DE LA
PHTIIISIE PULMONAIRE
PENITENCIER SAINT-JEAN
Une mortalité considérable, toujours croissante et presque uniquement due à la phthisie pulmonaire, se fait remarquer depuis quelques années dans la maison d'éducation correctionnelle de Bordeaux, dite Pénitencier Saint-Jean. Cette mortalité qui, du P" octobre 1857 au P'^ octobre 1858, s'est élevée au chiffre énorme de trente-neuf décès sur trois cent quatre-vingt-treize détenus (environ 10 p. %), se subdivise de la manière suivante :
Vingt décès au Pénitencier Saint-Jean, pour cent trente-trois enfants (15 p. %); — quatorze à la Colonie de Villenave-d'Ornon, sur un chiflfre
de cent quatre-Aàngts (7,77 p. %); — cinq au Pénitencier de la rue Mercière, oîi se trouvent réunies quatre-vingts filles (6,40 p. %).
Ces différences, très-sensibles en faveur de la Colonie et du Pénitencier des filles, deviennent plus saisissantes quand on calcule que les quatorze enfants morts dans la Colonie y étaient arrivés atteints, pour la plupart, d'une affection, qui s'était développée au Pénitencier Saint- Jean.
Il est donc urgent de remonter à la source de ce déplorable état de choses, car dans toutes les maisons correctionnelles de jeunes détenus, notamment dans les établissements de Mettray et de Perrache, la moyenne des morts n'est que d'un sur trente pour les enfants de neuf à quinze ans (3,33 p. %), et de trois sur cinquante-deux pour les enfants de seize à vingt ans (5,80 p. %) (1).
La mission dont je suis chargé est aussi sérieuse que délicate; je m'efforcerai cependant de n'y pas faillir, bien que les questions, formulées par l'administration préfectorale, m'imposent le pénible devoir de procéder aux investigations les plus minutieuses, dans tous les services d'un de ces établissements où il existe trop souvent des inconnues difficiles à pénétrer.
(1) ViLLERMÉ. De la mortalité dans les prisons.