TRAITEMENT DES BUBONS.- 1Û
en venir au mercure soluble pris à l'intérieur, lequel hâtera sa résolution en améliorant l'état général.
405. — Des observations souvent répétées montrent qu'il vaut toujours mieux laisser un bubon qui suppure (I) s'ouvrir spontanément. Celte méthode est d'abord moins douloureuse que l'autre ; l'ouverture qui se forme ainsi est toujours en rapport avec la quantité du pus, elle ne se ferme jamais avant que la glande soit guérie, et laisse une cicatrice moins difforme que les autres.
406. — Si Ton juge que l'ouverture artificielle de l'abcès soit indispensable, il vaut mieux, selon le conseil des auteurs les plus célèbres , la pratiquer par une application de potasse caustique qu'avec le bistouri, la plaie étant toujours plus régulière par ce moyen. Par la première méthode on a moins à craindre que la plaie ne s'agrandisse. Toujours est-il que le caustique fait une plaie convenable pour la sortie du pus , et qui est assez large pour qu'on puisse examiner le fond de l'abcès et y porter tous les moyens qu'on juge nécessaires. Frantz Renner professe cette opinion.
407. — C'est seulement lorsqu'il est utile d'ouvrir promplement l'abcès, en raison de circonstances graves, quand le pus est complètement formé , qu'il est permis de préférer le bistouri au caustique.
408. — Mais lorsqu'on emploie une préparation mercurielle convenable, il est encore possible d'obtenir la résolution, môme lorsque la suppurationestcommencée,
(1) Il esl permis cependant de chercher à hâter le moment de la suppuration, en appliquant sur la tumeur des compresses trempées dans de Peau de sureau ch.iudc, dans laquelle on a fait bouillir un oignon calciné ; et quand l'inflammation esl lies forte, on peut praiiquer une saignée, appliquer des sangsues ou des narcotiques joints au safran.
\kk TRAITÉ DES MALADIES VJÉNÉIUENNES.
ou quand il n'est plus possible d'arriver à ce résultat, le mercure améliore et facilite assez Pouverture de l'abcès pour que je n'aie presque jamais trouvé nécessaire de se servir du bistouri.
409. — Je n'ai jamais vu que les vomitifs , quelque puissants qu'ils soient, puissent être mis en comparaison avec le mercure.
410. — Lorsqu'on est dans le doute de savoir si le bubon est l'effet de l'irritation sympathique causée par une gonorrhée , ou celui de l'absorption du virus vénérien puisé dans un chancre, il faut, avant de recourir au mercure, essayer les applications de compresses trempées dans de l'eau glacée. L'usage de l'eau froide suffit , en effet , à résoudre les abcès sympathiques d'une gonorrhée, et s'ils sont l'effet du véritable virus vénérien, elles arrêtent l'inflammation et les suppurations dans leur marche et donnent au mercure soluble le temps d'opérer la résolution. On peut encore, dans bien des circonstances , empêcher la suppuration d'un bubon vénérien en donnant le mercure soluble d'une manière convenable. Une compression exercée par un corps dur et frais, l'application de compresses trempées dans l'eau froide (1), sont des adjuvants utiles.
(1) Glrianiier recommande les frictions de pommade ammoniacale.