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CONCLUSION

Je crois que M. Kaye a raison lorsqu'il dit que S'inaniara, de Port of Spain (fig. 2854; PI. CCCXLII ; Lépid. comparée, XI), n'est pas le cf du papillon figuré sous le n° 2855, mais est la g de Catagramma Astarte-AntilLena, Kaye.

Quant à la Q 2855, que j'ai rapportée comme Q à Sïnaniara n" 2854, elle est la Q de Catagramma As/arlc, d'Obydos, ainsi que Hewitson, qui a figuré le même papillon sur la PI. XI, dans Trans. Ent. Soc. N. S., Vol. I, le dit à la page 100, en des termes que j'ai rappelés à la page 35 du Vol. XI des Etucl. Lépid. comparée.

J'ai sous les yeux le papillon même qui a servi de modèle à la figure publiée par Hewitson, en 1854, du Catagramma Sinamara (Catagr., III; fig. 20, 21. Illustrât, of new species of exotic Butter flics'). Il avait été prêté, comme beaucoup d'autres, par le Docteur Boisduval à son ami William-Chapman Hewitson. Seulement l'indication de patrie : Caycnne, relatée par Hewitson, semble fausse. En effet, sur une petite étiquette verte, ronde, fixée à l'épingle du papillon, je ne peux pas lire Caycnne, mais après une ligne devenue illisible, je crois déchiffrer : Brasilia.

L'indication : Cayenne ne repose donc sur aucun fondement authentique; au contraire. L'abdomen semble celui d'un cT; mais il paraît avoir été collé. Dès lors, c'est un abdomen quelconque et sans aucune authenticité.

Quant à Astarte g (fig. 2855), il y a d'autant plus de raison de la considérer comme la véritable Q d' Astarte, qu'il y a dans ma collection un cf Astarte, pris par de Mathan, à Obydos, comme la Q 2855 et portant juste la même date à son étiquette, c'est-à-dire : 2® trimestre 1878.

Ce cf Astarte, d'Obydos, diffère seulement du cf Astarte, de Cudajaz (fig. 2859), parce que les parties jaunes, sur le dessous des ailes inférieures, sont un peu rétrécies. M. de Mathan a pris à

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Tonantins, en 1880, un cf Astarte semblable à celui de Cudajaz, et en 1907, à Obydos, le même chasseur a capturé une Q Astarte dont la couleur jaune orangé tient le milieu, sur les ailes supérieures, entre la Q 2854 (d'un jaune moins rouge) et la Q 2855 (rouge orangé).

Hewitson possédait d'Obydos la même Q jaune; il dit : « It is in my own collection, in which is also a very beautiful variety, havïng the orange of the wing replaccd by riche yeloiv n {The Transactions of the entomological Society of London; nerv Séries; Vol. I; 1850-1851; p. 100).

En résumé, le papillon figuré sous le n" 2854 est la g de Catagrainma Astarte-Antillena, Kaye, et le papillon figuré sous le n° 2855, est la Q de Catagranuna Astarte, race d'Obydos.

Rennes, septembre 19 16.

Charles OberthÛR.

Notice sur l'ECPANTHERIA OCULATISSIMA, Smith-Abbot {Scribonia, Stoll.)

Par Henry Browx

J'ai trouvé la chenille de cette Espèce à Darien Georgia, Etats- Unis, le 23 décembre 191 5.

Darien est une localité d'environ 1.500 habitants dont un tiers de blancs, située presqu'à l'embouchure du fleuve Altamaha, par 3i°22' de latitude nord et 8i''26' de longitude ouest sur la côte de l'Atlantique. Cette petite ville — car le village tel que nous le comprenons ne semble pas exister en Amérique — est bâtie sur un plateau sablonneux où dominent surtout le pitchpin, des chênes verts superbes des branches desquels pendent les longues chevelures bleuâtres de la <( spanïsh moss » et de fort beaux magnolias aux troncs couverts de mousses et de plantes parasites. Le sous-bois est envahi par un palmier nain très encombrant et dont les feuilles rudes rendent la circulation en dehors des chemins, très pénible. Dans les endroits dégagés de cette végétation, un cactus rampant court sournoisement à fleur de sol et perce de ses longues pointes acérées les plus robustes chaussures. Et puis, il y a aussi des ronces en abondance; de sorte, que ces trois éléments réunis, palmiers, cactus et ronces, rendent difficiles les recherches entomologiques, telles que nous avons l'habitude de les pratiquer en France.

Ceci est pour la partie élevée du pays ; élevée très relativement puisqu'elle ne dépasse que de quelques mètres le niveau de la partie marécageuse qui, sur une largeur souvent consi-

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dérable, forme la bordure de l'Océan. Là, se trouve un système fort compliqué d'îles, de criques, de canaux naturels innombrables dont l'ensemble forme un vaste marécage qui, sur des centaines de kilomètres, s'étend sur cette partie de la côte américaine et la rend franchement insalubre, d'avril à novembre surtout. J'ai séjourné dans une de ces îles d'octobre 1888 à avril 1889 et j'ai pu me rendre compte par la grande quantité de quinine qu'il était de règle d'absorber que, même pendant ces mois d'hiver, il était nécessaire de se prémunir contre le paludisme. D'ailleurs, toutes ces précautions ne m'empêchèrent pas d'être atteint par deux fois et, la deuxième fois, de façon fort sérieuse.

Beaucoup de ces îles étaient autrefois cultivées et produisaient en abondance un riz très estimé. Dans les parties appropriées, on cultivait en outre l'oranger, le bananier et la canne à sucre. Mais, il y a une vingtaine d'années, un terrible raz-de-marée a mis tout à mal et les îles que j'avais connues si prospères, sont devenues maintenant un fouillis de végétation inextricable où s'ébat en paix une faune abondante et variée dont les serpents forment la base principale. Par contre, les alligators seraient moins abondants qu'autrefois, ce qui ne peut s'expliquer que par la destruction inconsidérée qui en a été faite, destruction à laquelle les autorités américaines essaient judicieusement de mettre un terme. Ces grands sauriens sont d'ailleurs inoffensifs et les services qu'ils rendent dans leur domaine aquatique n'est pas sans analogie avec ceux que rendent les vautours aux alentours des lieux habités.

C'est de celle de ces îles où j'habitais alors (Champneys- Island) que j'ai rapporté, en 1889, outre une collection nombreuse de serpents vivants, une dizaine de Sirènes (Sirena lacertina) dont un exemplaire vit encore au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris auquel j'avais offert le produit de mes chasses.

L'essence dominante dans toute la partie marécageuse du pays, est le Cyprès chauve dont la base démesurément renflée est d'un très curieux effet. Depuis un certain nombre d'années, le bois de

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cyprès, que son imputrescibilité rend précieux pour certaines constructions, est très recherché des marchands. Aussi est-il à craindre que cette essence ne soit mise impitoyablement à contribution, comme l'ont été et comme le sont encore, — malgré de sages lois protectrices dont seule l'application est souvent rendue difficile — les nombreuses Espèces de la sylve nord-américaine. Il y a encore, fort heureusement, d'assez vastes réserves de Cyprès, notamment entre Géorgie et Floride dans l'immense et mystérieux marais Okeefenokee, ainsi que dans les Everglades du sud de la Floride.

C'est en explorant les débris épars sur le sol, de ce qui fut autrefois une maisonnette de nègres que je trouvai, dans les environs immédiats de Darien, la chenille d' Ecpaniheria, bête magnifique aux poils courts et rudes d'un noir brillant et au corps d'un noir moins sombre annelé de rouge grenat très vif. Je recherchais sous les vieilles planches, pour un de mes amis qui m'avait demandé de lui en rapporter, un ravissant petit lézard, Anolis Carolinensis, appelé fort improprement Caméléon par les habitants du sud des Etats-Unis, à cause de la propriété qu'il a de changer de couleur à volonté comme les vrais Caméléons de l'Ancien-Monde. Les Anolis étaient absents — j'en trouvai, d'ailleurs, des centaines le lendemain dans les marais — mais la chenille à^Ec-pantheria était pour moi une compensation suffisante pour l'instant et pendant des heures, je retournai, avec l'ardeur que seul un entomologiste peut comprendre, la moindre brique et le moindre morceau de bois, non seulement dans cet amas, mais dans d'autres encore. Je m'étais adjoint deux garçonnets de couleur, dans l'espoir d'une récolte abondante; mais cette chenille fut hélas? la seule d'une journée qui n'eut pas de lendemain, malgré la prime de cinq sous que j'avais promise à mes deux petits chasseurs improvisés pour chaque chenille qu'ils m'apporteraient. Ils m'apportèrent tout autre chose le lendemain : des araignées, des scolopendres, des petits crabes de terre et des blattes énormes — surtout des blattes — le tout soigneusement écrasé, ce qui me fit les remercier presque de n'avoir pas

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trouvé d'autres chenilles d^ Ecpaniheria. Je ne sais si la bête est rare, mais elle le fut assurément pour moi ce jour-là !

Ma chenille qui, lors de sa capture, était à peu près de la taille d'une chenille de Bombyx Rubi, mangea peu pendant le voyage de Darien à New- York.

Pendant la traversée de New- York à Bordeaux, elle grignotait, de temps en temps, la feuille de salade que je lui renouvelais chaque jour. Une fois installée dans une cage d'élevage, elle se mit à manger plus régulièrement, mais jamais très abondamment, de toutes les plantes basses que je lui donnais. Elle avait une préférence marquée pour le V erbasciim dont une sorte poussait abondamment là où je l'avais trouvée.

La façon de manger de la chenille est vraiment curieuse. On peut en dire qu'elle porte la nourriture à sa bouche, car elle se tient érigée sur ses pattes postérieures, tandis qu'à l'aide de ses pattes antérieures, elle maintient solidement la partie de la feuille qu'elle est en tram de manger. Jamais je ne l'ai vue se comporter d'autre façon pendant les quatre mois que j'ai pu l'observer presque quotidiennement.

Le 15 avril, ma chenille fit la seule mue que j'ai été à même d'observer, ce qui me conduit à penser tout naturellement que les deux ou trois premières mues doivent s'effectuer dans les mois d'automne, vraisemblablement d'août-septembre à décembre; étant donné d'une part, la date d'éclosion du papillon (16 juillet) et de l'autre, la température relativement élevée des mois d'hiver dans la région de Darien. A la suite de cette mue, ma chenille se mit à manger avec plus d'appétit, augmentant considérablement de taille et vers le 20 mai, je la vis se réfugier sous la mousse et procéder à la construction de son cocon, qui est à proprement parler une véritable tente de 7 centimètres de longueur sur 5 centimètres de largeur et 5 centimètres de hauteur.

Je crois que les mues doivent s'effectuer sous la protection d'abris semblables; car ma bête, lors de la mue que j'ai pu observer, émergea d'une tente analogue où j'avais cru qu'elle allait accomplir sa nymphose.

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Quant à la tente, elle est faite d'un filet d'une soie aux fils épais et extrêmement visqueux qui réunissent solidement entre eux les brins de mousse et débris divers. L'intérieur est parfaitement net et la chrysalide, dont l'extrémité anale entourée de l'abondante dépouille de la chenille repose sur le sol, est suspendue de biais par quelques fils qui en maintiennent la tête à environ deux centimètres du sommet de l'abri. J'ai pensé que la viscosité de la soie était destinée à empêcher une évaporation qui doit être nécessairement rapide dans un pays chaud et sablonneux et à maintenir la chrysalide dans une atmosphère de tiède moiteur. Le i""" juin, je vis la chrysalide définitivement formée et l'éclosion eut lieu le i6 juillet, à 3 heures de l'après-midi.

H. Brown.

Paris, septembre 1916.

La Phalœna 0 adatissïma ou la Grande Hernnne Léopard est figurée dans l'admirable ouvrage de Jean Abbot et Jacques- Edouard Smith, publié à Londres, en 1797, sous le titre de Histoire Jîaturelle des Lépidoptères de la Géorgie.

L'Espèce est représentée à l'état de larve velue dont les incisions sont rouges, comme le décrit M. Brown. La chrysalide, également reproduite, paraît bien semblable à celle que M. Brown a conservée, vide; l'imago, dont le cf et la ç sont également figurés, ne laisse aucun doute quant à l'identification avec le papillon cf obtenu par M. Brown. L'Espèce doit être variable, car ma collection contient des exemplaires dont la maculature noire des ailes est plus ou moins nombreuse et accentuée.

Voici copie de la notice française imprimée dans l'ouvrage de Smith-Abbot, au dos de la page consacrée à l'impression du texte anglais correspondant :

(( Cet insecte vit sur le Soleil sauvage, le Cerisier sauvage, le Persimmon, etc. Tel que le grand Tigre anglois, il construit une

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coque mince, de couleur jaune et gommée. Quelques chenilles filèrent le 14 mars et sortirent de leur coque le 18 d'avril; quelques autres ne se mirent à filer que le 15 de juin et passèrent à l'état ailé le 7 de juillet. La chenille encore jeune, est moitié couleur d'orange et couleur noire; elle n'est pas commune ».

La plante représentée sur la PI. 69 par Smith-Abbot est Polynmiia Tetragonotheca. Tel est le Soleil sauvage dont parlent les Auteurs.

Dans la livraison VI des Etudes d' Entomologie (Rennes 188 1), j'ai publié une monographie iconographique des Espèces du Genre Ecpanîheria que je connaissais à cette époque.

J'ai fait figurer sous le n° 5 de la PI. XVII, une Q Oculaîissima du type ordinaire et sous le n" 3 de la même PI. XVII, un cf à taches confluentes (Ab. Confluens, Obthr.).

Depuis 1881, j'ai reçu plusieurs Espèces nouvelles de ce beau genre Ecpantheria, répandu dans toute l'Amérique, surtout tropicale, et j'ai pu voir, par le moyen d'une photographie excellente et que M. Gugelmann avait apportée à Rennes, il y a peu d'années, alors que cet habile et zélé naturaliste-voyageur revenait, une première fois, du Mexique, combien d'Espèces encore inédites et généralement inconnues en Europe avaient été récemment découvertes, spécialement dans les terres chaudes, du côté de Misantla, Vera-Cruz et Tabasco.

Je crois que VEcfantheria Oculatissima dont M. Brown relate la vie évolutive en accord avec les observations essentielles de wSmith-Abbot, est de toutes les Ecpanfheria, l'Espèce qui s'avance davantage vers le Nord du Nouveau-Monde.

Ch. OberthÛR.

Rennes, octobre igi6.

Considérations sur plusieurs Espèces de LYC^NA

Etant réduit à une marche lente et pénible, je ne voudrais cependant pas perdre le contact avec la nature vivante. Je sens au contraire toujours plus vivement la nécessité de ne pas cesser d'observer, aussi longtemps que cela me sera possible, les insectes et les plantes sur les terrains mêmes où chaque année les voit renaître et refleurir.

Je crois en effet qu'un Naturaliste est exposé à mal juger s'il s'en tient à l'examen de documents morts et desséchés, réunis dans quelque Musée. Etant donc toujours soucieux de connaître la vérité et de rechercher l'exacte solution de certains problèmes de l'Entomologie, j'aspire, dès que revient la saison plus favorable, à me transporter en pleine campagne, afin d'observer les êtres vivants dans le cadre même où se développent et s'accomplissent les phases de leur fragile existence.

En ces temps héroïques mais si affligeants, — où les nations civilisées étroitement alliées contre les Néo-Rarbares, dépensent le plus pur de leur sang pour défendre la cause sacrée de la liberté et de l'indépendance des Peuples, si odieusement menacée par la cruauté, la violence, la rapacité et la déloyauté germaniques, — il ne m'est pas possible de m 'éloigner de mon pays natal où j'ai le devoir de remplir avec constance et assiduité, des fonctions que la guerre a suscitées et qui ne prendront fin qu'au rétablissement de la paix.

C'est donc aux environs de la ville de Rennes que j'ai dû me livrer, durant la belle saison 19 16, aux études et observations

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dont jadis, en des jours moins troublés, j'aimais à poursuivre le cours dans d'autres contrées. Je recherchais tout naturellement autrefois les localités où la flore et la faune sont plus riches, en tout cas sensiblement différentes de celles de Bretagne, cédant ainsi à l'attrait qu'inspirent ordinan'ement le changement et la nou\'eauté.

Cependant, au cours du printemps et de l'été 19 16, ayant été obligé de rester à Rennes, pour les raisons que j'expose ci-dessus, j'y ai réclamé la compagnie de M. Harold Powcll dont l'obligeance est toujours sans bornes. C'est donc avec cet excellent et dévoué collaborateur entomologique que je me suis fait, maintes fois, transporter le plus près possible des places où l'expérience m'avait aj^pris que les papillons paraissent généralement en assez grand nombre.

Souvent M. Prosper Boulé, Entomologiste de Rennes, s'est joint à nous, notamment clans la pittoresque région de Pont-Réan, Laillé, Bourg-des-Comptes et Pléchâtel, sur les collines schisteuses qui encadrent le cours de la rivière de Vilaine, à partir du moulin du Boël, au sud-ouest de la ville de Rennes.

Plusieurs photographies obtenues par M. Powell et reproduites typographiquement dans le présent ouvrage, donneront une idée des sites au milieu desquels nous avons effectué nos recherches entomologiques.

Il importe en effet que, dans toute étude d'Histoire Naturelle, les diverses circonstances relatives au milieu même dans lequel vivent les êtres dont il est question, soient représentées avec toute la précision possible, de manière qu'aucune partie de la proposition discutée n'échappe à la connaissance de ceux qui sont fondés pour l'apprécier.

Pendant le printemps et l'été IQ16, mon but était principalement de voir les Lycœna dont les individus, parfois abondants, animent de leur activité la lande bretonne.

Toutefois le manque presque complet de terrains calcaires dans la Péninsule armoricaine, est la cause que certaines Espèces, si

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cnmnumcs ailleurs, paraissent faire c-hcz nous complètement défaut. Ainsi en est-il de Corydon et à' Adonis {BeLlargns) (*).

Néanmoins plusieurs Espèces de Lycœna se plaisent sur le sol o-ranitique et schisteux. Telles sont : Argiadcs, Bal on, Argiolns, liants et Ages/is-Gallrca, .Egon et Armoruana [Argus, ohm), Cyllanis et Scniiargns, Minium (**), Alcon et Anon, ainsi qu'un émigrant des contrées plus chaudes : Bcctua.

Je désirais plus spécialement ra'occuper d'abord de /Egon et Ariito ricana, puis de Arion et de AU on. Ces quatre Espèces affectionnent les landes, vastes espaces libres souvent parsemés de rochers et dont la culture n'a pas encore jusqu'ici transformé la flore naturelle. Néanmoins les agriculteurs coupent périoduiucment les bruyères et les ajoncs qui forment, pour le bétail, une excellente litière dans les étables ; dès lors il est facile de comprendre que les papillons se trouvent considérablement raréfiés dans les landes où la bruyère a été récemment fauchée. Cette année 1916, le manque de paille a été la cause d'un fauchage de bruyère et d'ajonc exceptionnellement élargi dans les landes; forcément, les chasses entomologiques s'en sont ressenties. Mais il reste toujours des places que la faux a épargnées. C'est donc vers ces sites privilégiés qu'avec MM. Harold Powell et Prosper Boulé, je me suis ordinairement dirigé.

Je dois, pour exposer un tableau aussi exact que possible des localités bretonnes envisagées dans cette notice, aider à l'intelligence des photographies de paysages qui l'accompagnent, en faisant très sommairement connaître quelle est, au point de vue géologique et botanique, d'une part, la nature du sol et, d'autre part, sa flore caractéristique.

D'ailleurs les landes d'Ille-et-Vilaine au sud et à l'ouest de Rennes, présentent un mélange de pentes assez riches en humus, de vallées humides et tourbeuses et de plateaux secs traversés

(-"-) J'ai pris une seule fois à Rennes, une Q Adonis fraîchement cclose. D'où venait-elle?

(**) J'ai vu pour la i)remière fois, cette année 1916, Minima, à Rennes. C'était en juin, dans mon jardin, où je me promenais avec M. Harold Powell.

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par des crêtes rocheuses qui couronnent des falaises parfois très escarpées.

Ces saillies rocheuses sont formées de schistes durs, de couleur violet rouge, dits : schistes lie de vin ; ils appartiennent à la période cambrienne et constituent, avec les granités d'origine éruptive, l'ossature même du pays, aussi bien au sud-ouest de Rennes, sur les bords de la rivière de Vilaine, qu'à l'ouest, vers Saint-Thurial, Monterai, Plélan et Paimpont, à l'origine de l'épine dorsale de la Péninsule armoricaine.

Les rochers de schiste lie de vin viennent immédiatement audessus des Phyllades de Rennes qui sont des roches verdâtres, argileuses, d'une décomposition rapide sous l'influence des chocs ou simplement des agents atmosphériques. Les Phyllades se trouvent aux environs immédiats de la ville de Rennes; ils appartiennent à la période précambrienne et en constituent la subdivision supérieure désignée sous le nom d'étage algonkien.

Près du château de Lai lié, on rencontre une région gréseuse formée par les grès à bilobites, appartenant à l'étage inférieur du Silurien, dit : étage ordovicien. Ces grès à bilobites surmontent immédiatement les schistes lie de vin qu'on aperçoit en grandes masses près du moulin du Boël, c'est-à-dire un peu plus vers le nord.

Les schistes lie de vin en question ont servi à bâtir une b(:nîne partie des maisons de la ville de Rennes.

Ce sont d'énormes blocs de ce même schiste qui ont été employés, à une époque préhistorique, pour l'édification du superbe monument mégalithique connu sous le nom de Roche-aux-Fées, galerie couverte située dans un champ de la commune d'Essé, au sud-sud -est de Rennes. Je crois devoir en publier dans cet ouvrage la photographie obtenue, comme toutes les autres relatives aux localités entomologiques d'Ille-et-Vilaine, par M. Harold Powell, au cours de l'été 1916.

Me permettra-t-on d'ajouter que l'immeuble qui fut spécialement édifié, il y a près de trente années, pour abriter ma collection de Lépidoptères, fut construit au moyen de ces excellents

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moellons qui forment des murailles d'une solidité parfaite, impénétrables à l'humidité, insensibles à la gelée.

Sur les crêtes et les plateaux rocheux, la végétation est naturellement plus maigre que dans les fonds et sur les déclivités de faible inclinaison qui sont, ainsi que je le rapporte plus haut, recouverts d'une couche d'humus quelquefois assez épaisse.

La variété des plantes est sensiblement plus grande dans ces emplacements terreux.

Les végétaux qui caractérisent les émergences arides de schiste rouge violet, sont les Vlex namis et eurofœus, V Astrocarpus clusit, résédacée qui nourrit, chez nous, la chenille de la Pieris Daplidicc, VErica cinerea, la Calluna vuJgaris, çà et là de petites colonies de Gladiolus illyriciis et beaucoup de lichens.

Dans les parties plus grasses, on constate la présence de nombreuses touffes à.' Eric a cïlïaris ; on y voit pousser V Erica tetralix, le Genista anglica, la Scabiosa succisa, le Lobelia urens à fleurs bleues, la petite Gentianée à fleurs jaunes : Cïcendïa filiformis, diverses graminées, quelques centaurées, un petit nombre d'orchidées et, par places, une distribution parfois abondante de la Gentïana pneinuonanllie.

Çà et là, sur le penchant des coteaux, s'étendent des massifs de fougère, surtout formés par la Pi cris aqiiilina. Dans les vallées arrosées par quelque ruisseau aux eaux à peu près permanentes — tel le ruisseau du val de Rovcny à Monterfil — la belle Osninnda regalis développe ses touffes noblement décoratives.

Les seuls arbres qui s'élèvent au-dessus du sol des landes, sont des pins maritimes ou sylvestres plus ou moins récemment plantés et quelques chênes rabougris. Mais à l'entour des landes, là où la terre végétale est plus profonde, le long des champs cultivés et des prairies, on voit, du milieu des haies serrées et souvent difficiles à pénétrer, s'élever avec vigueur une grande variété d'arbres et arbustes, principalement : châtaigniers, chênes, peupliers, saules, charmes, poiriers, cormiers, houx, épines et prunelliers.

L'altitude des landes bretonnes est faible; le plus haut sommet des collines de Bretagne, appelé le Mont-Saint-Michel, entre La

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Feuilléc et Brasparts, dans le Finistère, n'atteint pas 400 mètres. En Ille-et-Vilaine, toutes les cotes, dans la haute forêt de Paimpont, sont inférieures à 300 mètres. Cependant les crêtes rocheuses des landes, dans les arrondissements de Montfort-sur- Meu et de Redon, ont un aspect quasi-montagnard. Du haut des plateaux, ou bien sur le bord et le flanc des falaises, la vue découvre parfois d'immenses horizons. Les terres lointaines revêtent une teinte gris verdâtre ou bleu violacé qui donne l'illusion de la mer. Du haut des rochers qui forment un massif abrupt, un peu au nord du moulin abandonné de RoUo, clans le périmètre actuel du camp de Coëtquidan, entre Beignon et Campénéac (Morbihan), on voit, vers le sud, se dérouler un immense pays dont l'extrémité lointaine se confond souvent avec le Ciel. Du haut des sommets pyrénéens qui dominent la plaine de la Gascogne ou du Béarn, les yeux peu\ent-ils fouiller des espaces beaucoup plus étendus.'

Généralement, en Bretagne, les premiers plans présentent des parties de terre aux couleurs variées suivant la nature des moissons qu'elles portent; elles sont parsemées de clochers et de maisons; puis, comme les arbres croissent nombreux le long des champs, considérés d'un peu plus loin, ils paraissent joindre leur verdure d'une haie à l'autre et prennent ainsi l'apparence de former un bois épais, même une grande foret. Toutefois la fumée bleuâtre qu'on aperçoit s'élevant çà et là du milieu du feuillage, révèle dans cette masse de verdure qui paraît compacte et ne l'est cependant point, l'existence de nombreuses habitations.

Dans les espaces découverts des landes, les pins, par petits groupes ou même isolés, aux troncs noirs ou rougeâtres, profilent sur le ciel leurs silhouettes d'un gris sombre, tandis que les sarrasins généralement cultivés dans les places plus ou moins anciennement couvertes de bruyères et maintenant défrichées, forment, en été, de larges taches blanches qui contrastent avec la verdure des châtaigniers et des chênes, aussi bien qu'avec la teinte des avoines et des blés mûrs, ressemblant aux sables des grèves de l'Océan.

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Mais ce sont surtout les bruyères roses, mélangées aux fleurs jaune d'or des ajoncs nains, qui, développées sur d'assez larges espaces, produisent une coloration d'une infinie douceur, quoique assez vive, exerçant toujours un charme puissant sur l'esprit des Bretons.

Nulle part ailleurs, en effet, nous ne voyons une partie de la campagne colorée en violet rose, comme chaque été en ramène chez nous l'agrément.

Dans notre petite Patrie armoricaine, terre antique de rêveurs habitués, dès l'enfance, à la contemplation de sites mélancoliques, — aussi bien sur les côtes battues par les flots d'émeraude ou d'argent que dans l'intérieur souvent aride et rocheux de la presqu'île, — la floraison des bruyères, parure de notre terre, fait la joie des yeux et plaît à tous les cœurs.

Chaque province de notre belle et douce France n'a-t-elle pas reçu du Ciel des dons particuliers? N'est-il pas vrai que chaque région, avec une variété délicieuse, se distingue et se caractérise? J'ai souvent célébré les mérites des montagnes et des plaines gauloises que j'ai été jadis si heureux de parcourir. Les inquiétudes et les deuils de l'époque présente rendent encore plus sensible et plus vive, si c'est possible, mon affection pour ma grande Patrie française. Aussi me semble-t-il que je puis sans dépasser la mesure, essayer de définir, dans ces Etudes consacrées à l'Histoire naturelle, les exquises et spéciales beautés du sol où je suis né.

Je me trouvais donc, pendant les journées ensoleillées de juin, de juillet et d'aoiàt, assez souvent assis au milieu d'une lande, à Bourg-des-Comptes, à Laillé ou à Monterfil, délectant mes yeux à la vue du pays étendu devant moi. J'aspirais avec délices les parfums que répandaient les fleurs et je jouissais de sentir le souffle léger du vent qui courbait les épis et faisait frissonner les feuilles de chêne. Parfois, appuyé sur un bras obligeant, je foulais les touffes fleuries et odorantes du thym qui nourrit la chenille de Lycœna Arion et je marchais au milieu des bruyères, cherchant à faire lever les papillons sous nos pas.

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C'est ainsi que j'avais souvent le plaisir de voir la Lycœna Armoricana, dérangée dans son repos, prendre son vol pour aller retrouver un peu plus loin, sur un rameau de bruyère, un nouvel abri.

Parmi les Espèces bretonnes de Lycicna que j'ai énumérées cidessus, la première que nous voyons paraître en avril, est Argïolus. Elle affectionne les arbustes et ne se laisse généralement pas attirer par les fleurs des prairies. Un peu plus tard, en mai, c'est Bâton qui voltige autour des rochers entourés d'une végétation courte, dans les landes sèches où croît le serpolet. De même (\W Argiolits, on reverra, pour la seconde fois de l'année, Bâton donner sa génération estivale, dans les mêmes lieux, au mois d'août.

La Lycœna Argiades qui, elle aussi, éclôt deux fois par an, au printemps et en été, vole dans le courant du mois de mai; mais, ainsi que je l'ai précédemment exposé, Argiades ne se rencontre pas nécessairement en août, dans les mêmes localités où il a été observé au printemps. Tandis que la génération estivale à' Argiades paraît surtout dans les landes grasses où elle est abondante, les individus de la génération printanière se remarquent dans les prés, dans les allées herbues des bois et aussi dans les clairières sylvatiques où croissent les ajoncs en mélange avec Gcnista anglica et quelques bruyères. Le mystère de la vie larvaire d\^rgiades n'est toujours pas éclairci. Je soupçonne que la chenille vivant surtout en automne et en hiver avec les fourmis, peut être transportée par ces dernières à une certaine distance du lieu de sa naissance. Mais la constatation de ce fait curieux reste à obtenir et je ne formule ici qu'une hypothèse.

îcarus paraît aussi en mai ; on le remarque dans les prés, les pelouses des jardins, les allées des bois, les dunes maritimes.

Agestis-Gallica, surtout dans la zone du littoral de la Manche, tient souvent compagnie à Icarus. Comme ce dernier, Agestis- Gallica présente deux générations, la première au printemps, la

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seconde en été. Cependant Agesiis-Gallica, qui affectionne notamment les buissons de genêt, est plus localisé que Icarus et généralement moins abondant.

Quant à la Lycœna Aniio ricana qui exerçait sur moi un attrait tout particulier, à cause du problème de séparation spécifique qu'elle suscitait, sa première éclosion qui a lieu habituellement dans les landes d'Ille-et-Vilaine, à partir de la fin de mai et qui se prolonge jusqu'à la fin de juin, s'est trouvée retardée en 1916, par les pluies et une température insuffisamment chaude; nous avons attendu Anna ricana pendant quatre ou cinq semaines, de façon que les deux Espèces voisines Armoricana et ^gon qui normalement se succèdent et ne donnent pas leur plein vol en même temps, parurent presque simultanément à la un de juin et au commencement de juillet 1916.

Quant à Arion, il apparut en juillet, avec un moindre retard o^u' Armoricana.

Arion vole rapidement et n'est généralement pas nombreux. Il affectionne les parties arides et rocailleuses des landes; d'ailleurs c'est un fin voilier qui paraît aim.er les voyages; pour le capturer, on doit souvent le poursuivre à la course. Au contraire Alcon ne s'éloigne presque point de la lande plus grasse et plus touffue où pousse la Gentiana Pneumonanthe et où sa chenille est née. Il vole assez lourdement, sauf lorsque le soleil est très chaud, ne s'écarte guère, est prescjue toujours abondant et facile à saisir.

Entre temps, Argiades, dont j'ai déjà parlé, beaucoup plus commun en été qu'au printemps, assez différent de taille et d'aspect dans ses deux générations annuelles, est, en août, le fidèle compagnon àWlcon. On ne voit pas AAcon sans Argiades; lorsqu'on aperçoit voltiger cette dernière Es'pèce, le dessous de ses ailes qui est d'un blanc d'argent pour ainsi dire : épais, contraste avec la couleur du dessus des mêmes ailes, bleue chez le cf, noire chez la Q, et jjroduit, surttiut quand c'est une Q qui se déplace, un effet assez particulier.

Mais voici que j'arrive à poser l'une des questions que je désirais résoudre.

Dans le Volume IV des Etudes de Lépidoplérologie comparée, aux pages 172-21 1, j'ai disserté sur les Lycœna Argus et Mgon et je concluais (p. 201 et 202) à la définition d'un certain nombre de races ou de variétés à^ Argus parmi lesquelles je donnais le nom à.Wrmoricana à la morphe de Bretagne et de Lïgurica à celle du lac de Côme, de Versoix, près Genève, de Vichy, etc.

Il est inutile que je répète ici tout ce que j'ai publié dans l'ouvrage précité; je prie le Lecteur de vouloir bien se reporter à ce que j'ai déjà écrit.

Je n'ai pas osé en 19 10 être aussi affirmatif que je le suis devenu depuis; mais j'ai pris soin de relire les observations que j'avais cru de\'oir faire paraître, il y a plus de six années, et j'ai gardé la même opinion, sauf à l'accentuer jusqu'à la séparation spécifique des diverses formes que je me bornais jadis à envisager comme simples variétés d'une même Espèce.

Instruit par l'expérience que j'avais acquise en étudiant les Syrichihus et en séparant spécifiquement Armoricanus, Foulquieri, Bellieri, Ryffelensis, j'inclinais de plus en plus à penser que les formes de Lycœna Argus jusqu'ici généralement envisagées comme de simples races géographiques d'une seule et même unité spécifique, étaient des Espèces distinctes. Notamment, la Lycœna Argus-Arnio ricana me semblait devoir être nettement séparée spécifiquement des autres Argus et s'appeler dès lors simplement Lyccena Armo ricana.

Le D'' T. A. Chapman n'a-t-il pas eu raison de séparer spécifiquement la Lycœna Ther sites de la Lyccena Icarus? Dès lors, ayant commencé à procéder au classement, par localité, des documents — relativement très nombreux quoique encore insuffisants — qui sont réunis dans ma collection, concernant Argus et /Egon, je me suis convaincu de la validité de plusieurs Espèces de Lycœna, confondues jusqu'ici sous le même nom d'Argus. Je conclus donc au démembrement de l'Espèce de Lycœna qui est

jusqu'ici appelée : Argus {Argyrognowoii, Staudinger; Catalog

Mais après ce travail de cabinet, il me restait à observer dans la Nature les échantillons vivants de la Lycœna Armorïcana {Argus olim). Rappelant donc tous mes souvenirs de chasseur qui sont fidèlement et agréablement conservés dans ma mémoire, je tenais à fortifier l'impression que m'avait fournie l'examen des documents desséchés, renfermés dans mes boîtes, par la vue souventes fois répétée des papillons vivants.

Pour moi, les Lycœna que j'ai vus en si grand nombre posés sur la terre légèrement humide des talus, à une altitude de 1.500 à 1.800 mètres, notamment dans les Hautes- Alpes, le long de la route qui conduit de Bnançon en Italie par le col du Mont Genêvre, n'appartiennent pas à la même unité spécifique que les habitants des landes bretonnes.

De plus les grands Lycœna dont le dessous des ailes est d'un gris de lin très clair, presque blanc bleuâtre, et que j'avais capturés dans les prés aux environs de Cernobbio, sur les bords escarpés du Lac de Côme, ne sont pas davantage spécifiquement assimilables aux Lycœna d'Ille-et-Vilaine.

Pourtant les Lycœna des Hautes- Alpes, ceux du nord de l'Italie et ceux de la Bretagne armoricaine sont jusqu'ici communément désignés sous le même nom à' Argus et je ne connais encore aucun Entomologiste qui ait semblé ajouter quelque importance aux différences constantes d'aspect extérieur que présentent les Lycccna en question.

Enfin, on range aujourd'hui dans la même unité spécifique : Arg2is, des Lycœna de Corse, d'Andalousie, du Japon, de Chine,

(^:-) Je ne .lisiute plus le nom absurde <le Argyrognomon et j'invile les Entomologistes qu'intéresse hi .luestion de ceUe appellation exhumée par Staudinger et Rebel pour leur Catcdog 1901, à lire ce que j'ai écrit à cet égard aux pages 412- 414 du Vol X des Etudes de. Léfidoftérologie comfarêe. Le dessus des ailes d'un papillon ne revoit pas dans le Catalog 1901 la même dénomination que le dessous des ailes du même échantillon; <ieux fois, c'est-à-d.re à deux objets différents dans le même article, cette blâmable fantaisie se trouve appliquée. Stufete G entes l

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de Laponie, le Calliopis, Boisduval, de Grenoble. Il s'agit donc de résoudre les deux questions suivantes : i" Ces diverses morphes, — ou certaines d'entre elles, — sont-elles des Espèces à part ? 2" A quelles Espèces devraient être rattachées les formes qui ne peuvent être spécifiquement séparées et érigées en Espèces distinctes ?

La question est ample et je convie les amis de notre Science entomologique à s'y intéresser.

En ce qui nous concerne, M. Powell et moi, notre opinion, basée sur la considération des caractères autres que ceux résultant des observations anatomiques, est très nettement établie : la Lycœna Ar7noricana est aussi bien une Espèce à part des autres, que le Syrichthiis Annorïcanus dont personne actuellement ne conteste la validité spécifique.

Dans le Volume IV des Etudes de Lé-pidoptérologie comparée (avril 1910), j'ai déjà traité la question des Lycœna Argus et /Egon étudiés comparativement (voir pages 172-202). J'ai appelé l'attention sur les morphes diverses à.^ Argus que j'étais parvenu à connaître et j'ai, à la page 202, publié le tableau suivant :

Argîis, Linné; Scandinavie; Alpes (Larche, Digne); Pyrénées. Var. Calliopis, Bdv. ; Grenoble, Uriage. Var. Armoricana, Obthr. ; Bretagne, Dax, Fontainebleau,

Angoulême, Fusio.

Var. Bellieri, Obthr. ; Corse.

Var. Nevadensis, Obthr. ; Andalousie.

Var. Ligjirica, Obthr. ; Lac de Côme, Sidemi, Chine-Nord,

Vichy, Isère.

Var. Insidarïs, Leech; Japon.

Var. ALgina, Leech ; Tâ-tsien-lou.

En .1910, je n'osais pas encore séparer spécifiquement Armoricana et Lignrica dWrgus. Toutefois j'ai décrit chaque variété dans la notice précitée et je les ai fait figurer comme suit :

Nevadensis d" et Q, sous les n"' 259 et 260 de la PI. XXXIX; Argus cf et Ç), des Pyrénées-Orientales, sous les n"'" 261 et 262

de la même Planche; Argus cf, Cf, Q, Ç), des Basses-Alpes, sous les n'" 263, 264, 265 et 266 de la PI. XXXIX; cf et g sous les n'" 307 et 308 de la PI. XLII; hermaphrodite, sous le n" 304 de la PI. XLI; Arnioricana cf, Q et Q, sous les n™ 275, 276 et 277 de la

PI. XL; Mais je dois reconnaître que le coloriage de ces n"" 275, 276 et 277 ne rend pas très exactement la nature pour le dessous des ailes. La teinte brune n'est pas rendue d'un roux bronzé assez velouté et assez chaud.

Argus cf et Q, des Hautes-Pyrénées, sous les n'"* 278 et 279;

Bellierï cf et Q , de Corse, sous les n"** 280 et 28 1 ;

Arugus Ç), de Vienne, sous le n° 282;

A quoi rapporter exactement cette Q aberrante ? Vient-elle même exactement des environs de Vienne ? Elle faisait partie de la collection Wiskott, de Breslau, dont W. Maus, de Wiesbaden, avait été chargé de vendre discrètement les pièces considérées comme présentant la plus grande valetir.

Ligurica cf et Ç, de Chine et Mandchourie, sous les n°^ 291

et 292 de la PI. XLI; Ligurica cf et Q , de Cernobbio, sous les n"' 293 et 294 ; Ligurica Q bleue, de Vichy, sous le n" 295 ; Ligurica cf et Q, d'Uriage, sous les n"^ 296 et 297; Insularis cf et Q, du Japon, sous les n"" 305 et 306 de la

PI. XLII; Calliopis g, g, types, sous les n"' 312 et 320 de la PL XLII; /Egina g, de Tâ-tsien-lou, sous le n" 301 de la PI. XLI. Cependant, avant de publier cette figuration abondante, j'avais déjà fait paraître, dans la livraison XX des Etudes d'Entomologie (mai 1896), les figures suivantes de diverses formes de Lycœna Argus.

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