DIAGNOSTIC DE LA SYPHILIS SECONDAIRE
des maladies dont ils sont le siège, n'est pas souvent reconnu.
440. — Lorsque la croûte tnèrne qui recouvre les parties malades a été enlevée par le mouvement de la déglutition, ou par le frottement, on remarque à sa place un ulcère rond, superficiel, entouré d'un bord blanc bien circonscrit.
441. — Les ulcères syphilitiques de la gorge sont si peu douloureux, qu'au début ils ne causent aucune douleur, mais seulement une sensation d'âpreté en avalant, et quelques élancements légers, comme si l'épithélium était enlevé. Le point où ils existent n'est ni gonflé ni chaud, leurs bords et leur fond ne sont pas durs , comme il arrive parfois aux ulcères des amygdales, etc. Cependant ces ulcères s'étendent rapidement et son! encore moins douloureux que ceux de la peau. Dans quelques cas ils gênent néanmoins la parole.
442. — Ordinairement, quand il existe des ulcères sur les amygdales (I), il y en a d'autres dans la bouche; parfois cependant ils existent seuls.
443. — Les éruptions croûteuses et les ulcères de la gorge , lorsqu'ils arrivent un an après la disparition des accidents primitifs (c'est-à-dire d'un chancre), ne paraissent pas de nature syphilitique.
444. — Les taches vénériennes persistent pendant plusieurs moisavantde se recouvrir de croules, et celles-ci peuvent exister aussi pendant quelques mois avant de
(1) Les ulcères scorbutiques débutent par les gencives, qui deviennent saignantes au moindre contact, et ils détendent ensuite au\ amygdales. Ils n'ont pas la forme arrondie cl< s ulcères vénériens , leurs bords ne sont pas blanchâtres , leur fond n'esl pas creux et d'un blanc gris; ils son! au contraire anguleux, bleuâtres et couverts de végétations. Les ulcères scorbutiques sont accompagnés des symptômes du scorbut, et les ulcères vénériens des symptômes de la diathèse syphilitique.
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s'étendre en profondeur de manière à former un ulcère cutané , de sorte que ees derniers ne paraissent qu'après que le virus chancreux a étéabsorbé depuis un nombre de mois, qui varie de dix à trente.
445. — Les ulcères syphilitiques de la peau succèdent donc le plus souvent aux croûtes qui se forment sur les taches et sur les vésicules de certaines syphilides. Ils forment alors une.surface sécrétante qui a de 6 à 10 lignes de diamètre, paraissent de préférence sur la partie antérieure du corps, au front, sur les tempes , au visage, dans les narines, au cou , etc., et aussi à la partie inférieure de la cuisse, dans le sens de l'extension du membre. Du reste, cette transformation n'est pas constante; elle a lieu seulement lorsque les taches sont très épaisses, et que plusieurs petits ulcères se réunissent pour en former un plus large, lequel peut avoir jusqu'à G pouces de diamètre , comme je l'ai souvent observé au niveau des os du front, aux tempes, sur les côtés du cou el aux cuisses. Lorsqu'ils ont atteint cette largeur, ces ulcères affectent toujours une forme arrondie.
446. — Les ulcères vénériens qui paraissent sur les parties du corps où l'on observe rarement des taches, par exemple sur le corps de la verge, se distinguent de ceux qui ont pour siège les parties musculaires ou osseuses par les caractères suivants : Ils sont plus sensibles el plus douloureux , s'étendent plus vile, ont un fond rouge, couvert de petites végétations, qui se retrouvent jusque sur les bords de la solution de continuité. Ceux-ci paraissent cancéreux, sans être ni aussi boursouflés, ni d'une aussi mauvaise teinte, ni aussi durs que pour le cancer.
447. — Les autres ulcères vénériens secondaires qui ont pour siège des tissus plus denses, n'ont jamais une
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profondeur qui aille au delà d'une demi-ligne à une ligne (1). Leur fond est d'un rouge vif, lisse et formé par un tissu épais et onduleux ; ils s'élèvent jusqu'à la hauteur de la peau, leurs bords ne présentent aucune trace d'inflammation ni d'induration, leur centre non plus. Ces ulcères ont pour caractère particulier d'être tout à fait ronds ; ils se distinguent des autres par le peu d'activité de leur virus. Ils se forment peu à peu,, étant précédés par l'apparition de macules ou de toute autre éruption syphilitique ; ils ne sont jamais accompagnés de douleurs vives , môme lorsqu'ils ont une circonférence très étendue. Ces ulcères sécrètent une humeur peu épaisse , non visqueuse , semblable à du suif fondu et d'une couleur vert pâle ; ils sont souvent recouverts d'une matière caséeuse. Ils guérissent sous l'influence de médicaments astringents, mais pour reparaître sur d'autres points. En général, les ulcères syphilitiques secondaires guérissent plus vile à la télé et sur toutes les parties du corps qui sont près du cœur, que lorsqu'ils se trouvent sur des points plus éloignés de cet organe, par exemple, aux cuisses. Il est vrai de dire qu'au commencement de la maladie surtout , ils se forment de préférence sur les premières de ces régions. On peut se demander si In cicatrisation d'une partie de ces ulcères indique une diminution dans la quantité du virus (ce que je ne saurais admettre), ou si cette modification tient exclusivement à ce que les tissus qui leur servent de siège sont devenus plus insensibles à l'irritation causée par le virus
(1) Ils paraissent ne détruire que les cellules graisseuses, au moins la cicatrice qui leur succède esl enfoncée, luisante, et repose sur une partie dure. Les muscles sonl d'abord mis a nu, puis ils perdent leur mouvement. Lorsque l'ulcère a fait tomber les chevoux, ceux-ci ne rep mssent jamais, parce que leur racine est détruite.
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vénérien, tandis que les régions qui ont été envahies les dernières, n'étant pas accoutumées à cette action, montrent une plus grande sensibilité? L'observation prouve que les ulcères syphilitiques qui paraissent les premiers, ceux des amygdales par exemple, sont plus sensibles et s'étendent plus rapidement que les autres; elle montre également que les ulcères symptomatiques ont une marche d'autant plus lente, et sont d'autant moins douloureux, que le virus a envahi le corps depuis plus longtemps. La gonorrhée elle-même estd'autantplus bénigne qu'elle frappe sur un sujet qui en a été plus souvent atteint; un pareil malade sera toujours de moins en moins susceptible d'être iùfecté. Il serait certainement plein d'intérêt de chercher à expliquer les faits qui font reconnaître cette disposition du virus, et servent à expliquer les principes précédents. Ces ulcères vénériens secondaires ne produisent, par l'inoculation, ni chancre primitif ni syphilis constitutionnelle. Tous ces caractères peuvent très bien les faire distinguer des autres ulcères.
448. — La suppuration du poumon , quand elle n'est pas précédée d'hémoptysie , et qu'on arrive pendant que le sujet est porteur de symptômes syphilitiques (1), parait être de cette nature. J'ai dit déjà que la syphilis secondaire ne se montrait qu'à la périphérie du corps, ce que l'observation confirme, mais la phlhisie vénérienne ne fait pas exception à celte loi. Le poumon, en effet, se trouvant toujours en contact avec l'air atmosphérique,
(1) On peut ajouter que cetle affection, comme les autres symptômes de la syphilis , ne guérit crime manière rapide et durable que par le développement d'une fièvre mcrcurielle, sans que la salivation .soit nécessaire. Celle-ci guérit cependant par révulsion des phtliLsies qui ne sont pas vénériennes.
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offro la plus grande analogie avec la surface externe du corps; seulement l'exhalation dont il est le siège est plus abondante, et, par l'inspiration, cet organe se trouve plus exposé que la peau à ressentir l'impression du froid de l'air. Rien n'empêche d'ajouter que la surface externe des bronches doit avoir beaucoup d'analogie avec la peau, et se trouver soumise à des maladies analogues (1). Au moins le contact de l'air froid doit-il la prédisposer aux éruptions et aux ulcères vénériens (2).