INTRODUCTION AU DIAGNOSTIC DIC LA SYPHILIS
fant en le mettant au inonde. L'enfant avait puisé le virus du chancre ou de la blennorrhagie dans les organes génitaux de sa mère, celui-ci était absorbé par l'épidémie si délicat du nouvel être et se trouvait inoculé aux parties génitales, à la bouche , aux yeux, dans les fosses nasales ou à l'anus. D'un autre côté, le virus de la syphilis secondaire n'est jamais transmis au fœtus par le sperme du père , non plus que par le sang de la mère; et le pus d'un ulcère secondaire est impuissant à produire par inoculation Ibs symptômes vénériens primitifs, locaux^ et la syphilis générale. Tel est au moins le résultat des recherches et des observations de Hunter et d'autres auteurs.
417. — Les blessures simples qui peuvent arriver aux sujets atteints de syphilis constitutionnelle, doivent être traitées d'après les procédés ordinaires. Le virus vénérien ne semble pas, en effet, les compliquer; peut-être parce qu'il •concentre toute son action sur les parties où il fait éclater ses ravages.
418. — Par sa nature, la syphilis constitutionnelle consiste dans une irritation spécifique de l'organisme entier, irritation qui se manifeste par des symptômes locaux variés, accompagnés en général d'une légère inflammation parfois difficile à reconnaître, mais qui cause aux personnes très sensibles une fièvre légère, de l'agitation (1), de l'insomnie, de l'anorexie , des douleurs de tête, etc. La fièvre paraît être tout d'abord de nature rhumatismale, et dégénérer peu à peu en une lièvre de
(1) Le malade ressent en même temps une crainie extrême du progrès de sa maladie et de l'impossibilité où il croit être de la tenir dans des limites convenables. II sent a-vec peine que le virus emaliil peu à peu et continuellement son organisme; rien ne peut le distraire de cette pensée, et il est inconsolable.
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consomption ; elle précède quelquefois les symptômes locaux ; dans tous les cas, elle guérit aisément sous l'influence du mercure.
419. — La syphilis constitutionnelle a de la tendance à se développer plus vite sous l'influence des excitants généraux, du froid, de la chaleur, de la lièvre, etc. ; et elle-même, par l'irritation qui l'accompagne, peut amener le développement des scrofules, de la goutte, du rhumatisme, de l'érysipôle, etc.
420. — La tendance que montre cette maladie à s'aggraver sous l'influence du froid , se reconnaît à ce que, sous un climat chaud, elle n'affecte pas une marche aussi rapide, n'atteint pas à un développement aussi complet et guérit plus aisément que dans un pays froid , et aussi à ce que les symptômes primitifs du mal ont pour siège la périphérie du corps, et surtout les régions qui sont frappées par l'air.
421.— Malgré cela , comme je l'ai dit , toutes les portions du corps sont également exposées à être atteintes par la syphilis constitutionnelle, seulement les symptômes locaux se montrent ordinairement avant les autres. Les premiers se nomment primitifs, les autres secondaires. Ces derniers se montrent ordinairement plus tard que les autres, souvent après la guérison de ceux-ci, de sorte qu'avant leur apparition les régions les plus exposées à être envahies se trouvaient seulement sous l'influence de la contagion générale.
422. — Avant d'arriver à la description de chaque groupe de symptômes, je ferai une remarque générale : c'est que , jusqu'à ces derniers temps , les écrivains ont reconnu à la syphilis un si grand nombre de symptômes, qu'on peut se demander s'ils se sont trompés ou s'ils ont voulu tromper les autres. Toutes espèces de derma-
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tose, d'ulcère, d'induralion , dégonflement des membranes sécrétantes, des parties dures et des parties molles, des os et des ligaments, tous les symptômes importants qui peuvent avoir pour siège le cerveau, les nerfs , les intestins ; en un mol , toutes les maladies qui ne sont pas le résultat d'un traitement mal compris, devaient être vénériennes.
423. — Cette grande multiplicité de symptômes vénériens dépend de ce qu'on n'avait pas autrefois observé avec assez d'attention la marche de cette diatbèse , et à ce qu'on avait -l'habitude de cacher sous des dénominations fausses l'ignorance où Ton était relativement au diagnostic et au traitement des maladies chroniques. La sorcellerie, l'astrologie, l'influence des archées, l'acidité des humeurs, Thypochondrie, le spasme, la maladie vénérienne, etc., étaient comptées parmi les affections les plus difficiles à guérir, celles qui étaient le plus capables de trahir l'insuffisance de l'art et de donner le plus d'embarras au médecin.
424. — 11 est admis que toutes les maladies qui résistent aux médicaments généraux, aux purgatifs et à la saignée , mais qui disparaissent sous l'influence d'une salivation causée par le mercure sont de nature syphilitique, les maladies vénériennes étant les seules qui puissent guérir (1) dans ces conditions. D'après cette hypothèse, Thydropisie, l'hydrocéphale, la gale, les anciens ulcères scrofuleux, certaines phlhisies, les fièvres
(1) De là vient le grand bruit que l'on fait de la syphilis larvée cl de son traitement par le mercure donné jusqu'à produire la salivation. Mais que peut-on entendre par ce mol larvée? Exprim<!-t-il autre chose qu'une affection à laquelle on suppose une nalure particulière en raison des médicaments qui la guérissent? Autant vaudrait dire qu'une maladie inconnue est scorbutique parce que le cresson a pu la faire cesser.
intermittentes anciennes, etc. , seraient regardées comme étant des affections vénériennes, parce fjue la salivation mercurielle peut amener leur guérison.
425. — Désirant sortir de ce labyrinthe d'opinions contradictoires au sujet de la nature de la syphilis, et tracer une ligne de démarcation entre la vérité et Terreur, je suivrai le chemin qui me paraît le plus sûr, c'est-à-dire que je décrirai seulement les affections dont les praticiens les plus illustres reconnaissent le caractère syphilitique. Je passerai donc sous silence tous les symptômes douteux, jusqu'à ce que l'expérience ait mis leur nature hors de doute.