HYPERTROPHIE DU CŒUR
à diminuer la masse du sujet et à décharger ainsi Le cœur d'une partie du poids que représente la quantité de sang en circulation, car la masse du sang doit être en raison directe de la masse totale du corps. La méthode de Valsalva ne saurait toutefois être suivie.
On ne peut espérer d'amener une déplétion des vaisseaux par des saignées successives; c'est un moyen sans valeur si l'on considère qu'il s'adresse plutôt à la qualité qu'à la quantité du sang. Si l'on se place au point de vue de l'hydraulique, on peut dire qu'un malade anémié par les saignées n'est pas toujours inoins pléthorique qu'avant et que le cœur n'éprouve pas. un soulagement réel par cette méthode.
La saignée offre d'ailleurs des inconvénients graves au point de vue de la composition anatomique et chimique du sang, principalement chez les malades affectés de troubles chroniques de la circulation et de la nutrition, circonstances qui se présentent habituellement réunies. C'est à d'autres moyens de déplétion qu'il faut avoir recours; on emploiera d'abord les purgatifs et les diurétiques, puis on instituera un régime propre à amener la disparition de cet impedimentum, qui est la graisse. Il faudra donc diminuer le malade progressivement et lui faire perdre de son poids toute la quantité possible sans arriver à l'inanition ; il faudra en même temps lui donner des toniques et l'astreindre à un régime de vie particulier. Nous entendons par là une manière de vivre retirée, sobre, exempte d'émotions.
On peut espérer d'arriver par cette méthode à pro-
vji THÉRAPEUTIQUE, longer la vie et à éloigner les chances d'accidents chez des malades dont le cœur est affecté d'une lésion mécanique incurable. En effet les lésions du cœur offrent cela de particulier qu'elles ne sont point toujours susceptibles de s'accroître, en quoi elles diffèrent des lésions dites organiques ou par altération constante des tissus, telles que sont les altérations pulmonaires, catarrhes, tubercules, les altérations du foie (dégénérescence graisseuse ou cirrhose) ; les altérations de l'estomac, ulcères et cancers; et en général toutes les maladies qui consistent dans un trouble de nutrition habituel ou dans une prolifération anomale des éléments cellulaires. Dans toutes ces maladies-là, le progrès du mal est fatal et nécessaire; ce sont essentiellement des maladies chroniques et dont on ne peut arrêter le développement.
Il n'en est pas de même pour les maladies ordinaires du cœur, c'est-à-dire pour les lésions des orifices. Sans doute il peut se montrer une tendance à la dégénéralion dans ces parties malades, et cette tendance est surtout marquée pour des maladies qui siègent dans une partie importante (l'aorte).
Mais tout le monde sait qu'il existe des lésions des orifices qui restent pendant de longues années dans le même état et ne s'accroissent pas. Cependant ces lésions, s'il survient quelque accident causé par des maladies d'autres organes ou par des troubles fonctionnels variés, ou par un mauvais régime de vie, peuvent devenir la cause des pins graves complications, à tel point que la mort s'en peut suivre. C'est chez les ma-