‹ Études de littérature canadienne française. Précédées d'une introduction "La Langue et la littérature françaises au Canada, la famille française et la nation canadienne"Chapitre 28 sur 67 · GÉRIN LAJOIE — JEAN RTVARD · texte numérisé non relu

GÉRIN LAJOIE — JEAN RTVARD

pays, en tirant du sein des arbres un objet d'utilité publique qui. sans son travail, y serait resté enfoui. //

Ce premier résultat obtenu, comme Pâques approchent, les deux hommes, bons chrétiens ne veulent point se ranger au nombre des renards qui passent cette fête sans communier. Ils chaussent leurs raquettes à neige, et, glissant sur la croûie durcie, arrivent au village de M. Laçasse, d'où Jean Rivant, laissant Pierre Gagnon, se dirige seul, en carriole, vers sa famille et vers Grandpré.

Jean Rivard retrouve sa Louise telle qu'il l'avait laissée; mais elle n'ose plus tutoyer son compagnon de jeux, et sous sa réserve délicate, on sent l'éveil d'un premier et unique amour. Les heures s'envolent, les fêtes passent, elles sont passées. Il faut regagner la forêt, les yeux encore pleins de la vision charmante, et reprendre la lutte contre la nature, pour changer un beau rêve en réalité. Jean Rivard achète à crédit une paire de bœufs qui lui sont indispensables, embauche un deuxième aide. Joseph Lachance, et fait son entrée dans ses terres de Louiseville. comme il les appelle, escortant ses w<noires croches, sortes de véhicules sans roues qui portent ses semences et ses instruments de labour. Il se promet de transformer, grâce à son nouvel aide, les cendres de bois en potasse, et de payer ainsi ses nouvelles acquisitions. C'est alors le brûlage des arbres abattus, et la fabrication de la potasse, auxquels Gérin-Lajoie nous fait assister; puis, après l'incendie des montagnes de bois, qui jettent dans

la clairière de hauts tourbillons d'étincelles, le labour et l'ensemencement. Plus tard, pendant la belle saison, c'est la chasse, ou bien la pêche en canot, et en revenant à Louiseville, Pierre Gagnon répète les refrains qui encouragent les pagayeurs du lac Saint-Pierre :

C'est l'vent, c'est l'vent frivolant, L'vent qui vole, qui frivole...

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