‹ Études de littérature canadienne françaiseChapitre 4 sur 52 · INTRODUCTION XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXVII

avec le Français, « bon enfant» , quia si souvent, par bonté ou par gloriole, tiré du feu les marrons que les autres croquaient? Les Indes, l'Egypte, l'Ile Maurice, le Canada même en sont témoins.

L'Allemand, est-il préférable comme adversaire? 11 est positif lui aussi, et non plus si rêveur qu'il semblait avant la prédominance prussienne; son genre d'action tend plus à supplanter l'Anglais qu'à le compléter. Qu'en pense le commerce britannique?

Le Français ne prétend pas à la domination matérielle sur l'Europe; il est l'homme de l'idée, comme d'autres sont les hommes du fait. Laissons-lui donc ses idées et sa manière d'en tirer parti. Sa langue, c'est le meilleur des produits de la terre et du climat de France, en collaboration avec toutes les espèces d'hommes qui y ont séjourné. Que d'ingrédients et quel humus! Combien d'invasions n'ont fait que de l'engrais! Les individus et les générations successives rapportent si naïvement tout à eux-mêmes, qu'ils croient un pays perdu parce qu'en se débattant ils ont éraflé quelques point de sa surface. — « Pour désigner cette terre, notait un historien, nous disons cliei nous. C'est nous qui sommes chez elle, et elle a bientôt fait de nous consommer ».

Les deux soi-disants grands peuples, le français et l'anglais, qui feront peut-être effet de petitesse pour les masses nouvelles d'hommes, ne peuvent en tout cas rester grands qu'en se faisant rapides et larges de mouvement, en cessant leurs pauvres querelles particulières.

Belle opération, n'est-ce pas, pour les anciennes

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