‹ Études de littérature canadienne française. Précédées d'une introduction "La Langue et la littérature françaises au Canada, la famille française et la nation canadienne"Chapitre 49 sur 67 · CHRONIQUES CANADIENNES · texte numérisé non relu

CHRONIQUES CANADIENNES

M. le Docteur Choquette

Claude Paysan

C'est un volume imprime' sur d'assez joli papier glacé ; le format allongé, la teinte un peu terne de la couverture, blanc et bistre, les illustrations en camaïeu de M. Leduc, annoncent une tentative vers la librairie d'art, ou tout au moins vers ce genre d'éditions qui, tout en restant de prix abordable, visent à parer le mieux possible la pensée d'un auteur. Sans doute tout n'est^ point parfait, dans cette entreprise typographique. Il y a des fautes d'impression, des interlignes inégaux, des caractères de corps différents. Mais tel qu'il est, le Claude

i) Le lecteur remarquera une légère différence de ton, entre les études qui précèdent, et quelques-unes des pages qui suivent. Il se l'expliquera facilement, s'il veut bien faire attention que la dernière partie du présent volume renferme un certain nombre d'articles parus au jour le jour dans diverses feuilles canadiennes et françaises. Il excusera le moi haïssable du chroniqueur, remplaçant le nous d'ailleurs infiniment plus orgueilleux.

Paysan du docteur Choquette, annonce déjà, au point de vue matériel, un réel progrès sur quelque éditions qui remontent à douze ou quinze ans au plus et ne sont pas dignes de l'œuvre qu'elles doivent répandre. Espérons que la Compagnie Bishop fera disparaître ultérieurement les quelques défauts qui peuvent arracher un regret au lecteur.

Quant au contenu de ce petit livre, il est digne de la plus sérieuse attention. M. le docteur Choquette avait déjà publié un roman qui promettait beaucoup (1). Claude Paysan mérite qu'on s'y arrête.

Je présume que mes lecteurs canadiens en ont pris connaissance, beaucoup d'entre eux tout au moins. Mais si j'entreprends de résumer cette simple histoire, peut-être me sauront-ils gré néanmoins de raviver leurs souvenirs. Ils me pardonneront le ridicule qu'on se donne toujours en semblant découvrir l'Amérique, quatre siècles après Colomb. Après tout, Dumas découvrit bien la Méditerranée. Il est vrai qu'il était Dumas et que sa Méditerranée n'avait de commun que le nom avec la véritable.

Le vieux Claude Drioux va mourir. Il agonise, tandis que hurle lugubrement le chien dans les rafales. Il agonise entre sa femme Julienne et son fils, qui s'appelle Claude comme lui. Les voisins s'empressent autour de la chaumière d'où va s'envoler l'âme de celui qui fut un bon ouvrier. Parmi eux, plus attentive, une très jeune fille, Fernande

(1) Voir plus bas, les Ribaud.

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