‹ Études de littérature et d'artChapitre 10 sur 27 · De V Allemagne, 2® partie, chap. xi · texte numérisé non relu

De V Allemagne, 2® partie, chap. xi

disant : « Le romanticisme est l’art de présenter aux peuples les œuvres littéraires qui, dans l’état actuel de leurs habitudes et de leurs croyances, sont susceptibles de leur donner le plus de bonheur possible. Le classicisme, au contraire, leur présente la littérature qui donnait le plus grand plaisir possible à leurs arrière-grands-pères L » Ce n’est là qu’une boutade : on peut encore aujourd’hui prendre plus de plaisir au Cid qu’à Henmani et à Andromaque qu’à Anlony. Victor Hugo, lui, rejette dédaigneusement les deux épithètes de classique et de romantique comme vides de sens : « Il répudie tous ces termes de convention que les partis se rejettent réciproquement comme des ballons vides; pour lui, il ignore profondémenl ce que c’est que le genre classique et le genre romantique L » Il croit à la littérature nouvelle, parce qu’elle est jeune, libre et inspirée, mais il ne veut pas l’enfermer dans une formule, et il se contente d’énumérer et d’exalter ses mérites; même dans la préface de Cromwell, il ne caractérise le théâtre nouveau qu’en le déclarant conforme à la nature et à la vie. Lamartine ne songe même pas à prendre position ; il lui suffit de chanter son âme et il refuse d’être chef d’école. Dans les Lettrées de Dupuis et Cotonet, Alfred de Musset prouve en les raillant que les diverses définitions produites par les partisans du romantisme sont également inadmissibles. Sainte-Beuve, critique de la jeune littérature, s’en dégage avant de l’avoir définie.

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