DEUXIÈME QUESTION
La mortalité provient-elle d'un excès de travail?
Le lever des détenus, à cinq heures, hiver comme été, est suivi de la prière en commun et d'une courte lecture; puis vient la récitation, par tous les enfants sans exception, d'un chapitre du catéchisme.
A six heures, ouverture des ateliers; A six lieures et demie, déjeuner;
A sept heures, corvée générale de propreté ;
A huit heures, rentrée dans les ateliers ;
A midi et demi, dîner suivi d'une récréation de demi-heure;
A une heure et demie, classe;
A trois heures, travail dans les ateliers;
A sept heures • et demie, lecture spirituelle et prière du soir;
A huit heures, souper et coucher.
Telle est, d'après le règlement, la distribution de la journée, soit :
Dix heures de travail dans les ateliers ;
Une heure et demie de classe;
Une heure et demie de lecture , récitation ou prière ;
Une heure et demie pour les trois repas;
Demi-heure de récréation.
Je me rendais, il y a quelques années, dans notre prison départementale , ayant pour mission de rechercher quelles pouvaient être les causes du scorbut qui se manifestait chez la plupart des prisonniers; après m' être adressé vainement au régime alimentaire des détenus , à la nature des travaux auxquels ils étaient soumis , aux conditions hygiéniques des cellules, je désirai visiter les promenoirs et, vu leur nombre très-restreint,
j'arrivai à découvrir que chaque prisonnier pouvait se promener à peine une demi-heure par jour. Ce temps consacré à la promenade était évidemment insuffisant; je demandai la suppression des promenoirs et leur transformation en une cour spacieuse oii les détenus pourraient circuler une heure sur vingt-quatre. Ce conseil fut suivi, et les affections scorbutiques disparurent de la prison départementale.
Eh bien ! ce qui était nécessaire pour des adultes, ne l'est-il pas à plus forte raison pour des enfants? Et le remède que je proposais d'opposer au développement de l'affection scorbutique, fautil hésiter à l'appliquer aussi à cette autre altération des liquides qu'on appelle la scrofule et la tuberculisation?
Que la récréation des jeunes détenus, vu leur âge, soit donc allongée d'une demi-heure matin et soir, car leur journée de travail n'est pas moins longue que celle des ouvriers ou des laboureurs de nos campagnes qui ont pourtant, de plus qu'eux, la force, le grand air et la liberté !