‹ Etudes de médecine et d'hygiène publiqueChapitre 45 sur 48 · ANNÉE · texte numérisé non relu

ANNÉE

Conseil central d'hygiène publique et de salubrité , séance du 17 septembre 1873.

Si vis paceni parabellum.

TiTE-LiVE.

Au mois d'août 1871, M. le docteor Fauvel, inspecteur général des services sanitaires, étudiant devant l'Académie de médecine la marche du choléra en Europe, annonçait comme probable l'apparition en France de ce fléau pour le printemps ou pour l'été de 1872. Si l'échéance de ses prévisions a été différée d'un an, parce qu'il ne saurait y avoir rien d'exact et de mathématique dans les tristes pérégrinations d'une maladie aussi cruellement capricieuse, on ne peut néanmoins s'empêcher de reconnaître que ses apprëliensions

étaient fondées, et qu'elles avaient pour base une expérience éclairée ainsi qu'une étude approfondie de la question.

Ce sage avertissement dut naturellement éveiller partout la sollicitude des administrations , et c'est certainement par lui , Messieurs , que fut inspirée la lettre du 29 août 1871, dans laquelle M. le Maire de Bordeaux priait M. le Préfet de réclamer le concours éclairé du Conseil d'hygiène pour la recherche des diverses causes d'insalubrité qui peuvent exister dans la ville de Bordeaux.

Depuis cette époque, plus de dix-huit mois se sont écoulés , et comme nous avons constaté qu'on n'a pas encore donné de solution véritablement pratique à plusieurs de nos conclusions , nous devons plus que jamais insister pour qu'on exécute, sans délai, ce qui est immédiatement applicable.

L'ennemi est actuellement à nos portes et d'un instant à l'autre il peut faire invasion chez nous; aujourd'hui, il s'agit donc moins de questions d'hygiène et de salubrité publique à longue portée, que d'une intervention directe, sous la forme de mesures préventives, d'organisation de secours et de conseils à donner aux populations. N'est-ce pas d'ailleurs faire acte de prudence que de nous comporter comme s'il était certain

que l'épidémie dût nous atteindre ? Si nous nous trompons, ce que Dieu veuille! nous n'aurons rien à nous reprocher, tandis que l'erreur inverse ne nous laisserait pas la même tranquillité de conscience.

Déjà, dans une réunion provoquée par la haute sollicitude de M. le Préfet, nous avons fait une proposition qu'il a accueillie avec bienveillance, appuyée avec chaleur, et que M. le Maire de Bordeaux, grâces lui en soient rendues, s'est empressé de mettre à exécution. Je veux parler de ce récent arrêté instituant autant de commissions auxiliaires qu'il y a de bureaux de secours, et nommant une commission centrale d'hygiène chargée de donner son avis à l'Administration municipale sur toutes les mesures à prescrire en vue de la salubrité de notre ville.

Il était nécessaire, pour que le caractère spécial de notre proposition ne pût pas être dénaturé, que le but poursuivi par les commissions auxiliaires fût parfaitement défini ; aussi M. le Maire a-t-il eu la déhcate attention, dont je le remercie au nom du Conseil, non-seulement de donner à l'un d'entre nous la vice-présidence de cette Commission, mais encore de confier à notre collègue, le d'" H. Gintrac, médecin des épidémies , à M. Perrons, président de la Société de médecine et de chirurgie, ainsi qu'à votre vice-président, le

soin de rédiger une instruction qui sera comme le vade mecum de chacun des membres de ces commissions.

Bien que ce programme ait été lu déjà dans une autre enceinte, je crois essentiel de le transcrire ici, non-seulement parce qu'il est pour ainsi dire la formule exacte de notre pensée mais encore à cause de son utilité pratique.

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