‹ Études de littérature canadienne française. Précédées d'une introduction "La Langue et la littérature françaises au Canada, la famille française et la nation canadienne"Chapitre 64 sur 67 · IN DERNIER MOT · texte numérisé non relu

IN DERNIER MOT

sur les lèvres des Canadiens et des Français, prouvent mieux notre parenté que tous les volumes du monde. Ainsi peuvent s'attendrir deux frères devant un objet ancien, souvenir impérissable et fragile d'une mère qu'ils surent également chérir.

Post-Seriptum

Mon petit livre est achevé. Les bonnes feuilles dorment sur la table. Bientôt la couverture leur prêtera une unité peut-être factice. Je suis cependant obligé de reprendre la plume et d'ajouter ■quelques lignes à celles qui précèdent. Je n'avais

- dit sans doute un définitif adieu, « a long farcvctll, » aux écrivains canadiens. Je comptais étudier à loisir certains d'entre eux, et non des moindres ,dont le présent travail dessine seulement la silhouette, ou même qu'il passe sous silence. Arthur Buies, par exemple, que la mort nous a enlevé « les mains encore pleines d'oeuvres, » mérite une étude approfondie dont l'absence de certains documents indispensables retarde seule la publication.

Mais depuis que ce livre est sous presse, deux événements se sont produits dont l'omission rendrait mon travail caduc avant le dernier bon à tirer.

M. Chapman, à Paris depuis quelque temps, a

publié chez Motteroz un volume de vers intitulé

pirations et qui représente un trop réel effort

vers le beau pour que nous le passions sous silence.

Des vers de M. Chapman ont été vivement applaudis au dernier banquet du l'Alliance Française par le Grand Maître de l'Université, et nous savons que d'autres témoignages flatteurs et officiels sont venus et viendront montrer à M. Chapman que la Fiance est restée la mère de tous ceux qui ont balbutie en français leurs premiers mots.

Ne disait-il pas d'ailleurs, s'adressânt à notre patrie :

L'or de ma poésie est encor dans la gangue. Je n'ai pu ciseler le métal vierge et pur. Je ne réclame aussi, moi, le poète obscur, Que le milite seul d'avoir appris ta Langue.

Ne crovons pas trop sur parole cette déclaration modeste. Il v a dans le Niagara des vers bien venus et toute la première partie de la pièce surïlbft XIII. la description de l'érable, est vraiment belle.

Le bras du temps qui peut tout rompre et tout dissoudre. Épargne ce ^éant qui berce un nid d'oiseau. Il tombera pourtant comme un humble arbrisseau, Il tombera, frappé par la hache ou la foudre.

Il tombera, le tronc encor plein de verdeur.

Sa chute formidable ébranlera la terre,

Et c'est couché, le front blanchi par la poussière,

Que l'arbre apparaîtra dans toute sa grandeur.

Nous ne connaissions jusqu'ici M. Chapman que par ses Feuilles d'Erable dont quelques pièces se retrouvent dans ce nouveau Livre et par sa polémique

avec l'un de ses plus illustres confrères et compatriotes. Nous n'avons pas à prendre parti dans une

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