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CHAPITRE M. — DIAGNOSTIC DES symptômes de la syphilis tertiaire

449. — J'ai dit déjà que la syphilis avait des symptômes qui se montraient seulement plusieurs mois ou plu-

(1) Lps diverses dermatoses ont fréquemment pour compagnes des affections de poitrine , auxquelles leur répercussion donne souvent lieu.

(2) Une femme de quarante et quelques années avait des ulcères vénériens sur plusieurs parties du corps, en particulier sur le Iront, à la racine des cheveux, et, de plus, se trouvait tourmentée par une toux sèche. En 1787, plusieurs des ulcères furent guéris par l'application d'emplâtres mercuriels; mais des ulcérations semblables parurent à la partie antérieure et à la face postérieure des cuisses. On fil de nouvelles applications médicamenteuses, et ces symptômes disparurent. Aussitôt après, la malade fut en proie à une toux violente accompagnée d'oppression et d'une fièvre modérée, qui diminuait après l'expectoration d'une matière purulente. Celle-ci était très abondante ; cependant les forces de la malade n'avaient pas sensiblement diminué; les ulcères de la partie postérieure de la cuisse existaient encore , mais ne causaient aucune douleur. Enfin ayant été consulté, je fis retirer l'emplâtre mercurîel, et prendre à l'intérieur, pendant huit jours, six grains de mercure soluble à doses croissantes. Il survint de fortes nausées, des dégoûts pour les aliments et un malaise indéfinissable, sans aucune trace de salivation. La malade était très constipée. La toux et l'expectoration commencèrent à diminuer, et la respiration redevint aussi libre que s'il n'y avait jamais eu d'oppression. Les ulcères furent cicatrisés quatorze jours après l'administration delà première dose du médicament. Depuis quatorze mois, cette femme est complètement débarrassée de mut symptôme vénérien et de sa maladie de poitrine.

160 ÏKA1TJÎ.DES MALADIES VÉNÉRIENNES.

sieurs années après l'absorption clu virus vénérien ; que ces manifestations de la maladie paraissaient lorsque les accidents secondaires avaient cessé en partie sous l'influence de topiques, en partie par l'emploi de préparations mercurielles capables de triompher de ces premiers effets du mal, mais impuissantes à détruire le virus dans les profondeurs de l'organisme. Souvent les symptômes tertiaires subsistent avec les symptômes secondaires; mais il est rare qu'ils se développent sans avoir été précédés de ces derniers, de sorle qu'ils se présentent alors comme les seules manifestations locales de la maladie.

450. — Dans tous les cas , ces symptômes de la syphilis tertiaire sont les plus lenaces de tous ceux que celte dialhèse puisse engendrer; ils affectent une marche lente et des plus chroniques.

451. — Ici encore le virus suit la marche qui lui est habituelle , cherchant toujours à envahir de préférence les parties qui sont le plus exposées au contact de l'air.

452. — Les aponévroses, le périoste, qui ne sont pas recouverts par des muscles, comme il arrive à la tôte, au niveau des os temporaux et de l'os frontal, sur le dos du nez, au bord antérieur de la clavicule, au niveau des apophyses épineuses, du condyle externe de l'humérus, rarement du condyle interne, à la surface antérieure du tibia, rarement au niveau des côtes, les aponévroses et le périoste de ces régions sont le siège où les symptômes syphilitiques se montrent de préférence. Il se forme d'abord une tumeur dure dont la circonférence est mal limitée et qui offre une forme arrondie mal déterminée ; on les nomme tumeurs gommeuscs. Ces tumeurs sont tellement dures et si

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