AIGU, ICTÈRE
Le pouls, dans les maladies aiguës, peut donner lieu à des observations variées. La fréquence est le caractère auquel se bornent la plupart des médecins. Ce caractère a en effet une valeur considérable et suffit à fournir un précieux secours au diagnostic et au pronostic, je n'ose dire au traitement. Quant aux autres caractères du pouls, tels que
La régularité,
La force,
L'ampleur,
ils sont quelquefois recherchés par les praticiens. La régularité, le rhythme est un caractère important. Uataxie, le délire, la méningite, certaines maladies du cœur peuvent être diagnostiqués par le seul rhythme. iMais ni la force ni l'ampleur du pouls n'ont, dans la pratique, de signification utile. Et quant à la forme,
DICROTISME. 151
quant à l'analyse délicate du pouls, le tracé sphygmographique seul les donne.
DICROTISME.
En général, on est d'accord sur ce point, à savoir que le pouls de tous les fébricitants a deux caractères essentiels : fréquence et. dicrotisme. QuanVaux autres caractères, le discrédit dans lequel est tombé l'artdetàterle pouls fait qu'on y renonce volontiers. Nous dirons en peu de mots ce qu'il faut entendre par dicrotisme. Quelque décidé que nous soyons à laisser de coté dans cet ouvrage tout ce qui n'est pas de pure pratique, nous ne pouvons cependant nous soustraire à l'obligation de donner au lecteur une définition des termes donl nous nous servons. Or dicrotisme veut dire pouls ;'i redoublement, puisas bis feriens; tel est le sens tradition nel et banal du mot dicrotisme. Mais il ne fout plus aujourd'hui continuer à considérer le dicrotisme comme un fait morbide. C'est, en effet, un fait physiologique. Le dicrotisme existe à l'état normal ; il a de nombreuses variétés ;il existe plus ou moins, mais il existe toujours. Lorsqu'il est porté à ses extrêmes limites, lorsque la seconde ondée égale la moitié de la première, alors seulement ce pouls bis feriens devient très-apparent pour le doigt qui tàte l'artère. Or c'est principalement dans les maladies aiguës fébriles que se montre ce maximum de dicrotisme. Aussi n'est-il pas étonnant que pouls fébrile et pouls dicrotc soient presque synonymes. Cependant quelques maladies exagèrent surtout ce plié nomène, notamment le typhus et la fièvre typhoïde.
Chelius, Vierordt, avaient établi par des tracés graphiques l'existence du dicrotisme à l'état normal. M. Marey a consacré un long chapitre de son livre à l'explication de ce phénomène, étudié à l'aide d'appareils schématiques (p. 264 à 274). Dans d'autres chapitres il a montré l'influence de l'élasticité des vaisseaux sur l'intensité du discrolisme (p. 277), l'influence de la tension artérielle sur l'intensité du dicrotisme (p. 277), l'influence du volume de l'ondée. Il a également étudié les conditions qui font varier le nombre des rebondissements dans le pouls dicrote (polycrotismc des Allemands), p. 281.
Les auteurs allemands dont les mémoires sont analysés plus haut ont étudié minutieusement le dicrotisme au point de vue de son mécanisme et de ses variétés. Nous renvoyons le lecteur à cette partie de notre livre, en le laissant libre de choisir, parmi les dénominations proposées, celles qui lui paraîtront les plus vraies et les plus simples (1).
Les noms dont je me suis servi spontanément n'ont d'autre mérite que de rendre l'impression qui résulte de la vue de ces diverses variétés de dicrotisme.
On verra, dans ce court chapitre, que dicrotisme n'est pas toujours synonyme de fréquence ni de fièvre.
Variétés du dicrotisme. — 1° Seconde ondée placée à égale distance entre la fin de la systole artérielle et le
(1) Voyez pages 54 et suiv., sur le polijcrotisme (Vivenot); p. 57, 58, 59, sur le dicrotisme et ses causes (Duchek); p, G7 jusqu'à 74, le dicrotisme, le Iricrolisme, étude historique et critique (\V. Rive); p. 82 et 85, variétés du dicrotisme, avec figures (Koschlakoff).