BEMARQUES SDR LE TRAITEMENT PRÉPARATOIRE. 203 TROISIÈME SECTION
Réfutation des objections présentées contre le traitement mercuriel.
CHAPITRE I. — REMARQUES SDR LA PRÉPARATION ORDINAIRE A UN TRAITEME.NT MERCDRIEL ET SUR LE TRAITEMENT CONSÉCUTIF.
564. — II est d'usage en France (§ 493) de préparer ceux que Ton doit soumettre à un traitement mercuriel en leur prescrivant des purgatifs, des saignées et des bains lièdes (1) Cette méthode est suivie dans le plus grand nombre de cas. On a proposé aussi de continuer l'usage de ces moyens pendant toute la durée du traitement, et aussi pendant le traitement consécutif que Haguenol a voulu vulgariser, en recourant aux deux premiers moyens à des intervalles différents. On recommandait en môme temps un régime végétal et peu nourrissant, dans lequel les boissons tièdes et chaudes tenaient une grande place. Celte pratique avait pour but de hâter la guérison des symptômes graves de la syphilis, et de rendre le traitement mercuriel plus actif.
565. — J ai souvent recherché en vain comment ce traitement préparatoire pouvait être en état d'éloigner tous les accidents rapportés au mercure , et je crois avoir trouvé que cette opinion reposait sur une erreur. Elle suppose, en effet, que tous les symptômes graves qui peuvent surgir pendant le cours d'un semblable traitement, ceux surtout qui doivent lui être rapportés comme la salivation , sont de nature inflammatoire , et dépendent de la roideur de la fibre et d'un excès de sang
(1) A. Montpellier, on porte le nombre de ces baios à trente, sans compter ceux que le malade doit prendre quand la salivation est élabiie et après le traitement.
rouge. Telle était, sans aucun doute, l'indication à laquelle s'arrêtait l'auteur de cette méthode; il n'y a môme que la diathèse inflammatoire qui puisse en retirer quelque bien; dans toute autre circonstance, on arriverait à un but tout à fait opposé à celui que Ton recherche.
566. — Mais avec notre genre de vie , les maladies franchement inflammatoires sont rares, surtout dans les grandes villes , où la syphilis est une affection si commune. La plupart des symptômes que l'on rapportait à un état phlegmasique sont le plus souvent de nature scorbutique, érysipélateuse, scrofuleuse, goutteuse, ou autre, et doivent être rapportés à cequejenommela faiblesse nerveuse. De là vient que tout traitement qui affaiblit le sujet en le faisant maigrir, aggrave le mal , comme l'expérience le prouve. On voit par là combien ces soi-disant méthodes altérantes, délayantes , antiphlogisliqucs , doivent être nuisibles, et comment on peut dire à bon droit que le traitement usité en France a des effets malheureux, en raison de l'extrême faiblesse qu'il amène.
567. — H y a peu d'organismes capables de résister à la violence de celte méthode (1) affaiblissante, et bien peu aussi chez lesquels l'amélioration due au mercure ne s'arrête tout à coup au milieu du traitement. Le plus souvent il s'établit une salivation (2) terrible qui altère
(1) Celle méthode, dans laquelle on considère Ja salivation comme le symptôme le plus favorable que le mercure puisse engendrer, et comme le chemin le plus direct pour détruire le virus, a été nommée par ses défenseurs méthode altérante. L'Espagnol Almenar avaii déjà, selon la remarque de Girtanner, recommandé dans ce but les purgatifs et les bains ; Chicoyneau avait ressuscité celle pratique, et Haguenot a augmenté la quantité des bains.
(2) Morand cite, d'après Aslruc, l'histoire de cinq soldats qui furent