‹ Études de médecine clinique faites avec l’aide de la méthode graphique et des appareils enregistreurs; Le pouls, ses variations et ses formes diverses dans les maladiesChapitre 109 sur 117 · THÉRAPEUTIQUE (LA SAIGNÉE · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE (LA SAIGNÉE

De môme un cœur qui débite huit ou dix kilos de sang, avec un orifice rétréci, se trouvera bien de n'en plus débiter que quatre ou cinq.

Action de la saignée sur le pouls en général. — Cette action est variable. Nous éliminons la question de la syncope qui amène des modifications spéciales. En général on pense que la saignée modérée relève le pouls. Les anciennes théories à ce sujet ont été rajeunies et confirmées par des travaux contemporains, desquels il résulterait que la tension étant diminuée par le fait de la saignée, le pouls doit reprendre de l'ampleur. Il n'en est pas toujours ainsi ; mais il arrive fréquemment que, aussitôt après la saignée, la fréquence du pouls est augmentée. Quant à l'amplitude, c'est une question différente et susceptible de donner lieu à des contradictions. Les deux pouls dont nous donnons ici les tracés, ont été enregistrés sur le même bras à dix minutes d'intervalle avant et après une saignée de 400 grammes pratiquée chez une femme âgée de 68 ans, et atteinte d'une pneumonie. Le pouls, avant la saignée, était en contradiction avec l'état fébrile; il ne battait que 50 fois par minute; il était ample. Après la saignée, il était devenu moins ample et avait doublé de fréquence (100).

Fipr. 451. — Pouls avanl la saignée.

LA DIGITALE. 527 Les irrégularités du tracé sont dues aux soubresauts des tendons.

Fig. 452. — Pouls après la saignée.

La saignée relève quelquefois le pouls. — Chez une jeune femme on fît une saignée de 250 grammes; on laissa le sphygmographe en place et l'on recueillit un tracé avant la saignée et un autre immédiatement après. Le pouls, après la saignée, s'était notablement relevé.

Fig. 453. — Pouls avant la saignée.

Fig. 454. — Pouls après la saignée (1).

LA DIGITALE ET LE POULS d'aPRÈS LES TRAVAUX MODERNES.

On a toujours reconnu que la digitale ralentissait le pouls. Les auteurs modernes sont tous d'accord sur ce point, du moins pour les cas où la digitale est administrée à doses thérapeutiques. Seulement il faut noter, comme Beddoes, que le pouls ralenti est facile à accélérer si l'on ne tient pas le ma-

(1) Voyez, pour les effets des liémorrhagies et <!<• la saignée, les cha pitres de J;i puerpéralité de Péclâmpsie, p. 200, 208, 21 1.

528 tA DIGITALE,

lade au repos. Sanders, puis Boulcy cL rieynal (1) et d'autres observateurs, ont dit que le premier effet de la digitale était d'accélérer le pouls.

Traube a expliqué cette contradiction apparente, en montrant que la digitale à dose toxique accélérait, et qu'à doses modérées elle ralentissait les mouvements du cœur, elle les ralentit aussi dans l'empoisonnement, mais c'est consécutivement à une paralysie toxique du système nerveux.

La forme du pouls a été étudiée à l'aide des appareils enregistreurs, ainsi que la tension du sang. (Traube. ) m* * ^wjqwfl * *° | tity^ftW

M. le docteur Legroux (2) a demandé au sphygmographe la solution de plusieurs questions concernant les effets de la digitale. Il emprunte à M. le docteur Siredey un tracé dont il décrit ainsi les caractères : Après l'administration de la digitale pendant plusieurs jours, la ligne d'ascension du pouls devient courte et oblique; le sommet s'arrondit et la ligne de descente s'allonge beaucoup, en même temps qu'elle oblique davantage ; cela indique une tension artérielle forte. M. le docteur Legroux conclut ainsi : « Si à dose toxique, la digitale agit directement sur le cœur, il semble qu'à doses thérapeutiques elle excite primitivement la conlraclilitô des vaisseaux capillaires, et n'influence que secondairement le centre circulatoire, en rétablissant l'équilibre de la circulation... ; la digitale serait donc excitante et tonique. »

M. Bordier, ancien interne de l'hôpital Saint-Antoine, a publié une esquisse sur l'emploi du sphygmographe dans l'étude des agents thérapeutiques, avec 25 tracés de pouls recueillis chez des

(1) Boulev et Reynal, Recueil de médecine vétérinaire, 5" série, 1 8 i 0 , t. IV, p. 297.

(2) A. -G. Legroux, Essai sur la du/Halc et son mode d'action. Thèse de doctorar. Paris, 1867.

FRÉQUENCE LU l'OULS. 'câ9

malades soumis, à diverses actions médicamenteuses (I). D'après les idées de M. Bordier, la digitale à haute dose agirait primitivement sur le cœur ; à dose fractionnée la circulation générale serait atteinte dabord, et le cœur ne le serait que secondairement. Quel que soit le moment où l'on examine un malade traité par la digitale, l'élévation de la tension et le ralentissement du pouls sont donc des phénomènes constants. Certaines maladies présentent une tolérance particulière ; c'est lorsqu'une lésiondu système circulatoire et surtout du cœur lui-même vient incessamment lutter contre les effets de la digitale, qu'on observe ces effets tardifs. C'est dans ce dernier cas qu'on peut profiler des renseujnements donnés par le sphygmographe dans la médication par la digitale à dose élevée et unique.

Le sulfate de quinine montrerait, dans tous les tracés la tension proportionnelle à la dose où on l'emploie, et par conséquent une transformation d'une grande amplitude en un petit tracé (?).

La belladone augmenterait aussi la tension, et abaisserait le tracé, sans diminuer la fréquence du pouls.

L'ergot de seigle et Y acide arsénieux agiraient de même que les précédents médicaments, mais avec moins d'intensité.

M. le docteur Constantin Paul a donné en réponse à M. Bordier, un mémoire sur le graphique du pouls sous l'action de lu digitale, avec des figures*sphygmographiqi»es (2). Il étudie la question de la tension du sang dans les vaisseaux. Ses tracés sont recueillis dans les cas suivants : alcoolisme, pneumonie, et dans un cas de maladie du cœur. L'auteur pense que la digitale donnée à haute dose diminue la tension artérielle. (La difficulté est de comprendre ce mot dé tension et d'apprécier le fait par le sphygmographe. Nous avons écarté ce problème qui n'est pas nettement posé.)

M. Hirtz (5) reconnaît cliniquement que le pouls est plus fort et plus plein, et le système capillaire plus vide, quand la digitale agit Ihérapeutiqueuient, et que c'est là le contraire de la fièvre, d'où la pensée de combattre la fièvre par la digitale. Le môme auteur rend

(1) Borcliei', bulletin de thérapeutique, 1808, t. LXXiV.

(2) Constantin Paul, bulletin de thérapeutique, 1868, t. LXXIV.

(5) Hirtz, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratique, t. XI.

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