‹ Etudes de médecine et d'hygiène publiqueChapitre 27 sur 48 · QUATRIÈME QUESTION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME QUESTION

La mortalité provient-elle de 'punitions corporelles exagérées^

Il résulte des informations prises à cet égard que le pain sec n'est qu'exceptionnellement infligé; c'est une bonne et sage coutume, car il y aurait un véritable danger au renouvellement trop fréquent de cette punition , surtout pour les enfants qui exercent des travaux pénibles.

Les arrêts consistent dans l'application de l'enfant contre le mur, les yeux bandés, pendant tout le temps que dure la récréation. La punition est certainement bien bénigne; cependant, sa répétition habituelle pourrait la rendre nuisible à la santé des enfants, en les privant trop longtemps de l'exercice libre du corps et d'un délassement d'esprit qui est indispensable. Cette pensée restrictive m'est, d'ailleurs, inspirée par l'article 13 du règlement, ainsi conçu : ■

« Un journal de comptabilité morale mentionne « les notes recueillies chaque jour, par le gardien- « chef et les surveillants, sur la conduite des « jeunes détenus.

« Ce journal, tenu par le directeur-adjoint, sert « à classer les enfants chaque quinzaine : en

« récompense, en épreuve, ou en punition; trois « catégories, qui se subdivisent : en première et « deuxième récompense, en première et deuxième « épreuve, en première et deuxième punition, « pour mieux préciser les diverses nuances du « mérite ou du démérite. »

Si le classement dans la première et deuxième catégorie de punition annonce que des enfants ont pu être condamnés aux arrêts pendant une quinzaine, il y aurait lieu pour l'avenir de faire abréger la durée de cette punition.

Encellulement. — Les réflexions qui précèdent doivent s'appliquer à F encellulement bien plus encore qu'aux simples arrêts, car la cellule de punition n'est pas dans des conditions convenables d'hygiène et de salubrité. Il nous a été d'autant plus facile de nous en rendre compte que nous y avons trouvé enfermé, depuis vingt-trois jours , un détenu qui avait pris part à une révolte récente.

Cette cellule a environ deux mètres de longueur sur un mètre de largeur. Elle reçoit l'air d'une simple fente sur le corridor, et le jour d'une toute petite fenêtre qui donne sur le jardin des Dames de V Espérance , et qui, par conséquent, ne peut jamais s'ouvrir. Un matelas et deux couvertures sur le plancher, un vase de nuit qui contenait des matières fécales : voilà tout le mobilier! Ai-je be-

soin d'ajouter que l'air y était à peine respirable?

Plus de jour; un air plus pur et plus facilement renouvelable ; une sorte de chaise percée dont on pourrait enlever le vase plusieurs fois par vingtquatre heures, sans entrer dans la cellule ; enfin, une installation tout à fait analogue à celle de la prison départementale : voilà quelles sont les modifications qu'il est indispensable d'introduire d'une manière immédiate dans la cellule de punition.

Les châtiments corporels sont absolument interdits, mais il est douloureux de savoir, et pénible de dire, qu'on ne tient nullement compte de cette défense. Ne voulant entrer, à cet égard, dans aucun détail, je m'en réfère, comme étant de la plus grande urgence, à l'exécution stricte et rigoureuse du règlement.

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