Carcharodus Lavateræ, Altheæ et Bæticus
Dans le Volume IV des Etudes de Lépidoptérologie comparée, aux pages 370-376, et dans le Volume V (1"° partie), aux pages 194- 106, j'ai traité de l’histoire des Carcharodus français et exprimé mon opinion qui, à cette époque, inclinait en faveur de la réunion spécifique des trois formes : Lavatere, Althee et Bæticus. J'ai même publié sur la PL LXIV la figure de 16 exemplaires (n*® Goi-616) appartenant à ces trois Carcharodus, et en vue d'appuyer cette opinion.
Mais toute étude sur un sujet quelconque incite à de nouvelles recherches, afin de faire naître la lumière sur des points signalés comme litigieux. C’est ainsi que M. Charles Lacreuze, de Genève, a entrepris de vérifier, au moyen de la comparaison des Genttalia, si Lavatere, Altheæ et Beæticus représentent réellement trois unités spécifiques distinctes ou trois formes d’une même unité.
Je publie ci-dessous les observations dont je suis redevable. à M. Lacreuze, ainsi que des photographies qui paraissent fixer désormais la vérité.
Les Carcharodus Lavatere, Alihee et Beticus, d'après la comparaison de leurs Genitalia, constitueraient trois Espèces distinctes et non trois formes d’une même Espèce.
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Voici donc les observations sur le genre Carcharodus, écrites par M. Charles Lacreuze :
« Les caractères secondaires des Espèces appartenant au Genre Carcharodus offrent, d'une Espèce à l’autre, des transitions si parfaites que M. Charles Oberthür, dans le IV® fascicule de son ouvrage : Etudes de Lépidoptérologie comparée, posait aux Lépi-
doptéristes le problème suivant :
« Carcharodus Lavateræe, Altheæe, Bæticus forment-ils trois » Espèces distinctes, ou peut-on les réunir en une seule et même » unité spécifique? »
Ainsi posé, ce captivant problème peut être envisagé à différents points de vue.
Les observations qui vont suivre sont des notes comparées relatives à la structure anatomique des parties chitineuses qui forment les armatures mâles et femelles des trois Espèces de Carcharodus citées ci-dessus, savoir : Lavateræ, Esper, Altheæ, Hübner et Peticus, Rambur.
Ces notes ont été rédigées d'après des préparations faites par moi. Ces dernières portent le même numéro que les insectes examinés qui tous possèdent une étiquette de provenance exacte.
Les préparations des armatures mâles sont photographiées de profil, avec enlèvement de la valve gauche, de façon à laisser voir le dispositif interne.
L'armature femelle, ainsi que l'appareil de ponte, sont disposés de profil, sans aucune coupure.
Les photo-micrographies sont dues au talent de mon distingué collègue et ami J. Jullien. Grâce à une reproduction absolument
exacte, elles donnent une idée précise de ces différentes armatures.
CARCHARODUS LAVATERÆ, Esper; ©, PL E, fig. 1.
Examen microscopique fait sur des insectes provenant des localités suivantes : Martigny, Viège, Fully (Valais); Monte Carlo; Sierra-de-Alfacar (Andalousie); Iselle (versant italien du Sim-
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plon); Gèdre (Hautes-Pyrénées); Amasia (Asie Mineure); Elisabethpol (Caucase).
La base de l’uncus est épaisse, évidée intérieurement; l’extrémité est large, à terminaison crochue; entre la base de l’uncus et la valve, on constate l'existence d’une membrane U).
L'ædoeagus est tubuleux, garni de quelques épines très clairsemées; l’orifice terminal a la forme d’une cuiller.
Les valves sont très élargies à leur base, comparativement à leur longueur ; elles sont évidées intérieurement; l'extrémité en est arrondie, garnie d’une dentelure plus ou moins prononcée et 1irrégulière; leur surface est garnie de poils tactiles abondants surtout à l'extrémité.
Le style forme un prolongement interne, volumineux, très allongé et rugueux à sa surface.
Nous comparerons par la suite le style des Espèces qui nous occupent et nous verrons que la forme du style est très différente selon les Espèces.
Le saccus, c'est-à-dire la partie de l’armature qui s'insère dans la partie inférieure de l'abdomen (sternum), est allongé et n'offre rien de particulier; les deux parois latérales, reliant l’uncus aux valves, présentent dans leur milieu une saillie assez développée.
Je n’ai pas observé de variations proprement dites chez les individus de provenances très différentes que J'ai examinés.
CARCHARODUS LAVATERÆ, Esp.; ©, PL E, fig. 2.
Observations faites sur un nombre restreint d'exemplaires provenant du Caucase, du Valais et de Monte-Carlo.
L'oviducte est terminé par deux lamelles chitineuses en forme de valves, garnies à leur surface de poils tactiles très développés. Ces poils servent sans doute à diriger la ponte sur une partie favorable de la plante, future nourricière de la progéniture.
(1) L’utilité de cette membrane n’est pas encore bien établie; elle existe chez tous les Carcharodus paléarctiques.
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De la base de ces deux petites valves partent, à l’intérieur de l'abdomen, deux tubes, élargis à leurs deux extrémités. Ces tubes doivent servir à projeter en avant, ou à retirer en arrière l'appareil de ponte; mais je n'ai encore aucune preuve de cet emploi.
La face ventrale est fortement chitinisée : en dessous s'ouvre l'orifice de la poche copulatrice.
CARCHARODUS ALTHEÆ, Huebner; ©, PL F, fig. 3.
Examen microscopique fait sur des insectes provenant de Genève, Martigny (Valais); Iselle (versant italien du Simplon); Larche (Basses-Alpes); Odessa (Russie mérid.); Amasia.
Base de l’uncus plus svelte que chez Zavateræ; en revanche, la partie terminale est moins dégagée; l'extrémité est garnie d’un crochet.
L’ædoeagus tubuleux est dépourvu d'épines; la partie distale est effilée et la partie interne légèrement renflée.
Le style a l’aspect d’un bouton allongé; sa surface est très épineuse, garnie d'une forte pilosité.
L’extrémité de la valve est carrée avec les angles légèrement arrondis; la valve étant concave, le pourtour intérieur s’infléchit légèrement en dedans.
Le saccus est normal et les deux lamelles latérales possèdent, comme chez Lavateræ, deux saillies, mais moins prononcées.
CARCHARODUS ALTHEÆ, Huebner; ©, PI F, fig. 4.
Examen microscopique fait sur des exemplaires venant de Larche (Basses-Alpes), du Valais et d'Amasia.
Au premier abord, l’armure © de cette espèce diffère beaucoup de celle de Lavateræ; l'oviducte est terminé par deux valves rectangulaires, alors que chez Lavatere elles sont triangulaires; leur partie postérieure est arrondie.
Les deux tubes chitineux internes sont longs et grêles; ils s’in-
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sèrent à la partie supérieure des valves, tandis que chez Zavateræ ils s'insèrent au milieu.
Sur la face ventrale on remarque une poche chitineuse très développée et rectangulaire, terminée extérieurement par un orifice bilobé; à l’autre extrémité un canal chitineux se dirige à l’intérieur
de l’abdomen.
CARCHARODUS BÆTICUS, Rambur; ©, PI G, fig. 5.
Examen microscopique fait sur des exemplaires provenant du Valais, de l'Andalousie, de Catalogne, de Malaga, de Madrid et d'Amasia.
L'uncus de cette Espèce est plus dégagé que chez Alfheæ et fortement garni de poils à sa surface; la partie postérieure, s'insérant dans le dernier anneau de l’abdomen est aussi plus dégagée que chez Althee.
L'ædoeagus est effñilé; sa forme se rapproche un peu de celui d'Alfhee.
Les valves sont très arrondies à leur extrémité, évidées intérieurement et munies partiellement d’un rebord dans leur partie interne; l'extrémité est garnie de poils tactiles; les rebords des valves sont légèrement repliés intérieurement.
Le saccus est allongé; il n'offre rien de particulier; les deux saillies des bandes latérales sont plus courtes que chez les Espèces précédentes.
Les insectes que j'ai examinés n'offrent pas de variations sensibles dans la forme des diverses pièces composant l’armure, bien que les individus soient de provenances très différentes et que plusieurs d’entre eux soient difficiles à déterminer spécifiquement, si l'on n'examine que leurs caractères extérieurs.
CARCHARODUS BÆTICUS, Rambur; ©, PI. G, fig. G.
Examen fait sur des exemplaires provenant du Valais et d'Amasia.
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Les valves de l'oviducte sont triangulaires, avec l'extrémité garnie de poils tactiles.
Les valves ont, par leur forme, une certaine analogie avec celles de Lavateræe, mais rien de commun avec celles d'Al/hee.
Les deux tubes internes sont gros à leur point de jonction avec les valves; 1ls s’élargissent en forme de massue à leurs deux extrémités.
La poche chitineuse située sur le sternum est très différente de celle d'Al/heæ; son extrémité est en forme de bec; à sa partie supérieure on observe l’orifice d'un canal.
OBSERVATIONS. — Après l'examen anatomique et comparatif des armures génitales Get ©, et des appareils de ponte des Carcharodus Lavatere, Altheæ et Beæticus, nous pouvons affirmer, en nous appuyant sur les caractères différentiels qui les distinguent, que nous sommes en présence de trois unités spécifiques spéciales. En effet, lorsqu'on se trouve en présence d'insectes d’identification douteuse, c’est-à-dire que l’on ne sait trop à quelle Espèce rattacher exactement, nous croyons que l’examen des armatures, tant mâles que femelles, permet de lever tous les doutes.
Espérons que, par la suite, notre opinion sera confirmée par l'étude de la biologie comparée de ces trois Espèces.
Les individus dont les Genitalia sont représentés dans cet ouvrage proviennent des localités suivantes :
N° 301. Carcharodus Lavatere Œ, Viège (Valais).
N° 020. — Lavatere ©, Elisabethpol (Caucase). N° 22. Carcharodus Althee d, Martigny (Valais).
N° 247. — Altheæ Q, Amasia.
N° O5. Carcharodus Beticus Œ, Malaga.
Nes — Bæticus ©, Andalousie.
Charles LACREUZE.
Genève, août 1911. »
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Pour faire connaître la valeur du mot : Ædoeagus, que M. Charles Lacreuze a employé, en écrivant la description de la structure anatomique des parties chitineuses qui forment les armatures Cet © des Carcharodus Lavatere, Althee et Beticus, je crois utile de transcrire ci-dessous un renseignement dû à l'obligeante compétence du D’ Prof. Reverdin, l’un des maitres genevois de la science anatomique entomologique. Ce renseignement est extrait d’une lettre que m'a écrite mon ami Reverdin, à la date du 16 septembre 1011 :
« On appelle : Ædoeagus, une pièce de l’armure génitale, ou tube chitineux à travers lequel passe la terminaison du canal déférent, lequel paraît érectile, au moins dans cette partie terminale qui sort de l'extrémité de l’Ædoeagus pendant la copulation, et représente en quelque sorte le véritable pénis chez ces insectes. Le canal déférent paraît pénétrer dans ce tube chitineux en avant de son cul-de-sac terminal ou proximal; le cul-de-sac sert, dit-on, à loger les muscles qui produisent l'érection du pénis ou canal déférent. Pour se rendre bien compte de tous ces détails de l'appareil, il faudrait non pas procéder, comme nous le faisons, en faisant bouillir l'abdomen dans la potasse, ce qui dissout les parties délicates et ne laisse subsister que le squelette externe, mais plutôt procéder par coupes microscopiques en série. Il est évident que nous ne connaissons, par nos modes de préparation, qu'une partie des organes, et cette partie n’est peut-être pas la plus intéressante. La difficulté consiste à faire de bonnes coupes; l'enveloppe chitineuse est à la fois dure et fragile et se brise souvent, lorsqu'on réussit à la couper ».
Le D'T. A. Chapman emploie la même désignation Ædoeagus qu'il écrit comme je la reproduis, avec Æ en un seul signe, tandis qu'il sépare la voyelle o de la voyelle €, à la seconde syllabe du mot.
Ch. OBTHR.
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11. — Rectification concernant les Syrichthus Fritillum et Malvæ.
Dans le Volume IV des Etudes de Lépidoptérologie comparée, aux pages 380-300, J'ai entrepris de traiter de l’histoire des Syrichthus Fritillum et Malve. De son côté, mon savant ami le D' Prof. Reverdin, de Genève, s’est attaché à l'étude des Espèces litigieuses du Genre Syrichthus et il a cherché, dans l'observation comparative des Genitalia, la solution de problèmes spécifiques pour lesquels l'examen des seuls caractères extérieurs ne fournit pas la certitude recherchée. J'ai pu profiter, au mois de mai 1911, d'une conférence extrêmement intéressante donnée à Genève par le D’ Prof. Reverdin, lors de l'exposition entomologique organisée dans cette ville, avec un si grand succès, par la Société lépidoptérologique.
La projection des photographies excellentes et très agrandies ? des Genitalia qui fut faite à cette conférence, démontre avec évidence la distinction spécifique des Syrichthus Fritillum et Malve. J'espère que le D’ Prof. Reverdin publiera bientôt le résultat de ses observations.
L'exposé si lumineux de la question, tel que je l'ai entendu à Genève, m'a révélé un ensemble de vérités désormais acquises. Grâce à l'étude comparative des Genitalia, nous possédons un moyen de fixer la distinction spécifique de Lépidoptères dont les caractères extérieurs, tout en présentant un faciès un peu spécial et qui, par cela même, est un avertissement, n’offrent cependant pas le point différentiel stable, immuable, clairement perceptible et qui dispense de toute autre recherche. Tel est d’ailleurs l’avis de M. Charles Lacreuze exprimé plus haut.
Le D’ Prof. Reverdin pense que le Syrichthus appelé Fritillum par Huebner et figuré par cet Auteur sous les n° 464 et 465, n'est pas référable avec certitude au Æritillum, Rambur. Peut-être le Fritillum, Huebner, représenterait-1l plutôt le Syrzchihus que nous appelons aujourd'hui C?rs2, d'après Rambur? Mais Rambur ayant
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figuré les Genitalia du Syrichthus qu'il désigne sous le nom de Fritillum, nous pouvons, grâce à cette figuration, savoir exactement ce qu'est le Fritillum selon Rambur et y rapporter l'Espèce que nous différencions présentement de Malve. Le D' Prof. Reverdin a acquis en outre la conviction que le Syrichthus Malvoides, Elwes et Edwards, n’est autre que le F724llum, Rambur.
D'après les constatations faites par le D' Prof. Reverdin, Malve se trouve, seul, en Angleterre, en Bretagne, dans la France septentrionale et centrale; tandis que Fritillum, Espèce méridionale, paraît vivre seule, c'est-à-dire à l’exclusion de WMalve, en Espagne, en Italie, dans les Pyrénées-Orientales et les Alpes du Valais et du Tessin. Il y a cependant des localités où Malve et Fritillum confinent, comme Melanargia Galathea et Lachesis, comme Papilio Podalirius et Feisthamelz.
J'ai pris Malve au Mont-Revard, près Aix-en-Savoie, et j'ai lieu de croire que Fritillum ne se trouve pas bien loin d'Aix; de même je crois bien avoir capturé, à Cauterets, les deux Espèces : Malve et Fritillum.
Quoi qu'il en soit, il paraît désormais certain que J'ai commis des fautes de détermination dans la figuration que j'ai publiée sur la PI. LIV du Vol. IV des Etudes de Lépidoptérologie comparée.
Si les n° 440, 460, 451, 452, 453, 454 et 455 de cette PI. LIV sont bien des Fritillum, Rambur (ec Huebner); les n° 458, 450, d'Alsasua; 460, de Cauterets; 461, 462, 463, de Vernet-les-Bains sont des Fritillum et non des Malve, ainsi que je l'ai prétendu à tort. J'ai donné le nom de Fritillans aux n° 461, 462 et 463; ce nom ne doit être maintenu dans la Nomenclature que si on le considère comme utile pour désigner une variété de F72#11lum.
Les n° 456 et 457, des environs de Rennes; 464, de Cauterets; 465, du Mont-Revard; 466 et 467, de la lande de Caden (Morbihan) me semblent être des Male, ainsi que je les ai déterminés. Cependant le n° 464 ne pourrait être déterminé avec certitude qu'après examen des Genitalia.
Voilà, me semble-t-il, la rectification à mon travail, rendue nécessaire par les consciencieuses et savantes recherches du D’ Prof. Re-
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verdin. La Vérité scientifique étant l'unique but que je poursuis, je ne veux pas différer davantage la publication des corrections que . . . . ® A a.
Je crois devoir faire actuellement subir à mon ouvrage publié en avril 1910. Il ne m'en coûte du reste nullement de confesser une erreur commise de bonne foi dans une notice qui a eu pour résultat de préparer les voies à la connaissance de la vérité tant désirée.
Rennes, 1° juillet 1911.
Ch. OBTHR.
1]. — Syrichthus Andromedæ, Wallengren, dans les Pyrénées.
Dans le Volume IV des Etudes de Lépidoptérologie comparée (p. 398), Je déclare que Je n’ai jamais rencontré, dans les Pyrénées, le Syrichthus Andromede; aussi je ne cite le Syrichthus en question, comme Espèce pyrénéenne, que d’après le témoignage de M”*° de la Bèche-Nicholl.
Cette année 1011, J'ai fait un séjour de trois semaines à Gavarnie, en Juillet. Le temps était généralement superbe et les papillons abondaient. J'eus le plaisir de voir plusieurs fois, durant mon séjour à Gavarnie, MM. Rowland-Brown, Brisbane-Charles Somerville- Warren, George Bethune-Baker et Albert H. Jones qui se livraient avec succès à la chasse entomologique dans les montagnes qui entourent le pittoresque village de Gavarnie.
Cependant, avant d'arriver dans les Hautes-Pyrénées, MM. Rowland-Brown et Brisbane Warren avaient consacré quelques journées à l'exploration lépidoptérologique des environs des Eaux-Bonnes, dans les Basses-Pyrénées; ces habiles chasseurs avaient eu la chance de capturer, non ioin des Eaux-Bonnes, quelques exemplaires du Syrichthus Andromede. Ts eurent la générosité de m'offrir deux échantillons de cette jolie Espèce.
M. Rowland-Brown, qui possède la langue française de façon à en apprécier toutes les finesses, eut l’obligeance de rédiger, pour
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le présent Volume des Æ7. de Lépid. comparée, la Notice suivante qu'on lira avec le plus vif intérêt. Je renouvelle à M. Rowland- Brown l'expression de ma vive et cordiale gratitude.
« Pendant quelques jours, dans cette saison (juillet 1911), j'ai chassé les papillons dans les Basses-Pyrénées; J'y étais accompagné par mon ami M. Brisbane C. S. Warren, membre de la Société entomologique de Londres. Le 7 juillet, ayant fait l'ascension par la route qui traverse les grands bois de hêtres des Eaux-Bonnes, du côté de l’ouest, nous suivions le sentier qui conduit à Anoullas et vers le col de Lurdé. Après une heure de marche, traversant des pâturages fleuris et montant toujours, nous arrivèames dans une vallée étroite, parsemée de rochers, agrémentée de rhododendrons, au pied du col. C’est là même que nous capturâmes l'Æesperia (Syrichthus) Andromede, non seulement le 7 juillet, mais aussi les 10 et 12 Juillet, où nous renouvelâmes la même excursion. Mais je dois ajouter que M. Warren captura un seul exemplaire de la même Espèce, le 8 juillet, alors que le temps était très orageux, près d’une bergerie, en tête de la vallée de la Sourde, à presque la même altitude que dans l’autre vallée, c'est-à-dire à environ 1.800- 1.000 mètres. Il est probable que cette jolie Hesperia Andromede vole en juillet, dans toutes les grandes montagnes, au voisinage des Eaux-Bonnes. J'avais déjà pris Andromedæ sur le mont Stelvio, en 1005, dans des localités présentant un aspect analogue. C'est encore sur les pentes du pic de Goupey, appelé aussi Cezy, que nous avons rencontré une autre intéressante Espèce pyrénéenne : Âepialus Alticola, par une altitude d'environ 2.000 mètres.
Gavarnie, 25 juillet 1911.