LNSUFF1SANCE AORTIQUE ET MALADIES DE L'AORTE. 26Ô
Lorsque survient l'affaiblissement du cœur dans les derniers moments de la vie, avant même l'agonie proprement dite, le pouls devient plus petit et n'offre presque pas de caractères indicateurs de la maladie.
Sur un homme âgé de 44 ans et qui succomba à une insuffisance aor tique , avec hypertrophie du cœur, lésions reconnues à l'autopsie, le pouls présentait, d'abord, des caractères extrêmement marqués :
Fig. 358.
Ces caractères s'étaient affaiblis et avaient presque complètement disparu à la veille de la mort :
Fig. 359.
Nous retrouvons une déformation analogue à la fin de la série suivante.
Le sujet de l'observation est un homme de 58 ans qui a succombé aux suites d'une affection aortique avec légère insuffisance, sans lésions des valvules signioïdes de l'aorte. A l'autopsie on trouva un état d'induration de l'aorte avec ulcérations, dépôt crétacé (ai-
2iM MALADIES DU CŒUD.
sa 1 1 ( saillie, large dilatation ampullaire de l'aorte, près du cœur (sorte d'anévrysnie). Le cœur, énormément hypertrophié, avait des parois de 2 centimètres et demi au ventricule gauche; son poids total était de 050 grammes. L'orifice mitral était légèrement induré.
On peut voir, par cette série de pouls recueillis pendant une période de un mois, combien le pouls est variable chez un même sujet, suivant les différentes circonstances naturelles ou artificielles que nous allons indiquer.
Le premier tracé est remarquable par l'amplitude et la verticalité de l'ascension.
MMUM
Fig. 360.
Le deuxième tracé reproduit un des types communs des affections aortiques :
Fig. 361.
Le troisième tracé montre la déformation obtenue par une forte pression du ressort :
INSUFFISANCE \ORTIQUE ET MALADIES DE L'AORTE. l207
Le quatrième tradé est recueilli sur le bras levé vertiealemenl :
Fig. 363.
A la veille de la mort, le cœur était épuisé (asystolie); le pouls était déprimé et déformé.
Fig. 364.
Lorsqu'un état fébrile violent intervient, par exemple sous l'influence d'une pneumonie, le pouls de l'insuffisance aortique peut perdre tous ses caractères, et ne se présenter que sous la forme d'un pouls fébrile dicrote, ainsi qu'on le verra par les tracés qui suivent.
La fièvre a fait disparaître iei le caractère spécial du pouls.
Fig. 365. — Sans lièvre.
Fig. 36(i. — Avec lièvre.
Chez un homme de 59 ans, atteint d'une affection aortique avec hypertrophie du cœur sans intermittence habituel le, su rvient u ne pneumonie qui modifie considé-
Fig. 307. — Pouls avant la pneumonie.
l aidement les caractères du pouls ; il devient fréquent, irrégulier, sous l'influence de la fièvre et de la gêne respiratoire.
Fig. 568 — Pouls modifié par la pneumonie.
Pendant la convalescence cette irrrégularité prit le type géminé.
Fig. 309. — Convalescence. Pouls géminé.
Complications ultimes. — Lorsque surviennent des complications ultimes, et que la circulation s'embarrasse, le pouls perd ses caractères spécifiques et devient irrégulier, petit, inégal.
Chez un vieillard de 71 ans, qui a succombé à une cirrhose avec emphysème pulmonaire, accompagnée d'une hypertrophie du cœur, sans lésion des orifices,