DIAGNOSTIC DE LA SYPHILIS SUCONDAU\E
437. — Les éruptions vésiculaires syphilitiques (l'eczéma syphilitique) sont tout aussi peu douloureuses que les précédentes. Elles se composent de petites taches rouges, qui deviennent peu à peu proéminentes, sur lesquelles paraissentdepetiles vésicules qui ne sontpoint entourées d'un cercle rouge et qui ne causent ni prurit ni brûlure. Elles peuvent exister en môme temps que les taches sèches sur le front ou les autres parties du corps. Quelques-unes sont situées tout à fait sous la peau dont l'épiderme s'exfolie et forme de petites écailles semblables à du son ; d'autres pénètrent plus profondément encore dans l'épaisseur de la peau, sont petites et rouges, mais leur sommet est blanc et contient une goutte de sérosité rougeâtre (I ;. C'est seulement sur les régions où il y a deux surfaces cutanées qui sont toujours en contact (sous les bras, entre les orteils, etc.), que ces vésicules sont douloureuses, et qu'elles donnent lieu à un suintement notable. Quant aux ulcères qui peuvent se former à la surface du corps à la suite des taches syphilitiques , ils ont une telle ressemblance avec les ulcères de la gorge (2) et de la bouche, ulcères dont j'aurai à
(l)Les vésicules se distinguent de ce qu'on nomme une éruption de chaleur et des autres dermatoses vésiculaires, en ce que ces dernières ne donnent jamais lieu à des abcès, et qu'elles peuvent se rompre sans altérer l'épiderme. Girtanncr est l'auteur de celle judicieuse remarque.
(2) André ne considère pas ces ulcères des amygdales comme un signe de la syphilis constitutionnelle , mais comme un symptôme vénérien idiopalhique; en d'.mtres termes, comme un chancre implanté sur ces organes. Il s'appuie sur ce que le chancre des parties génitales disparaît à mesure que celui des amygdales se développe , et que ce dernier se montre très facilement à la suite de la disparition du premier ; et aussi sur ce que l'ulcère des amygdales ne s'accompagne pas d'autres symptômes de syphilis secondaire, et qu'il se transmet par le contact, aussi bien que le chancre. La première preuve ne signifie rien; car, en supposant que le fait soit vrai, rien ne montre que l'ulcère des amygdales puisse se transmettre par le contact, c'est même très douteux. De plus, il n'est
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parler avec détail en raison delà rapidité de leur marche, que je m'attacherai à décrire ceux-ci de préférence.
438. — L'ulcère dçs amygdales débute par une tache d'un rouge foncé, non douloureuse. Il peut exister nonseulement sur cet organe glanduleux, mais aussi à la face interne de la mâchoire inférieure , au palais, sur les côtés de la langue (et peut-être aussi à la commissure des lèvres?), tous passent souvent inaperçus pendant un certain, temps à cause de leur insensibilité. C'est seulement lorsque la sécrétion de la membrane muqueuse buccale -a beaucoup augmenté, et que les parties malades se sont recouvertes d'une fausse membnmç blanche et humide que l'on ne peut cacher, qu'on parvient à les reconnaître. Cette fausse membrane s'épaissit de plus en plus, tandis que la partie qu'elle recouvre se creuse chaque jour davantage.
439. — Sur ces tissus mous, humides , dont la température est élevée, et qui sont recouverts d'un épiderme aussi mince, les taches vénériennes ont une plus grande tendance à dégénérer promptement en ulcères que celles qui occupent la périphérie du corps. Cetle transformation est d'autant plus à craindre pour les ulcères des amygdales, que ces organes sont situés profondément, qu'ils échappent à la vue, et que le début
poinl conforme à l'expérience de dire qu'un chancre dont le pus peui engendrer un bubon quand il est absorbé (ce qui est le signe diagnostique le plus sûr d'un ulcère vénérien) se soit amélioré dans ces circonstances; ce chancre rc>te même toujours capable do causer d'autres accidents et d'augmenter JN'oublions pas que» dans ces questions délicates où l'honneur des malades est engagé , les hommes les plus véridiques se laissent quelquefois aller au mensonge vis-à-vis du médecin , et que toutes nos recherches n'aboutissent .son vent à aucun résultat. Les ulcères des amygdales ont tous les caractères des ulcères vénériens symptomatiques, diffèrent beaucoup des chancres, ce dont il est possible de s'assurer , en comparant la description de ceux-ci (§ 200) avec celle de ceux-là (§§433, Ixlfl).