I. — Rectifications au Volume XI
des
"Etudes de 'Lépidopférologie comparée
Madagascar. — Corrections aux renseignements donnés aux pages 250, 251 et 255 du Vol. XI des Etudes de Lépidoptérologie comparée.
M. le P. Camboué m'a écrit, à la date du 24 mai 191 6, ce qui suit : (( Etudes de Lépidoptérologie comparée. Vol. XI, Texte, pages 251 et 255 ; la chenille du Syntherata dont je vous ai envoyé plusieurs états parfaits {ex larvâ), vit bien en effet sur le Tapia et non, que je sache, sur le Tsitoavina qu'une faute d'impression a fait écrire : Bitoavina {Syntherata Cambouéi, Obthr.).
La chenille du Bunœa n" i de mon premier envoi et dont vous n'avez pas trouvé la référence {Diospyri, loc. cit., p. 250), serait alors celle qui vit sur le Tsitoavina {Dodonea Madagascariensis). Vous voyez dès lors que les noms de Bokana (p. 255) et Saroy (non Saros, comme il est imprimé à tort), désignent la chenille de Syntherata et Bunœa. Je souligne le mot : chenille, parce que c'est en effet la chenille et non le papillon en état parfait que les Malgaches nomment ainsi.
Mais vous avez raison d'ajouter (p. 251) que les Malgaches ou Indigènes de Madagascar distinguent, par des noms spéciaux, plusieurs Espèces de Lépidoptères. En effet, pour eux, le nom générique des Lépidoptères est Lolo; mais ils ont des noms spé-
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ciaux pour diverses Espèces. Par exemple, notre U rania Ripheiis est nommé par eux : Lolovolamcna, de Lolo, nom générique, et V olamena, qui signifie : Or, nom spécial ; c'est-à-dire Papillon or ou doré. Ils nomment aussi ce beau Lépidoptère : Andriandolo, de Andrïana qui veut dire : souverain, prince, noble, roi, et de Dolo, pour Lolo, papillon; ils le nomment encore Lolonandriana, qui a la même signification. »
En même temps que cette notice rectificative dont je lui suis très reconnaissant et que je m'empresse de publier dans ce Volume, le Père Paul Camboué m'envoyait une épreuve d'une note qu'il avait rédigée jadis, à propos de VU rania Ripheus, pour être lue au Congrès Zoologique de Moscou.
Les comptes rendus de ce Congrès n'étant pas très répandus, je réédite ci-après la note écrite par le Père Camboué. Je suis convaincu que les Lépidoptéristes la liront avec beaucoup d'intérêt.
Voici donc la note en question :
Sur rUrania rhipheus
Par le R. P. Camboué, à Tananarive (Madagascar).
h' U rania rhipheus est sans contredit l'un des plus beaux spécimens de la faune lépidoptérologique de Madagascar, et peutêtre du monde entier. Aussi les indigènes de la grande île africaine nomment-ils ce Lépidoptère Lolonandriana, c'est-à-dire Papillon-Roi, des mots Lolo (Papillon) et Andriana (Souverain ou Roi). L'insecte à l'état parfait est assez connu; mais aux états imparfaits ou larvaires, il est loin de l'être autant.
Jusqu'à ces derniers temps, on ne connaissait, en effet, les états larvaires de VU. rhipheus que par la description fantaisiste qu'en a donnée Boisduval d'après Sganzin (*).
{*) Faune eniotnologique de Madagascar, Bourbon et Maurice (Lépidoptères), par le docteur lîoisduval, avec des notes sur les mœurs, jiar M. Sganzin. Paris, 1833.
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Il y a quelques années, durant la guerre franco-hova, me trouvant alors à Tamatave, sur le littoral est de Madagascar, je reçus une lettre de M. Poujade, du Muséum de Paris, qui attirait mon attention sur la chenille de VU. rhifheits : (( Des échantillons bien authentiques de cette chenille qui vit, dit-on, sur le Manguier {Mangifeni indica) devaient être du plus haut intérêt scientifique )5.
Dès lors, dans mes courses et mes chasses entomologiques, je me mis à scruter les Manguiers, pour tâcher d'y découvrir la précieuse chenille. Ce fut en vain. Certains indices me firent même soupçonner que VU. rhipheus pourrait bien vivre sur un autre végétal que le Manguier. Sur ces entrefaites, obligé de quitter le littoral pour regagner les hauteurs centrales de la province d'Imérina, je recommandai tout particulièrement à un de mes jeunes amis et des plus dévoués auxiliaires de Tamatave, M. Benoni Perrot, les états larvaires de VU. rhipheus, pour qu'il voulût bien continuer à les rechercher dans ses chasses.
Quelque temps après mon arrivée à Tananarive, je recevais de Tamatave un magnifique spécimen du papillon de VU. rhipheus, ex larvâ! ... En revenant d'une excursion à la campagne, M. Benoni Perrot avait trouvé une chenille inconnue qu'il avait, en conséquence, de retour à Tamatave, placée dans une de ses cages à métamorphoses. Quel ne fut pas son étonnement quand, après une quinzaine de jours de nymphose, il vit éclore le papillon de VU . rhipheus! L'insecte me fut immédiatement envoyé. Quelque temps après, je recevais, en alcool, la chenille adulte. Plus tard, après un voyage, toujours dans la région est de l'île, M. Benoni Perrot m'écrivait : k Je suis de retour depuis hier, et je m'empresse de vous communiquer les quelques notes que j'ai prises, durant le cours de mon voyage, sur la chenille de VU . rhipheus et sa transformation. J'ai rencontré, sur l'arbre que les indigènes nomment « Huzo-malay », trois chenilles adultes que j'ai mises aussitôt dans ma boîte. L'une d'entre elles est morte le lendemain; les deux autres ont mis deux jours pour filer leur cocon et trois jours environ pour se métamorphoser entièrement. Passées à l'état
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de nymphe ou chrysalide le 5 novembre, l'une d'elles arrivait à l'état parfait dans la nuit du 21 du même mois, tandis que l'autre mourait avant l'éclosion du papillon. D'après ce que j'ai observé, la chenille de VU. rhifhe^is est bien délicate et très difficile à élever ».
Comme on pourra le constater en examinant les spécimens de mon envoi, l'f/. rhipheus aux états imparfaits de chenille et de nymphe ou chrysalide, diffère complètement de la description qui en a été donnée par Boisduval d'après Sganzin, description reproduite plus ou moins dans les ouvrages lépidoptérologiques.
(( La chenille de VU. rhi-phens, y lisons-nous, vit sur le Manguier (M an gi fera indicà). Parvenue à toute sa taille, elle est effilée, renflée latéralement vers le milieu, longue de deux pouces et demi à trois pouces. On aperçoit sur ses côtés un feston à dents de loup, composé de plusieurs bandes irrégulières de points blancs, verts et jaunes. Les cornes qui étaient d'un rose tendre, deviennent d'un rouge carmin. Outre cela, les deux premières paires de pattes membraneuses sont très courtes, presque rudimentaires, et ne servent point à la progression. Aussi, lorsqu'elle marche, elle se met en boucle comme les chenilles des Geometra et des Catocala. Sur le point de se métamorphoser, elle s'attache par la queue et par un lien transversal, comme les chenilles des Papilio, des ColiaSy des Picris, ou plutôt comme celles des Geometra pcndularia, Gyraria, etc.
» La chrysalide est allongée, pointue, à peine anguleuse, verte, avec des bandes transversales dorées; l'extrémité, qui est d'un vert plus foncé, est parsemée d'un grand nombre de points dorés.
» L'insecte parfait éclôt au bout de trois semaines. Exposé au soleil, il se développe complètement en deux ou trois heures, tandis que les individus qui naissent à l'ombre mettent près d'une journée pour se développer, et sont d'ordinaire moins brillants. »
Or, en réalité, la chenille de VU. rhipheus est à peu près uniformément cylindrique, ne mesurant que environ six centimètres en longueur sur sept millimètres de diamètre moyen. Hérissée sur ses anneaux de longs poils noirâtres claviformes ou plutôt spa-
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tulés, elle a seize pattes, dont les dix membraneuses sont de couleur jaunâtre tachetées et pointillées de noir. La tête, grosse et large, est également de couleur jaunâtre tachetée et pointillée de noir. L'écusson est de même couleur que la tête. Les stigmates sont noirâtres. Le dessous du corps, ou ventre de l'insecte, est d'un blanc soufré. Le dessus ou dos est jaunâtre tacheté et pointillé de noir, sauf le deuxième segment qui est noirâtre. Cette chenille, inutilement cherchée sur le Manguier {Mangifera), une Térébinthacée, a été rencontrée vivant sur l'Huzo-malay [Ornphalea) une Euphorbiacée ! Elle se transforme en nymphe ou chrysalide dans une coque formée d'un réseau assez clair, à mailles peu serrées. Cette nymphe ou chrysalide est de couleur brune, cylindro-conique, comme chez la plupart des Nocturnes, mesurant environ trois centimètres de longueur sur huit millimètres de plus grand diamètre.
La durée de nymphose de VU . rhipJieus, pour la région chaude du littoral de Madagascar, est d'une quinzaine de jours. L'éclosion du papillon ou insecte parfait s'opère vers le milieu de la nuit.
L'œuf de VU. rliïpheiis à l'état parfait se rencontre de janvier à mai sur les hauteurs tempérées de l'Imérina, au centre de la grande île africaine; tandis que dans les régions peu élevées et chaudes du littoral, on le rencontrerait presque toute l'année. C'est surtout de huit heures du matin à cinq ou six heures du soir que vole, ici, le papillon de VU. rhipheus, ordinairement assez haut. J'ai observé ce papillon en cage d'études où il peut vivre plusieurs jours. Là encore, c'est de liuit à neuf heures du matin, et de quatre à cinq heures du soir cju'il m'a paru, par son agitation, le plus disposé à prendre son essor. La nuit il se tient au repos.
Des caractères anatomiques de VUrania rhipheus, il semble résulter que ce Lépidoptère doit être placé- parmi les Nocturnes, comme le voulait Boisduval ; et cependant, d'autre part, il semblerait, par ses mœurs, s'en éloigner et appartenir aux Diurnes, parmi lesquels le plaçait Latreille.
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(( Je réclame, écrivait naguère un de nos savants entomologistes français, M. S. -H. Fabre, une classification où les aptitudes de l'insecte, son régime, son industrie, ses mœurs aient le pas sur la forme d'un article antennaire. » Sans aller jusqu'à donner la préséance absolue aux mœurs et aux aptitudes de l'animal dans un système de classification, ne pourrait-on pas du moins en faire un des facteurs des distinctions spécifiques ? On l'a dit, avec raison si je ne me trompe, le caractère spécifique a ordinairement plus de profondeur que de relief.
Si la grosse question de la distinction spécifique venait au Congrès, pour aussi faible qu'il soit, VUrania rhifheits pourrait peut-être y porter son appoint.
Paul CambouÉ, s. J.
II. — Rectifications et Observations relatives aux Catagrammides
Les considérations que j'ai exposées sur le Genre Catagrauiuia, dans le Vol. XI des Etudes de Lépïdoptérologie comparée, m'ont valu plusieurs observations fort intéressantes de la part de quelques-uns de mes Lecteurs.
Notamment M. Kaye (Caracas, Ditton Hill), à Surbiton (Angleterre), m'a adressé une note que je reproduis ci-dessous et dont je publie la traduction française.
Comme la recherche de la vérité est mon unique but, je n'hésite pas un instant à reconnaître une erreur que j'ai commise en ce qui concerne le Catagrauima Sinaniara.
On trouvera plus loin la notice écrite par W. Kaye et, à la fin, la conclusion que j'ai cru devoir formuler.
Observations on the Catagrammidae
in the Eludes de Lépïdoptérologie comparée, vol. XI
By W. J. Kaye.
In accordancc with the wishes of M. Obcrthiir, I append thèse few notes relative to some of the species of Catagramuia and Callicore figured in fascicule XI of the Etudes de Lépïdoptérologie comparée. On plate CCCXL are figures of excelsior cf Hcw. 2841, elatior cf Obthr. 2842, pastazza cf Stgr. 2843 and ockcndeni cf Obthr. 2844. M. Oberthiir considers thèse ail good species. It is possible that they are and as ockendenï is certainly distinct from pastazza there is some ground for supposing that the others might also bc distinct. It is necessary to first point out that what is very generally known as excelsior is not the form
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figured by Hewitson. The insect commonly known as excelsïor is the form described by Staudinger as pastazza and which is accurately figured under the correct name by M. Oberthiir on the plate in question (Fig. 2843).
Ockendeni (2844) seems to bc hardly différent from excelsissima and at môst can only be a race of the same species. But excelsissima (which is the name that will probably stand for the species) is a distinct species from excelsior. The tip of the antenna of excelsissima is brown whilc that of pastazza is black likc the rcst of the chib.
The inner margin of the forewing on the underside is du 11 brownish black with the central area still lighter. In pastazza the central area is black.
The anal angle of the hmdwing on the underside is différent from pastazza. The broad yellowish submarginal band stops abruptly a short distance beyond vein 2 and is followed by a isolated bluc spot.
This distinguishing character is wcll brought out m M. Oberthiir figure and shows well alongside the figure of pastazza.
One further character of probable spécifie distinctness is the broad yellow stripe on the underside of the abdomen of excelsissima whilc pastazza shows a fine thin line only.
On plate CCCXLTI 2854 and 2855 are representcd as a pair o{ C. si lia ma r a Hcw. Al Oberthùr mistook 2854 for a cf, but it is a Q and as it came from Port of Spain Trinidad, it is doubtlcss a Q of C. astarte-antillena Kaye figured in the Trans. Ent. Soc. Lond., 191 3, plate XXX, fig. 15, and described on page 555. Hewitson's sinamara is a Q of anothcr subspecies for it came from the lower Amazons. It is quite likcly that lower Amazonian spécimens of astarte are in no way différent from Guiana spécimens in which case sinamara would fall as a synonym of astarte. Tf however it should deserve subspecific rank it would be known as C. astartc-sinamara Hew.
On plate CCCXLIV is figured a fine large form of C. patcliua Hew. At page 38 of the text M. Oberthiir says he does not known
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the Q. Both cf and Q especially the Q are very rare in collections. The Q of which I possess one poor spécimen differs from the cf in having a dull red basai patch to the hindwing and with only the outer half bluc. The forewing is similar to the cf but the red is is much more brick red and not carminé. My pair are from Bclizc British Honduras. The species ranges over Costa-Rica, Nicaragua and Guatemala ncar the coast on the Atlantic sidc.
On page 8/ M. Oberthùr says lie thinks Callïcorc ceryx is a rare species. It is certainly rare in collections, but is local ly abundant where it occurs. Chachapoyas, the locality given by M. Oberthiir is in North Pcru at over 7.000 ft. élévation. This is probably too high for the species as it Aies in abundance in Ecuador at about 3.000 ft. on the Pacific slopc of the Andes m the month of February. .Such at least was the expérience of my friend AT A. Holl who was in Ecuador in 191 3.
W. J. Kaye.