‹ Études de littérature canadienne française. Précédées d'une introduction "La Langue et la littérature françaises au Canada, la famille française et la nation canadienne"Chapitre 65 sur 67 · P08T-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

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querelle que nous serions de'solé de ranimer et d'envenimer. La réception flatteuse faite à M. Chapman doit lui expliquer que son rival ait pu attacher quelque prix à l'accueil de la France; et nous ne croyons pas blesser le poète des Aspirations en établissant un parallèle entre ses œuvres patriotiques et la Légende d'un peuple, pour laquelle certains critiques, Buies notamment, ont été par trop injustes. Si la Légende d'un peuple n'existait pas, M. Chapman l'aurait peut-être écrite.

Le poète de la Me'tromanie disait en parlant de ses prédécesseurs :

Leurs écrits sont des vols qu'ils nous ont faits d'avance.

Voilà qui explique bien des rivalités; mais il nous semble que le champ est assez vaste pour accueillir deux laboureurs: la France assez impartiale pour couronner deux de ses enfants du dehors. M. Chapman voit certainement que notre pays sait apprécier en lui le poète qu'il est, mais sans oublier pour cela que nos premiers bravos ont salué, voici bientôt un quart de siècle, les Oiseaux de Neige qui, remontant la Seine, voletaient jusqu'au Pont des

Arts.

M. l'abbé Casgrain vient de mourir.

C'est avec une profonde émotion que l'auteur de ce travail a reçu la triste nouvelle. En lisant les divers essais qui forment ce volume, on doit, me semble-t-il, sentir comme l'annonce d'une étude

sur le vénérable historien de Montcalm ou de Y Hôtel-Dieu de Québec (i)

J'ai eu, en effet, le privilège de connaître assez intimement ce survivant des luttes héroïques et c'est un regret pour moi qu'il n'ait pas lu en entier ce livre dont il fut presque l'inspirateur.

Ce n'est pas le moment de consacrer une étude critique à celui qui vient de disparaître. A peine si les derniers Dies irac et Libéra du service funèbre auquel assistèrent, à Saint-Roch, ses amis parisiens, viennent de s'éteindre; à peine si Monseigneur Bégin, archevêque de Québec, a donné l'absoute devant ceux qui évoquaient en leur cœur la haute figure de ce prêtre qui fut un savant et un patriote. L'impartialité serait impossible et sacrilège, et M. l'abbé Casgrain n'aurait pas voulu d'une sorte d'oraison funèbre. Je désire seulement rappeler ici quelques souvenirs personnels oùceuxqui ont connu M. l'abbé Casgrain retrouveront peut-être un peu

(i) Voir p. 105-106 sur l'abbé Casgrain, quelques lignes qu'il voulut absolument faire disparaître dans la publication de notre Crémacie, à Québec. — C'est pour obéir à sa volonté formelle que nous n'avons pas étudié son œuvre plus tôt. La mort nous rend notre liberté.

Parmi les ouvrages de M. l'abbé Casgrain, citons encore : Pèlerinage au pays d'Evangèline (Québec. [888 ; Une Nom» velle Acadie (1894) et un Mémorial d( famille (1S91), édition privée qui, avec le Tableau delà Rivière Ouelle, permet de faire revivre une paroisse et une famille canadiennes d'autrefois. 11 fut pour beaucoup dans la publication des œuvres de son parent Ph. Aubert de Gaspé et dans l'édition du Crémazie de l'Institut Canadien et des Dix ans au Canada de Gérin- Lajoie.

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