INDURATION DU TESTICULE
enduite d'esprit de sel ammoniac. D'autres auteurs proscrivent absolument de semblables tentatives.
163. — Swédiâur recommande d'appliquer sur les testicules un cataplasme xhaud de racine de mandragore. Van Swiéten a recommandé l'usage d'un médicament composé d'une once de pierres d'écrevisses que l'on fait digérer dans un litre de vin d'absinthe , coinposé dont le malade doit prendre quatre cuillerées à soupe le matin et le soir* Aepli (de Diessenhofen) prétend avoir guéri un paysan porteur d'un testicule squirrheux et ulcéré, en lui faisant avaler quinze ou seize lézards crus , coupés en petits morceaux. Il faut toujours modifier l'état général avant de traiter le symptôme local.
164. — Quand l'amélioration arrive, la dureté de l'épididyme disparaît la dernière. Avant que le corps (lu testicule se résolve, il se ramollit (1), devient môme plug mou qu'il n'est à l'état normal, comme Hunier et moi l'avons observé.
165. — Lorsque toutes les tentatives ont été infructueuses, que le testicule est très douloureux au toucher, ou traversé par des élancements violents, etc., il reste encore la castration , que l'on peut pratiquer sans lier en masse le cordon spermatique. Mais si ce dernier est dur, noueux et épaissi au delà de son passage dans le canal inguinal, l'opération ne peut être pratiquée. Je dois dire toutefois que la dégénérescence cancéreuse est rare en pareil cas.
(1) il devient mou presque comme de la bouillie.
6/l TRAITÉ DES MALADIES VÉNÉRIENNES.
CHAPITRE IV. — DE LA BLENKORRHAGIE SECONDAIRE CHEZ L'HOMME ET DE SON TRAITEMENT..
166. — On appelle blennorrhâgie secondaire la persistance ou le retour d'un écoulement muqueux (1) urétral, alors que la douleur de brûlure en urinant et les érections douloureuses ont disparu depuis long- . temps.
167. — Des passions énergiques auxquelles on s'est abandonné, un exercice corporel trop violent, l'usage de^ boissons et d'aliments excitants, le retour trop prompt au coït (2), peuvent ramener l'écoulement. Toutes ces causes peuvent aussi transformer l'écoulement muqueux incolore de la gonorrhée secondaire en un écoulement purulent.
168. — Il n'y a pas de traitement absolu de la gonorrhée secondaire. Tel moyen qui avait été utile chez un malade est nuisible pour un autre: cela tient à ce que le mal ne relève pas d'une cause unique.
169. — Il est suffisant pour la pratique de reconnaître une gonorrhée due à l'irritation , une autre produite par la faiblesse générale ou locale, une troisième due à Virritation habituelle du canal, une autre entretenue par les ulcères urétraux, enfin une gonorrhée se-
(1) Il semble qu'il faudrait ajouter « et qui n'est point vénérien. » Mais la transmissibilité de la gonorrhée primitive et de la gonorrhée secondaire a été encore trop mal limitée par Jes auteurs, surtout quant à la gonorrhée secondaire, pour qu'il soit possible d'en tirer quelque conclusion pratique. Je dirai même que la durée de la blennorrhâgie secondaire dépend de sa nature vénérienne , je crois que l'écoulement est dû alors à la présence d'ulcères dans le canal de l'urètre.
(2) On reconnaît que le retour de l'écoulement est dû à l'abus du coït, et non à une nouvelle infection, à ce qu'il reparaît aussitôt après les rapports sexuels et ne s'accompagne d'aucune douleur.
DE LA. DLENNORRtUGIE SECONDAIRE CHEZ L1 HOMME. G5
condaire produite par des rétrécissements du canal. Il y a aussi une blermorrhagie scrofuleuse cl une blennorrhagie goutteuse.
170. — Le traitement de ces diverses espèces de gonorrhées ne serait pas aussi difficile si Ton pouvait rapporter sûrement chacune d'elles à la cause (1) qui la produit. Les signes différentiels suivants suffiront, je crois, en général.
171. — La gonorrhée secondaire due à l'irritabilité survient chez les personnes qui ont un système nerveux très excité et qui sont maladives, surtout lorsque, pendant la gonorrhée primitive, l'inflammation s'est étendue ' au delà de ses limites spécifiques, a envahi les parties voisiner où elle a causé des accidents graves.
172. — Il existe presque toujours, dans ces gonorrhées, une sensation insupportable qui n'a pas de siège fixe, et se trouve dans le canal de l'urètre. Les signes diagnostiques des autres écoulements secondaires ne se trouvent plus ici, le traitement habituel ne convient pas davantage, il cause même toujours de l'aggravation (2).
173. — Cette espèce de gonorrhée a ceci de spécial qu'elle s'aggrave, lorsque étant en voie de guérison, le malade fait usage de mercure, de lavements irritants ou de purgatifs; lorsqu'il boit souvent du thé, qu'il s'abandonne à la colère ou à d'autres passions, surtout aux plaisirs de l'amour. Ces mômes circonstances peu-
(i) Il est aussi difficile d'expliquer comment de.i écoulements qui avaient résisté à tous les moyens viennent cnsuiie à se tarir d'euxmêmes.
(2) Il ne faut jamais, dans celte espèce d'écoulement, faire usage d'injections iniianles ou slypliques, si Ton ne veut pas aggraver le mal et amener une inflammation érysipélaieuse,
vont aussi rappeler l'écoulement alors qu'il avait disparu depuis un certain temps.
17/t. — Parvient-on à soustraire l'organisme ou seulement les parties génitales à ces funestes influences, la gonorrhée cesse d'elle-même. On peut , du reste, se servir de la méthode de traitement que j'ai décrite (§ 150-152) pour les gonorrhées secondaires dues à une irritation du col de la vessie, et accompagnées de douleurs dans l'urètre.
175. — Il faut baigner les parties génitales dans un liquide astringent froid, dans une forte décoction d'écorce de chêne, une dissolution d'acide sulfurique ordinaire ou d'alun, aussi à froid, etc. Enfin, quand on peut le faire sans causer trop d'irritation, il faut faire des injeclions(l)avec une dissolution aqueuse d'opium, où ce corps entre dans la proportion de 1 partie sur 60.
176. — Quand on n'a point le moyen de se procurer ces liquides, il est encore possible de remplir toutes les indications en faisant plonger les parties génitales dans Veau froide, surtout si le malade ajoute à ce moyen des promenades quotidiennes au grand air , et, chaque jour , l'usage d'un bain de pieds froid, prolongé pendant quelques minutes.
177. — Un traitement fortifiant général aide beaucoup à la guérison de cette gonorrhée, surtout dans les cas les plus tenaces. De même un traitement mal dirigé, dans lequel on fait abus d'onguent napolitain, de saignées, de purgatifs, d'injections irritantes pratiquées pendant la période inflammatoire, cause le plus grand nombre de gonorrhées secondaires de cette espèce.