‹ Etudes de médecine homoeopathiqueChapitre 14 sur 116 · CHAPITRE II. — TRAITEMENT DE IA BLENNORRHAGIE CHEZ L'HOMME · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — TRAITEMENT DE IA BLENNORRHAGIE CHEZ L'HOMME

54. L'espèce de gonorrhée la plus simple (mais aussi la plus rare) guérit d'elle-même lentement par un lion régime hygiénique, sans l'intervention de Pari.

55. — Les plus violentes (et aussi les plus fréquentes) se calment la plupart du temps par les seuls efforts de la nature ; mais leur guérison est plus heureuse, plus prompte et plus facile, lorsqu'on emploie les moyens de traitement convenables. Celui-ci est fixé sur les indications curatives .suivantes : Calmer l'inflammation et la douleur; arrêter les suites de l'irritation morbide; aider l'action de la nature ; expulser le virus, et, dans quelques cas, exciter la fièvre. Nous n'aurions pas besoin de ces indications multiples, si le spécifique de la gonorrhée nous était connu.

56. — On pourrait éviter bien des gonorrhées si l'on avait soin de laver la verge, et de faire des injections de

lai t (1) tièdcaussilùtaprès l'infection, ou dans la première période de la maladie; ce que j'ai vu souvent réussir.

57. — Mais ordinairement on ne vient réclamer nos conseils qu'au moment où les douleurs y contraignent les malades, c'est-à-dire quand la maladie est arrivée à sa deuxième période.

58. — On ordonne alors habituellement un régime doux et végétal; on proscrit les aliments salés, les boissons spiritueuses, lesépices (surtout le poivre, l'eau-devie, les viandes marinées, les poissons conservés dans la saumure et de haut goût), la viande de cochon, la graisse, et tous les aliments d'une digestion difficile. On recommande aussi de ne pas trop manger au repas. Le médecin recommande debaignerfréqucmmentle membre viril , et de se laver avec du lait tiède.

59. — Quant au traitement spécial de la gonorrhée, il consiste à diminuer l'inflammation superficielle du canal de l'urètre, et à rendre celui-ci insensible à l'irritation vénérienne (ce qui est l'indication capitale dans la seconde période). Dans cette intention, on injecte dans le canal des liquides ayant cette double vertu, en ayant soin de les faire pénétrer jusqu'au siège de la gonorrhée. On peut employer une injection composée de trois grains d'opium dissous dans trente gouttes d'esprit de nitre dulcifié, et môles à une once d'eau , dans laquelle on a fait fondre trois grains de sucre de Saturne. On introduit avec précaution dans le canal un petit siphon d'élain long de un pouce et demi , et dont l'extrémité

(1) Ou mieux encore, suivant le conseil de Girlanner, en faisant des injections d'eau de eliaux, lesquelles, selon lui, étouffent le mal dans son germe. I/aclion de ce moyen indiquerait-elle que le virus vénérien est acide de sa nature? Au lieu d'eau de chaux, on peut prendre encore une solution affaiblie de niirale d'argent.

Page 1