INSUFFISANCE VORTIQUE ET MALADIES DE L'AORTE
le pouls offrait d'abord les caractères de la sénilité modifiés et amoindris, à la vérité, par la fièvre.
Fig. 370.
Dans" les derniers temps de la vie, le pouls était devenu petit et irrégùlier.
Fig. 371.
Poids comparés de la radiale et de la carotide et tracé càrdïographique. — On peut recueillir le pouls dans l'insuffisance aortique, sur d'autres artères que la radiale, et l'on v retrouve les mêmes caractères accusaleurs de la maladie; on y retrouve également les variations du type.
Sur un homme de 51 ans, atteint d'une insuffisance aortique, on recueillit les tracés de la radiale, de la carotide et du cœur lui-même.
Fig. 372. — Pouls radial.
MA LA MES 1)1 CŒUIl.
Fig. 375. — Tracé de la carotide recueilli par le polygraphe.
On trouvera des exemples semblables dans une publication récente faite sous l'inspiration de M. Marev, par MM. Liouville et Tridon. (Ârchiv. dephys., 18G8.)
liétrécissement aortique. — Le rétrécissement aortique, sans signe d'insuffisance, est rare. On le comprend difficilement; cependant il en existe des exemples cliniques, et l'autopsie a quelquefois confirmé ce diagnostic. 11 est important de rechercher si l'instrument enregistreur fournit quelques signes à ajouter à ceux qui permettent de formuler un semblable diagnostic. Bien que nous ayons eu rarement l'occasion d'observer des cas semblables, et que par conséquent nous soyons tenu. à une grande réserve dans nos appré-
RÉTRÉCISSEMENT àORTIQUE. 27 1
dations personnelles, cependant il nous a paru que le sphygmographc pouvait, dans ces cas, rendre quelques services.
M. Marey s'exprime ainsi sur ce point (1) :
« On peut aussi, dans bien des cas, constater un changement dans la manière dont le sang pénètre dans le système artériel.
« L'ondée sanguine franchit plus péniblement l'étroit passage ventrieulo-aortique ; de là résulte un changement dans la forme du pouls artériel, qui présente une période d'ascension plus longue que de coutume. Cela se traduit, dans le tracé, par une courbe au lieu d'une ligne verticale, au début de la pulsation. »
M. Marey donne un tracé recueilli sur le schéma, et trois tracés pris sur l'homme ; hien que la théorie indiquée soit satisfaisante, les tracés ne sont pas suffisamment probants.
Il était donc désirable que ces expériences et ces observations lussent continuées jusqu'au moment où l'on rencontrerait des exemples plus démonstratifs. Les tracés que nous donnons nous paraissent combler celte lacune.
Un malade, âgé de 55 ans, présentait, à l'auscultat ion du cœur, un souffle rude, prolongé, qui occupait le premier temps et le petit silence, à la base. Il existait un frémissement cataire qui se sentait Irès-nettement à la main dans la partie supérieure du sternum. On n'entendait aucun bruit anomal au second temps. Cette maladie paraissait être survenue à la suite d'un rhumatisme articulaire aigu.
(1) Marey, l'hysiolofiic médicale de lu circulation du sâng, p. &01.
m MALAMKS DU CŒUR.
Or, chez ce malade, le pouls présentait sur le tracé sphygmographique des caractères rarement observés, et qui appelaient une interprétation.
Nous ayons recueilli sur ce malade un grand nombre de tracés, parmi lesquels nous en avons choisi trois, qui montrent les caractères de la maladie de plus en plus et graduellement accentués. Ils ont une physionomie commune, et qui les différencie immédiatement de toutes les autres formes connues du pouls.
Le tracé, dans son ensemble, est arrondi et présente une montée oblique, et non verticale. On n'y voit pas du tout la brusquerie, l'ampleur, la verticalité, le crochet, le plateau horizontal ou descendant ou curviligne, de l'insuflisance aortique, ou pour mieux dire des affections aortiques.
Le premier tracé est le moins caractéristique ; on y retrouve cependant déjà des indications d'une certaine valeur :
Fig. 570.
A la vérité, ce tracé a été recueilli au moment où le malade était atteint d'une affection fébrile accidentelle, qui modifiait momentanément l'état habituel de sa circula lion.
Le deuxième tracé est bien plus caractéristique ; ou
RÉTRÉCISSEMENT AORTÏQUE. 27">
y lit, pour ainsi dire, le trouble mécanique, et l'on peut l'interpréter de la manière suivante : le premier mouvement donne lieu à une ascension produite par l'impulsion communiquée à toute la colonne sanguine, mais un obstacle arrête ce mouvement qui se continue alors sous la forme d'une ascension lente et trèsoblique :
Vig. 377.
Le troisième tracé donne ces caractères pour ainsi dire à leur maximum :
ViA 378
Le tracé qui suit est moins intéressant, cependant il offre cette particularité qu'il fut recueilli sur un jeune bomme de 18 ans convalescent d'un rhumatisme articulaire aigu, et qui présentait les signes cliniques du rétrécissement aortique.
Fijr. 37«.
Un bomme Agé de 56 ans entra ;i l'hôpital Saint- Antoine, dans les premiers jours du mois de noVém-
LoRAtS. — Pouls. 18
lue 18G8. Il était très-oppressé, sans sommeil, prthopnéique. Ses poumons étaient engoués; ii avait un peu d 'œdème des jambes. Jl nous affirma n'avoir jamais en de rhumatisme articulaire aigu. Oppressé depuis longtemps, il venait à l'hôpital pour la première fois. On entendait un souffle à l'orifice aortique. La digitale administrée à dose de 0sr,50 (poudre) n'amena aucun soulagement, et le malade quitta l'hôpital au bout de quelques jours. Il y rentra vers le 22 novembre, et il succomba sous nos yeux, le 20 novembre, pendant la visite.
Voici les observations qui furent faites sur ce malade :
Lors de son premier séjour, on reconnut facilement l'affection du cœur. Cet organe offrait un volume énorme accusé par une matité étendue. On entendait distinctement un souffle* dominant au premier temps et à la base, vers le sternum. Par moment on doutait qu'il y eut souffle au premier temps. Le siège et le temps indiquaient, une Affection de l'orifice aortique, et, en poussant plus loin la spécialisation, on était tenté d'affirmer un rétrécissement de l'orifice aortique. Cependant un pareil diagnostic ne pouvait être établi sûrement par l'auscultation seule. Rien n'est plus rare que le souffle unique au premier temps à la base, à moins qu'il ne s'agisse d'une anémie ou d'une fluxion rhumatismale aiguë du cœur. Autrement, une vieille maladie du cœur avec un souffle rude et prolongé au premier temps, à la base du cœur, est l'exception. Ce sont habituellement deux souffles que l'on entend, l'un