ARTÈRE PULMONAIRE
Observation I. — Es • croissance* des valvules de l'artère pulmonaire, avec destruction de l'une des valvules. — Homme de 29 ans, entré le 22 juillet 1864 à l'hôpital d'Utreeht; visage blême, pieds enflés. L'auscultation et la percussion ne fournissaient aucun signe" de lésion des poumons ni du cœur. La respiration était normale, le pouls lent et régulier. L'urine contenait une grande quantité d'albumine et, de plus, des cylindres desquamés et des cellules d'épithélium en état de métamorphose graisseuse. Au bout de quelque temps survint une hydropisie ascite. L'urine continua à être albumineuse. Ensuite survint une diarrhée aux suites de laquelle le malade succomba le 42 octobre, sans qu'aucun trouble eût été constaté ni dans les fonctions de la respiration ni dans celles de la circulation.
Autopsie vingt-quatre heures après la mort. Cavité crânienne : cerveau et méninges sains ; poitrine, un peu de sérosité dans les plèvres ; poumons rétractés; le poumon gauche comme le droit contient trois petits noyaux d'engorgement ; la plèvre pulmonaire adhère en un point à droite. Les deux poumons sont transparents et surnagent dans l'eau. Des tumeurs des deux poumons s'écoule une sérosité roussâtre. Le cœur n'est ni hypertrophié ni déplacé. Les cavités gauches sont larges, la valvule bicuspide est à l'état normal. Les valvules semi-lunaires de l'aorte sont également saines. La surface interne de l'aorte est lisse, à l'exception de quelques places où l'on trouve des taches jaunes peu saillantes, de la grandeur d'une tête d'épingle (athérome). L'oreillette et le ventricule droits sont dilatés, leurs parois ne sont pas épaissies. La valvule tricuspide est intacte. Une maladie grave se voit sur la valvule gauche de l'artère pulmonaire, elle consiste en une tumeur purulente adhérente à la paroi artérielle, couverte de productions condylomateuses de différentes grosseurs et de différentes formes. Les deux plus grandes avaient la forme de cônes : large base terminée en pointe, largeur d'environ 5 millimètres; longueur, 40 millimètres. Ma place où s'élevaient ces excroissances, la paroi artérielle était en dessous ulcérée et purulente, avec les bords de l'ulcération taillés à pic» Les membranes interne et moyenne sont amincies et réduites à une très-petite épaisseur. La face de la valvule qui regarde le cœur est lisse. Sur la valvule moyenne et l'endocarde au-dessous, de petites taches. La troisième valvule enfin est
presque entièrement 'détruite et réduite à un petit noyau semilunaire.
L'artère est amincie au niveau de cette valvule. Dans l'artère elle-même on ne remarque du reste aucune autre allération morbide ni aucune trace d'une embolie dans ses branches. Les excroissances consistent en une masse caséeuse non organisée...
Rien ailleurs...
Observ. II. — Embolie de la branche droite de V artère pulmonaire avec dilatation de la branche gauche, et hypertroph ie du cœur droit. — Homme de 58 ans, entré le 17 décembre 1860 à l'hôpital d'Utrecht, dans les salles du docteur Imans. C'était un homme fort, manouvrier de son état et qui avait été obligé de cesser son travail à cause d'une oppression accompagnée de palpitations de cœur insupportables. Le pouls était très-fréquent. Du côté gauche et à la base de la poitrine on percevait de la matité et des râles crépitants. Du reste ce côté paraissait agrandi ; et en auscultant le cœur on entendait à la place du premier bruit, un bruit de soufflet systolique fort, prolongé et rude. Le second bruit était obscur. On diagnostiqua une péricardite avec lésion de la valvule mitrale, et une pneumonie de la base du poumon gauche. Une large saignée et l'administration de la digitale améliorèrent cet état. Quand nous examinâmes ce malade en février 1861, nous trouvâmes une hypertrophie du cœur, de fortes palpitations, de l'essoufflement et de l'oppression. Le tracé de l'artère radiale pris avec le sphygmographe montre que le pouls n'offrait aucune anomalie ni dans sa fréquence ni dans son rhythme.
Fig. 428.
Quant à ce qui est de l'auscultation, on trouvait qu'il existait une faible insuffisance de la valvule mitrale, tout en s'étonnant que ce fort bruit de soufflet, indice d'une lésion notable d'une valvule, influât si faiblement sur la circulation du sang.