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Lorsqu'on veut traiter une maladie véné

ricnne par les frictions, on commence (1), en général, par prescrire les saignées, les purgatifs, et les bains tièdes. On croit par là préparer le corps à recevoir Faction du mercure. Alors , on commence par faire tous les deux jours des friclions sur les membres inférieurs avec 2 drachmes d'onguent ; rarement avec une seule. Cet onguent doit être composé de 1 drachme de métal coulant et de 1 drachme de graisse de porc incorporés l'un à l'autre par la trituration. Celle friction doit être pratiquée devant un feu doux , où Ton étend la pommade sur la partie supérieure des membres. Il faut que le malade garde la chambre, qu'il boive des tisanes légères et chaudes, el qu'il continue de la sorte jusqu'à ce que la salivation arrive. On cherche alors à arrêter ses progrès en cessant les frictions, donnant au malade des purgatifs, des bains, des tisanes sudorifiques et en nettoyant la peau. Une fois que les symptômes de la bouche ont disparu, il faut reprendre les friclions enaugmenlant la dose de l'onguent, jusqu'à ce que de nouveaux accidents forcent à les suspendre, ou bien jusqu'à ce que les symptômes syphilitiques disparaissent , et que le malade ait l'apparence d'être guéri. Du reste, il est toujours possible de recourir aux saignées , aux purgatifs et aux bains. Pendant ce traitement, le malade ne doit faire usage d'aucun aliment solide. Il n'est jamais permis, quelle que soit sa faim, de lui donner autre chose que des bouillons.

494. — H est souvent nécessaire, pour arriver à guérir une vérole d'une intensité moyenne, d'employer 32 drachmes d'onguent dans l'espace de quarante-cinq jours , souvent même il faut aller jusqu'à 48 drach-

(1) C'est la méthode altérante de l'école de Montpellier.

mes (1) (trois onces de mercure ! ) et continuer les frictions pendant trois mois.

495. — Le traitement de la syphilis par les fumigations est, après les frictions, le plus ancien qui ait été employé (à); on les faisait toujours avec du cinabre. Cette méthode, depuis longtemps abandonnée, le peuple en avait conservé l'usage. Cependant, on a voulu la remettre en honneur, et Lalouettc (3) fut un de ses plus zélés partisans. Dans les recherches qui furent entreprises, on prit les plus grands soins pour éloigner les vapeurs métalliques de la bouche ; au lieu du cinabre, on se servait de mercure uni à des acides ou amalgamé avec le zinc.

496. — Malgré toutes ces précautions , les vapeurs métalliques pénètrent profondément , irritent et dessèchent les voies respiratoires (4), quand elles sont avalées; elles causent très facilement la salivation et la diarrhée, aussi est-il très difficile de les recommander comme moyen de destruction de la syphilis (5).

497. — Il est admis que le mercure qui a pénétré dans l'organisme sous forme de vapeur doit y rester en quantité variable, comme on peut s'en assurer; aussi l'expérience enseigne-l-elle que ce mode de traitement peut être de quelque utilité dans la vérole la plus lé-

(1) Girlanncr dit : De douze à ireize onces de mercure ; ou bien six onces et demie.

(2) Calaneus Pavait employé dès l'année 1505.

(3) Mais il a trouvé peu de partisans. ( Voyez son ouvrage : Xouvelle méthode de traiter les maladies vénériennes par la fumigation ; Paris, 177G, in-8«.)

(h) L'imprévoyance avec laquelle les anciens usaient des fumigations, les accidents affreux qu'elles faisaient naître, ont concouru à les faire craindre et rejeter.

(5) Toutefois, les fumigations mcrcurielles, faites avec soin, rest^m toujours comme un des principaux moyens à employer pour combattre les obstructions et plusieurs autres* symptômes graves

gère, par exempJe contre les syphilides, lorsqu'on administre concurremment d'autres préparations de mercure; mais qu'il est préjudiciable, quand les plaies sont très sensibles et enflammées, lorsqu'il existe de la sécheresse dans la poitrine et une oppression spasmodique, qu'il y a de l'amaigrissement , des ukères de matrice, etc.

498. — J'ai vu sou-vent des chancres traités par ce procédé donner naissance à des bubons, et le vinis passer ainsi dans la masse des humeurs.. Un grand nombre d'écrivains (1) rapportent aussi aux fumigations de cinabre les convulsions , le tremblement général et des apoplexies mortelles.

499. — D'après les procédés les plus récents, on prépare l'organisme à l'action des fumigations de cinabre par des bains, des saignées et des purgatifs, comme pour les frictions. Suivant alors les précautions recommandées par Lalouetle, le malade se place dans une grande baignoire de bois, dont toutes les fentes sont berméliquemenl fermées, de façon qu'aucune émanation mercurielle ne puisse se faire jour. La tête du patient est seule en dehors de cette espèce de boîte; elle sort par un trou pratiqué dans une planche, trou que le cou remplit complètement. De cette façon le corps est enveloppé par la vapeur et la bouche ne peut être atteinte. C'est ordinairement le mercure acidifié que l'on emploie pour cette opération 3 et que l'on fait vaporiser dans cette boîte.

500. — On emploie d'ordinaire, pour chaque fumigation , une quantité de mercure acide, allant de 1 demidrachme à 1 drachme et demie, et l'on fait boire en même temps, à des intervalles rapprochés , des tisanes

(1) Depuis Jean Bénédict (1510) jusqu'à ces derniers iemps,

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chaudes et légères. Il est rare qu'on se borne au cinabre ou au mercure amalgamé à l'étain. Les fumigations sont répétées de deux jours l'un.

5(1 J. — En somme, on emploie environ 3 onces de cette préparation mercurielle dans l'espace de trente et quelques jours , pour arriver à guérir une vérole d'intensité moyenne; encore n'est-ce pas sans s'exposer à bien des accidents.

502. — On a souvent cherché à combattre les chancres malins et les douleurs ostéocopes légères en dirigeantdes fumigations mercurielles sur les par tiesmalades. Cette pratique fut quelquefois couronnée de succès.

503. — L'emploi du sublimé corrosif dans le traitement de la maladie vénérienne remonte assez haut (1); mais les médecins de profession le repoussèrent comme nuisible, et le laissèrent , en grande partie, entre les mains des charlatans. Ce fut seulement vers le milieu de notre siècle qu'on commença à le donner d'après une méthode certaine et uniforme.

(1) Richard Wiseman [Ven. chir. treatise) est Je premier qui fit un usage empirique d'une dissolution de sublimé donnée à L'intérieur (1676) ; Malouin prétend qu'il avait donné à sa composition le nom de remède du cavalier. Etienne Blankaard (1690) se montre également partisan de ce procédé. Plus tard (1717), Turner revint sur l'usage empirique de cet agent dans la maladie vénérienne. On ne connaissait pas de meilleure méthode de traitement, lorsqifen 1762 Sanchez apprit d'un chirurgien allemand, qui avait pratiqué en Sibérie, qu'on pouvait donner le sublimé dissous dans l'alcool contre la maladie vénérienne. Sanchez [Observations sur les maladies vénériennes; Paris, 1785, in-12) entreprit des recherches sur ces données, et, au bout de quelques années, il transmit le résultat de ses expériences au célèbre Van Swiéten. Celui-ci Hi.connaiU'e ce médicament dès Tannée 175Zi, dans ses lettres à Benv^nuti et à Uundertmark, puis dans le cinquième volume de ses Commentaires, sans faire mention des fumigations, que Sanchez regardait comme la partie essentielle du traitement. Van Swiéten dépassait de beaucoup les louanges et l'enthousiasme de jeeux qui avaient prôné Je sublimé.

504. — Ce médicament a l'avantage de pouvoir être administré à des doses très petites et exactement appréciées. De plus, il cause rarement la salivation, an moins ne la rend-il jamais durable; et dans les blcnnorrhagies secondaires, il est plus souvent utile que nuisible. On a guéri, avec ce médicament , un grand nombre d'enfants syphilitiques, lorsqu'ils avaient des symptômes légers dont les autres préparations mercurielles ne pouvaient les guérir avec certitude. Il a également réussi chez les adultes contre les formes légères de la maladie, se recommandant surtout par ce fait que le patient n'est pas obligé de garder la chambre avec autant de sévérité que pour les frictions ou quand il est fait usage du calomel; parce qu'il ne donne pas la salivation, et parce qu'il n'affaiblit pas le malade autant que les autres préparations de mercure, à l'exception du nitrate et de l'oxyde de ce métal.

505. — Mais c'est là tout ce qu'il est possible de dire de bon relativement à ce médicament; d'un autre côté, il est souvent insuffisant pour produire un résultat définitif, et, de plus , il cause de nombreux et de redoutables accidents.

506. — Sous le premier rapport, il a été employé à l'intérieur contre le chancre, les bubons, surtout ceux qui sont anciens et indurés, les végétations et toutes les excroissances syphilitiques, le gonflement du périoste , en général contre tous les symptômes de la syphilis invétérée, sans produire d'amélioration importante. Quant à moi, je l'ai souvent donné en vain contre les chancres primitifs et secondaires; bien que je répétasse les doses en les augmentant toujours.

507, — L'action de ce médicament est très insidieuse en ce sens que l'acide chlorhydrique contenu clans ce

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sel lui communique une certaine àcrelé qui cause un état d'irritation étranger à la maladie. Cet état morbide artificiel apaise pour quelque tempts les symptômes syphilitiques ; mais ceux-ci reparaissent tout à coup et avec une intensité nouvelle, par l'effet de la réaction naturelle à l'organisme, au moment où le malade se croyait guéri. Ainsi, les ulcères de la gorge paraissent se cicatriser sous son influence d'une façon presque miraculeuse ; mais ce n'est le plus souvent qu'une illusion , car du moment où le médicament est mis de côté, il survient de nouveaux symptômes analogues aux précédents, ou même les premiers reparaissenUaffectant une marche plus rapide et plus désastreuse qu'auparavant. 508. — Pour ce qui est du second reproche que j'adresse au sublimé (§ 505), c'est déjà un premier inconvénient que son acidité (1) l'empêche de pénétrer facilement dans les vaisseaux lactés des intestins. En outre, il donne un goût horrible ; un estomac susceptible ne peut le tolérer ; il cause des crampes de ce viscère, u ne tendance continuelle à vomir , des coliques et des éruptions cutanées de nature inflammatoire. On a dit que ce médicament engendrait une fièvre hectique due à la présence de petits ulcères de l'estomac, ulcères que la nature corrosive de cet agent y faisait naître. Bram-

(1) Barchusen a conduit Girtanner à penser que le 'sublimé pourrait bien contenir de l'arsenic. Je doute cependant que l'arsenic soit plus volatil que le deulochlorure de mercure, et qu'ainsi ce premier médicament puisse altérer le second; j'en doute, bien que Bergmann croie à la possibilité de purifier ces deux corps, par la sublimation. Mais, si Ton excepte Barchusen , dont les connaissances chimiques peuvent être suspectées, aucun chimiste n'a jamais rien observé de semblable. Quant au procédé indiqué par Girtanner pour reconnaître l'arsenic dans le sublimé, il est à la fois dangereux et impraticable. Celui que j'ai décrit dans mon travail sur l'empoisonnement par l'arsenic serait plus facilement et plus sûrement appliqué.

billa, cet observateur si clairvoyant, a vu ce médicament causer la cécité, la surdité, l'hémoptysie, la phthisié, la fièvre hectique et l'avortemenl.

509. — En général, l'existence d'une fièvre lente, des intestins susceptibles, une disposition chronique à la toux, un système veineux très développé, un tempérament bilieux, des passions violentes, la goutte, des crampes habituelles dans les membres, un système nerveux très irritable, une constitution sèche, sont autant de circonstances qui doivent faire proscrire ce médicament.

510. — Lorsqu'on croit avoir suffisamment préparé l'organisme, comme on le fait en France, par des purgatifs, des saignées et des bains, ce qui n'est pourtant pas aussi nécessaire que dans le cas où l'on emploie d'autres composés mercuriels, on commence par faire prendre chaque jour au malade un quart (1) de grain de médicament dissous dans 2 litres de tisane; et on arrive graduellement jusqu'à faire prendre un grain entier en vingt-quatre heures. Chez les enfants, il faut débuter par un huitième de grain , pour arriver ensuite à un quart de grain dissous dans une livre d'eau.

511. — Pour guérir, chez les adultes, une syphilis de moyenne intensité, il faut 28 grains de sublimé et quarante jours de. traitement. Chez les enfants, 3 à 10 grains de ce médicament suffisent.

512. — Sanchez, qui a vanté le sublimé, lui adjoignait des bains de vapeur, d après la méthode espagnole, et guérissait ainsi une foule de maladies chroniques internes et externes , qu'il regardait sans raison comme des sym-

(1) Van Swîéîen donnait chaque jour, deux fois, un cinquième de jjrafn dissous clans une demi-once d'alcool. Je remarquerai en passant que tlirtanner a eu ton de proscrire cette solution alcoolique.

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tomes de syphilis larvée. Je dois dire que ce médecin considérait presque toutes les maladies chroniques comme des suites de la syphilis. Ces affections guérissaient souvent, comme elles l'auraient fait sous l'influence de sudorifiques aussi puissants que ces bains de vapeur (1). Mais on n'était pas en droit de les considérer comme de nature syphilitique, parce qu'elles avaient cédé à un traitement dont les mcrcuriaux faisaient partie. Notre auteur confond ici un symptôme de la syphilis avec ceux des autres maladies; ce qu'il y a de certain , C'est que les affections dont il obtenait la guérison avec du sublimé joint à des sudorifiques, étaient ou- d'une autre nature, ou vénériennes seulement en partie, autrement la gucrison n'était pas certaine, les douleurs n'étaient que palliées (2).

513. — - Le mercure doux est depuis longtemps (3), surtout depuis le commencement de ce siècle , seul vanté contre la syphilis , surtout parce qu'on croyait dans cette préparation mercurielle avoir diminué et adouci les propriétés toxiques du métal (4). Il est juste de dire que

(1) Cela sans que le sublimé puisse produire autre chose que la faculté irritante qui lui est propre.

(2) Les lavements aniisyphilitiques au sublimé de Royer, et les bains de Baume ne doivent qu'être mentionnés pour mémoire , car les premiers ont seulement pour effet de produire des diarrhées accompagnées de lénesme ; et tous deux sont parfaitement impuissants, comme l'empirisme le prouve

(3) Le chirurgien David de Planis Campy (La vérolle recogneuc, in-8, Paris, 1627) paraît être le pn-mier qui ait conseillé d'employer des purgatifs contre la vérole ; il donnait a sa préparation lé nom de pillules de la violette (p. 17/i ). Il prescrivit en conséquence de donner le mercure doux dans la maladie qui nous occupe à la dose d'un scrupule. Mayerne suivit la même voie avec le Pulvis calomelanicus (1650); mais Ohwald Croll paraît être celui qui a donné le premier le mode de préparation de ce médicament (1608), bien que d'une manière un peu obscure.

(û) Le précipité blanc, lorsqu'il a bouilli avec de l'eau et du carbonate

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l'expérience semblait confirmer cette opinion en montrant que cet agent était moins caustique que tous les autres.

514. — La douceur de son action et la préférence qu'on accordait à ce composé pour le traitement delà vérole reposaient sur les données expérimentales suivantes : 1° sur ce que le mercure doux préparé à la vapeur ne contenait pas la moindre trace de sublimé. Sous celte forme il provoque parfois des vomissements violents. Si ce symptôme ne se manifeste pas, ce médicament procure, d'une manière presque spécifique , des diarrhées très douloureuses, et qu'accompagne presque toujours une grande faiblesse. 2° S'il est très pur, ce sel est presque complètement insoluble. La petite proportion d'acide chlorhydrique qu'il renferme (environ un sixième 'de son poids) se trouvant unie à la même quantité de mercure , une très petite partie se dissout dans les liquides de l'estomac, passe dans les vaisseaux absorbants, et le reste est rejeté avec les fèces après avoir irrité les intestins. 3° La petite masse de cette substance qui passe dans la circulation, engendre presque infailliblement la salivation , propriété que le calomel semble posséder à un très haut degré , comme l'onguent napolitain. Il cause une grande faiblesse , et la quantité innombrable de maladies chroniques qui en sont souvent la conséquence, mais qui le précèdent souvent (§ 649).

515. — On chercherait en vain à débarrasser le calomel par des sublimations répétées de la fâcheuse pro-

(Tamuioniaque, a la môme action que le calomel. Girtanner préfère le précipité blanc de Hermbstadlà tous les autres, je ne sais pourquoi , et présente celui-ci comme rinvenleur du procédé qui consiste à obtenir ce composé avec le lurbiih et le sel marin ; néanmoins il est le seul qui ait perfectionné cette méthode.

priété qu'il possède d'irriter les intestins. On réussirait mieux à lui enlever ses propriétés purgatives en le faisant bouillir dans une grande quantité d'eau avec un dixième de sel ammoniac, comme on l'a proposé dans ces derniers temps. Il serait encore possible d'arriver à ce but en suivant le procédé de Frédéric Hoffmann, qui se contentait de l'ébullition dans l'eau, afin, disait-il, d'enlever le sublimé. D'autres auteurs ont ajouté l'opium à ce médicament.

516. — On a encore recommandé dans ces derniers temps (1), comme un agent héroïque à opposer à la vérole , une poudre calcaire que l'on transformait parfois en pilules par son mélange avec du diascordium. Après avoir préparé le malade selon la méthode ordinaire par des saignées, des purgations et des bains, en l'obligeant de rester dans une chambre chaude, et en lui faisant boire des tisanes à une température élevée , on prescrivait cette poudre , d'abord à la dose de 2 grains. Cette dose était chaque jour augmentée de 1 grain, tant que la salivation n'arrivait pas, et pouvait s'élever jusqu'à un scrupule par jour. Il fallait seulement avoir le soin de la diminuer en suivant la même progression que pour son accroissement.

517. — Si l'on veut, comme on l'a proposé dans ces derniers temps , guérir la vérole sans provoquer la salivation, ou n'augmente pas les doses aussi rapidement, ou bien on donne de violents purgatifs au moment où celte hypersécrétion paraît s'établir. Il arrive souvent, en pareille circonstance, que ces médicaments n'interrompent pas la salivation, que le mercure agit sans aucun

(1) Autrefois on attaquait ia syphilis par de fortes doses de métal allant d'une demi-drachme à une drachme entière. Celte méthode était des plus dangereuses. >

profil pour l'atténuation du virus; mais qu'il abat tellement les forces du malade (§ 648-649), que cette soi~ disant méthode altérante a ordinairement des effets beaucoup plus lents que celle qui consiste à exciter la salivation, et qu'elle n'atteint pas le virus aussi directement que le fait celte dernière.

518. — L'usage journalier du mercure doux peut engendrer tous les symptômes qui s'observent à la suite de l'emploi des préparations mercurielles qui sont à la fois irritâmes et affaiblissantes (§ 648—649). Je citerai, par exemple, les scrofules et l'érysipèle, la disposition aux affections arthritiques, des ulcères récents sur les bourses el sur les autres parties du corps, la carie des os du nez, la fièvre hectique, et en général tous les accidents auxquels peuvent donner lieu l'irritation mercurielle longtemps soutenue et la diminution des forces. On apprendra aussi par là que le mercure , lorsqu'il est mal administré, et qu'il augmente quelque sécrétion, produisant la salivation ou la diarrhée, perd une partie de sa puissance contre le virus vénérien (1).

519. — On a beaucoup vanté dernièrement une prétendue méthode mixte (2) consistant à faire des frictions et à donner le sublimé en même temps. On espérait réunir ainsi les avantages de ces agents, et suppléer à leur insuffisance réciproque.

520. — Je ne dirai rien des inconvénients de cette méthode, parce qu'ils ne sont autres que l'ensemble de ceux que j'ai signalés pour chacun d'eux. Elle me paraît seulement agir plus énergiquement sur l'or-

(1 La méthode de Clare, qui consiste à frictionner l'intérieur delà bouche avec le calome' , n'irrite pas, il est vrai, les intestins, mais elle amène facilement la salivation, et ne guérit jamais une vérole ancienne.

(2) Clu dardane prétend en être l'auteur. {Méthode sûre de guérir les maladies vénériennes par le traitement mixte; Paris, 1787, in-8°.)

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ganisme que chacun de ces agents pris séparément. Les accidents étaient d'autant moindres, qu'on employait moins d'onguent napolitain, qui semble ôlre , par conséquent, le plus capable d'amener la salivation. En fait, il est possible d'obtenir plus d'effet par la réunion de ces moyens que par leur emploi individuel.

521. — Il fut proposé de les alterner, de donner le sublimé seul, puis de faire des frictions sans y ajouter de sublimé , ou bien d'employer à la fois ces deux ordres de moyens. Le malade devait user alors même 2 drachmes d'onguent tous les trois ou quatre jours, et prendre, chaque vinfjt-quaire heures, de un quart de grain à t grain de sublimé dans 2 livres de tisane.

522. — Il fallait, pour guérir la vérole par cette méthode, user de 12 drachmes à 4 onces d'onguent, et de 1 drachme à 15 grains de sublimé. Le traitement durait, suivant les circonstances, de trente à cent jours. Quand les symptômes de la maladie étaient modérés, mais bien enracinés , il fallait 19 drachmes d'onguent , 25 grains de sublimé et quarante-huit jours de traitement.

523. — On a recommandé aussi, surtout pour les symptômes récents , d'appeler les fumigations au secours des frictions. Il fallait alors une moins grande quantité d'onguent, et moins de mercure doux pour les fumigations que si l'on employait à part chacun de ces corps.

524. — 3 onces d'onguent et 12 drachmes de cinabre ou de mercure doux suffisaient pour effacer les symptômes vénériens d'une médiocre intensité.

525. — Je passe aux méthodes encore plus compliquées où l'on emploie plus de deux préparations mercurielles à la fois. Elles sont , si je ne me trompe, la preuve irréfragable de ce fait qu'il est impossible de guérir la

syphilis arrivée à un haut degré de développement avec une seule des préparations mereurielles généralement usitées, non plus que par le mélange de deux d'entre elles.

526. — Je parlerai avec un certain éloge de ce composé ancien, auquel on a donné le nom de mercurius nitratus(i) (solutio mercurialis, Edimbourg; mercurius liquidus , aqua mercurialis , Paris), médicament que l'on obtient en faisant dissoudre le mercure métallique dans l'acide nitrique. J'accorde que , dans certains cas , ce composé agit plus doucement et plus favorablement que le sublimé, et qu'il est, pour celte raison, plus puissant contre la vérole; j'ajouterai qu'il cause rarement la salivation. Je veux admettre également que la forme incertaine de cette simple solution peut se transformer en nitrate de mercure à formes cristallines fines ; aussi que ce composé a un avantage, lorsque la solution a été faite à la chaleur d'un bain de sable, c'est qu'il n'est pas décomposé par les acides de l'estomac en acide chlorhydrique et en précipité blanc toujours nuisible. Or, cette décomposition a toujours lieu lorsque le mercure est associé à un acide végétal. C'est un grand avantage sans doute, mais tout. cela ne constitue pourtant pas une bonne préparation ; il n'en existe pas moins un sel métallique corrosif, avec lequel on est toujours exposé à aller beaucoup plus loin que la ténacité de la maladie ne l'exige. Cette difficulté se représente avec

(l) Cliaras avait proposé une solution analogue dès 1676, sous le nom ftcssmlia mercurialis. On a cru sans raison que cette préparation devait Ctre impuissante et ne contenir que de Teau-forie, la plus grande partie du mercure devant être précipitée par l'eau. Mais l'eau distillée et pure ne produirait rien de semblable; Peau de puits décompose bien le précipité blanc; mais il se forme alors du. nitrate de potasse ou de ebaux, et non de l'eau-forte.

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toutes les préparations dans lesquelles le mercure est associé à quelque acide minéral, ce qui augmente beaucoup ses vertus corrosives Ce composé excite facilement la salivation ; les coliques et les crampes d'estomac ne sont pas rares pendant qu'on l'administre, ce qui oblige à le donner à petites doses; on arrive plus rarement ainsi au but qu'on se propose, à la guérison. La vérole, tout à fait enracinée, sera néanmoins tout aussi rebelle a son action qu'à celle du sublimé, parce qu'il arrive ici, commepour tous les sels dans lesquels le mercure est associéauxacides minéraux, que les vaisseaux absorbants des intestins n'acceptent qu'une très petite quantité de ces corps, en raison de leur âcreté, et qu'il n'y en a que très peu qui passe dans le torrent circulatoire. Cette irritation semble souvent diminuer l'intensité des symptômes vénériens , et produire une guérison superficielle et trompeuse; les ulcères de la bouche , par exemple, s'améliorent pour un moment, mais ne guérissent pas.

527. — On donne d'abord un tiers de grain de ce médicament, puis on élève graduellement la dose jusqu'à 2 ou 3 grains par jour, lesquels doivent être dissous dans 1 livre et demie ou 2 livres d'eau.

528. — Le mercure réduit en poudre par une succussion laborieuse (I) , calciné, puis dissous dans le vinaigre et incorporé à la manne pour former des pilules, constitue ce qu'on nomme les dragées de Keyser, dont il fallait prendre de 1000 à 3000 pour obtenir quelque effet. Ce médicament (2) est tout à fait hors de mode ,

(1) Le médicament de Keyser n'a rien de nouveau, Bcrnliard Penol avait déjà indiqué, en 1613, un moyen 1res simple de le préparer. (Voyez Tkeatr. chym., lib. 1, p. 65Zi.)

(2) On a souvent fait prendre en Vain jusqu'à 27 livres de ces pilules. (Voyez A. Louis, Parallèle des différentes méthodes de traiter la maladie vénérienne. Amsl., 1766, p. 178-272.;

parce qu'il cause à la fois la diarrhée et la salivation, et reste très souvent impuissant contre la syphilis constitutionnelle. On insistait presque toujours sur ce traitement pendant un espace de temps qui variait entre quarante et soixanle-dix jours.

529. — Il n'est pas nécessaire au but que je me propose, d'insister sur rémunération des autres préparations mercurielles qui ont une grande analogie avec celles dont je viens de parler.

530. — Il convient de placer tout auprès des autres préparations mercurielles les plus efficaces, le mercure gommeux de Plenk, qui s'obtient en triturant du mercure oxydé avec un mucilage. Sous cette forme, le métal a une action beaucoup plus douce , au moins nV l-il rien d'irritant pour les premières voies; il est très facilement dissous par les liquides de l'estomac, et se trouve porté sans obstacle dans la circulation où il combat le virus vénérien de la manière la plus active. C'est là, j'ose le dire, l'idéal des préparations mercurielles.

531 . — On peut mettre sur le même rang les pilules de Belloste (1), les pilules mercurielles de la pharmacopée de Londres, et celles de la pharmacopée d'Edimbourg, le mercure incorporé au miel, au sucre, ou trituré avec des yeux çTécrevisses , préparations qui sont dépourvues d'acides minéraux, se dissolvent aisément dans nos liquides, et jouissent do propriétés énergiques développées par leur trituration avec ces substances.

(1) Les premières pilules de certç espèce, que Ton prescrivit en Europe contre la syphilis, sont celles de Barberousse (1537), lesquelles constituaient alors la seule préparation que Ton donnai à l'intérieur. La dose était d'une pilule chaque jour, renfermant quatre grains de mercure trituré.

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•532. — Mais l'importance de ces préparations diminue beaucoup si Ton songe combien la quantité de mercure qu'elles contiennent est variable , difficile à préciser, et combien la trituration en incop re peu avec le mucilage. De plus, la température sous laquelle s'exécute la préparation, la consistance de la solution gommeuse , et* plus encore que tout le reste , le degré de force déployé par le préparateur, apportent de grandes différences dans les produits. L'action de ces derniers devient tellement incertaine, que je pourrais presque dire qu'il ne faut jamais les employer; tout au moins suis -je en droit de leur accorder une confiance très limitée, et de leur décerner des éloges très restreints.

533. Je ne dirai pas que dans la solution de Plenk le mercure se précipite en grande partie et forme un dépôt au fond de la bouteille, que ce composé ne se conserve pas plus de huit jours pendant Tété; car cet auteur a évité tous ces inconvénients avec ses pilules; mais celles-ci, en revanche, durcissent beaucoup et vite, à tel point quelles traversent l'estomac et sont expulsées par les sellesquand on ne les prépare pas tous les jours. Le grand défaut de ces composés consiste en ceci, qu'ils excitent promptement la salivation ou la diarrhée , sans quoi ils sont tout à fait impuissants. J'ai déjà donné plus d'une preuve convaincante de ce que j'avance ici. Le plus souvent il n'entre dans ces composés , après la trituration , qu'un quatre-vingtième , ou tout au plus un trentième du médicament employé.

534. — Le mercure oxydé, sans le moindre mélange d'acide , est le seul qui agisse sur les premières voies d'une façon presque imperceptible et sans causer de douleur, le seul qui pénètre aisément dans nos humeurs, et que Von puisse donner en quantités exactes

et bien pesées; il est aussi le plusaclif des composés mercuriels et le plus sûr dans son action. Les autres composés pèchent , en effet , par quelque point qui les rend dangereux ou inutiles. Pour les uns, il est impossible de mesurer exactement la proportion de leur partie active, tandis que les autres sont trop caustiques ou absolument insolubles.

535. — Sous ce rapport important, le mercure oxydé (I) a toujours été vanté outre mesure, et passe pour être le médicament le plus capable de guérir vite, facilement et avec le plus de certitude, la syphilis invé^ térée, quand on sait l'administrer d'une manière convenable.

536. — Il faut donner lout d'abord 1 grain de mercure (merc. cale, London) par jour, et augmenter peu à peu la dose jusqu'à ce qu'elle atteigne à la valeur de 3 grains, et continuer ainsi jusqu'à coque la maladie s'améliore, ou jusqu'à ce que la bouche devienne malade. On ne saurait dire pourquoi ce médicament ne cause pas aussi facilement la salivation que les autres préparations mercurielles , et pourquoi il donne moins de diarrhées et de vomissements, lorsque l'estomac ne renferme aucune trace d'acide chlorhydrique. Pour éviter cet inconvénient, on propose ordinairement de l'unir à l'opium.

537. — Maintenant la préparation de ce médicament est connue ; mais un préparateur expérimenté doit savoir combien elle est difficile, longue, et combien elle exige de précautions. Ces difficultés sont telles que ce médi-

(1) Ce moyen csl très anciennement connu, bien que rarement employé , car dès 15Z|0 Antoine Gallus l'avait recommandé comme un amisypliilitiquc puissant, sous le nom de prœcipitatum rubrum solare, et Gervais Ucay avait décrit son mode de préparation dès 1693.

carncni est un des plus chers qu'on puisse préparer. Et comme un médicament est d'autant plus souvent falsifié qu'il revient à un prix plus élevé , je puis affirmer qu'il est très rare de trouver celui-ci dans le commerce à un état de pureté complète. Le précipité rouge (I) caustique est le corps dont on se sert le plus souvent pour celle falsification,

538. — Je ne sais vraiment pas pourquoi, en présence d'un composé aussi cher et d'un si grand nombre de difficultés, on recherche encore le moyen d'obtenir du mercure oxydé parfaitement pur. Je ne sais pas pourquoi on n'a pas cherché à l'obtenir pur en le précipitant d'un nitrale de ce corps, afin de le prescrire contre la syphilis générale. On a certainement causé, par son emploi, une foule d'accidents (2) importants, dont la source et le traitement paraissent impossibles à saisir.

539. — La chimie aurait dû nous apprendre que les liquides dont on se sert pour opérer la dissolution du mercure, aussi bien que les sels dont on se sert pour le précipiter, étaient souvent mélangés aveede l'acidechlorhydriqueou de l'acide sulfurique, lesquels donnaient lieu à la formation d'un composé vénéneux qui venait altérer le corps que Ton voulait obtenir. Ceci était déjà connu pour le turbith , et j'ai vu une personne très rôti) Pour s'assurer delà présence de ce corps, il faut faire bouillir l'oxyde

dans du vinaigre, dans lequel il ne se dissout pns, tandis que le mercure oxydé reste en solution.

(2) Le merc. prœcip. fuscus Wurzii serait tout à fait abandonné, s'il faut en croire Girtanncr; mais on conserve encore le pulv, mercur. cin. de Black comme un des meilleurs anlisypliiliiiqucs. Ce médicament doit être donné à la dose de un à deux grains par jour, et même peu a peu jusqu'à six grains. Ce corps n'est pourtant pas entièrement irréprochable ; il se rapproche beaucoup du mercure soluble.

bu<tc périr au milieu d'horribles convulsions après avoir pris 2 grains de précipité blanc.

5i0. — C'est seulement en précipitant du nitrate de mercure parfaitement purifié à l'aide de la chaux la plus pure, que l'on peut obtenir un composé doué d'une action favorable. On peut ôlre sûr aussi que le mercure soluble bien préparé sera toujours capable de guérir sûrement et facilement la vérole la plus enracinée. Mais je reviendrai plus lard sur ce sujet.

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