‹ Etudes de médecine homoeopathiqueChapitre 28 sur 116 · DE LA BLENNORRHAGIE SECONDAIRE CHEZ L*HOMME · texte numérisé non relu

DE LA BLENNORRHAGIE SECONDAIRE CHEZ L*HOMME

continue. — Le coït pratiqué trop tôt, l'usage des bougies pendant la troisième période de la gonorrhée , des injections répétées, et d'autres causes, peuvent entretenir les conduits excréteurs des glandes muqueuses, dans un état de plénitude, et faire que leurs parois s'épaississent peu à peu. Par là, ces vaisseaux perdent à la fois la fonction de se dilater et celle de seconlracter. Ces vaisseaux laissent alors le mucus qu'ils contiennent s'écouler par leur orifice devenu calleux, et ce produit de sécrétion n'étant pas repris par les vaisseaux absorbants, s'écoule au dehors. Cette sécrétion devient une sorte d'habitude pour la membrane muqueuse de l'urètre, comme celles des paupières dans l'ophthalmie chronique , ou encore celle d'un vésicatoire.

179. — Les injections astringentes (1) et stupéfiantes n'ont ici aucun bon effet.

180. — L'écoulement n'est ni aussi abondant ni aussi aqueux que celui de la gonorrhée secondaire alonique ; le canal de l'urètre est insensible et supporte facilement les bougies. La gonorrhée atonique peul dégénérer en cette seconde espèce avec le temps, lorsqu elle a été traitée par des médicaments stupéfiants, ou lorsqu'on Ta abandonnée à elle-même.

181. —Cette blennorrhagie ne peut être traitée que par des injections irritantes, au moins au début. Ainsi une dissolution composée de 1 grain de sublimé pour 4 onces d'eau, répond à toutes les indications. Il faut les faire deux fois le premier jour, puis trois et quatre fois en vingt-quatre heures.

' (1) Si cette espèce de gonorrhée, après s'être longtemps prolongée, dépendait d'une sorte de faiblesse, les styptiques seraient en état d'enflammer le canal de l'urètre et d'amener le gonflement sympathique des testicules.

Puis, lorsque le canal supporte celle injection sans douleur, on diminue la quantité d'eau , afin déconcentrer davantage le médicament.

182. —Si Ton craintquel'injeclion ne puisse pénélrer jusqu'au point malade (une injection ne pénètre guère au delà de 4 à 5 pouces), il faut introduire dans l'urètre une bougie enduite de suc d'oignon et trempée ensuite dans une dissolution aqueuse de sublimé, Dansles cas rebelles, on roule la bougie dans du précipité rouge bien pulvérisé, et on ne la laisse qu'un moment dans le canal.

183. — Si l'écoulement augmente sous l'influence de ces premiers moyens, ce qui doit être, on les suspend jusqu'à ce qu'il soit revenu à sa quantité primitive; alors on a recours à l'usage de la térébenthine tenue en suspension dans l'eau à l'aide d'un jaune d'œuf ; on augmente peu à peu la dose du médicament, et l'on continue jusqu'à ce que la guérison soit complète. Si elle tarde, il faut recourir à des injections très astringentes (168).

184. — Ceci arrive lorsque la maladie est rebelle, que l'on a employé la teinture de canlharide à l'intérieur (i), et que celle-ci a produit beaucoup d'irritation. On peut faire usage de ce dernier moyen dans les cas les plus difficiles. L'équilation est aussi alors d'un grand secours.

185. — Blennorrhagie alonique. — Quelques auteurs (2) ont rejeté cette espèce, disant que les idées de faiblesse et d'hypersécrétion ne pouvaient se trouver réunies sur un môme objet. Cependant, ces glandes et

(1) Dès 1698, Martin Lister (Exercit., obs. 12) les recommandait dans la gonorrliée, alors même qu'elles avaient causé des symptômes graves au début.

(2) Surtout Hunier.

DE LA BLKMSOAKUAttlti M-.C0M.»AIR1S CHEZ l' HOMME. 69

ces vaisseaux sécréteurs ne préparent pas une plus grande quantité de liquide parce que leur activité propre se trouve augmentée, mais parce qu'étant affaiblis, ils plient sous l'impression des vaisseaux sanguins qui , amenant aux glandes une grande quantité de sang, les obligent à sécréter plus de liquide. Ces glandes, n'ayant pas toute leur puissance de réaction , laissent excréter un liquide mal élaboré , mais plusabondant,que leurs conduits excréteurs rejettent, faute de force de conlractililé pour le retenir. On peut donc dire que dans cette opération le système glanduleux est plutôt passif qu'actif, ce que montre surabondamment Faction que déploient, en pareille circonstance, les moyens fortifiants.

186. — En général , on observe cette espèce de blennorrhagie chez des sujets d'un tempérament lymphatique, qui se sont affaiblis par un coït trop fréquent, par l'onanisme (1) , ou par l'usage des boissons affaiblissantes , ou bien chez lesquels la gonorrhée primitive a engendré peu d'irritation et de douleur, mais un écoulement abondant. L'emploi des stupéfiants prolongé jusqu'à la troisième période de la maladie, l'usage d'une trop grande quantité de sel ammoniac et de ni Ire , des saignées répétées , l'emploi d'injections émollientes après que les douleurs de brûlure en urinant ont disparu, sont des causes probables de la persistance de cet écoulement.

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