LES CASTES DE LMNDE
(L'Agaval de KapilaO
Les études ethnographiques ne sauraient se borner à Texposé de théories, et à la discussion des faits sur lesquels s'appuient ces théories. Il est essentiel aussi de consulter le plus grand nombre de textes possible, afin de rechercher quels ont été à diverses époques le caractère, les mœurs et les tendances de chaque race. Par exemple, les populations dravidiennes, civilisées par les Aryas, et civilisées selon toute probabilité peu à peu, à la faveur d'une longue suite d'années, de siècles même, ont dû, avant de suivre complélement les doctrines brahmaniques, passer par une série d'états intermédiaires; il a pu même arriver que quelques esprits, mieux doués que tous les autres, se soient séparés du courant général, aient osé protester contre les Imitations serviles, aient enfin revendiqué hautement le droit de leur nation à une civilisation originale. Le petit poème dont la traduction est donnée ci-après pourrait bien être le produit d'un de ces esprits indépendants. A ce titre, il est précieux pour les ethnographes, et je crois- leur rendre un -véritable service en mettant à leur disposition ce remar-
* Moniteur officiel des établissements finançais dans Vlnde^ n" du 25 août 1861. — ReDt^ ethnographiqiM, 1SG9, t. I, p. 25-40.
quable écrit. N'aurait-il pas cette importance, ne serait-il que Touvrage d'un dissident plus moderne, d'un de ces hommes, trop rares encore, toujours disposés à discuter, avant de les accepter, les opinions généralement reçues, il olrirait encore un grand intérêt aux personnes préoccupées des graves problèipes que soulève de nos jours la science ethnographique. Il renferme de curieux détails de mœurs; il montre surtout une fois de plus qu'ily a eu de tout temps, même dans l'Inde, des mécontents, des raisonneurs, des ennemis de l'a priori, en un mot des partisans de la libre pensée. Saluons donc l'auteur de VAgaval comme un de nos précurseurs ; empressons-nous d'ajouter son poème au dossier déjà volumineux que consultent incessamment les ethnographes, c'est-à-dire les hommes qui cherchent à deviner, par le passé de l'humanité, quelles pourront être ses destinées dans l'avenir.
Nous avons signalé trois fois, dans les deux séries de .ce recueil ^, VAgaval de Kapila comm3 l'un des petits poèmes les plus intéressants de la littérature tamoule. Nous endon-r nous aujourd'hui la traduction complète.
Ce poème, écrit dans le plus ancien des rhythmes dravidiens, est une éloquente protestation contre l'établissement des castes aryennes dans le sud de l'Inde. On y trouve des pensées tellement élevées, des idées tellement modernes, qu'on serait presque tenté de ne voir dans cet ouvrage qu'un pastiche habile, qu'un écrit apocryphe, dû à la plume de quelque missionnaire chrétien des derniers siècles; mais il présente en lui-même des caractères évidents d'authenticité', dont l'autorité est augmentée par des témoignages anciens indiscutables. Nous avons donc de bonnes raisons pour croire que VAgaval de Kapila remonte à une époque éloignée..
' Société d*Ethnographie, Revue orientale et américaine, t. Vl, p. 308, t. IX, p. 105, et Revue orientale; 2* série, tome !•', p. 151.
Une étude attentive nous a même convaincu qu^il n'a pas conservé sa forme primitive, c^est-à-dire qu^il n'en reste que des fragments : nous avons mis des points aux endroits où il nous semble qu'il doit y avoir des lacunes ; les lecteurs jugeront. D'autres passages doivent avoir été ajoutés après coup ; ainsi les vers 98 à 118 nous paraissent interpolés; ce passage, qui résume la vie des frères et sœurs de Kapila, pourrait bien avoir été introduit lorsqu'on a cru devoir attribuer au poème un nom d'auteur, dans le but unique de prouver l'exactitude de cette attribution. Si celte dernière hypothèse était fondée, il conviendrait de reporter les vers 89 à 97 entre les vers 80 et 81 où ils s'adaptent parfaitement. Nous avons eu soin, dans notre traduction, d'indiquer à la fin de chaque paragraphe les numéros des vers formant le texte correspondant.
VA gavai dont nous nous occupons est attribué à j'un des frères de Tiruvalluva^ l'auteur des Kur'als. La légende de Tiruvalluva a été publiée par nous dans cette Revue (pre* mière série, t. IX, p. 93-136), mais nous rappellerons le passage relatif à Kapila. Le pénitent Brahme Bhagavan', petit-fîls d'Agastya, fils de Brahmâ, devient amoureux, dans un pèlerinage à Ràméçvara, d'une fille de la race de Brahmâ, Adi, élevée parmi des gens de caste inférieure. Il l'épouse et ne découvre cette circonstance qu'après le mariage ; il consent cependant à vivre avec elle, mais à condition qu^elle abandonnera tous ses enfants le jour même de leur naissance. Déjà quatre enfants sont venus au monde et ont été laissés
à la garde de la Providence. « Tous deux », dit alors la légende, « ayant quitté ce lieu (l'embouchure du Kâviri} et étant allés en avant, arrivèrent à Tiruvârûr (Trivalore). Ils s'unirent dans une chauderie et Kapila naquit. Au moment où, après l'avoir abandonné, la mère, près de s'éloigner, se demandait avec Inquiétude : « qui protégera cet enfant? », il parla :
VÉJVBA
« Le dieu, moitié femme, qui, connaissant ses besoins, nourrit tous les jours, étant invisible, danjs le bois, le crapaud du rocher, nous donnera aussi notre nourriture journalière à nous qui naissons: quel est le devoir qu'il a à remr p/tV? c'est cela même, »
« Ayant entendu cela, elle s'en alla Tesprit rassuré. Un brahme, appelé Pâpârya, qui n'avait pas d'enfant, prit ce petit et réleva. A Page de sept ans, on se mit à lui faire rUpanayana (investiture du cordon sacré qui est le signe caractéristique desbrahmes], mais les brahmes dirent : « Nous n'y consentirons pas. » Ayant vu cela, Kapila, s'adressant à eux, improvisa un agaval, commençant par iVan'mti^a^/dn', où il assure qu'il n'y a pas de castes par la naissance, mais par le mérite. Eux ne purent lui répondre, et tous disant : « voilà la vérité 9, ils consentirent et accomplirent toutes les cérémonies. Ce Kapila, encore aujourd'hui, est à faire pénitence dans le monde Pâtâla. »
Nous doutons beaucoup que le poème soit de Kapila; mais il est réellement ancien. Les noms de peuples modernes qui sont cités dans un passage du poème peuvent avoir été interpolés récemment (nous n'avons que trop d'exemples de ces altérations dans la littérature tamoule), ou leur véritable signification peut n'être pas parvenue jusqu'à nous. Le style est pur, clair, simple et facile ; la forme est correfcte. Nous pensons que l'ouvrage doit remonter à la belle époque de la langue, au temps où fleurissait à Maduré la célèbre assemblée des savants à laquelle les- lettrés du sud de l'Inde appliquent encore le çloka suivant :
sabhâkalpaiarum vandê vêdaçâkhôpaftvitam çâstrapu)fp<tsam4yuktam vidvdn bhram/araç^hita^.
« Je salue l'arbre kalpa de rassemblée qui vit avec lee
vêdas pour rameaux, qui porte les fleurs de la science; il brille avec les abeilles qui sont les savants. »
Dans rhistoire de la littérature tamoule, VAgaval de Kapila peut être placé entre les Kur'als et le Râmâyana, immédiatement après le Nœchadha et bien avant les Kôvm et le Tiruvâlchàka, Mais à quoi répond cette époque? Nous ne pouvons Taffirmer d'une manière précise; une pareille question mérite d'être traitée à part et bien plus longuement que nous ne le pourrions faire ici. Nous essaierons un jour d'établir les époques principales de toute la littérature dravidïenne. Il suffira pour le moment de dire que VAgaval pourrait avoir été composé du vu® au v® siècle avant J.-C. Ce petit poème est venu jusqu'à nous, depuis cette époque, par des copies successives sur ôles ; il n'est donc pas étonnant qu'il présente des lacunes et qu'en certains endroits les vers semblent tronqués et altérés. C'est du reste de cette manière que se sont conservés tous les écrits des Dravidiens. Que de travaux magnifiques ont dû se perdre I Combien dont les noms et la réputation seuls nous sont parvenus! combien dont nous ne possédons que des fragments admirables I L'Agaval de Kapila serait dans ce cas, si notre opinion est cfxacte, et nous devrions vivement regretter que le temps n'ait pas respecté l'ouvrage tout entier. Le peu de durée de la vie, la certitude et l'inflexibilité de la mort, l'égalité naturelle des hommes, voilà le fond de ce poème, où l'on retrouve les principes de la morale la plus pure.
Nous pensons avoir traduit le plus littéralement et en même temps le plus exactement possible. Mais nous ne sommes point sûr de n'avoir fait aucune erreur. Les mœurs des Indiens sont si opposées aux nôtres que" ceux même qui ont vécu au milieu d'eux ont de la peine à s'en rendre bien compte et à ne pas porter un jugement inexact sur des coutumes que l'on est trop disposé à apprécier au point de vue
européen. La langue tamoule, grâce aux sens nombreux et divers de chacun de ses mots, à la confusion de ses formes, à sa simplicité même, peut d'ailleurs tromper aisément le lecteur le plus attentif.
La Croze, dans son Histoire du ChrisHanisme clés Indes, cite un très-court extrait de Kapila, que Ton trouvera dans nos notes. M. Ariel, dans le Journal asiatique (n^ de. janvier 1847), a inséré en note trois extraits de VAgaval et en a ainsi traduit une partie. Mais cette composition est aujourd'hui publiée en entier pour la première fois.
Le texte de VAgaval a été imprimé plusieurs fois à Madras ; ces éditions sont remplies de fautes.
Nous terminerons ces observations préliminaires en exposant briè^ment la nature du mètre Agaval et en donnant akisi une idée du travail de composition dans la poésie tamoule.
On appelle Agaval om Asiriyappd un poème qui n'est pas divisé en strophes détachées, et composé d'un nombre de vers illimité. M. Ariel [JoumcU asiatique, ]û9 de janvier 1847, p« 30] dit que le rhythme des vers est indifférent. On lit cependant dans le Yâpparungalam, célèbre traité de prosodie :
Agavalisasyan'avagavan'mat't'avœ êôfdyén'aœyén'd'ir'u mê (s. 71)
« Les Agavals suivent le ton agaval; ils se terminent en c, ô, i, ây, én*a, œ, »
Le ton agaval est un des plus simples de la poésie tamoule ; sa nature est telle qu'il n'admet proprement que les pieds appelés iyaVsîr (pieds naturels), qui sont : le têmâ, composé de deux longues; le ptt/imd^ composé d'un mrce et d'une longue ; le kûvilam, composé d'une longue et d'un nirce, et le karuvilam, composé de deux nirœ. On appel|[e nirœ une syllabe dçuble, dont la première est brève et^ la sq-
conde commune ; le nirœ est considéré comme Topposé exact de la longue nér. L'Agaval admet aussi par tolérance les quatre pieds suivants : têmdngdy - — ; pulimângdy uo •-; kûvilangdy - v> o -; karuvilangây o u o u -.
Diaprés le nombre et la disposition des pieds de chaque vers, on distingue quatre espèces û^agaval. La plus ordinaire, dans laquelle est écrit le poème attribué à Kapila, est formée de vers tous de quatre pieds, à Texception de Pavantdernier, qui né doit en avoir que trois. M. Ariel ajoute que les deux derniers pieds des nêrisœyâsiriyappâ (c^est le nom de cette espèce) doivent être forcément spondées (têmâ); les grammaires ne disent rien d'analogue, et nous voyons beaucoup d'^txgavals dont les derniers pieds sont karuvilam, pi^ lima, etc. On aura remarqué que les noms des pieds en marquent exactement la quantité.
Les agavaU sont soumis à la consonance et à Tassonance.
La consonance (édugœ) veut que la seconde consonne des vers soit la même ; mais les Tamouls étendent parfois xette règle : alors plusieurs lettres, tout le premier pied et quelquefois plusieurs pieds se répètent dans des vers consécutifs. Cette similitude n'est qu'apparente ; l'analyse sépare les pieds reproduits en mots différents à chaque vers ; on cite des strophes dont les quatre vers sont identiquement pareils moins la première lettre. Dans ce cas, il est presque impossible, si l'on n'a pas l'explication sous les yeux, de retrouver le sens de la phrase. Une variété de Védugœ, qui consiste à faire consonner non plus un vers avec celui qui le suit, mais les deux moitiés d'un même vers l'une avec l'autre, est assez fréquemment employée dans les agavcUs,
L*aSsonance {môn'œ) veut que les vers commencent par des lettres assenantes, ou qu'un pied des vers, et de préférence le premier de la seconde moitié, commence par une lettre assonante avec la première lettre du vers. Sont dites
assonantes a et â, œ, a/u; — i et i, e« ^j y; ^^o et à, if, û; — ' n et fï; — m et v; -^ a et ^ Le mot tiru» par exemple, et le mot sêrdal seront aaaonants.
Dans les ctgavals on emploie rarement la consonance et Tassonance simultanément ; souvent môme les vers n'obéissent ni à Tune ni à Tautre.
Om!
Çivamayam!
Kabilaragaval.
(AgavcU de Kapila.)
Parmi les choses précieuses dont la magnificence est grande dans les divers mondes créés par le dieu à quatre visages^ le genre masculin est-il le premier, le féminin est-il le premier, le neutre (1) * est-il le premier ? Les étoiles son telles les premières, les planètes sont-elles les premières? Le bien est-il le premier, le mal est-il le premier? L'opulence estelle la plus belle, la sagesse est-elle la plus belle? La grande et ancienne terre a-t-elle apparu, a-t-elle été créée? Tout ce qui natt, na!t-il de soi-même, est-il fait? Meurtron après un temps, meurt-on d'une fausse mort? Le mal au venin abondant s'affaiblit-il, ne s'affaiblit-il pas? S'il s'affaiblit, ses cinq sens que font-ils, où vont-ils? vous qui êtes forts I Si l'on se livre à une austère pénitence est-ce un autre corps qui la pratique, est-ce le sien ? Estce le corps^ est-ce l'âme qui prend de la nourriture? (v. 1 à 1^
O hommes du monde I 6 hommes du monde 1 Tandis que ma langue, comme un battant, frappe sur le tambour de ma bouche, écoutez-la parler, écoutez-la parler I II n'est point d'âge pour les hommes autre [plus avancé] que cent ans :
* Voir les noted indiquées avec dea parenthèses à la fin de Tarticle.
le sommeil pendant la nuit en consomme cinquante; cinq se passent dans Penfance, cinq fois trois dans Tadolescence. Ainsi, soixante-dix sont perdus et il en reste trente (v. 16 à 23).
Quelques jours se passent dans le plaisir et quelques jours dans la peine ; l'opulence est semblable à une rivière qui grossit, la jeunesse est semblable au rivage par où déborde la rivière qui grossit, les jours de la vie sont semblables aux arbres qui croissent sur le rivage débordé. Aussi, il ne faut faire qu'une chose : cette seule chose est quMl faut faire le bien ; ce bien, il faut le faire aujourd'hui ; aujourd'hui, il faut le faire à l'instant ; à l'instant, vous dites :
-demain^ demain ; mais vous ne savez pas quand arrivera le jour fixé dTama, vous ne ^savez pas quand arrivera pour nous ce jour fixé. Quelque moment que ce soit, KûVVuvan' (2) viendra; à ce moment, ce Kût'Vuvan*, si vous l'adorez, il ne s'en ira point ; si vous lui offrez votre fortune, il ne s^en ira point ; si vous le suppliez, il ne s^en ira point ; si vous lui offrez vos parents (à votre place), il ne s'en ira point. Il ne dira point : ceux-ci sont bons ; il ne connaîtra point de pauvreté; il ne dira point : ceux-ci sont mauvais; il ne considérera point que ceux-ci sont opulents. Le cruel ne s'arrêtera pas un moment : il emportera l'âme; il n'emportera pas le corps. Pourquoi pleurez-vous, ô hommes stupides? Est-ce 4'avoir perdu l'âme? Est-ce d'avoir perdu le corps?
^ Vous dites : « nous pleurons la perte de l'âme », mais vous ne l'avez jamais connue sans le corps. Le corps qui a perdu
' son âme, on lui lie les pieds et on lui lie les mains comme à un voleur qui a dérobé; on le dépouille de ses vêtements et on lui met un kôvanam (3) ; on allume le feu du lieu
- mortuaire {4) pour qu'il s'enflamme; on le brûle en cendres; on se baigne dans l'eau, on s'en va et avec les parents on
:. pleure; l'esprit affligé (5). Gela sera-t-il dit mal ? Cela serat-ilditbien?(v. 24à55.)
hoBunes brahmes ! Écoutez ce que je dis. Quand quelqaes-uns sont morts, on vous fait rester là. Vous feignez de faire diverses prières et leurs fils vous donnent (pour eux) de la nourriture. Alors, qui les a vus, tourmentés par une faim ardente, revenir de là-bas et tendre la main ? Dites-le. En mangeant ces mets, quels sont ceux dont la faim est apaisée? (v. 56 à 62)...
Chez les O^^^as, les Mlêlchlchhas, les Hûnas, lesSitnhalas, les pauvres Sônakas, les Yavanas, les Tchinas (6), et dans bien d^autres pays, il n^y a point de brahmes. Ainsi, c'est comme un autre système dans la première création que vous avez établi en ce pays quatre castes difiFérentes (v. 63 à 67).
La supériorité ou Tinfériorité se manifeste par les mœurs. Le bœuf et le buffle (7) sont différents de naissance. A-t-on vu un mâle et une femelle de ces deux castes se croiser, s'unir et porter fruit ? Les humains de naissance sont une seule espèce. N'avez-vous pas vu un homme et une femme de la race que vous dites de quatre espèces se croiser et s'unir, et, après leur union, un pesant fœtus prendre vie? Une graine quelconque est-elle jetée dans une terre quelconque ? Si cette graine germe dans cette terre, certes, il n'y a point de coutume qu'ailleurs elle vienne différente (8) (v. 68 à 78).
Des fils, qui ont été mis au monde par des Pulœtchi (9), auxquelles s'étaient unis des dieux de la terre (10), ne sontils pas des dieux de la terre? (v. 79-80.)
De même que l'on voit clairement la diversité du bœuf et du buffle, qui a vu une diversité de forme chez les hommes? aucune différence ne se manifeste dans le nombre des jours de la vie, les membres, le corps, la couleur et l'intelligence. Un Pulœya du pays sud, s'il va au pays nord et s'instruit parfaitement, deviendra brahme. Un Brahme du pays nord^ s'il va au pays sud et viole les usages, deviendra Pulœya (v. 81 à 88)...
Vasîchtha qot naquit de Brahmâ dans le sein d^une courtisane, cmnioe le roage nénuphar qui naît de U fange; Çakti qui naquit de Vasichtha dans le sein d*une Tchattélâli (il) ; Parâçar» qui naquit de Çakti uni à une Pulœichiy et Vyâ^ qui naquit de Paràçara dans le sein d^une marchande de poèswDS, lurent les yédas, furent supérieurs, devinrent grands pénitents et brillèrent, n'est-ce pas? (t. 89
à srj.)
De rillustre mum>BfaagaTan^ à Taustère pénitence, des fils prirent chair dans, le sein de la grande Pulœtchi Adi^ de la grande ville de Kantvûr, moi Kapila et ceux qui naquirent ainsi que moi. Youlea^-vous savoir combien nous sommes? Trois hommes et quatre femmes. Écoutez, je vais dire brièvement comment nous grandîmes. Dans la ville appelée UVt*ukkâ4u, sous le toit des blanchisseurs, grandit Uppœ; dans un village de marchands de kallu (12^ àekKâviripûm. pauin'am, sans le toit des Sdndr (13), grandit Ur^uv»; dans un village où habitaient des joueurs d'instruments, saus le toit des chanteurs, grandit Auvœ ; sur le penchant de la belle montagne, entourée des champs de Tin*œ (14) que récolte le roi des Kut^mvas (15), grandit VaUi; parmi des par'cBya de Mayilâ au pur tamoul, dans le Toa4àman4ala^ lendit Valluva; dan» la demeure du prince de Yandji auxtdbedlles des bosquets couverts de boutons de fleurs, grandit Adigamân'; et dans la ville d'Arûr, dans le pays aux eaux abondantes, élevé par des brahmes, moi-même je grandis (16) (v. 98 à 118)...
La pluie tombe-t-elle en exceptant quelques-uns? Le. vent soufQe-tril en excluant quelques-uns? La vaste terre dit-elle : a Je neveux pas porter (quelques-uns)? » L'astre rayonnant dit-il : « Je n'éclairerai pas quelques-uns? » (17) Pour les quatre castes sublimes, la subsistance est-elle dans les terres (cultivées)? Pour les quatre castes infimes (1^, la subsistance es^elle dans les bois? La fortune, la misôre, le
profit des pénitences faites et la mort ne sont point différents pour les hommes de la terre ; il n^est qu^une race, il n^est qu^une famille, il n^'eet qa*un trépas, il n'est quHine naissance, il n^est qu*an Dieu adoré. Aussi, sans faillir aux maximes dites par les anciens, en donnant quelque jour que ce soit aux pauvres, en évitant les viandes, le meurtre et le vol, en comprenant fermement la constance dans le bien, en ne reconnaissant que Thomme et la femme (19), parler avec ardeur ne sera point dit une faute (20). Sans la grandeur et la vertu, la naissance donne-t-elle le mérite, imbéciles (^)? <v. 119 à 137.)
Bajonne, 10 avril 1888 (Karikal, 24 sept. 1860).