SEPTIÈME QUESTION
La mortalité provient-elle du séjour des enfants dans une infirmerie imparfaite^ ou du défaut de visites et d'observations médicales ?
Au premier étage, près du principal dortoir, on trouve une petite chambre carrelée où l'air pénètre par quatre ouvertures , deux fenêtres et deux portes : c'est l'infirmerie. Elle contient six lits presque constamment occupés par des phthisi-ques, qu'on dirige sur l'hôpital lorsqu'ils sont arrivés au dernier degré du marasme et que leur existence est près de s'éteindre. Aussi voiton figurer onze jeunes détenus en 1857, et douze en 1858, sur les registres de l'hôpital Saint-André, c'est-à-dire vingt-trois admission suivies de vingt-trois décès.
Dans l'infirmerie, oîi l'on ne fait du feu que pendant l'hiver, nous avons trouvé, par une température froide et humide , quatre pauvres petits phthisiques qui grelottaient, les jambes nues , près d'une fenêtre devant laquelle ils étaient occupés à filer de l'étoupe.
Il est triste de voir des enfants malades souffrir ainsi du froid, et je me demande s'il ne conviendrait pas, vu les brusques variations atmosphériques de notre climat, que le costume d'été
fût pris le P'" juin pour être quitté dès le 15 septembre ; que le costume d'hiver fût conservé tout le reste de l'année, avec addition d'une camisole et de bas de laine pendant les trois mois les plus froids ; enfin que ces additions fussent de droit accordées à tous les détenus qui ne jouissent pas d'une bonne santé.
Au Pénitencier, les soins médicaux sont aussi éclairés que consciencieux ; mais, quand la prescription du médecin est faite, il n'y a ni infirmier, ni soeur de charité pour en faire l'application avec intelligence.
Pour ces motifs , il y a urgence à ce que tous les malades soient transportés à l'hôpital Saint- André dès l'apparition des premiers symptômes, et qu'ils y demeurent jusqu'au jour où ils pourront recevoir à la campagne, dans une vaste infirmerie, bien saine , bien aérée et bien chauffée, les soins que leur état réclame.