leur manteau d'or un stylet empoisonné ?

Accusez donc la nature et non pas nous, qui ne sommes que ses humbles teneurs de livres, de ce que l'Entomologie est maintenant une science si fort encombrée de mots, que l'étude seule de ces derniers est devenue une source de discussions et de théories, et, finalement, le sujet d’un article si long, si long, que je remercie à l'avance ceux d’entre vous qui ne se seront endormis qu'à la moitié de leur lecture.

Achille GUENÉE.

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Observations recueillies par M, Harold Powell

Au cours de son exploration des environs d’Aflou (Sud-Oranais), pendant le printemps et l'été de l’année 1911,

sur la Symbiose des Fourmis et des chenilles de Lycæna.

Lycæna Bellargus.

La chenille vit sur les fleurs d’un petit Zo/us, plante commune sur les coteaux secs aux environs d'Aflou, surtout du côté nordouest-nord-est. C’est du moins avec les fleurs de cette plante que je l'ai nourrie en captivité. Nous n'avons trouvé que quatre exemplaires de la chenille, dont deux, sous le Zofus en question; une, sous une pierre; et une autre, à l'entrée d’une fourmilière.

Dans trois cas, les chenilles étaient accompagnées de fourmis, et la quatrième avait des fourmis près d'elle J'ai remarqué deux Espèces de fourmis avec ces chenilles; toutes deux sont petites. Chaque chenille semble avoir deux fourmis qui lui sont spécialement attachées, mais pas de deux espèces différentes de fourmi.

Les fourmis, très agiles, ne quittent jamais pour longtemps la chenille. Elles lui courent sur le dos, s’arrêtant très souvent pour lui chatouiller, avec les antennes, le 8° segment abdominal, qui est aplati dorsalement. C'est sur ce segment, un peu en arrière des stigmates, et un peu plus éloigné du centre dorsal, que se trouvent les points blancs (un de chaque côté du dos) d’où la chenille fait sortir les tubes blancs, lorsqu'elle est chatouillée par les fourmis.

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J'ai souvent observé, et pendant longtemps, les manœuvres de la fourmi et de la chenille. Si cette dernière est en bonne santé, et qu'il y a quelque temps qu’elle a été privée de la fourmi, elle sort ses tubes, ou un seulement — (car leur mécanisme est indépendant), — aussitôt qu'elle se sent touchée par la fourmi; mais elle rentre les tubes quand celle-ci est tout près d'eux, pour les sortir encore, lorsqu'elle s’en éloigne un peu.

De ce fait, je conclus qu’elle ne tient pas à ce que la fourmi touche les tubes mêmes; cependant elle doit fournir une goutte de substance qui reste probablement attachée au point blanc d’où sort le tube.

Je n'ai Jamais réussi à voir sucer quoi que ce soit par la fourmi. Elle paraît se contenter de passer rapidement les antennes sur le segment, et de les laisser quelquefois en contact un instant avec les points blancs. Il est possible qu’elle ramasse le liquide exudé, sur ses antennes, et qu'elle les suce ensuite. J'ai remarqué, en effet, qu'elle s'arrête de temps en temps pour nettoyer ses antennes avec ses pattes.

J'ai fait ces observations entre le 17 et le 25 mai. Les chenilles trouvées entre ces dates ne se sont pas bien comportées en captivité. Les premiers jours, elles mangeaient; puis elles ont abandonné peu à peu toute nourriture. Leur couleur vert foncé a terni, et les lignes de taches jaunes en chaînette ont perdu leur éclat brillant pour tourner au jaune blanchâtre sale. Les fourmis les fréquentaient tou- Jours, mais ne réussissaient pas souvent à leur faire sortir leurs tubes. Deux fois, j'ai remplacé ces fourmis par de nouveaux sujets de la même espèce. Une fourmi que J'ai rapportée de la campagne dans un tube, et que J'ai observée, après l'avoir mise en présence des chenilles très ternies alors, et qui n'avaient pas mangé depuis une dizaine de jours, a été d’abord effrayée. Elle courait rapidement dans la boîte. Bientôt elle est arrivée sur une chenille. Elle s'est arrêtée, et au bout d’un instant, elle a commencé à passer ses antennes sur le dos, en s’approchant des 7° et 8° segments abdominaux. La chenille a paru indifférente, et'la fourmi a bientôt

recommencé sa course dans la boîte.

LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 87 OR ———— La 3° chenille qu'elle a rencontrée a sorti immédiatement un de ses tubes blancs. La fourmi s'est fait une toilette en passant ses pattes sur ses antennes, se peignant pour ainsi dire, puis elle est montée sur le dos de la chenille et s’est ‘appliquée à la caresser avec ses antennes. Par moments, je la voyais sortir ses tubes, mais je n'ai rien vu prendre par la fourmi. Elle s'arrêtait assez souvent pour brosser ses antennes et faire un tour sur le dos de la chenille.

Les chenilles tissaient de légers tapis de soie sur les parois de la boîte, et finalement la plus grosse s'est chrysalidée vers le 16 juin, sans s'être attachée, la chrysalide reposant librement sur la terre. Elle était d’un vert foncé, mais pas vif. Les ptérothèques étaient transparents.

Deux autres chenilles, les plus petites, sont mortes. Une autre à continué à vivre dans un état léthargique.

Le 1° juillet, j'ai rapporté quelques fourmis à la maison, pour essayer une fois de plus de photographier chenille et fourmi ensemble.

Après bien des essais, une des fourmis est restée en place, et la chenille aussi. J'ai exposé quatre plaques panchromatiques qui ne sont pas développées encore, maïs J'espère que cette fois 1l y aura un résultat; car, pour les deux dernières plaques, les poses ont été assez bonnes.

Ce même jour, j'ai réussi enfin à savoir au juste ce qui se passe entre fourmi et chenille.

Je les ai laissées ensemble au soleil, et la chenille est devenue plus active. J'ai remarqué que la fourmi, qui se tenait sur le dos de la chenille, sa tête vers le bout postérieur, paraissait moins s'inquiéter des tubes que d'un petit point blanc verdâtre, situé vers l'arrière du 7° segment abdominal, au centre dorsal. Sa bouche était

juste au-dessus de ce point, et ses antennes brossaient le 8° segment.

Au bout d’un instant, le point blanc verdâtre, qui est en réalité une petite fente fermée dans un pli du segment, s'est entr'ouvert, laissant échapper une goutte de liquide clair. La fourmi a baissé sa tête instantanément pour sucer la goutte. L'opération n'a pas duré

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un quart de seconde. Elle s'est répétée plusieurs fois dans l’espace de cinq minutes.

Entre temps, les tubes sur le 8° segment étaient éjectés par intermittence, développant au sommet une sorte d'étoile transparente. Lorsqu'un tube paraissait — (les deux ensemble étaient généralement éjectés), — la fourmi se précipitait pour l’atteindre, avec un mouvement extrêmement rapide; mais instantanément le tube était retiré. Je ne sais si ces tubes secrètent un liquide. Je n'ai pas pu en apercevoir, mais J'ai très bien aperçu la gouttelette exudée par la fente du 7° segment. Les trois nouvelles fourmis que J'ai laissées dans la boîte, n'ont pas quitté la chenille de tout l'après-midi; du moins, 1l y en avait toujours une en place sur le dos, et lorsqu'une autre s'approchait de la partie postérieure, elle l'en chassait. La chrysalide ne tardera pas à éclore. Les ptérothèques sont devenus noirs, et on voit une rangée de taches orangées antémarginale. C’est donc une ©.

Pour les chenilles de la 2° génération, il est évident qu’elles ne peuvent se nourrir des fleurs du Zo/us (?) puisqu'elles sont déjà passées. Les feuilles leur servent de nourriture probablement.

J'ai trouvé deux fois à Sebdou la chenille de cette espèce sous des pierres; mais Je n'ai pas réussi à les faire chrysalider.

Les fourmis ne s'occupent nullement de la chrysalide.

J'ai examiné plus tard, sous le microscope, le tube éjecté. Il s'ouvre au sommet un peu comme une anémone de mer, exposant des filaments blancs. Aucun liquide n’en sort. Est-ce que ces organes ont pour fonction de produire un parfum agréable aux fourmis? Ceci me semble probable.

L’organe du 7° segment seul distille le fluide.

Lampides Bætica et Lycæna Iolas.

13 juillet 1911... —- Le Poste Optique n'est pas occupé cette année; tous les télégraphistes étant au Maroc. Un Assas était sta-

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tionné au sommet; il reste là-haut huit jours de suite et il y couche la nuit; mais il n’a pas le droit d'entrer dans le Poste.

Un fort vent d'ouest soufflait et l'atmosphère n'était pas très limpide.

On apercevait cependant le Djebel Mackna et le Ksel; ce dernier à près de 100 kilomètres de distance. Les montagnes vers Laghouat se voyaient bien. Autour du sommet, il y avait des buissons de chêne vert, et des Æ£phedra rabougris. Deux G. Cleopatra circulaient autour de la maison et quelques 7'kecla Esculz fréquentaient les buissons de chêne. Le versant ouest-nord-ouest est en pente très rapide et complètement couvert de petits chènes verts et de genévriers. À la descente de ce côté, nous avons été surpris par une courte mais violente averse de grêle. J'ai vu voler plusieurs Lampides Baetica et Colias Edusa. À part cela, rien que des Semele et Zycaon. Dans un ravin entouré à moitié de rochers calcaires, nous avons trouvé trois buissons de Colutea Arborescens. Dans les gousses, nous avons pris 5 chenilles presque adultes de Zampides Baetica et 2 de Lycæna Tolas.

Deux des chenilles de Baefica étaient accompagnées de fourmis; mais les Zolas vivaient seules. Une des Zolas avait déjà la teinte rougeâtre sur le dorsum, qui indique qu’elle va bientôt se préparer a se chrysalider.

La chenille de Baetica est plus bombée, plus compacte que celle de Zolas. Ses segments ne sont pas chevauchants, n1 ridés transversalement et les incisions qui les séparent ne sont ni si profondes ni si sinueuses que chez Zolas. On voit que Baeñica n'est pas une chenille faite pour vivre uniquement, comme /olas, dans des gousses. Elle y passe sa vie certainement dans bien des cas, mais elle peut très bien vivre à découvert. Zolas, au contraire, est destinée à vivre enfermée, à l'abri de l'air libre. Son manque de couleur et sa forme lâche le témoignent bien d’ailleurs.

La couleur de la chenille de Z. Baetica est très variable. Des cinq exemplaires pris aujourd’hui, aucun n’est absolument pareil à l’autre.

L'un est d’un gris paille teinté de verdâtre, avec la ligne vascu-

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laire d'un gris foncé net; et la double rangée de traits obliques sur les flancs en teinte plus claire, mais peu nette.

Un autre est beaucoup plus foncé, brunâtre, à ligne vasculaire beaucoup moins nette, mais avec les traits obliques mieux contrastés.

Un troisième est de couleur paille, avec la ligne vasculaire d’un gris un peu carminé, très nette; les deux rangées de traits clairs sont séparées par des espaces d'un brun rougeûtre.

Le quatrième ressemble assez au troisième, mais le fond a une teinte verdâtre.

Le cinquième est d’un joli vert légèrement Jaunâtre. Ses traits sont plus clairs, plus jaunâtres, ainsi que le rebord latéral. Il y a trace d'une ligne vert jaunâtre en bordure du centre dorsal, qui éclaircit les extrémités de la rangée supérieure de traits obliques.

La ligne vasculaire est gris noirâtre, légèrement carminée.

L. Baetica a la glande à miel du 7° segment abdominal bien développée, ainsi que les tubes télescopiques (fans) du 8° segment.

Elle peut évidemment se passer de fourmis, puisque, sur cinq exemplaires à peu près adultes, nous en avons trouvé trois dans des gousses hermétiquement closes et sans fourmis. Les deux autres exemplaires avaient une fourmi chacun.

S1 le service que rend la fourmi est de protéger la chenille contre ses ennemis en échange du miel fourni par la glande, on pourrait se demander si cette protection est bien nécessaire dans le cas de chenilles vivant à l’intérieur de gousses et paraissant à l'abri des atteintes d'Hyménoptères et de Diptères.

Mais, si la gousse fermée garantit la chenille contre les Diptères — (et ceci est probable), — elle n'offre pas un abri sûr contre les Hyménoptères. J'ai trouvé l'an dernier des petites fourmis fortement bâties, à tête rouge, en train de dévorer des jeunes chemilles de Zolas dans les gousses, et aujourd’hui, j'ai remarqué la même espèce de fourmi dans quelques gousses où 1l n’y avait pas de chenilles cependant. Dans d’autres gousses, il y avait de petits Ichneumons, des Chalcides, je pense. Je ne sais pas s'ils s'attaquent aux chenilles de Zycænide, mais je les ai vus, deux fois, dans

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, des gousses contenant la chenille du microlépidoptère du Baguenaudier (Grapholitha sp.?).

Les fourmis protectrices pourraient très bien tenir ces ennemis à l'écart.

Ce qui me semble curieux c’est qu'on ne trouve pas /ozjours les fourmis amies avec les chenilles. L'association paraît être plutôt exceptionnelle.

Deux gousses contenant chacune une chenille de Z. Baetica avaient été percées; mais les trous étaient soigneusement fermés par les chenilles avec un rideau de soie. Est-ce que les trous ont été faits par les chenilles elles-mêmes, en changeant de gousse, ou est-ce qu'ils sont l’œuvre de fourmis venues pour faire une visite passagère ?

Ce problème, et d’autres encore, ne peuvent être résolus que par des observations prolongées et minutieuses sur place. Aujourd'hui je n'ai pas pu les continuer, mais je reviendrai aussitôt que possible passer une Journée entière ou plusieurs, si cela est nécessaire, sur ce versant nord-ouest du Sidi-Okba. Je pense que nous trouverons des Baguenaudiers dans d’autres ravins de ce côté.

Avant de se préparer à se chrysalider, la chenille de Z. Baetica, comme celle de Zolas, devient d’un rouge vineux pâle par places. Ce sont les parties les plus foncées qui prennent cette teinte, c'esta-dire les espaces entre les traits obliques et l’entourage des stigmates. Le reste est moins foncé, mais un peu rougeâtre. Chez Zolas, tout le dorsum rougit.

Nous sommes descendus jusqu’à l’Aïn-Belkacem, une très faible source dans un enfoncement de terrain. Nous avons mangé tard sous un figuier. à côté de la source. Plusieurs petits orages ont passé du nord-ouest au sud-est, pendant l’après-midi, en laissant tomber quelques grosses gouttes. À Aflou, il a plu fortement pendant quelques minutes. En quittant la source, nous avons suivi le bas de la montagne en marchant vers le nord-est. Les OQercus ne dépassent pas l'extrémité de la chaîne. Ils sont ensuite remplacés par de beaux genévriers, et le terrain, jusqu'alors calcaire, devient sablonneux. On passe sur des grandes dalles et rochers de grès

dans un ravin qui descend entre la pointe nord-est du Sidi-Okba et l’'embranchement de Sidi-Boulefa, et on rejoint la route de Tiaret près de la Fontaine du Génie, à environ 3 kilomètres 700 d'Aflou. Cette dernière étape ne nous a pas fourni grand’chose quelques Daplidice var. Albidice seulement. Nous avons pris des touffes d’ÆZelianthemum (très sèches maintenant), des Euphorbes et du Genévrier pour la nourriture des chenilles. Grande averse orageuse à 0 heures du soir.

17 GueRTONEnE. — Après avoir fait notre provision d’eau à la Fontaine du Génie, nous nous sommes dirigés à travers les ravins de grès et les petits champs d'orge, faucillés déjà pour la plus grande partie, droit sur l'éperon nord-est du Sidi-Okba.

En arrivant sur je sommet de la montagne, il y avait un peu plus de Papillons. Nous sommes montés par un ravin à pente très raide, dont le fond était humide par places. Dans ce ravin poussaient des églantiers, quelques rares chèvrefeuilles, des chênes verts et les deux genévriers. L'apparition de Zampides Baetica et l'augmentation du nombre des Colias Edusa indiquaient la présence du Baguenaudier. Nous en avons trouvé deux buissons, en effet, de ce côté, mais sans gousses. Pieris Rape volait dans le ravin, et autour des buissons circulaient quelques G. Cleopatra Œ. J'ai pris aussi Pararge Megaera, papillon rare à Aflou. Je n’ai pas encore vu ici un seul buisson de RAamnus alaternus, qui existe certainement, comme le prouve la présence de C/Zeopatra.

Un indigène que J'ai rencontré ce matin avait deux branches de ce Rhamnus, qu'il avait trouvé quelque part sur la montagne. Il l’appelait « Saferra » et allait en faire un remède.

Plus haut, une barre de rochers calcaires traverse le ravin, et là J'ai vu le premier S. Prieuri de la journée.

Arrivés sur un épaulement de la montagne, nous avons pris le versant ouest à nu1-hauteur. Ce versant, très en pente et très boisé, est coupé par de nombreux ravins peu profonds mais en pente rapide. Il y a un léger épaulement à 1/3 de la hauteur, tout le long de la montagne. C’est surtout en dessous de ce rempart qu'on

trouve les Baguenaudiers. Ils sont assez nombreux par places, mais souvent sans gousses. On les trouve toujours sur un terrain en pente et le plus ordinairement poussant au milieu des chênes. Dans quelques-uns des ravins, plus humides que les autres, poussent des aubépines et des églantiers.

G. Cleopatra vole, mais il est rare. Epinephele Lycaon est très abondant et se tient dans les buissons de chênes verts, à l'ombre.

Quelquefois, on en fait sortir 20 ensemble d’un chêne ou d’un cenévrier un peu isolé, surtout vers le soir; mais 1ls ne sont pas du tout faciles à prendre, à cause de leur vol irrégulier. Ils s'en vont dans toutes les directions, cherchant un nouvel abri dans les buissons touffus.

S. Semele, moins abondant, a les mêmes habitudes, et Ca/ocala Conversa aussi; mais cette dernière est très difficile à prendre. Satyrus Prieuri se pose aussi à l’ombre, mais 1l ne rentre pas dans les buissons et ne se pose jamais que sur la terre ou sur les rochers.

Il se laisse assez bien approcher ici, et je n’en ai point manqué aujourd'hui.

C'est une espèce peu abondante. Nous n’en avons pris que cinq dont quelques-uns en mauvais état.

Lampides Baetica était commune, surtout autour des Baguenaudiers sur lesquels les © pondent. L'œuf est déposé sur les folioles, rarement sur les calices, et dans ce cas en dehors, non pas en dedans comme chez Zolas.

Certains buissons isolés en portaient des quantités; les feuilles les mieux placées en ayant souvent une quinzaine; souvent trois ou quatre sur une même foliole. Pour la plus grande part, ces œufs étaient vides.

La jeune chenille s'en va trouver une gousse dans laquelle elle s'introduit. Elle vit ensuite sur les graines.

On n'en trouve cependant pas un nombre correspondant au nombre d'œufs vides sur la plante. Sur le Baguenaudier, elle ne doit vivre à cette époque que dans les gousses; car, en cherchant sur les feuilles, on n'en trouve pas, et en battant le buisson, on n'en fait pas tomber.

O4 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE

Au moment des fleurs, elles y vivent peut-être; mais maintenant on ne trouve des fleurs que très exceptionnellement.

Nous avons ouvert des centaines de gousses aujourd'hui, en faisant bien attention à leur contenu et à leur état. Les chenilles de Baetica étaient bien plus nombreuses que celles de /olas. Elles étaient très variables comme couleur et netteté des dessins.

Les plus remarquables avaient les parties foncées d’un brun vineux. J'en ai trouvé une d'un bleu verdâtre extraordinaire, avec dessins à peine perceptibles.

La forme verte n’est pas rare.

Baetica ferme toujours avec de la soie les trous par lesquels les fourmis ou elle-même sont entrées. On ne trouve jamais dans une gousse restée percée et ouverte, soit une chenille de Paefrca, soit une chenille de Zolas.

Nous avons trouvé des chenilles de toutes les tailles des deux espèces; Jamais de chrysalides, ce qui prouve qu’elles quittent les gousses pour se chrysalider.

On trouve des gousses percées dont les graines ont été toutes mangées. Elles contiennent les excréments de la chenille disparue.

Il est très rare de trouver plus d’une chenille dans une seule gousse, ce qui est avantageux pour la conservation de l'espèce, surtout pour /olas, puisqu'elles sont cannibales.

Pour ce qui concerne leurs rapports avec les fourmis, on peut dire que les espèces se ressemblent, en notant néanmoins que la chenille de Zo/as est moins fréquentée par elles que ne l’est celle de Baetica.

IT est en somme rare de trouver des fourmis associées avec ces chenilles. Elles paraissent pouvoir s'en passer parfaitement. On trouve de grosses chenilles dans des gousses n'ayant qu'un petit trou bien bouché, par lequel est peut-être passée une fourmi, ou qui a été fait peut-être par la chenille elle-même.

Le plus souvent, surtout pour les petites espèces de fourmis, on les trouve dans des gousses sans chenille, mais qui ont été habitées par des chenilles.

LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE O5

Nous avons trouvé quatre espèces de fourmis (*) dans les gousses.

1° espèce. — Grande, élancée, très agile. Tête et la plus grande partie de l'abdomen noires; corselet, taille et pattes d’un jaune un peu brunâtre et demi-transparent. Rare. Trouvée trois fois avec Tolas; une fois avec Baetica; une fois seule.

2 espèce. — Moins grande, très agile, toute noire, un peu plus LA / LA \ commune que la précédente. Trouvée seule et avec les deux espèces.

3° espèce. — Petite, toute noire; abdomen un peu triangulaire. Se trouve par deux à cinq à la fois dans les gousses inoccupées où Je crois qu'elle mange les graines. En captivité, Je l’ai vue monter sur le dos de Baetica et lui caresser le 8° segment abdominal avec ses antennes. Je l’ai trouvée une fois dans une gousse avec une chenille de Baetica; Charles David l’a trouvée aussi avec une chenille. Ressemble beaucoup à la fourmi généralement associée avec L. Bellargus. Commune.

4° espèce. — Petite, tête rouge, abdomen noir. Fréquente les gousses sans chenilles, par deux à la fois généralement. On la voit souvent dans les gousses qui ont été occupées par la chenille du Micro (Grapholitha?) du Baguenaudier. Je l'ai trouvée une fois dans une gousse avec une jeune chenille morte de /olas à moitié dévorée. Nous ne l'avons jamais trouvée avec une chenille vivante. Commune.

Ichneumon. — Un petit Ichneumon noir, à ailes diaphanes, se rencontre assez souvent dans les gousses trouées, surtout dans celles qui ont contenu une chenille du Micro. On en trouve de un à trois à la fois. Ils ne semblent pas être éclos dans ces gousses puisqu'on n'y trouve pas trace de leurs cocons.

J'en ai pris un dans une gousse contenant une peau qu'avait

(*) Je compte publier les noms génésique et spécifique des Fourmis dont M. Harold Powell écrit la description succincte et dont il m'a envoyé des échantillons, dès qu’il aura été possible d’en obtenir la détermination.

Ch. OBTHR.

96 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE

laissée, en muant, une chenille de Z. Baetica; mais je ne l'ai jamais vue avec une chenille de Zycænide vivante.

Quelques jeunes chenilles de Z. Zolas sont d'un blanc brunâtre et ont l'air maladif.

Au retour à la maison, ce soir, J'ai noté que deux de ces petites chenilles, au tiers de leur taille environ, avaient été trouées par des larves d'Apanteles (?) qui, après avoir quitté la chenille, avaient formé leurs petits cocons blancs cylindro-ovoides sur les parois des gousses et dans la boîte.

Il reste à savoir si ces parasites de Zolas sont de la même espèce que l’Ichneumon trouvé dans les gousses.

Une chrysalide de Z. Baetica formée dans la journée du 18, a été aussitôt dévorée à moitié par des chenilles de Bae/ica qui se trouvaient dans la même boîte. Désormais Je sépare des autres, au fur et à mesure, toutes les chenilles qui se préparent à se chrysahider.

Nous avons déjeuné à l’Aïn-Belkacem et au retour nous avons fait le même chemin, un peu plus bas sur la montagne, et toujours en examinant des gousses.

Nous sommes rentrés à Aflou à 8 heures et demie du soir. J'ai pris deux photographies (*) du versant ouest du Sidi-Okba, et une d'un buisson de Colutea sur lequel nous avons pris plusieurs chenilles des deux espèces. Le vent soufflait avec tant de violence que je ne sais si cette dernière donnera un bon résultat.

La chenille du Micro du Baguenaudier est beaucoup moins abondante ici que l’an dernier à Géryville, sur le Djebel-Ksel.

Harold POWELL.

(*) Je suis heureux de publier, dans le présent Vol. V (Part. II) des Z/udes de Lépidoptérologie comparée, les photographies diverses obtenues à Aflou, par M. Harold Powell jusqu'à ce jour (10 septembre 1911).

Ch. OBTHR.

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Observations rectificatives et complémentaires

relatives aux Hesperidæ.

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