Quand il existe delà constipation, on donne
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seulernentdes lavements de miel et d'eau; on peut même les éviter parfois en faisant manger des fruits au malade.
62. — Pour diminuer les érections nocturnes, il faut donner au malade uï) fyain de pieds d'une demi-heure, et lui faire prendre quelques gouttes de teinture d'opium avant qu'il aille se coucher ; le faire dormir sur le côté, sur un matelas élastique, lui conseiller d'être peu couvert, et d'habiter une chambre fraîche.
63. — Dans les cas ordinaires, le malade doit continuer ce traitement, jusqu'à ce que la douleur de brù«r lure en urinant soijL changée eyi un prurit léguer, et que le gland ai), perdu sa couleur rouge et sa transparence ; enfin que réefijjjpipent ait changé sa couleur spéciale, et qu'il soit peu abondant, visqueux jet incolore.
64. — Ce résultat peut être obtenu dans l'espace de six à huit jours, si le traitement est bien conduit.
65. — Mais ce traitement n'est pas généralement employé; on a même soin dans la blennorrhagie simple de le remplacer par une foule de moyens qui sont beaucoup trop nombreux pour être efficaces, et parupe multitude de manœuvres , qui font souvent d'une gonorrhép très simple une maladie de mauvaise nature , et parfois interminable.
66. — Parlant de celte opinion que le virus vénérien est la cause fondamentale de lagonorrhée, on a de temps à autre recommandé le mercure, comme l'antidote spécial de cette maladie.
67. — En cela on ne consultait pas assez l'expérience, et Ion ne réfléchissait pas qu'il n'y a aucun spécifique de la gonorrhée, et que le mercure ne saurait agir comme tel, parce que le virus porté sur unue surface naturellement sécrétante, comme est la membrane mu-
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queuse de l'urètre, l'irrite d'une manière pour ainsi dire mécanique; et qu'ainsi le spécifique antivénérien ne peut agir sur une membrane qui se trouve lout à fait en dehors de sa sphère d'action. La blennorrhagie est une affection purement locale.
68. — Plusieurs faits prouvent surabondamment cette vérité. Aiflsi un homme qui venait d'être guéri d'un chancre et d'un bubon par le mercure contracta une gonorrhée en s'exposant à une nouvelle infection. Or ceci n'aurait pas eu lieu si l'irritation bleiinorrhagique avait pu être atteinte par ce médicament ; car, tant que les liquides de l'économie auraient été imprégnés de ce métal , l'infection n'aurait pas été plus possible dans ce cas qu'elle ne lest avec le pus vénérien d'un chancre. On a vu aussi des gonorrhées reparaître pendant un traitement mercuriel, et passer à l'état d écoulement secondaire.
69. — On n'a jamais retiré aucun avantage du mercure dans le traitement de la gonorrhée simple; aussi est-il tout à fait inconsidéré d'affaiblir le malade avec ce mélaj , qui est souvent très nuisible. On a vu, par exemple, après l'administration de fortes doses de mercure doux , comme après celle d'autres purgatifs drastiques, l'irritation des parties génitales augmenter beaucoup, amener une inflammation violente, le gonflement du testicule et des glandes de l'aine, etc.
70. — Peyrilhe a recommandé son sel ammoniac aussi bien contre la i^a^die vénérienne que contre la gonorrhée, et il en a fait un spécifique de ces maladies. Il est nécessaire que l'observation vienne confirmer cette donnée. Cependant, Murray a vu ce sel donné à Tintérieur produire l'arthrite blennorrhagique, la strangurie et l'hématurie.
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71 . — Nous ne connaissons donc aucun spécifique (I) véritable de la gonorrhée; c'est ordinairement la nature qui fait les frais de la guérison , mais elle ne triomphe que lentement et avec peine ; c'est elle qui éloigne tous les obstacles, aussi devons-nous mettre tous nos soins à seconder ses efforts.
72. — Elle amène ordinairement une abondante évacuation de mucosité, sans doute dans le but d'expulser peu à peu le virus blennorrhagique qui s'y trouve adhérent, et aussi pour l'étendre de manière à le rendre inactif.
73. — Mais cet effort de la nature est souvent insuffisant et pénible, dégoûtant et ennuyeux ; car en même temps que la sécrétion urétrale est augmentée, le virus continue à irriter spécifiquement la membrane muqueuse, jusqu'à ce que le siège naturel de la maladie s'habitue à cette sorte d'excitation et y devienne insensible, ce qui fait que le virus montre moins sa puissance, faute d'une excitation objective de caractère spécial, et qu'il cesse d'agir alors que la sensibilité de l'urètre s'émousse et que l'écoulement cesse ou diminue.
74. — On ne peut s'étonner do voir la marche de cette action de la nature être très Tente, et s'accompagner d'une foule de douleurs, de gonflement, d'inflammation, de spasme , accidents qui réclament tous les secours de l'art. On regrette alors de n'avoir pas toujours choisi la meilleure route , d'avoir manqué à la première de toutes les indications, qui consiste à épuiser
(1) On pourrait cependant considérer comme tel le liquide dont j'ai donné plus haut (§ 59) la composition, ou un autre analogue, lequel, porté sur la partie antérieure du canal de PurMre, produit les résultats les plus rapides et les plus heureux.
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sur place l'inflammation et l'irritation locale. Autrefois on s'attaquait, à tort , au virus et à l'inflammation que l'on cherchait dans la masse du sang, dans les premières voies, dans tout l'appareil urinaire, e(c.
75. — 11 ne serait pas utile de passer en revue tous les moyens qu'on a employés de ce point de vue, moyens qui furent inutiles ou dangereux.
76. — Les laxatifs , les salpêtres , les bains , les saignées, paraissent à première vue devoir être recommandés de préférence , et cependant leur usage, loin d'êlre général , ne peut être que très rare et renfermé dans de très étroites limites.
77. — C'est seulement dans la période franchement inflammatoire d'une gonorrhée , et encore très raromenl, que la masse du système circulatoire participe à cette maladie; d'où il suit que c'est seulement clans des cas très rares qu'il peut être utile d'ouvrir la veine. Un maître de l'art peut seul déterminer dune manière précise l'utilité de ce moyen.
78. — Je ne sais pas ce qu'il faut dire des saignées répétées dans le traitement de la blennorrhagie ordinaire ; mais je sais bien que dans la gonorrhée ordinaire et bénigne, les émissions sanguines, en affaiblissant l'organisme, le prédisposent aux écoulements secondaires les plus tenaces, et que dans les gonorrhées malignes, dans lesquelles l'irritabilité et la faiblesse causent les symptômes les plus dangereux , les saignées, surtout les saignées répétées , augmentent les accidents jusqu'au degré de gravité la plus grande. Les émissions sanguines locales peuvent être employées avec des avantages nombreux et certains, comme je le dirai plus lard.
79. — Une faut pas, dans la blennorrhagie simple, prodiguer inutilement les bains entiers et tièdes, parce
qu'île enlèvent beaucoup do force an malade. Ils sont, au contfaîfe, 1res importants dans les accidents inflammatoires et quand il existe une grande excitation morbide.
80. — Le nitre est un moyen très recommandé par les sy^hiliôgniphés français. Du moment que l'on traite une gonorrhée, il faut, d'après eux, recourir au rafraîchissant général , le salpêlfc. Sans rechercher ce qu'il peut y avoir de vrai ou d'erroné dans les vertus rafraîchissantes de ce sel, l'expérience enseigne que s'il est pris en masse pendant la période inflammatoire, il cause toujours quelque lésion, en raison de la grande irritation qu'il engendre dans les voies urinaires. On ne peut nier qu'il n'affaiblisse lé corps d'une façon en quelque sorte spécifique, et qu'il n'amène les accidents consécutifs de cette faiblesse. J'ai vu des indigestions, une fièvre locale, un écoulement secondaire tenace, être la suite de l'administration intempestive de cet agent.
81. — On peut émettre une opinion semblable relalivëfriéfrt à l'emploi des autres composés salins. L'usage des èels purgatifs doit , en raison môme de l'irritation et de la faiblesse qu'ils peuvent causer, être limité aux cas dans lesquels les lavements d'eau et de miel ne produisent aucun effet. Le sel de Glauber, donné par doses fractionnées , remplit le même but. L'embarras gastrique est combattu avec le meilleur résultai par des vomitifs doux qui enlèvent l'irritation des organes génitaux, tandis que les sels laxatifs l'excitent.
82. — Les purgatifs que l'on emploie très fréquemment dans la gonorrhée sont beaucoup plus dangereux encore4. L'augmentation des symptômtes inflammatoires dont les organes génitaux sont le siège, l'interruption
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de l'écoulement avec tous les dangers qui l'accompagnent, l'orchile, l'inflammation du périnée, le f>riapismë, etc., sont lès stiites ordinaires de leur emploi. La racine et la résine de jalap1, la gôfti'rtïe-gutte, la scammotiéé, l'agaric femelle, la coloquinte, les extraits purgatifs (extr. pafench^m.catlïol.), surtout l'afoès et ses composés, sont dans ce cas.
83. — Il y a eheofe un autre ordre de médicaments empiriques, qui arrêtent brusquement les écoulements. De ce nombre softt l'os de sèche, l'huile d'olive mêlée au jus de citron, l'alun, l'extrait de Saturne, etc., donné à l'intérieur. Ces remèdes, d'une part , sont nuisibles pour l'organisme entier, et de l'autre ne sont soavent d'aucun secours.
84. — Il faut éviter aussi , dans la secondé période , les balsamiques de toute espèce, et foutes les iïijëclions astringentes el très irritantes, lesquelles sont très nuisibles et très dangereuses.
85. — Mais ce qu'il y a de plus dangereux encore, c'est l'horrible conseil qu'a donné l'immoralité la plus obscène, et qui consiste à dire : que si un homme atteint d'une blennorrhagie peut avoir commerce avec une jeune fille vierge, il sera débarrassé de sa maladie. Car, d'une part, la pauvre créature serait nécessairement infectée par le pus déposé dans ses organes génitaux , el de l'autre , le coupable verrait sa maladie aggravée el renouvelée, en même temps qu'il aurait le remords d'avoir aidé à sa transmission.
86. — Dans la troisième période d'une blennorrhagie ordinaire , c'est-à-dire aussitôt après la disparition complète de la douleiîf de brûlure en urinant, et de toutes les autres lésions de sensibilité , des érections douloureuses, lorsque l'écoulement a diminué, qu'il est
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presque incolore, filant et sans âcreté, on peut encore venir en aide à la nature de la manière suivante.
87. — Je veux parler ici seulement des blennorrhagies qui ont été négligées dans leur traitement, et pour lesquelles il est nécessaire d'agir ; car, pour celles qu'on a combattues activement dès le début, par un traitement local convenable, l'écoulerùent ne dure jamais ensuite plus d'une semaine, et s'apaise de lui-même au bout de ce temps.
88. — Les baumes , surtout ceux de copahu, de ïolu et du Canada (1), ainsi que les autres espèces de térébenthines , sont, dans ces cas, très utiles, en raison de leurs propriétés échauffantes, irritantes, et en même temps diurétiques et fortifiantes. On peut les donner mêlées simplement avec du sucre, ou tenues en suspension dans l'eau à l'aide d'un jaune d'œuf, ou sous forme de pilules. La dose varie de cinquante à cent grains par jour (2). Il faut bien se garder de les ordonner lant qu'il reste encore chez le malade des traces d'irritabilité.
89. — C'est au moment où Témulsion de graine de lin, la teinture thébaïque et les fomentations dirigées sur les parties génitales, ont fait cesser cette irritabilité, qu'on doit recourir aux baumes. Mais il faut, en même temps, rendre le régime plus fortifiant et plus nutritif.
90. — Si le traitement qu'on a employé a été très affaiblissant, ou si le malade se trouvait déjà avoir peu de forces, la troisième période de la gonorrhée traîne en longueur. On voit alors, api es la disparition de toutes
(1) Jah. Vierzigman avait d<5jà fail l'éloge de ce traitement dès 1695.
(2) Le signe le plus certain auquel on puisse reconnaître que les balsamiques ont été donnas trop tôt sont : l'apparition d'une rétention d'urine et le renouvellement de la douleur de brûlure pendant rémission des urines. 11 faut cesser l'emploi de ces médicaments aussitôt que ces nouveaux symptômes apparaissent.