DIAGNOSTIC DES SYMPTÔMES DE LA SYPHILIS TIÎRTUIRF
profondément situées, qu'on les prend pour de véritables gonflements des os.
453. — Ces tumeurs ne causent presque jamais de douleur à leur début ; aussi passent-elles inaperçues jusqu'au moment où elles deviennent douloureuses. Les souffrances augmentent alors peu à peu; il semble au malade que ses os sont brisés ou broyés , ou bien que deux pièces dures sont frottées l'une contre l'autre , ou qu'il ressent un rongement continu. Ces douleurs augmentent la nuit, vers le matin surtout ; parfois aussi elles se font sentir dans le jour.
454. — Arrivé à ce point, le gonflement est très douloureux au toucher. Au début, il ne paraît aucune trace d'inflammation; mais lorsque la maladie parvient à sa dernière période, les symptômes phlegmasiques naissent peu à peu, vont toujours en augmentant jusqu'à ce que la tumeur abcède et donne issue à une matière semblable à du blanc d'œuf. Cette ulcération de la tumeur arrive souvent plusieurs années après l'apparition des premiers symptômes.
455. — Il est rare alors que l'os qui se trouve sous la partie du périoste qui est ainsi détruite ne s'altère pas à son tour, et ne présente pas quelques points de carie (1).
(1) Pour comballre à lemps celle espèce de tumeur, il faul Cire bien certain de sa nalure syphilitique, ce qui offre des difficultés. On devra donc se bien rappeler les caractères suivants : Une tumeur goutteuse se forme au niveau d'une articulation, là où existe le tissu spongieux; les tissus qui la recouvrent sont rouges et enflammés; la douleur et la lièvre précèdent le gonflement. Plus tard, lorsque ces symptômes se sont souvent renouvelés, il se forme des nodosités, c'est-à-dire qu'il se dépose une matière calcaire dans l'épaisseur du tissu cellulaire qui entoure l'articulation, et les douleurs cessent peu à peu. Des bains froids, des frictions et l'usage de l'aconit font peu à peu disparaître ces nodosités. Si Ton en- I. il
456. — Il est difficile de préciser le moment où* la tumeur gommeuse donnera lieu à un abcès qui pourra être dangereux pour les os. Celte transformation s'opère en effet avec très peu d'inflammation , et le liquide n'a jamais les caractères d'un pus de bonne nature. La tumeur contient presque toujours un liquide muqueux, qui adhère à l'os et le ronge incessamment. Cette situation profonde du liquide jointe à la durelé de la tumeur, fait que la fluctuation ne peut être reconnue.
457. — Cependant, si l'on fait une attention suffisante aux symptômes d'inflammation modérée qui se
loure de chaleur la partie malade, ces douleurs ue font que s'aggraver : elles guérissent, au coutraire, par les bains froids. La ûèvre mercurielle les augmente toujours, et les rend plus tenaces et plus difficiles à guérir. Les boissons spiriiueuses rendent la fièvre plus intense, mais n'aggravent pas les douleurs.
Les nodosités vénériennes et le gonflement du périoste ont donc pour siège les parties osseuses qui ne sont pas recouvertes par des parties molles (§ 652), tandis qu'on ne les rencontre jamais dans l'articulation elle-même. Elles naissent sans causer de douleur, puis elles augmentent peu à peu, sans trace d'inflammation locale, sans soulèvement de la peau ; mais elles arrivent bientôt à un tel degré d'intensité, que non-seulement la douleur est continue (toujours plus forte après minuit), mais que le moindre contact la rend insupportable. Le contenu de ces tumeurs est semblable à du jaune d'œuf. La chaleur intérieure augmente ces douleurs ; les bains froids, les frictions et i'eau-de-vie les aggravent. L'aconit et le suc acide des plantes né sont d'aucun secours; mais une fièvre mercurielle de quelque intensité ne tarde pas à les calmer.
Si le malade a été plusieurs fois infecté, ou s'il existe encore des symptômes vénériens, il est facile de reconnaître la nature véritable de ces nodositis et des douleurs ostéocopes qui les accompagnent.
Les douleurs qui se font sentir dans un cal qui a succédé à uue fracture se distinguent aussi assez facilement de celles que cause la syphilis : d'abord la tumeur a une forme moins bien déterminée, puis le récit du malade ne manque pas de mettre le médecin sur la voie de la vérité ; enfin les douleurs ressenties dans un cal augmentent par les changements atmosphériques, et sont plutôt déchirantes et tiraillantes que rongeantes. Les embrocations froides les améliorent , tandis qu'elles aggravent les véritables douleurs vénériennes.
présentent, ainsi qu'aux battements et aux élancements que le malade ressent en outre de la tumeur, il n'est pas impossible de prévoir la formation de l'abcès (1).
458. — 11 n'y a pas dans le corps de parties osseuses qui soient plus exposées à l'air, et moins protégées par des parties molles , que le nez. Les os propres qui le constituent etquisonlsi minces, sont aussi les premiers qui ressentent l'influence du virus vénérien , après toutefois que ce dernier a détruit les parties molles, c'està-dire la membrane de Schneider; les cornets et l'os criblés sont altérés les premiers, parce qu'ils sont les plus minces ; la maladie envahit ensuite la cloison qui sépare les fosses nasales, puis les os. palatins et maxillaires.
459. — L os se carie souvent sous les tumeurs gommeuses , et l'ulcération qui se forme alors ne peut être distinguée de toutes les autres que par ce fait, qu'elle guérit sous l'influence du mercure.