TRAITEMENT DES BUBONS
la tumeur (1) , et lorsque cela n'est plus possible, il bâte la maturation de l'abcès, ainsi que sa rupture. L'ulcère qui en est la conséquence est de bonne nature, ne cause presque aucune douleur et se cicatrise sans laisser aucune suite regrettable. La guérison est alors complète , parce que la maladie est détruite dans sa cause et dans toutes ses manifestations.
402. — Lorsque la résolution me paraît impossible à obtenir, je me borne à exciter un petit commencement de fièvre mercurielle. Je laisse ensuite le malade en repos, et aussitôt que le bubon s'est ouvert, et qu'il paraît vouloir se guérir , j'excite un second accès de Fièvre mercurielle plus fort que le premier, en donnant des doses croissantes et fréquemment répétées de mercure soluble. Celle Fièvre amène la cicatrisation de l'abcès et la destruction du virus. Le meilleur pansement se compose de compresses de toile trempées dans du lait.
403. — S'il faut traiter un bubon ancien et très ulcéré (2), il convient de rechercher d'abord la cause du mauvais caractère que la tumeur a revêtu; celte connaissance est nécesaire pour arriver au mercure soluble.
ses malades à la syphilis secondaire, comme il le fait, en recommandant de continuer le mercure , non-seulement pendant la suppuration du bubon, mais aussi après sa guérison « jusqu'à ce que les sympiômes de la syphilis secondaire commencent à se montrer. » Pourquoi ce délai, si la loi qu'il pose est vraie, à savoir « que la syphilis secondaire est inévitable quand le bubon a suppuré. » Donné avant cette époque (celle de l'appaiiiion de la vérole), dit-il plus loin, «il n'a aucun aulrc effet que d'affaiblir le corps. » Combien je regrette que cet illustre praticien ait employé une préparation mercurielle dont les effets sont aussi funestes.
(1) La résolution est toujours le meilleur mode de terminaison, surtout quand elle se lie à l'extinction du virus syphilitique. (§ 620.)
(2) Dans le traitement des abcès, surtout des abcès alonlques, il faut éviter hs toniques émollients et narcotiques.
1/|2 TRAITÉ DES MALADïliS VÉNÉRIENNES.
Si le mauvais élat de l'ulcère lient à ce qu'on a employé avant la rupture de l'abcès une grande quantité de topiques émollients , il faut le panser avec des balsamiques (la myrrhe, le jaune d'œuf elle beurre de cacao), ou avec une décoction d'écorce de chône mêlée à du vin. S'il y a eu , au contraire , abus de médicaments irritants, il faut recourir à l'opium, pris à l'intérieur ; si l'organisme tout entier est souffrant, il faut remédier à cet état comme je l'ai indiqué (§§ 577-585); et il faut que cet obstacle soit levé en grande partie avant que l'on puisse attendre un bon effet d'un traitement mercuriel. C'est surtout la faiblesse et l'irritabilité nerveuses qu'il faut éloigner, lorsqu'elles existent, sans oublier que l'une et l'autre sont parfois l'effet de l'usage longtemps continué du mercure à haute dose, et des moyens accessoires qu'on a continué de prescrire en môme temps.
404. — Ces obstacles et ces indications sont presque les mêmes , lorsque après des frictions mercurielles longtemps continuées, ou après l'emploi de médicaments externes mal choisis, le bubon s'est induré» Il faut donner alors à l'intérieur le china, l'opium, recommander les bains froids, l'exercice au grand air, faire prendre des vomitifs doux, de l'élhiops végétal, du carbonate d'ammoniaque, afin de détruire Ja disposition scrofuleuse, la faiblesse et l'irritabilité du malade. Comme moyens locaux , on peut recommander les embrocalions de sel ammoniac dissous dans le vinaigre, des frictions sèches, des bains de mer (1), afin d'obtenir la résolution de la tumeur. S'il reste encore dans l'organisme quelque trace de virus, il faudra
(1) Girlanner recommande les frictions d'ongueni de sel ammoniac volaiil.