SECTION I
Cette section comprend les Espèces dont les chenilles ne possèdent le faux stigmate ou fente verticale que sur les sept premiers segments abdominaux; chez elles, le huitième segment n'a pas trace de cet organe; les verrues en bordure du centre dorsal ont une forme ovale; elles sont disposées un -peu obliquement. On ne connaît pas les chenilles de toutes les Espèces que je place dans cette section, mais les affinités des papillons sont si apparentes, que je ne crois pas faire erreur en groupant avec les Espèces dont les chenilles sont connues, d'autres, évidemment très voisines, sur les premiers états desquelles on n'a pas encore de renseignements.
Adherbal, Obthr. {Et. Lép. co)np., Vol. V, Part. I, p. 297, PI. D, 2 cfcf, I g).
Petite espèce frêle; çS avec les antennes d'un brun doré très pâle; poils de la tête, du thorax et de l'abdomen d'un brun doré un peu plus foncé que les antennes; yeux entourés de poils brun foncé, peu nombreux; pattes poilues, surtout sur le fémur et le coxa, les poils étant de la couleur de ceux du thorax; ailes dia-
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phanes ; les écailles qui se présentent sous forme de fins poils de couleur sable désertique sont peu nombreux; l'aile supérieure en est le plus densément pourvue le long de la côte et de la nervure radiale et dans la région apicale; la côte est de tenite un peu plus foncée que le reste de l'aile; les nervures ne ressortent pas ou presque pas, étant de la même couleur que l'aile; sur l'aile supérieure, la médiane et les branches de la radiale sont quelquefois soulignées d'un brun un peu plus foncé que la couleur générale; les ailes inférieures sont légèrement plus claires que les supérieures; franges d'un brun doré très clair, soyeuses. La Q est d'un brun roux clair; ses antennes concolores me paraissent être un peu plus longues et les dents ciliées un peu plus développées que chez Manastabal g ; elle diffère de Manastabal et de la petite Espèce de Lambëse, que je vais décrire plus loin, par sa coloration blond roussâtre plus claire; elle est peu densément poilue.
La chenille d' Adherbal a été décrite dans le Vol. V, Part. I, des Eludes de Lépïdoptérologïe comparée, et figurée sous les n"'" 789 et 800 de la PI. LXXXIV; la figure 800, faite d'après un individu conservé dans l'alcool, n'est pas tout à fait conforme à la chenille vivante; sa couleur verte est trop foncée, pas assez grise, et le nombre et la position des faux stigmates ne sont pas exacts, ainsi que je l'ai déjà noté. Le papillon (2 cTcf, i q) se trouve représenté sur la planche phototypique D du même Volume.
J'ai retrouvé les chenilles d' Adherbul et de Manastabal à Aflou, en 191 1 ; les différences remarquées entre les deux Espèces, à Géryville, ont été confirmées à Aflou, et un caractère distinctif de plus a été noté. Voici ce que j'ai écrit à ce sujet les 10 et 1 1 mai 191 1 :
Les chenilles de l'Espèce 3 (Manastabal) se rencontrent assez souvent; celles de S. Adherbal sont beaucoup plus rares; quant à la distinction de ces deux Espèces, il n'y a pas de doute possible; chez Adherbal, à part la différence de coloration, il y a toujours, sur les verrues, un nombre plus grand de longs crins
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blancs ; les verrues en bordure du centre dorsal en portent, le plus souvent, 7 ou 8, mais leur nombre peut être augmenté jusqu'à 10 et même 1 1 ; il y en a rarement plus de 9, cependant ; chez Manaslabal, les verrues en question portent, en général, cinq longs crins; je n'ai jamais remarqué plus de six; ces crins ont, ordinairement, un anneau noir ou brun noir sur un point situé plus près de la pointe que de la base; dans le cas d' Adhcrhal, l'anneau noir est très rare; les crins courts, noirs, sont plus longs chez Adhcrbal que chez Manastahal.
J'ai obtenu 10 Adherbal (7 cT et 3 q) d'éclosion entre le 8 et le 22 septembre 191 1, à Aflou. Nous en avons pris, en outre, un petit nombre de cf en chassant la nuit, à la lanterne, entre le 12 septembre et la fin de ce mois.
I.c Somabrachys Adhcrbal habite le Djebel Amour, Province d'Oran (Géryville et Afiou); il doit également se trouver dans d'autres parties du Sud-Oranais et peut-être même à Sebdou, car certains exemplaires de Klugi, Obthr., me paraissent référables à Adlierbal ; cependant, pour se prononcer définitivement, il faudrait connaître leur chenille. Dans une petite série d'exemplaires de Somabrachys, envoyée par le D"" Nissen à M. Charles Oberthiir pour la détermination des Espèces, se trouvent cinq sujets d'une petite forme que je rattache, avec quelque doute comme variété, à Adhcrbal et pour laquelle je propose le nom de Nisseni.
Nisseni çS ressemble à Adhcrbal pour la coloration générale des poils du corps et des ailes; la forme des ailes supérieures est, à en juger par les cinq exemplaires sous mes yeux, un peu plus étroite, en moyenne, que chez Adhcrbal; la longueur de l'aile antérieure, depuis la base jusqu'à l'apex, varie de 1 1 mm. (type) à II mm. 5, suivant les individus; le thorax et l'abdomen sont un peu plus grands et robustes que pour Adhcrbal ; chez l'exemplaire le plus frais, que je prends pour type, les nervures de l'aile antérieure ressortent assez nettement en brun; aucun des 57 individus cf typiques de la collection Oberthiir ne les montre aussi distinctement; un second spécimen de Nisseni, très abîmé par le
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vol, montre encore les traces du rcmbrunissement des nervures; deux autres, chez lesquels les nervures ne sont pas plus apparentes que chez le type d' Adherbal, ne sont pas très frais; le cinquième, un gros spécimen frais, a les nervures radiale et médiane de l'aile antérieure distinctement rembrunies. L'appareil corné de la tête est relativement bien développé; il est aussi bien dégagé; les poils poussant entre les yeux et entourant l'appareil corné, me paraissant plus courts que chez Adherbal type. La Q m'est inconnue ainsi que la chenille. Ces cinq cf de Nisscnï ont été capturés à Guelt-es-Stel, Province d'Alger, entre le L"" octobre et le 5 novembre 191 5 ; cette dernière date me paraît très tardive pour un Somabrachys.
Lord Rothschild a reçu Adherbal de Guelt-es-Stel {J^ov. ZooL, XXI, 1914).
Klugi, Obthr. (Ei. de Lépidopt. comparée, Vol. III, PL XXI, fig. 86 {? .Egrota)\ Vol. V, T" partie, p. 297-298, PL D).
Cette Espèce est très voisine de Manasiabal, tellement voisine qu'il se pourrait qu'elle n'en fût qu'une forme. Il n'y a que la connaissance de la chenille qui nous fixera sur ce point. Lorsque je me trouvais à Sebdou, en 1907, je ne prêtais pas assez d'attention aux chenilles de Somabrachys que j'élevais tant bien que mal, ne connaissant pas encore leurs mœurs; ce n'est que plus tard, à Géryville, que je me suis occupé sérieusement des Somabrachys; la chenille la plus commune de ce genre, à Sebdou, était celle d' Albinervis, mais j'ai bien noté y avoir pris aussi des chenilles de Somabrachys, sur les fleurs d' H elianihemum et de certaines Composées, semblables à celles trouvées à Oran quelques semaines plus tôt. Ces chenilles de petite Espèce étaient probablement, pour une bonne part, celles de Klugi et ne devaient pas être absolument pareilles aux chenilles récoltées à Oran, mais je n'en ai pas fait la description et, comme de mes chenilles de Somabrachys réunies dans une même cage, je n'ai eu aucune éclosion de cf, je ne puis rien affirmer à leur sujet.
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Quand on compare une colonne de Klug'i cf avec une autre de Manastabal, on a bien de la peine à découvrir un caractère différentiel stable; le rembrunissement du sommet de l'aile antérieure semble être plus étendu chez Khtgi, tandis que chez Manastabal la teinte plus brune est restreinte au voisinage de la côte; en général, la couleur du duvet et du corps est d'un brun plus clair et plus fauve chez Klv.gi que chez Manastabal; certains exemplaires pâles pourraient être assimilés à Adlicrbal et je me demande même si, dans les colonnes de Klitgî, deux Espèces distinctes ne se trouvent pas réunies sous un même nom. En somme, pour résoudre le problème de Klitgi, il faudrait trouver sa chenille et l'élever; ce n'est que la chenille qui pourrait dissiper le nuage de doute qui entoure cette Espèce.
Quant à la Ç) supposée être celle de Klugï et que j'ai obtenue d'éclosion à Sebdou, en octobre 1907, il me paraît fort douteux qu'elle ait quelque rapport avec cette Espèce. Si réellement c'était la Q de Klngi, la valeur spécifique de ce papillon serait nettement établie, car elle est fort différente de toutes les autres Q de Soviabrachys que je connais; mais, par suite du mélange de chenilles, réunies dans une même cage, ainsi que je l'ai dit plus haut, je ne pourrais affirmer qu'elle est la Q de Rlugi, même s'il était éclos des cf de Kliigi dans la même cage. Elle me paraît trop grande, trop forte pour un papillon de la taille de Klngi, et elle ne ressemble pas du tout aux Q des plus proches voisins de KUigi cf.
Chez cette Q l'antenne a 2 mm. de longueur; sa tige est d'un brun foncé; les dents en sont courtes, blanches et plus inclinées en avant que chez toutes les autres Espèces connues ; aucune autre Espèce n'a les dents de l'antenne aussi courtes; les poils qui recouvrent assez maigrement le thorax et la tête sont plus longs que chez les autres Espèces et d'un blanc pur, sauf ceux placés entre les yeux de chaque côté de l'appareil corné, qui sont légèrement brunissants; les pattes sont d'un brun foncé, relativement peu poilues, mais les poils sont longs et blancs, y compris ceux, serrés et appliqués, qui garnissent la face intérieure du
fémur des pattes antérieures ; la plaque chitineuse thoracique porte, autour des pattes, de longs poils blancs ; la surface ventrale de l'abdomen est d'un fauve blanchâtre ; elle est assez densément recouverte de longs poils blancs entremêlés d'autres, plus courts, d'un blanc brunâtre; les bandes transversales pilifères de la surface dorsale de l'abdomen sont de couleur fauve clair; les courts poils qu'elles portent, assez étroitement appliqués et dirigés en arrière, sont d'un fauve doré ; le bord postérieur de chaque bande dorsale fournit de longs poils blancs, assez nombreux; aucune autre Q de Somabrachys que j'ai examinée, ne possède de poils comparables à ces longs poils blancs abdominaux du dorsum, portés par la Q de Sebdou ; il est vrai que presque toutes les Q ont quelques poils plus longs que les autres poils dorsaux, sur le bord postérieur des bandes transversales, mais ils sont beaucoup plus courts et moins nombreux que ceux de la Q de Sebdou; de plus, ils ne sont jamais blancs. La peau intersegmentale est blanchâtre; la couronne chitineuse entourant les genitalïa et l'anus porte de nombreux crins d'un brun clair, sur son bord postérieur ; leur pointe est dirigée en arrière ; l'appareil corné de la tête est large, de forme grossièrement triangulaire, la pointe en haut; il est à peu près plat, par devant, avec une légère crête transversale vers la base de 1' (( écope )>. On peut dire de cette femelle qu'elle diffère autant des autres g de Somabrachys connues que le cT de 5. PoivclU diffère des cT de toutes les autres Espèces.
Lord Rothschild signale Khigi, provenant de Guelt-es-Stcl, Province d'Alger {Nov. ZooL, XXI, 191 4).
Manastabal, Obthr. (E/. de Lcpid. coviparcc. Vol. V, part. 1, p. 29;, PI. D).
Espèce un peu plus forte (\\x\^dherbal et à coloration générale plus foncée; chez le d*, les poils du thorax varient d'un brun doré à peine plus foncé que chez les exemplaires les plus foncés A' Adlierbal, jusqu'au brun assez sombre; la couleur sable déser-
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tique des ailes est plus rembrunie que chez Adherbal et les franges sont plus foncées. Manastabal a la côte des ailes antérieures distinctement, mais, en général finement, brune; le sommet de l'aile antérieure est rembruni, mais la tache brune, dégradée, ne dépasse pas la troisième branche de la nervure radiale; chez bien des exemplaires, le rembrunissement du sommet de l'aile n'est que très léger; les nervures sont un peu plus apparentes que chez Adherbal dans la plupart des individus. La Q est brune; ses antennes sont très courtes, droites; elles sont plus courtes que celles de la Q d' Adherbal, dans la majorité des cas, et toujours plus fines, les dents ciliées étant moins grosses et moins longues; les bandes brunes, foncées, du dorsum portent d'assez longs poils bruns sur leur bord postérieur, bien moins longs, cependant, que les longs poils blancs de la g de Sebdou rapportée à Klugi; les poils abdominaux sont bruns. La chenille a été décrite et comparée avec celle d' Adherbal dans le Vol. V des EUides de Lépid. comparée et elle se trouve figurée sous les n"' 790 et 791 de la PI. LXXXIV du même Volume; de plus, une chenille retirée de son cocon, avant la métamorphose, ainsi qu'un cocon sont figurés sur la PI. LXXXV, sous les n"' 816 et 817 respectivement; la larve d'un Diptère, parasite de Manastabal, est représentée sous le n" 820 de la même planche.
J'ai retrouvé la chenille de Manastabal à Aflou en mai 191 1; elle y était même assez abondante et se nourrissait principalement des fleurs et des boutons d'Helianthemitm; il n'y a pas de confusion possible entre les chenilles de Manastabal et d' Adherbal, ainsi que je l'ai dit plus haut dans la note concernant cette dernière Espèce.
La chenille de Manastabal me paraît être moins précoce que celle d' Adherbal ; on la trouve encore lorsque toutes celles d' Adherbal ont disparu en terre.
Les éclosions de Manastabal, en captivité, à Aflou, ont commencé le 26 août; ce jour-là, un (S est éclos dans la soirée; j'ai eu plusieurs éclosions de Q au commencement de septembre, toujours le soir ou dans la nuit, mais peu de cf ; la dernière
LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE
éclosion a été notée à la date du 15 septembre et le dernier cf, eapturé à la campagne, est venu à la lumière, le 23 septembre.
Massiva, Obthr. [Et. cVEntom. coin parce, Vol. V, i'"' partie, p. 299. PI. C).
Ainsi que l'a dit M. Charles Obcrthiir, en décrivant Masskuj, cette Espèce est très voisine de Manastabal\ elle en a la coupe des ailes et la grosseur proportionnelle du corps, mais elle est un peu plus grande que Manastabal et ses ailes sont beaucoup plus sombres, plus fortement chargées de poils d'un brun foncé; d'autre part, les ailes postérieures sont tout aussi enfumées de brun que les antérieures, sauf en ce qui concerne la côte et l'apex qui sont, comme presque toujours chez les Soniabrachys, plus foncés, sur l'aile antérieure, que la teinte générale; le brun doré des poils du corps est un peu plus sombre, moins blond que chez Manastabal, mais cette différence n'est pas très marquée. Chez la majorité des exemplaires de Massiva, les nervures ne tranchent pas sur le fond de l'aile; dans quelques cas, celles de l'aile inférieure sont plus chargées de poils bruns que la surface environnante; elles apparaissent alors, assez larges, sur la moitié extérieure de l'aile, s'accentuant vers la marge; ce caractère de quelques spécimens seulement, n'est pas aussi marqué que chez Holli. Le canthus est relativement gros ; la partie supérieure est allongée, les arêtes transversales peu saillantes.
On ne connaît pas la Q de Massiva.
Cette Espèce vient d'Aïn-Draham, Tunisie; la collection de M. Oberthiir contient 1 1 exemplaires, si on comprend les deux spécimens que M. Oberthiir a assimilés, avec un peu de doute, à Mogadorensis. A mon avis, ces deux spécimens sont des Massiva d'une taille supérieure à la moyenne; ils proviennent aussi d'Aïn- Draham. Quant à l'individu de Batna, réuni par M. Oberthiir à Mogadorensis, j'avoue que je reste perplexe sur son compte ; sa coloration est celle de Massiva, mais ces ailes sont plus étroites, plus allongées que dans cette Espèce et son thorax est
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un peu plus robuste. L'épine tibiale est plus relevé dans cet exemplaire que dans aucun autre spécimen de Somabrachys que j'ai examiné, mais il se peut que ce caractère ne soit qu'individuel. Je serais enclin à croire que ce Somabrachys de Batna est d'une Espèce non décrite encore; mais, dans un genre où les Espèces voisines sont presque toujours difficiles à distinguer les unes des autres, à l'état d'imago, il ne suffit pas d'un seul exemplaire pour conclure. Un autre individu de Batna ressemble beaucoup à Arcanarïa, Mill; je crois même que c'est un Arcanaria ; il est possible que l'individu douteux soit également un Arcanaria, aberrant pour la coupe des ailes.
Diibar, n. sp., Powcll.
Très petite Espèce; cf avec ailes relativement courtes; thorax et corps forts, proportionnellement; longueur de l'aile antérieure, depuis la base juscju'à l'apex, g mm.; poils du thorax et de l'abdomen brun doré; les poils représentant les palpes et entourant le canthus ou appareil corné, sont d'un brun foncé; le canthus est petit, d'un brun pâle à bords foncés; il est placé sur une surface légèrement concave, entre les yeux ; cet espace est entouré de poils mais non pas caché par eux, de sorte que le canthus se trouve très dégagé. Antennes d'un brun doré assez clair, à peu près comme chez Manastabal. Les ailes sont semi-diaphanes, les antérieures un peu enfumées de brun, à cause de la présence de très fins poils bruns, un peu plus densément disposés le long de la côte, à l'apex et au-dessous des nervures radiale et médiane que par ailleurs; quoique le revêtement de poils soit plus épais vers la base de l'aile, la couleur n'y est pas aussi foncée que sur les parties de l'aile indiquées ci-dessus; l'aile postérieure est un peu plus pâle que l'antérieure et de teinte uniforme; les nervures ne ressortent pas très fortement ; les franges sont relativement courtes; elles sont d'un brun souris. Je ne connais pas la Q. Ce petit Somabrachys ressemble passablement à Manastabal, sauf pour la taille plus petite et la forme des ailes qui sont relative-
39^ LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
ment plus courtes ; chez les quatre spécimens qui me sont connus, la côte des ailes antérieures est presque droite, le relèvement vers l'apex étant très peu marqué. Deux exemplaires sur les quatre sont défraîchis par le vol.
Un exemplaire frais est de taille très légèrement plus grande que le type décrit ci-dessus; il est très pâle, de la couleur d'A^lhcïbal, y compris les antennes. Diihar me paraît distinct de Manastabal, d' Adherbal et de Nisseni, que j'ai rattaché avec un certain doute à Adherbal. Les quatre spécimens cf de Du bar, communiqués à M. Oberthiir par le D"" Nissen. ont été pris à Guelt-es-Stel, Province d'Alger, entre le 2 octobre et le 6 novembre 191 5. Je ne crois pas que la chenille soit connue.
i^grota, Klug.
La figure publiée sous le n" 5 de la Planche XX de l'ouvrage de Klug et Ehrenberg SymboUc Physïcœ, représente un papillon ressemblant beaucoup, par la taille et la couleur, — à part celle des antennes plus foncée chez ^grota, — à l'exemplaire pâle de Diibar mentionné ci-dessus. La forme serait identique, si ce n'est que chez Aigrota, la côte des ailes antérieures se relève très fortement avant d'atteindre l'apex. /Egrota est certainement assez voisin d' Adherbal, de Kliigi, de Manastabal et d'Hieriipsal, mais il me paraît plus rapproché encore de Diibar. La patrie d'Mgrota est l'Egypte; le papillon cf a été pris à Alexandrie, où il faudrait chercher la chenille pour la comparer avec celles déjà connues.
Hiempsal, Obthr., {Etudes de Lépid. coin p.. Vol. V, r" partie, p. 29;, pi. D).
Petite Espèce décrite d'après quatre exemplaires cf obtenus d'éclosion de cocons rapportés de Khenchela (Constantine) en été 1908. Ces petits Soniabrachys pourraient passer pour des Adherbal si ce n'est que, chez eux, la côte des ailes antérieures
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est plus droite et l'apex un peu plus arrondi que chez Adherbal; un des exemplaires a les ailes antérieures plus rembrunies qu'aucun Adherbal cependant. Le canthus est très bien développé, mais il est souvent partiellement caché par les poils d'un brun très foncé poussant entre les yeux; les nervures ne ressortent pas sur le fond chez deux des individus; dans le cas du spécimen plus foncé elles sont plus apparentes, surtout près de la marge extérieure; ce n'est pas à cause de leur couleur, qui n'est pas plus foncée que le fond, mais parce que la surface de l'aile est légèrement vallonée le long des nervures extérieures, et si la lumière ne frappe pas verticalement l'aile, l'un des côtés de chaque sillon se trouve moins éclairé que l'autre, ce qui donne lieu à un trait sombre. Ce fait accentue la nervulation, même chez les Espèces dont les nervures sont réellement plus foncées que le fond de l'aile. La Q à'Hiejnpsal n'est pas connue. Quant à la chenille, je ne puis dire, au juste, quelle est celle qui a donné les quatre papillons éclos en aoilt et septembre 1908. Il est possible que ce soit la chenille figurée sous le n° 95 de la PI. XXI du IIP Vol. des Etudes de Lépidopi. coinparée, et qui porte à tort un faux stigmate sur le huitième segment abdominal; j'ai trouvé, également à Khenchela, des chenilles de Soinahrachys pareilles à celle de Lambèse, figurée sous le 11° 4463 du X" Vol. du même ouvrage; mais cette chenille est très voisine de celle à.' Arcanaria et doit donner un papillon un peu plus robuste o^WHïeinpsal.
Hiempsal se trouve à Khenchela et je crois l'avoir pris à la lumière à Lambèse, en petit nombre. Un petit Somabrachys très commun à Lambèse en septembre, quoique très voisin ^'Hiempsal, me paraît être distinct; je le décris ci-après.
Gulussa, n. sp., Powell.
Le cf est figuré, d'après une photographie, sur la PI. II des Etudes de Lépid. comparée, Vol. X. Malheureusement, l'épreuve a été tirée trop claire, de sorte que les nervures et les franges
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qui ressortaient très bien dans le cliché, ne paraissent pas sur la Planche.
cf. Longueur de l'aile antérieure depuis la base jusqu'à l'apex 10.5 mm. (elle peut atteindre 12 mm. dans de grands sujets); la côte est assez fortement relevée vers les 2/3 de sa longueur et recourbée ensuite vers le sommet arrondi (dans la majorité des exemplaires, le relèvement de la côte n'est pas aussi accentué que dans le type) ; le duvet du thorax est d'un blond fauve (variant jusqu'au brun souris chez certains individus); les poils de l'abdomen sont concolores; le canthus et les poils brun foncé l'entourant ne diffèrent pas, à ce que je vois, de ce qu'ils sont chez Hiempsal; les antennes sont de couleur jaune brunâtre très clair. Les ailes me paraissent un peu moins diaphanes, un peu plus densément revêtues de poils que chez Hiempsal et Adherbal; l'aile antérieure est légèrement, mais assez uniformément rembrunie, contrastant plus nettement avec l'aile postérieure pâle que dans le cas d' Hiempsal; il y a une certaine accentuation de la teinte brune sur la côte et à l'apex (ce caractère est plus marqué chez certains sujets que chez d'autres, ainsi que le rembrunissement de l'aile); les nervures ressortent plus nettement que chez Hiempsal et Adherbal parce qu'elles sont un peu moins claires que la couleur fondamentale (*), particulièrement dans le voisinage de la marge extérieure; l'aile postérieure est blanchâtre, avec les nervures marquées en brUn fauve très clair; elles sont plus foncées sur la moitié extérieure de l'aile — (de nombreux individus ont l'aile inférieure un peu plus ou un peu moins enfumée de brunâtre; dans quatre spécimens sur un total de 106, l'aile postérieure est presqu'aussi foncée que la supérieure, mais ce qui ressort surtout au premier coup d'œil jeté sur une série
(*) Il arrive assez fréquemment, chez les sujets frais, que la nervure médiane et quelquefois la radiale, paraissent blanches, le long de la moitié distale de la cellule de l'aile antérieure, par suite du manque de poils; ces nervures étant en assez fort relief, il est possible que ce soit par frottement qu'elles se trouvent dénudées, d'autant plus que le blanchissement n'est généralement pas jjareil des deux côtés.
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de çS de Gîihissa c'est la pâleur de l'aile postérieure par rapport à l'aile antérieure); — la surface des ailes est soyeuse; les franges, très soyeuses, sont d'un brun doré pâle, entrecoupées de petites sections un peu plus foncées à l'extrémité des nervures.
Ç). Elle ressemble beaucoup à celle de Holli de laquelle il est bien difficile, sinon impossible, de la distinguer; son abdomen est moins bien fourni de poils que chez la Q d' Arcanaria. Les poils de la tête du thorax et de l'abdomen sont d'un jaune brun assez clair; ceux entourant le canthus ne sont guère plus foncés; le canthus est bien dégagé et bien développé; il ne diffère pas de celui de la Q d' Holli; les bandes chitinisées, transversales du dorsum sont de couleur châtain, en contraste assez net avec la peau blanchâtre; les poils dont sont munies les bandes transversales ne sont pas serrés; les poils courts sont châtain jaunâtre; ceux, plus longs, placés sur le bord postérieur des bandes, ont une teinte un peu plus claire. Les antennes ont 2 mm. de longueur; elles sont assez longuement dentées (les dents se terminent par un cil comme chez les autres Espèces) ; leur couleur est jaune un peu brunâtre.
La chenille de Gnlitssa est figurée sous le n" 4462 de la Planche CCXCVIII des Etudes de Lépïdopl. comparée; la forme figurée est assez commune, mais on rencontre aussi des variétés dont l'une est d'un gris jaune un peu verdâtre et ressemble beaucoup à la chenille de Manastabal. Ce qui la distingue de Manastabal, c'est que le bord antérieur du prothorax et la plaque anale ne montrent jamais de teinte rose et les verrues n'ont pas la couleur orangé de celles de Manastabal; une autre variété possède une ligne médiodorsale étroite à bords nets, mais cette ligne diffère de celle de la chenille que j'ai désignée dans mes notes par la lettre C et qui se trouve figurée sous le 11° 4463 ; chez elle, la ligne médiodorsale est d'un pourpre vineux et large. Je crois que la chenille C est distincte de Gnlussa; elle était rare à Lambèsc, mais je l'ai trouvée moins rare à notre camp, audessus de la maison forestière de Titouguelt, environ 1.700 m. d'altitude, dans les premiers jours de juin 1913; nous trouvions.
400 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
dans cette même localité des chenilles A {Gulussa) et D (PI. CCXCVIII, fig. 4464).
Je me demande si la chenille D n'est pas une variété de Gulussa; en tout cas, c'est une forme rare que je n'ai trouvée que dans la haute montagne et jamais dans les environs immédiats de Lambèse, oii la chenille de Gulussa est très commune sur diverses plantes basses; les chenilles C et D ne m'ont jamais donné de papillons; j'ai élevé plusieurs chenilles de ces deux formes, à Lambèse, en mai-juin 191 3, mais quoiqu'elles soient descendues en terre, dans les deux pots 011 je les tenais séparées, aucun papillon n'est éclos en septembre ou en octobre, époque de l'émergence des Somabrachys. Je n'ai eu, également, que peu de succès avec les chenilles A que j'avais élevées en assez grand nombre, en 191 2 et en 191 3; i cf et i Q enj 191 2 (20 septembre pour le cf, 4 septembre pour la q), 2 cf et 2 Q en 191 3 (le premier cf est éclos le 12 septembre; le second le 21 septembre et les deux Q le 15 septembre).
Les chenilles A (Gulussa) sont polyphages; celles de la forme gris verdâtre rappelant Manastabal, se rencontrait souvent sur le Rétama Sphœrocarpa; la forme jaunâtre uniforme se trouvait surtout sur diverses plantes basses, dont elle mangeait les fleurs, les boutons, et, dans certains cas, les fruits; j'ai pris ces chenilles sur les chardons, les centaurées, les scabieuses, V H elianthemuiii, les Légumineuses basses, le Rétama, le Salvia Argent ea (forme D), Y Euphorbia Luteola et bien d'autres plantes encore. Une chenille qui ressemblait beaucoup à celle de Gulussa, était commune à Klenchela, en mai 1908 sur Rétama et sur les plantes basses; c'est celle figurée sous le n" 95 de la PI. XXI, Vol. III; je crois probable que c'est cette chenille qui m'a donné Hiempsal. La chenille C se trouve également à Khenchela; je ne connais pas son papillon, mais il ne doit pas différer beaucoup d'Arcanaria, car la chenille C a beaucoup de rapport avec celle de cette Espèce. En somme, ne connaissant pas d'une façon certaine la chenille (^'Hiempsal, je me base sur les caractères imaginaux cf pour ériger Gulussa en Espèce distincte.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPAREE 40I
Nous avons pris, à la lumière de la lanterne, en septembre et octobre 1912 et 1913, un nombre considérable de (S de Gidussa; les premiers individus ont été capturés à M 'dîna, localité élevée, à l'ouest du Djebel Chelia, le 11 septembre 1912; plus près de Lambèse, sur les coteaux vers Boursalah et au cimetière romain. Djebel Hafia, les cf venaient souvent à notre lumière la nuit; je remarquais que les papillons ne volaient guère avant ii h. 1/2; le 5 octobre 191 3, par une nuit très favorable à la chasse, nous avons pris 22 cf de Giilitssa entre 11 h. 1/2 et 2 h du matin; il y avait peu d'exemplaires frais à cette époque. Dans la même localité, en 191 2, nous avions pris 54 cf, le 18 septembre, presque tous après minuit. Gîilussa se trouve figuré de nouveau, cette fois en aquarelle, dans le présent ouvrage.
Je vais décrire ici la chenille d'une petite Espèce qui existe à Tiaret (Province d'Oran). Je ne connais pas le papillon de la chenille de Tiaret n'ayant pas eu d'éclosion; mais la chenille diffère sensiblement de celles des autres Espèces du groupe qui me sont connues. En me rendant à Aflou en mai 191 1, j'ai eu une journée entière à passer à Tiaret, petite ville très animée, située au nord de la grande plaine des Hauts-Plateaux, à environ 1.200 m.ètres d'altitude et adossée aux dernières collines de la région montagneuse du nord. La flore y est assez différente de celle du Djebel Amour, à 150 kilomètres plus au sud; elle est plus riche et le pays est moins sec qu'au sud de la grande plaine; il en est pour la faune comme pour la flore et j'ai regretté de n'avoir pu séjourner plus longtemps dans une localité aussi promettante.
Nous trouvant donc, à Tiaret, le 6 mai, nous nous sommes mis en route, par une belle matinée, en prenant la direction des collines boisées, la plaine étant en grande partie cultivée jusqu'à une distance considérable de la ville et ne présentant pas grand intérêt pour un entomologiste limité par le temps et voulant profiter le plus possible de son passage dans la région.
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Il faisait chaud et le soleil était très fort. Je transcris mes notes relatives à notre excursion :
(( Suivant d'abord la grande route, qui mène à la forêt de Guertoufa, nous l'avons abandonnée, à 500 mètres de la sortie de la ville, pour grnnper sur les pentes de la colline; les localités sont assez variées ; on traverse des dépressions gazonnées, parsemées de renoncules jaunes et d'Ixias (?), où croissent, dans les endroits les plus humides, des saules et des peupliers, tandis que, tout à côté, se trouvent des espaces secs et pierreux recouverts de Cistes, de Genévriers, d'Asphodèles et de buissons de chêne vert; un de ces vallons que j'ai photographié, est bordé d'un côté par une pente rocheuse dont la végétation est de ce dernier genre; le côté opposé est verdoyant, gazonné et planté de pins d'Alep; les Graminées abondaient et, un peu plus haut, nous rencontrions des Cistes, un ajonc, des Calendula, renoncules et Ixias (?) en grand nombre.
Beaucoup de plantes que j'ai vues ici m'étaient inconnues, entre autres un petit buisson aux feuilles rappelant celles de V Atriplex, mais plus petites et plus coriaces; j'ai appris, plus tard, que ce buisson était V Helianlhemînn Halimifolntin\ il nourrit une Phycide dont j'ai trouvé les nids en quantité, ainsi que plusieurs chrysalides vides, mais il n'y avait plus de chenilles. Les Cistes aussi montraient les traces d'une Tortricide, déjà partie, elle aussi. Les Cistes sont de deux espèces, l'une à feuilles grandes; toutes deux me paraissaient assez voisines du C. Salvïœfolms; leurs fleurs n'étaient pas encore épanouies.
La chenille de Lasiocampa Trïfolïi était commune, principalement sur les Graminées; rarement, je l'ai vue en train de manger une petite plante légumineuse à fleurs jaunes. J'ai trouvé, dans les fleurs de Calendula, qu'elles dévoraient, cinq petites chenilles d'un Soviabrachys appartenant au groupe à sept fentes latérales; ce n'est ni l'Espèce 2 [Adhcrbal), ni l'Espèce 3 {Manaslabal), mais une forme que je n'ai pas vue à Géryville. Ces chenilles ne sont pas encore pleinement développées; elles n'arriveront certainement pas à une grande taille; il me semble
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probable qu'elles n'atteindront même pas la taille d'Adherbal. Voici la description de la chenille de l'Espèce trouvée aujourd'hui :
La ligne médiodorsale est relativement étroite; pour la couleur, elle varie de gris noir en gris pâle; un mince filet jaune pâle la divise par le milieu; la ligne en bordure du centre dorsal est large et d'un jaune pâle; les verrues situées sur cette ligne sont concolores dans la majorité des individus; parfois elles sont un peu plus foncées que la ligne elle-même, légèrement brunissantes; l'aire latérale est d'un grisâtre plus ou moins foncé, suivant les individus; la couleur grise forme une large bande longitudinale comprise entre la marge inférieure de la ligne en bordure du centre dorsal et les stigmates ; cette bande latérale est parfois très faiblement marquée ; une légère ombre grisâtre, sur la couleur jaune pâle fondamentale; dans d'autres cas elle est plus chargée, bien enfumée de gris ; sa limite supérieure est plus foncée que le reste de la bande et très nette; la couleur fondamentale jaune pâle n'apparaît dans les plis intersegmentaux et autour des faux stigmates, ainsi qu'au-dessous de la bande latérale; le flange (limite des aires dorsales et ventrales) est du jaune pâle fondamental, ainsi que le ventre, les pattes membraneuses et la base des pattes thoraciques ; les parties chitinisées des pattes thoraciques sont noires et brillantes extérieurement, grisâtres de l'autre côté de la patte; les pattes anales sont d'une teinte légèrement rosée à l'arrière; la plaque anale, ainsi que le rebord et les verrues du prothorax sont d'un rose pâle.
Les verrues en bordure du centre dorsal ne sont pas teintées de rose sur le deuxième et le troisième segments thoraciques, mais les deux verrues latérales du deuxième segment thoracique le sont légèrement, ainsi que toutes celles du huitième segment abdominal; celles du neuvième segment abdominal sont d'un rose saumoné ; la verrue suprastigmatale est très légèrement rosé, dans la plupart des exemplaires, plus spécialement sur les 6^ y", S*" et 9" segments abdominaux.
La tête est petite, noire, luisante, l'épistome grisâtre; l'écusson
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est noir, en forme de tête de flèche aplatie; les verrues en bordure du centre dorsal sont de dimension relativement grande; elles sont presque rondes, à l'exception de celles en forme de haricot du segment mésothoracique ; le nombre normal de longs poils blancs portés par ces tubercules est de trois; il y en assez rarement quatre; les poils courts sont grisâtres; chez cette Espèce on en remarque trois ou quatre par tubercule un peu plus longs que les autres, mais leur couleur en même temps que leur longueur empêche de les confondre avec les poils blancs; les fentes verticales sont de forme ovale très allongée, noires, entourées de jaune pâle.
Comme apparence générale et pour la forme, c'est à l'Espèce 2 {Adherbal) que cette chenille ressemble le plus; elle diffère de la chenille d'Adherbal notamment par l'étroitesse de la ligne médiodorsale, par la largeur de la ligne jaune en bordure du centre dorsal, par la pâleur de ses flancs et par la différence dans le nombre de longs poils sur les verrues dorsales ».
Les chenilles de Tiaret ne m'ont pas donné de papillon. L'Espèce est probablement nouvelle, mais je ne crois pas devoir lui donner un nom, ne connaissant pas l'insecte parfait.
Le 2 mai 1907, j'ai trouvé, à Oran, sur les fleurs d'une Composée ressemblant à un Calendula, quelques chenilles que je ne reconnaissais pas du tout alors, mais que j'ai su, ensuite, être des Soviabrachys ; elles étaient les premières de ce genre que je voyais. La plante dont elles mangeaient les fleurs se trouvaient parmi les plantes basses de la colline de Santa-Cruz, juste au-dessus de la mer, à l'ouest de la ville. Je n'ai pas fait de description de la chenille d'Oran, qui, d'après mes souvenirs, ne doit pas différer beaucoup de celle d'Arcanaria. Deux jours après, nous avons retrouvé la même chenille sur les collines de Misserghin, village au sud-ouest d'Oran, non loin des bords du grand lac; mais, à .Misserghin existe aussi une chenille de Somabrachys d'apparence différente de celle de la chenille d'Oran; cette chenille vit dans la plaine et nous la trouvions principalement
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sur les chardons, mais également sur des plantes basses, dans les fossés et le long du chemni conduisant du village au bord du lac saumâtre. J'ai noté, à l'époque, que la chenille de la plaine de Misserghin me paraissait d'une autre Espèce que celle d'Oran, et j'en ai fait la description dont je fais suivre des extraits : <( Elle est de taille inférieure à celle de la chenille de Favonia\ sa couleur peut être jaune canari ou jaune terne pâle; la tête est noire et brillante, ainsi que les pattes thoraciques extérieurement; la tête est rétractile, se retirant dans le prothorax; celui-ci porte une tache saumonée d'intensité très variable (ce sont les verrues du bord antérieur qui sont ainsi colorées) ; l'écusson est représenté par un accent circonflexe noir, placé en avant de deux plaques transversales allongées, d'un noir luisant, un de chaque côté du centre dorsal ; les verrues en bordure du centre dorsal, qui me paraissent être formées par la réunion des tubercules I et II sont très développées; elles sont, ainsi que les autres verrues, de teinte plus foncée que le reste du corps. Sur chaque segment abdominal, du premier au septième inclus, il existe, en dessous de la corniche formée par les verrues en bordure du centre dorsal, un léger renflement de la peau, blanchâtre et satiné, qui est fendu verticalement, l'intérieur de la fente étant d'un noir intense; la longueur de la fente, qui est quelquefois presque cachée par les bords, est d'un millimètre au moins; les stigmates sont noirs et bien distincts... Cette chenille mange plusieurs plantes, surtout les chardons, mais elle n'aime pas V Eryngiuiii ».
La chenille de Misserghin est donc de couleur à peu près uniforme, sauf pour la couleur saumonée du bord du prothorax et celle des verrues, un peu plus foncée que le fond. Je ne pense pas qu'elle diffère beaucoup, en apparence, de celles de Holli et de Gulussa. Il est même possible que l'Espèce de Misserghin soit Holli; pour être fixé il faudrait faire la comparaison des chenilles, vivantes si possible, et élever l'Espèce de Misserghin, dont on ne connaît pas l'imago. Les chenilles, que j'ai essayé d'élever, n'ont pas réussi.
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Unicolor, Obthr. {Etitdcs de Lépidopt. coinparéc, Vol. III, pi. XXI, fig. loo).
Chez l'exemplaire typique, qui porte sur ses étiquettes les inscriptions (( Ex Coll. Bellier » et (( niconnu à M. Boisduval, (Algérie) » la taille est à peu près celle à'Adherbal, le thorax étant un peu plus fort que dans cette Espèce. Les poils du thorax, de la tête et de l'abdomen, sont d'un brun jaunâtre clair, couleur fauve qui est moins dorée que chez Adherbal, et qui n'est parfaitement comparable à celle d'aucune des petites Espèces dont il a été question jusqu'ici; les poils entre les yeux sont d'un brun foncé; les antennes ont / mm. de longueur; leur couleur est celle des poils du thorax; les ailes antérieures sont recouvertes de fins poils soyeux de la même teinte fauve pâle; elles sont légèrement plus sombres vers l'apex; les ailes postérieures sont un peu plus claires ; les franges sont de la même couleur que les poils de l'aile; elles sont luisantes; les nervures sont de la couleur dé l'aile.
Les ailes de cette Espèce sont un peu plus fortement chargées de poils, que celles de ses voisines, de sorte qu'elles paraissent moins diaphanes; le spécimen-type est très frais; il y a, clans la collection de M. Oberthiir un second exemplaire « ex coll. Bellier » qui paraît référable à Unicolor, mais qui semble avoir été plongé dans l'eau, de sorte que ses poils sont restés collés en séchant. Les étiquettes d'Urncolor ne portent aucune indication de localité à part celle <( d'Algérie )>. Le D'" Nisscn aurait pris Unicolor à Guelt-es-Stel (Province d'Alger), en septembre 191 3.
Maroccana, Obthr. (? Infuscata, Et. Lcpid. comparée, Vol. 111, PI. .XXI, fig. 88; — Maroccana, Vol. V, p. 297, PI. D).
Les ailes antérieures de Maroccana sont étroites ; leur longueur de la base à l'apex est de 10,5 mm.; la côte n'est que légère-
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ment relevée vers la hauteur de l'extrémité distale de la cellule; les antennes et les poils du thorax ont une couleur brun fauve; le canthus est petit, peu saillant; les poils brun clair des ailes ne sont pas très denses; ils sont plus serrés et plus foncés le long de la côte et à l'apex des antérieures, ainsi que sur les nervures, qui ressortent nettement en teinte plus foncée. On ne connaît ni la Q ni la chenille. Le spécimen dans la collection de M. Oberthiir vient de Moeador.
Nous arrivons maintenant à un groupe de la première section, comprenant des Espèces de taille moyenne, d'un aspect plus robuste et au thorax plus fort et aux poils plus touffus que dans le groupe d'Espèces que nous venons d'examiner. Les Sovtabrachys de ce groupe habitent surtout les régions du littoral et du Tell. On ne connaît que deux Espèces Algériennes, Arcanaria et Hoîli. Mogadorcnsis fait partie de ce groupe, mais il est Marocain, ainsi que son nom l'indique.
Arcanaria, Mill. {Rcv. Ent., III. p. 6, PI. i, fig. 5; — Lépid. coiiip., Vol. V, PL C; — Codcti, Chrétien, Ann. Soc. Eut. de France, 1899).
M. Chrétien a soigneusement décrit cette Espèce clans sa Notice sur l'Histoire Naturelle du Brachyscnna Codet'i, Annales de la Soc. Enl. de France, Vol. LXVIII; de son côté, M. Oberthiir a figuré, dans le Vol. V de Lépid. comparée, d'après des procédés photographiques, un cf, une Q et deux chenilles d'un Somabrachy.<^ de Bône qui est certainement Y Arcanaria de Millière; sur la même Planche se trouvent représentés trois individus d'Aïn-Draham (Tunisie) que je crois, comme M. Oberthiir, être également des Arcanaria.
Cette Espèce, quoique voisine de 5. Holli, d'Alger, paraît être distincte; au.x caractères différentiels signalés par M. Oberthiir, on peut ajouter ceux que j'ai rcmarciucs chez les o.
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Arcanaria Q a les antennes plus longues et plus effilées que HoLli Q ; les poils (surtout ceux de l'abdomen), sont d'un blond plus roux chez Arcanaria et ceux du bord postérieur des bandes chitinisées, dorsales, sont plus longs; le canthus d' Arcanaria est plus plat et plus ridé que celui de HolLi.
La chenille a été décrite et figurée par M. Chrétien; je pense que la chenille de Lambèse qui a été figurée, d'après mon aquarelle, sous le Vf 4463 de la PL CCXCVIII des Et. de Lépid. covip.. Vol. X, pourrait bien être une forme dL" Arcanaria; je n'ai pas obtenu l'éclosion du papillon, mais la chenille ne diffère pas beaucoup en apparence de celles de l'Espèce, qui se trouvent dans la collection Oberthùr; la collection contient, également, un spécimen soufflé d'une chenille semblable, prise à Khenchela. Ces chenilles de Lambèse et de Khenchela ont la ligne médiodorsale un peu plus étroite et la ligne en bordure — couleur fondamentale — plus large que dans les chenilles de Bône; chez elles aussi, la médiodorsale est de couleur pourpre vineux, tandis que pour les chenilles à' Arcanaria, de Bône, cette ligne est grisâtre. Les verrues en bordure du centre dorsal, dans la chenille de Bône, portent trois ou plus rarement deux longs poils blancs. Les verrues prothoraciques et la plaque anale n'ont aucune teinte carminée ou rose.
Arcanaria est connu de Bône, d'Aïn-Draham, de Constantine, de Batna (un des deux Soniabrachys litigieux, de Batna, dont j'ai fait mention dans le chapitre de Massiva, me paraît être référable à Arcanaria), des Glacières de Blida (Prov. d'Alger), d'où M. Oberthiir a reçu 8 exemplaires ç^ d'un Soniabrachys qui ne diffère pas de la morphe de la Province de Constantine.
Holli, Obthr. {El. de Lcp. conip., Vol. V, Partie I, p. 298, PI. C).
De la. même taille et forme qu' Arcanaria cf, Holli çj en diffère par sa frange plus longue, de couleur plus claire que l'aile — surtout de l'aile antérieure, — par ses antennes un peu plus
épaisses, par sa nervulation plus saillante par suite du rembrunissement des nervures ; la Ç a les antennes un peu plus courtes et moins effilées que celles d' Arcanaria; la surface dorsale de l'abdomen est moins poilue et les poils du bord postérieur des bandes transversales ne sont pas aussi longs que chez Arcanaria Q ; la couleur blonde des poils du dessous et des flancs de l'abdomen, est moins roux que chez Arcanaria Q.
Feu M. Holl a élevé la chenille du Soinabrachys qui lui est dédié et ses notes, relatives aux mœurs de celle-ci et du papillon, se trouvent dans le Vol. V des Etudes de Lépïd. comparée, p. 283-290. D'après ce que dit M. Holl de la chenille, elle doit être très voisine de celle que j'ai trouvée à Misserghin sur les chardons et autres plantes basses et elle ressemblerait aussi à celle de Gulitssa, du moins pour la coloration. La chenille de Holli est polyphage et ses mœurs sont semblables à celles de tous les Somabrachys.
M. Holl l'a trouvée sur la Ccntaurca Seridis L. var. MarUïiua et sur les chicorées, chardons, graminées, plantain, mauve, etc. ; elles semblent préférer les fleurs pour nourriture.
Holli n'est connu que des environs d'Alger; M. Holl a pris la chenille, ou bien le papillon, entre la Pointe-Pescade et Saint- Eugène, à la Bouzarea, sur les hauteurs de Baïnen, à Hussein- Dey et au Gué de Constantine; l'Espèce ne paraît pas rare, mais elle est localisée.
Mogadorensis, Obthr. (£/. de Lépid. coin parce, \'ol. 111, PI. XXI, fig. 85. — Vol. V, I™ Partie, PI. C).
L'exemplaire unique de la collection de M. Obcrthiir est un cf assez frais; ses ailes sont larges, la côte des antérieures concave; la longueur clc l'aile antérieure de la base à l'apex est de 12,7 mm.; la pectination des antennes est plutôt courte; le canthus est allongé, le bec redressé, les deux lobes inférieurs un peu pendants; il n'est pas très différent de celui de Massiva, mais les lobes sont plus pointus et le bec plus relevé.
Les poils blonds de la tête et du thorax sont bien touffus; les ailes sont assez bien revêtues de poils fins et peu transparentes ; les antérieures sont uniformément d'un brun pâle à côte plus foncée, les postérieures plus claires ; les franges sont concolores sauf pour un léger rembrunissement à l'extrémité de chaque nervure de l'aile antérieure; les nervures ne tranchent pas beaucoup sur le fond des ailes; elles sont faiblement rembrunies. Habitat. Mogador. Je ne pense pas que les spécimens de Batna et d'Aïn-Draham, que M. Oberthiir a assimilés, avec doute, à Mogndorensis^ appartiennent réellement à cette Espèce; je les ai discutés précédemment, dans le chapitre de Massiva, que je prie le lecteur de revoir.
Powelli, Obthr. (/>////. Soc. Eu/. France, 1908, p. 48. — Et. Lcpïd. comparée. Vol. 111, PI. XXI, hg. 87).
Je place cette petite Espèce dans la première section, quoique je ne connaisse pas sa chenille et que son apparence le fasse différer beaucoup des autres membres de cette division.
Il a un aspect robuste et ses ailes ne paraissent pas aussi molles que chez les autres Somabrachys. La côte des ailes antérieures est légèrement concave; l'apex est plus aigu que dans la majorité des Espèces; les ailes sont assez densément et uniformément recouvertes de fins poils d'un brun noirâtre; la côte est noirâtre, les franges de la couleur des poils de l'aile. Les poils de la tctc et du thorax, des pattes et de l'abdomen, ont une couleur fauve orangé qui contraste fortement avec la teinte sombre des ailes; les nervures ne ressortent pas beaucoup sur le fond de l'aile; la radiale et la médiane se dessinent assez nettement, cependant ; les poils bordant les yeux intérieurement, ainsi que ceux qui tiennent lieu de palpes, sont noirs; ceux qui entourent immédiatement le canthus sont jaunes; le canthus est proéminent, de couleur acajou; il n'est pas gros, mais il ne paraît pas différer beaucoup de celui de Ma.'^siva. L'épine tibiale est très forte et acérée chez Powelli; les antennes sont brunes.
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Cette Espèce n'a été trouvée qu'à Sebdou (Prov. d'Oran) ; les deux spécimens connus ont été pris à la lumière, en septembre 1907. Je n'ai pas revu Poivelli dans les autres localités d'Algérie où j'ai chassé.