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INSUFFISANCE MITRA CE ET RÉTRÉCISSEMENT MITRAL

Mare y.

Caractères du pouls dans l'insuffisance mitrale. — « Le pouls, dans l’insuffisance mitrale, est presque toujours irrégulier. Il

(1) Marey, Physiologie médicale de la circulation dû sang, p. 524.

INSUFFISANCE MITRALE ET RÉTRÉCISSEMENT MITRAL. 285 semble que plus l’insuffisance est pure, c’est-à-dire dégagée de rétrécissement, plus aussi l’irrégularité est grande. Ce ne sont plus ici des variations périodiques dans les intervalles du pouls, ainsi que cela s’observe si souvent dans l’altération sénile des artères; c’est une irrégularité complète qui ne semble obéir à aucune règle. En même temps, l’amplitude du pouls diminue. » Rétrécissement mitral. — Lorsque le rétrécissement mitral est assez prononcé p.our donner naissance à un souffle diastolique, il supprime l’irrégularité du pouls. Nous ne saurions affirmer que cet effet soit constant, mais nous l’avons rencontré dans tous les cas de rétrécissement mitral que nous avons eu l’occasion d’observer lorsqu’il existait un souffle diastolique pur. »

Burdon (Sanderson).

Théorie de l’irrégularité du pouls dans l’insuffisance mitrale et de la syncope dans le rétrécissement mitral.

Affections mitrales. — Elles sont complexes. L’expérience montre que l’insuffisance mitrale étant la même, le pouls peut affecter dés caractères très-différents.

Le pouls de l’insuffisance mitrale est rarement normal] quant à la fréquence; il est accéléré parce.que l’oreillette gauche est tou’ jours pleine et est stimulée, excitée, par la pression du sang.

La durée de la systole du cœur est toujours diminuée quand la régurgitation est considérable. On-la mesure difficilement à cause de l’absence des caractères vibratiles. L’expansion systolique est toujours courte et la tension systolique artérielle faible tant que le pouls est-régulier ; sa brièveté et sa compressibilité donnent les indications les plus constantes quant au degré de régurgitation qui existe. , ’

L’irrégularité qui accompagne'l’affection mitrale, possède un. caractère qui n’a pas encore été noté par les auteurs, et qui est la clef de la cause et du traitement. Dans le pouls irrégulier de la régurgitation mitrale, les contractions du cœur doivent être divisées en deux classes. Celles qui sont fréquentes, courtes et incomplètes, et celles qui sont longues et violentes. Or il résulte de mes observations que les premières surviennent pendant l’inspiration, et les secondes pendant l’intervalle de la respiration. On a dit que cer-

MALADIES DU CŒUR* taines discrasies produisent un mode d’irrégularité idenlique à celui de l’affection mitrale, de tout point, et particulièremént dans ses relations avec les -mouvements thoraciques. Or quelle est la relation entreces deux faits de cause différente et qui ont un élément commun? /

L’effet mécanique de l’inspiration, ainsi que je l’ai montré ailleurs (Philos, trans., 1867), est d’augmenter la quantité de sang contenue dans la circulation pulmonaire, et par suite d’accroître la fréquence des contractions du cœur. Get accroissement de fréquence dépend de l’état de distension des oreillettes qui fait que les ventricules s’emplissent plus rapidement pendant leur période de relâchement. Mais pourquoi les rapides battements qui surviennent dans l'inspiration sont-ils ainsi incomplets ou inefficaces ? Probablement parce que là valvule mitrale ne se ferme pas. Le cœur étant distendu par le sang, ses parois valvulaires plus au contact, le ventricule ’se contracte, mais une grande partie du sang qu’il contient est reversée dans l’oreillette pour relourner au ventricule aussitôt que la contraction est terminée.. Ce n’est que lorsque cesse l’effet de l’inspiration qui était de tenir pleines les oreillettes, que les parois valvulaires se rapprochent assez pour permettre au cœur un effort à l’aide duquel il envoie à l’aorte une ondée suffisante pour dégager la circulation pulmonaire embarrassée.

Cette théorie sert à expliquer tous les phénomènes de l’irrégularité mitrale. Elle s’accorde parfaitement avec ce fait que, dans ces formes de maladie où l’insuffisance procède non du défaut de la valvule elle-même, mais de l’élargissement permanent de son orifice, le pouls a constamment le caractère de, fréquence, de brièveté et de faiblesse qu’il possède dans des degrés moins élevés de régurgitation, pendant l’inspiration.

L’effet du rétrécissement mitral est de diminuer la quantité du sang envoyé par le cœur à chaque contraction, en empêchant la réflexion du ventricule gauche pendant la pause diastolique. Tant que le malade se tient absolument tranquille et qu’il n’a besoin pour l’entretien de son organisme que d’une petite quantité de sang, le cœur accomplit ses fonctions sans difficulté. Mais si le travail musculaire réclame plus de sang, si le coeur est excité par une émotion ou par quelque autre cause de trouble fonctionnel, le danger devient imminent, la mort survient quelquefois par

INSUFFISANCE MITRALE ET RÉTRÉCISSEMENT MITRAL. 285 suite d’une syncope soudaine, conséquence sans doute de l’anémie des centres nerveux. Pans cette dangereuse forme de maladie du cœur, la comparaison de l’état ,du pouls avant et après l’exercice sera sans doute dé quelque importance pour le pronostic.

L’insuffisance mitrale donné au pouls quatre caractères : . .

1° Fréquence ;

2° Petitesse ; ‘

3° Intermittence ou inégalité dé force ;

4° Inégalité dans le rhythme.

Une femme de 22 ans, atteinte d’insuffisance mitrale (souffle au premier temps, à la pointe), avec hypertrophie du cœur, suite d’un rhumatisme articulaire aigu, -nous offait un type de cettô maladie.

Les deux tracés qui suivent montrent lés Caractères, ci-dessus énoncés.

Fig. 386, — Insuffisance mitrale.

Fig. 387. — Même sujet.

C’est dans ces cas surtout que le trouble du coeur est nettement accusé et que son ataxie semble résulter d’une lutte prolongée contre l’obstacle mécanique de l’orifice.

Le mot asystolie ne répond pas exactement à T idée qu’on doit se faire de ce trouble du cœur. Ce n’est pas une impuissance de contraction, ni un étatd’atonie qu’il fautWnvoquer ici ; c’est quelquefois, au contraire, une impulsion violente, mais impuissante, en raison de l’état de vacuité du ventricule gauche et du système artériel en général, alors que la réplétion est grande dans le système veineux. La même chose a lieu, dans le choléra, et dans les hémorrhagies graves alors que l’on voit en même temps un choc violent du cœur, et un pouls presque nul/ Les tracés qui suivent ont pour objet de mettre ce fait en lumière. L’observation concerne un homme de 51 ans atteint d’insuffisance mitrale bien caractérisée (souffle au premier temps à la pointe, avec hypertrophie du cœur). Le tracé recueilli directement au-devant du cœur (cardiographie) donne l’idée d ? un Choc puissant ;

Fig. 388. — Tracé cardiographique.

et cependant le pouls, ainsi qu’on le verra dans les trois tracés qui suivent, était à la fois irrégulier et trèspetit.

Fig. 389. — Pouls petit et irrégulier.

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