FIÈVRE INTERMITTENTE
Le tracé 91 provient d'un homme atteint d'une maladie aiguë autre que la lièvre typhoïde; il avait 96 pulsations, et ses températures étaient :
Bouche Zfr.O
Aisselle 37%5
Rectum 38°, 6
ce qui indique la fièvre. Or sou pouls présente un dicrotisme presque insensible et est néanmoins trèsfréquent.
Fig. 91. — Pouls fréquent avec dicrotisme presque insensible.
Fièvre intermittente. — Le pouls subit des variations considérables en peu de temps dans le cas de fièvre intermittente. Dans la période de repos, dans la période de frissons, dans la période de sueurs, il y a des types différents, témoins les deux pouls suivants recueillis, l'un au début (fig. 92), l'autre au milieu d'un accès (fig. 95) chez le même malade.
Fig.
Début.
Fig. 95. — Milieu de l'accès.
Le frisson altère le pouls, qui est alors petit, presque imperceptible, tremblé, et en quelque sorte analogue à celui du choléra dans la période de début (algide).
Voirie pouls suivant recueilli chez une femme péradfant le frisson de la lièvre intermi ttente.
Fig. 94.
Nous donnons ici le pouls d'un même malade pris dans les diverses circonstances que nous avons indiquées (fièvre tierce) :
1° Jour intercalaire : pouls lent et régulier, d'une amplitude médiocre, avec polyerotisme peu accentué ; c'est là à peu près le pouls normal;
Vig. 95. — Jour intercalaire.
2° Début de l'accès: stade de frisson, pouls petit et irrégulier, avec des déformations provenant du trem blement musculaire ;
Kiy . 90. — Frisson.
3° Pouls de la période de chaleur ou réaction : amplitude accrue, fréquence plus grande, dicrotisme franc.
Wg. 97. — Réaction:
Uuant à la période dite de sueur, elle se confond avec la période de chaleur, le plus souvent.
PIÈVRE INTERM1TTKNTK. 1îS7
Quelquefois, cependant, les trois stades, frisson, chaleur, sueur sont bîen positivement accusés par le sphygmographe (accroissement progressif de l'amplitude), ainsi que le montrent les trois tracés suivants, recueillis pendant un accès, chez un homme âgé de 40 ans.
Fig. 100. — Sueur.
Il est important pour le diagnostic de reconnaître, dans l'intervalle des accès, c'est-à-dire en l'absence de toute manifestation morbide, que l'on est au lendemain et probablement à la veille d'un accès. On ne trouve pas toujours, en pareil cas, la rate grosse, ni les signes de l'anémie et l'on ne peut pas toujours examiner les urines. En l'absence de tout autre signe, le tracé du pouls peut quelquefois fournir un renseignement qui n'est pas sans valeur. Or, dans ce cas, le pouls est lent, à forte tension et tricrotc ou polyerote; ce qui indique ou la convalescence d'une maladie aiguë, ou que l'on est au lendemain d'une fièvre intermittente. Le tracé suivant a été recueilli dans ces circonstances (le cœur battait 52 fois par minute). Nous
avons pu ainsi contrôler l'assertion du malade el prédire l'accès prochain.
Hg. 101. — Jour intercalaire.
On comprend facilement de quelle importance, au point de vue de la thérapeutique, serait un pareil renseignement dans le cas de fièvre intermittente pernicieuse.
Les prédictions par le pouls ne sont donc pas un vain mot. Les anciens croyaient le fait possible, et ils tentaient de le réaliser à l'aide des seules indications fournies par le toucher. Leur imagination devançait le temps. Ce qui n'était qu'imaginaire alors peut être démontré scientifiquement aujourd'hui.
Pneumonie. — On peut se placer à des points de vue divers pour étudier le pouls de la pneumonie, soit que l'on observe les troubles apportés à la respiration et par suite a la circulation, soit que l'on étudie la marche delà fièvre et du processus morbide.
Dans une pneumonie régulière, à évolution normale et légitime, le pouls marque les différentes phases de la maladie. Rarement il est donné à l'observateur d'assister au début de la maladie, c'est-àdire au frisson initial, qui doit donner au pouls une apparence toute spéciale. Nous ne pouvons point fournir d'exemple se rapportant à ce type; mais on peut toujours étudier le pouls dans les trois états suivants :
l'iNEUMOMK. 159
1° Période d'état ;
2° Période de défervescence ;
5° Convalescence.
Si l'on jette les yeux sur les trois tracés qui suivent, on sera frappé des différences qu'ils présentent et qui marquent nettement la marche rapide de la maladie vers la guérison. Le changement soudain de la forme et delà fréquence du pouls dans un intervalle de vingtquatre heures, coïncide avec la défervescence brusque, qui est le caractère le plus significatif de la pneumonie. Ici, il n'y a pour ainsi dire pas de transition, et la maladie passe subitement de l'état fébrile à l'état de défervescence, alors même que les signes fournis par l'auscultation indiqueraient encore un certain travail de réparation progressive, qui survivrait à la cessation des symptômes généraux. Aucune description, si claire, si nette qu'on la puisse supposer, ne peut entrer en i omparaison avec l'évidence de la démonstration fournie aux yeux par le travail de l'instrument enregistreur ou par le tableau graphique des températures.
Chez un homme de 57 ans, au septième jour d'une pneumonie franche, le pouls était encore fébrile (ample, fréquent et franchement dicrote).
Fig. 10'2. — Pneumonie, 7" jour.
\jC lendemain, huitième jour de la maladie, suivi en I la défervescence brusque et délinitive; le pouls
change complètement de caractère : il se montre relativement lent et a perdu le dicrotisme franc pour devenir polyerote.
Fig. 103. — Défervescence.
Quatre jours après, la convalescence se montrait franchement; le pouls était devenu très-lent (50 pulsations),d'un polycrotisme large et très-accentué, et un peu irrégulier. (Voy. le chapitre de la Convalescence.)
Fig. 104. — Convalescence.
Il en est tout autrement dans les pneumonies graves, alors que la maladie marche vers une terminaison fatale, ainsi que le montrent les tracés qui suivent. Chez un homme de 50 ans, atteint d'une pneumonie grave, au quatrième jour, le pouls était fréquent, petit, inégal, troublé par la gêne de la respiration ;
Fig. loô. — Pneumonie grave.
une violente dérivation sur l'intestin obtenue à l'aide du tartre stibié donna une amélioration passagère.
Fig. ÏOrt '— Action deTèrrièHiquo.