DE LA BLENNOURHAGIE SECONDAIRE CHEZ LA FEMME
CUAl'lTlîE V. — DE LA BLE.NNORRHAGIE SECONDAIRE CHEZ LA FEMME, ET DE SON TRAITEMENT.
200. — Cet écoulement a presque toujours pour siège le vagin; rarement le col de la matrice, plus rarement encore le canal de l'urètre. Il ne diffère pas de la leucorrhée ordinaire , dont il peut prendre tous les aspects; aussi est-il impossible de reconnaître son origine quand il ne succède pas immédiatement à une gonorrhée vénérienne. Les espèces en sont bien moins nombreuses que chez l'homme.
201. — Si l'écoulement dure depuis longtemps, il faut le ranger parmi les gonorrhées dues à une hypersécrétion habituelle, et le traiter par des injections de plus en plus irritantes (§ 81).
202. — Au bout de dix à douze jours on cesse l'emploi de ces injections pendant quarante-huit heures, afin de voir si l'écoulement a diminué ; dans cette hypothèse il faut recourir aux injections froides et astringentes, surtout à la décoction concentrée d'écorce de chêne mêlée à de l'alun, injections que j'ai recommandées pour le traitement de la gonorrhée primitive chez les femmes. On les emploie jusqu'à ce que l'écoulement ait cessé, et encore pendant une couple de semaines après.
203. — Chez les femmes , il nfest pas toujours facile de distinguer si la gonorrhée tient à une sécrétion muqueuse devenue habituelle ou à la faiblesse, erreur qui est du reste bien moins préjudiciable que chez l'homme à cause de la texture plus lâche et de la moins grande sensibilité des parties. On fait bien alors de combattre ce mal avec des injections à la fois irritantes et toniques. Une injection composée d'une demi-once de vitriolblanc
pour une livre d'eau , ou d'une once, une once et demie ou deux onces de vitriol blanc dans la môme quantité de véhicule, sont les meilleures qu'on puisse employer.
204. — Si Ton observe de la douleur et des accidents inflammatoires à la suite des premières injections , c'est que la gonorrhée secondaire tient à l'irritabilité des tissus. On laisse alors de côté les moyens que j'ai indiqués, çt l'on n'emploie que les injections d'eau froide ; enfin, celles d'eau glacée. On peut, en dernier lieu, se servir de l'infusion d'écorce de chêne. Si l'irritation augmente, ce que l'on reconnaît à l'accélération du pouls, à la réapparition des symptômes de la blennorrhagie primitive, etc., on prescrit les injections faites avec de la teinture d'opium.
205. — Si la blennorrhagie est entretenue par quelque vice goutteux ou scrofuleux , ou par un état de faiblesse générale, il faut combattre cette disposition générale avec des moyens convenables , avant d'arriver au traitement local.
206. — Si l'on remarque , en pratiquant le toucher, ou en introduisant le canon de la seringue à injection , qu'il existe un point douloureux, sans qu'il y ait aucun des autres signes qui caractérisent l'induration ou le cancer de la matrice (l'écoulement d'un ichor de mauvaise couleur, d'une odeur spécifique et causant de la cuisson } des élancements qui vont des hanches au basventre, etc.), on peut affirmer qu'il existe un chancre dans le vagin. Le mercure donné exclusivement à l'intérieur , est le seul moyen curatif en pareil cas. Tout traitement local doit être abandonné.